Et si les maths étaient la matière la plus importante en prépa ECT ? Et si les maths étaient la matière la plus importante en prépa ECT ?
Bien souvent, les élèves de prépa ECT considèrent le management et l’économie-­droit comme les matières les plus importantes de leur filière. Certes, cela est... Et si les maths étaient la matière la plus importante en prépa ECT ?

Bien souvent, les élèves de prépa ECT considèrent le management et l’économie-­droit comme les matières les plus importantes de leur filière. Certes, cela est loin d’être absurde, surtout lorsque l’on regarde les coefficients. Et puis après tout, ceux sont les matières spécifiques à la filière. Nous sommes les seuls préparationnaires à étudier ces matières avant d’entrer en école (à part l’économie). Dès lors, la plupart décide de tout donner dans ces deux épreuves, quitte à délaisser les autres matières, et notamment les maths, matière dont nous étions majoritairement allergique au lycée, et dont la différence de niveau entre la STMG et la prépa en laisse plus d’un sur le carreau. Pourtant, délaisser les maths revient quasiment à se tirer une balle dans le pied, alors que cette épreuve peut être surmontée beaucoup plus facilement qu’il n’y paraît. Nous allons donc voir en quoi les maths sont si importants et surtout pourquoi majorer cette épreuve est loin d’être insurmontable.

 

Des coefficients non négligeables, quelque soit l’épreuve :

Lorsque l’on regarde les coefficients en mathématiques, on peut tout d’abord constater que les écoles prenant le sujet ESC accordent un faible coefficient à cette épreuve (le maximum est de 5 pour Montpellier). L’élève lambda découragé par les mathématiques va alors se dire “cool, en fait, j’ai même pas besoin de me casser la tête à essayer de gratter des points en maths, de toute façon, les coeffs sont nuls, autant ne pas perdre mon temps”. Mais cet élève ne sait pas qu’en réalité, il est en train de cracher sur des points qui sont plus que donnés. Les épreuves ESC sont d’une simplicité presque aberrante pour n’importe quel élève ayant fait quelques annales pour s’entraîner puisque les questions sont, à quelques choses près, exactement les même. C’est presque si les concepteurs reprennent à chaque fois le même sujet en changeant la matrice à diagonaliser, le f(x) à étudier, le nombre de tirages pour les probas et la fonction pour la densité de probabilité. Vous avez presque le sujet à l’avance, ne passez donc pas à côté des points que l’on vous donne, vous n’en n’aurez pas de trop, ne vous inquiétez pas.

En ce qui concerne les écoles prenant le sujet ESCP, on remarque cette fois-­ci que le coefficient affecté est beaucoup plus important (si l’on excepte EM Lyon où il n’est que de 3, celui-­ci est généralement de 5 ou 6, 7 pour HEC pour lequel c’est le coefficient le plus important et même 10 à Grenoble). Pour ces écoles, c’est simple, il est quasiment impossible d’espérer décrocher l’admissibilité sans , AU MINIMUM, limité la casse dans cette matière car, en faisant cela, la volonté des écoles est simple à comprendre, elles souhaitent faire un maximum le tri entre les bons et les mauvais élèves et cela nous conduit directement au deuxième point.

 

Une matière extrêmement discriminante :

Lorsque l’on examine les rapports de jury ainsi que les statistiques, on remarque chaque année que c’est dans l’épreuve de maths ESCP qu’il y a le plus gros écart­-type (il est généralement entre 5 et 6). En effet, comme je l’ai déjà précisé, on accorde tous, en ECT, une grande importance au management et à l’éco-­droit. Nous la travaillons tous énormément et nous avons donc tous des notes au moins convenable dans ces épreuves. Mais cela est loin d’être le cas en maths. La majorité est déstabilisée au début de la prépa par la différence de niveau et se décourage donc pour essayer de raccrocher le wagon, qui n’est pourtant pas si loin.

On se retrouve alors avec deux catégories d’étudiants pour l’épreuve ESCP : ceux qui ont complètement lâché, qui ne sauront faire que les produits de matrice, et qui se prendront une bonne grosse claque et ceux qui auront compris tout l’intérêt stratégique de cette matière, qui auront persévéré et qui obtiendront donc assez facilement une note convenable, voire excellente. C’est donc pour cela qu’elle est tant aimée des grandes écoles : cette épreuve fait parfaitement le tri entre les élèves qui n’ont pas travaillé, ceux qui ont travaillé malgré leurs difficultés et enfin ceux qui ont compris que leur aisance en mathématique était un véritable avantage concurrentiel qu’il fallait exploiter car, au final, il sera bien plus facile pour l’élève de se démarquer en maths qu’en mana, là où tout le monde est plus ou moins bon.

 

Une épreuve très prévisible avec de nombreux points donnés lorsqu’on l’a sérieusement préparée

Comme je l’ai déjà dit plus haut pour l’épreuve ESC, les sujets sont presque identiques chaque année. Il n’y a pas de surprise. Vous aurez quatre exercices : une diagonalisation de matrice, une étude de fonction, un exo de probabilités discrètes et un autre de probabilités continues. Et comme si cela ne suffisait pas, les questions posées sont absolument toujours les mêmes. Sérieusement, il ne doit y avoir que 4 ou 5 questions différentes par sujet. On retrouve toujours la justification d’une loi binomiale ou géométrique avec l’espérance ou la variance, la justification que la fonction est bien une densité de probabilité puis le calcul de l’espérance et de la variance, une étude de fonction la plus basique possible (dérivée, tableau de variation, asymptotes, f(x)=x…) et de nombreux produits de matrices pour être vraiment certain de ne mettre aucun zéro au concours. Enfin bref, toutes les questions que vous aurez, vous les aurez déjà vu des dizaines de fois et les rater le jour du concours revient presque à le faire exprès.

Parlons maintenant du sujet ESCP. Ici, les cadeaux sont moins nombreux et plus discrets, mais ils sont pourtant bien présents. Déjà, là aussi le type d’exercice est très souvent le même. Vous aurez toujours votre exo de matrice et vos deux exos de probas. Il n’y a que l’exo de fonction qui peut être parfois remplacé par une suite définie par une intégrale, mais là encore, les questions et la manière d’y répondre sont souvent identiques. On peut ensuite remarquer que chaque année, il y aura un exercice (très) facile qu’il ne faut surtout pas louper car c’est là que tout le monde va faire des points (il faut donc bien faire attention à la gestion du temps et lire l’intégralité du sujet pour le repérer et le faire en premier). Cela fait deux années de suite par exemple que l’exercice sur les matrices est extrêmement classique, même avec le nouveau programme qui fait intervenir la recherche de valeurs propres et de vecteurs propres. Cependant, cet exercice ne représentera pas grand chose sur la note totale (à peu près 20%) car il y aura un autre exercice beaucoup plus difficile qui, lui, peut représenter jusqu’à 35% de la note totale ( comme l’exercice 3 et 4 de l’année dernière). Ces exercices commenceront toujours par des questions abordables avant de se complexifier pour, à la fin, devenir vraiment ardu et ainsi permettre aux meilleurs de se démarquer.

Pour autant, il ne faut pas oublier qu’il n’est pas nécessaire de tout faire pour avoir 20 (faire correctement entre 70 et 80% du sujet suffit). Il faut donc adapter sa stratégie par rapport à ce critère. Certes, les questions les plus dures seront les plus discriminantes, mais passer plus d’une demie heure à bloquer sur une question pour au final marquer n’importe quoi est une énorme perte de temps, et par conséquent, de point. Je conseille donc de d’abord faire l’exercice le plus abordable, puis de faire l’ensemble des questions qui reviennent tout le temps où l’on est certain de réussir ou, au moins, de gratter des points (surtout, n’hésitez à vous arrêtez en plein milieu d’un exercice ou à sautez des questions, vous pouvez faire les exos dans l’ordre que vous souhaitez donc profitez-­en, vous pourrez y revenir à la fin s’il vous reste du temps) et enfin, avec le temps qu’il reste, de s’essayer aux questions les plus dures pour aller chercher quelques derniers points. Ainsi, vous traiterez un maximum du sujet proposé et maximiserez votre note.

On peut donc en conclure de nouveau qu’en travaillant cette matière, en bossant encore et encore les annales, vous obtiendrez facilement des bonnes, voire d’excellentes notes qui vous permettront de décrocher une très bonne école ou, tout du moins, vous limiterez la casse et ne vous fermerez pas l’accès à ces écoles en ce qui concerne le sujet ESCP et sera un moyen extrêmement simple de prendre énormément de points d’avance sur les ECE et ECS pour les écoles qui prennent le sujet ESC car ils n’ont aucune épreuve qui a pour but de leur faire tant de cadeaux.

 

Parce que le niveau exigé en informatique semble largement à portée de main

Le nouveau programme de maths s’est vu enrichi de quelques nouveautés assez intéressantes comme les vecteurs propres et les valeurs propres, Bienaymé-­Tchebychev ou encore le biais et le risque quadratique et l’exercice 3 du sujet ESCP 2016 a surement bien parmi de faire le tri afin de détecter ceux qui avaient bien assimilé le nouveau programme. Mais la plus grosse nouveauté a été l’ajout de scilab dans l’épreuve ECT. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la très grande majorité d’entre nous étions perdus lorsqu’en khôlles, il fallait écrire un programme. De fait, la partie Scilab s’annonçait comme une grande boucherie et décourageait encore plus ceux qui étaient déjà déprimés par les maths ; alors même que la partie informatique a été ajoutée dans le but de donner plus de points aux élèves. Et, en réalité, on peut sûrement affirmer que l’objectif a été rempli.

Les questions posées, que ce soit pour le sujet ESC ou ESCP étaient d’un très faible niveau et ne nécessitaient presque aucune connaissance particulière en Scilab. Dans l’exercice 2 du sujet ESCP, on demandait même de compléter une ligne pour que le programme fonctionne alors que la ligne était inscrite dans l’énoncé un peu plus bas. Et lorsque ce n’est pas du bête remplissage qui est demandé, cela sera simplement de comprendre ce que fait le programme donc autant dire qu’il n’y a vraiment pas de quoi s’en faire concernant Scilab et que c’est un moyen supplémentaire d’engranger des points. Évitez donc de sécher vos cours d’informatique, vous allez passer à côté de 4 points sur 20 qui sont encore une fois presque donnés.
Ce qui est important de comprendre, c’est qu’en ECT, les maths ne sont peut être pas la matière qui doit être omniprésente dans votre planning de révision. Pour autant, l’abandonner dès le début pour quelques mauvaises notes passagères et une difficulté qui, finalement, n’est qu’apparente, est stupide car d’une part, elle devient relativement accessible pour un peu qu’on la travaille et d’autre part, c’est sûrement elle qui vous facilitera ou vous compliquera l’accès à l’école que vous désirez.

Si ce plaidoyer vous a convaincus, apprenez maintenant à exceller en maths !

Jean-Loup Osella

étudiant en prépa ECT à La Martinière Duchère à Lyon.