Comment s’organiser en prépa B/L ? Comment s’organiser en prépa B/L ?
Il y a encore un an (si tu es un bizuth, sinon tu doubles et tu soules pas), tu ne savais pas ce que... Comment s’organiser en prépa B/L ?

Il y a encore un an (si tu es un bizuth, sinon tu doubles et tu soules pas), tu ne savais pas ce que tu voulais faire après le bac. Ou alors, tu envisageais déjà de passer le sélectif concours de Sciences Po. Dans les deux cas, au moment de remplir tes vœux APB, voyant que tes résultats n’étaient pas trop dégueu (enfin ça, ça reste à voir) et que tu ne voulais pas t’engager dans une voie qui risquait de ne pas te plaire, ou pour garder une solution de secours au cas où tu n’aurais pas Sciences Po, tu as coché la case « CPGE B/L ».

 

Les mois ont passé, et voilà, soit tu t’es foiré aux concours, soit tu n’as pas eu l’illumination de ta vie (bah oui, si en 18 ans tu n’as pas su ce que tu voulais faire, ça allait être difficile d’avoir la révélation en 3 mois. Mais bon, ça arrive). Soit tu as toujours voulu faire B/L parce que tu avais un objectif très précis, hormis retenter les IEP, mais c’est quand même plus rare. Quoiqu’il en soit, septembre vient de sonner, et tu rentres en prépa. Et pas n’importe laquelle : la SI FAMEUSE prépa B/L, dont tu n’entends quand même presque jamais parler au lycée (moi par exemple, j’ai découvert son existence en m’intéressant à la filière A/L, et mes professeurs ne savaient même pas ce que c’était…). Et quand les premiers cours et premiers devoirs arrivent, si tu ne l’as pas déjà fait en recevant tes chers devoirs de vacances, tu te prends la tête entre les mains, en te demandant « mais qu’est-ce que je fous là ?! » et en jurant à ton toi rationnel (ou à ton chien, ça marche aussi) que tu ne prendras plus jamais de décision aussi masochiste de toute ta vie. Surtout que personne ne te comprend vraiment dans ton entourage : « quoi, une prépa littéraire ? Mais tu n’as pas fait S / ES ? – Si, mais c’est pas vraiment littéraire (tu ne croiras jamais si bien dire)… Y a des maths et de l’éco, donc c’est une prépa littéraire pour les S / ES… » ou alors « une prépa littéraire ? Mais ça mène à quoi, ça ? » (Sous-entendu : « ça mènerait pas au chômage par tout hasard ? »). Alors il y a de quoi douter, je te l’accorde.

Ouais, mais sauf que là, tu es quand même inscrit, et il faut bien y aller. Alors PAS DE PANIQUE !! (Ou qu’un tout petit peu). Voici ce qu’il faut savoir sur la prépa B/L, où il est difficile de savoir comment s’organiser entre toutes ces matières.

  • Les matières en B/L

  • L’organisation et la méthodologie

    • Remarque générale

    • Lettre

    • Philosophie

    • Sciences sociales

    • Mathématiques

    • Histoire

    • Langues

  • Pour finir : la prépa (B/L), est-ce que c’est si horrible que ça ?

  • Point sur le débat « prendre ses cours à la main vs à l’ordinateur »

Chaque point abordé peut autant s’adresser aux bizuths qu’aux khâgnes. Certains seront plus adaptés aux bizuths, bien sûr (bien que tous les conseils soient toujours bons à prendre). Bonne lecture, et sois fort !

Les Matières en B/L

Déjà, une chose à savoir : la B/L est souvent considérée comme l’une des plus dures des filières de prépa. Pourquoi ? C’est tout simple : tu enchaîneras facilement 40h de cours par semaine, sans compter les heures de DS (5-6h, selon comment ton lycée a réussi à s’arranger) et les heures de khôlles (2 à 3 par semaine, avec le plus souvent une heure de préparation et 30 minutes de passage). Bon, et je ne te parle pas du travail perso, qui dépend de chacun mais occupe quand même pas mal de temps. En fin de compte, tu t’en sors avec des horaires de médecin, du type 70h par semaine, ça c’est parce que tu aimes tellement les 35h que tu les fais deux fois par semaine ! Bon, tu auras aussi des semaines plus cool, surtout si tu sais bien t’organiser – d’où l’utilité de cet article d’ailleurs -, et je te rassure, ça passe rapidement. En plus, les pauses que tu t’accorderas auront deux fois plus de saveur !

Mais ce n’est pas tout : qu’y a-t-il dans toutes ces heures ? Parce que jusque là, ça ressemble à une prépa comme toutes les autres ! Eh bien c’est là que réside la difficulté de la B/L : tu auras de nombreuses matières différentes, à savoir :

  • Lettres

  • Philosophie

  • Sciences Sociales

  • Mathématiques

  • Histoire

  • Langues (le plus souvent deux, et il vaut mieux deux qu’une seule) à différents volumes horaires (en général ce sera 2, 4 ou 6 heures en option)

  • Options : Géographie, heures optionnelles de langues, langues anciennes (grec ou latin), cinéma (rarement mais ça existe dans certaines prépas)

  • Et autres joyeusetés spécifiques à chaque prépa, comme des modules de philosophie, sciences sociales, langue française, des conférences…

  • Sans oublier le sport (HAHAHA vous comprendrez. Non, en vrai, s’il y a du « sport » en prépa, c’est pour nous obliger à sortir le nez de nos bouquins au moins deux heures par semaine).

Dans toutes ces matières, la plupart ont le même ou quasiment le même coefficient (même si les sciences sociales restent quand même la matière la plus importante) : tu te dois donc d’être bon partout si tu souhaites être le parfait petit B/L que tes professeurs te rêvent de voir devenir, pour que tu entres dans les meilleures écoles, et pourquoi pas l’ENS, et que ta prépa monte dans les classements… La dure vérité se révèle enfin ! (Bon, en vrai, les profs sont aussi contents quand tu trouves ta propre voie et le plus souvent ils te soutiendront, sauf s’ils sont pas très humains, no stress).

Bon, tout ça, tu le sais peut-être. Passons donc à l’organisation !

L’organisation et la méthodologie

  • REMARQUE GENERALE :

Tu apprendras, en B/L, à faire des dissertations. Et en rien comparable à ce que tu as pu faire (ou non) en français ou en philo au lycée : non, non, je parle ici de VRAIES dissertations.

Donc avant toute chose, il faut savoir qu’une dissertation, c’est (en tout cas à l’ENS) :

  • 3 parties ;

  • 3 sous-parties.

Ce qui nous fait 9 paragraphes de développement. Bon, si tu n’y arrives pas les premiers mois, c’est tout à fait NOR-MAL ! Tu es en train d’emmagasiner, tu ne peux raisonnablement pas avoir assez de matière pour avoir un beau développement tout propre (on n’a jamais vu personne sauter de classe en prépa d’ailleurs).

Mais il ne faut surtout pas oublier que ces paragraphes ne sont pas là pour faire joli : ils doivent à chaque fois guider ton argumentation. Tu dois les voir comme une étape pour aller de l’introduction vers le conclusion (genre comme si tu gravissais une montagne, quoi). Tu auras donc :

  • 1 argument par partie

  • 1 idée par sous-partie, et 1 exemple pour l’illustrer. Et PAS LE CONTRAIRE : ton exemple ne vient que souligner ce que tu viens de dire, mais l’idée reste la chose la plus importante.

Sans oublier de petites transition entre les grandes parties, pour bien montrer au correcteur le fil de ton raisonnement. D’ailleurs, reviens toujours au sujet dans chaque sous-partie : il faut que tu te demandes A CHAQUE FOIS si tu es bien toujours dans le sujet. Bon, il y a une marge de flexibilité, bien sûr ; mais il faut bien qu’à la fin, ton argument ait servi à quelque chose, qu’il ait apporté sa pierre à l’édifice, et réussir à le montrer, sans en faire trois tonnes non plus.

Parties souvent bâclées de tes dissertations : l’introduction et la conclusion. Aaaah, ces parties qui te paraissaient être là juste pour que ton développement se trouve pas tout seul tout triste, tu aimais bien les oublier, hein ? Cette époque est désormais révolue. Si tu veux réussir tes dissertations, il faudra bien comprendre une chose : l’introduction et la conclusion sont primordiales. D’ailleurs, c’est peut-être la seule chose que les correcteurs liront aux concours, donc pas question de les négliger !

    • L’INTRODUCTION

Elle suit toujours à peu près le même plan :

  • L’accroche : tu entames par un fait qui pose question (en sciences sociales par exemple), un événement déterminant (en histoire, …), une citation (possible dans toutes les matières, pour les BIG BOSS de l’apprentissage par cœur). Ca doit tenir en une phrase et (of course) avoir un rapport avec le sujet.

 

  • La définition et l’explication des termes du sujet : tu dois TOUJOURS en passer par là. Si tu n’as pas bien défini les termes ou les limites du sujet, tu ne sauras pas sur quoi tu es en train de disserter, parole de B/L. Non non, je ne te prends pas pour un(e) imbécile : c’est souvent grâce à ça que j’ai réussi mes meilleures dissertations, parce que d’un coup, tu vois quelque chose que tu n’avais pas perçu au premier abord. Bon, tout ça, tu le fais d’abord sur ton brouillon – au propre, tu le résumes et le rédiges mieux pour montrer comment tu as raisonné. Par exemple, si en Sciences Sociales, tu as « la culture populaire » en sujet, tu devras définir la culture, dans quelle mesure on peut parler de culture « populaire », et pourquoi elle est unique (ou pas) : le déterminant « la » a son importance aussi ! Puisque sinon, tu aurais eu « une culture populaire » : tu te serais posé la question de pourquoi le concepteur du sujet a dit « une », non ? Eh bah là c’est pareil.

 

  • Problématisation : CE N’EST PAS (que) UNE SUITE DE QUESTIONS. Tu dois montrer l’enjeu du sujet, qu’est-ce qui pose problème. Du coup, la ou les questions doivent être pertinentes, et leur ordre n’est pas anodin : il faut VRAIMENT que tu arrives à voir tous les problèmes qui se suivent et se sous-tendent, et donc parvenir à avoir une vision globale du sujet. Du coup, logiquement, tu aboutis sur UNE problématique qui va guider ton devoir. Bien sûr, là aussi, tu te seras posé toutes les questions nécessaires et tu auras trouvé ta problématique sur ton brouillon, après avoir vérifié que tu arrivais à avoir un développement cohérent et une réponse à ta question, avant de la recopier. La problématique, aka la chose qui te paraissait inutile jusqu’à présent : à partir d’aujourd’hui, tu es un(e) B/L (répète après moi : B/L!), et la problématique te servira vraiment à quelque chose. Of course qu’au début, c’est pas si évident : tu es tout fragile, tout innocent, tu ne te doutes pas que la problématique peut déterminer tout ton devoir. Mais comme tout le reste, il faut laisser le temps que ça vienne : ne sois pas trop pressé, fais du mieux que tu peux, et ça viendra tout seul !

 

  • L’annonce du plan : certains professeurs aiment quand tu le dis clairement (tout d’abord, ensuite, enfin), d’autres préfèrent les phrases plus élégantes (par exemple, une proposition affirmative, suivie d’une proposition commençant par « mais », et enfin un « pourtant », ou quelque chose dans le genre).

 

 

    • LA CONCLUSION

Le plan est ici plus simple :

  • Le bilan : SANS REPETER tout ton développement, tu fais un très bref résumé de ce que tu viens de démontrer, et surtout, tu apportes la réponse à ta question (la fameuse problématique) ;

 

  • L’ouverture : ça peut être dans la continuité de ton bilan : autre chose qui pose question (mais attention, il faut être vigilant pour qu’on n’ait pas l’impression que ton devoir est incomplet), une allusion à un sujet proche, ou une anticipation de l’époque qui suit (particulièrement en histoire).

 

La méthode que j’ai fini par adopter, c’était d’écrire entièrement mon introduction et ma conclusion au brouillon, sur des pages distinctes, et de faire une grande partie par feuille, avec ses sous-parties, et ses idées sous forme de tirets. Après, chacun a sa propre méthode, à toi de trouver la tienne !

Et surtout, si ça te paraît compliqué, ne t’inquiète pas : ça viendra tout seul à force.

Maintenant, place aux matières !

    • LETTRES :

Rien de bien méchant ici. En général, c’est plus ou moins inné, sans qu’il soit impossible que ton niveau varie au cours des deux années.

Tu devras :

  • souvent lire des livres – ça, tu devrais savoir faire a priori, sinon je te conseille la Classe Préparatoire, mais pas aux Grandes Ecoles, tu devrais apprécier son côté ludique ! Mais tu liras moins de bouquins que tu ne pourrais le penser. En tout cas, n’hésite pas à lire les œuvres conseillées : c’est souvent sur elles que vous vous appuierez en cours, donc c’est quand même mieux de savoir de quoi on parle (et de ne pas se faire spoiler). Mais ce que tu auras à lire, ce sera plus souvent des extraits, sur lesquels tu devras…

 

  • réaliser des explications de texte, mais plus du tout comme au lycée : il s’agit non pas juste de voir le champ lexical de la pluie ou la métaphore filée, ça ne sert à rien de le noter si ça n’apporte rien à ton explication ! Les explications de texte, ça suit un peu le même schéma que les dissertations (sauf que là, tu pars de tout un texte et non d’une citation ou de quelques mots), donc tu as une problématique, et tu dois y répondre, en partant d’exemples précis. Du coup, le champ lexical, il peut être utile ; mais pas toujours ! Il faut vraiment que tu te mettes en tête d’expliquer la vision de l’auteur, l’utilité de tel ou tel passage, etc.

 

  • faire des dissertations, à partir de citations : ce sera souvent sur la vision qu’a tel ou tel auteur ou analyste littéraire sur la littérature en général, ou un genre particulier. Là, tu reprends le schéma de la dissertation et tu l’adaptes, en citant des œuvres PERTINENTES (dans le cas le plus idéal, 3 œuvres par sous-parties, mais même en fin de khâgne, c’est difficile d’y arriver) qui te serviront d’exemples pour appuyer ta thèse.

 

Si ton professeur est du genre à te demander de rendre toutes les semaines ce genre de devoirs, ne fais pas comme moi, et opte pour l’ordinateur et l’imprimante : tu gagneras un précieux temps, plutôt que de les recopier à la main (même si pour les brouillons, je conseillerais de les faire à la main : je trouve ça plus facile pour fixer ses idées et pour en avoir de nouvelles, je ne saurais trop dire pourquoi).

    • PHILOSOPHIE :

Difficile de s’améliorer énormément dans cette matière (je trouve). Pourtant, elle est vraiment digne d’intérêt ! La philo, ça ouvre l’esprit, ça fait réfléchir sur pleeeiiin plein de choses, et si par chance tu as un professeur avec de l’humour, les cours n’en seront que plus intéressants.

Le programme est le même que celui de Terminale, mais en renforcé (beaucoup). Du coup, en fait, tu peux parler de tout. Et tu pourras très bien faire un cours sur la conscience et tomber sur « Le droit du plus faible » aux concours (#BCE2016). Bah c’est pas grave, parce que la grosse différence avec le lycée, ce ne sera pas de replaquer (avec plus ou moins de réflexion derrière) un cours appris par cœur (d’ailleurs, tu ne devais pas le faire non plus au lycée, mais tu l’as quand même fait, avoue. Ou alors tu suivais pas en cours. Shame.) ; ici, tu dois faire travailler à fond tes méninges et chercher le plus de sens possible dans les termes du sujet. Ensuite, tu lies tout ça (comme de la sauce hollandaise) et ça te fait une super géniale dissertation (pour laquelle tu auras 9, ce qui est une note pas mal).

Non, plus sérieusement : si tu sais quelques références et que tu arrives à les utiliser élégamment, c’est très bien. Si tu ne vois pas quoi utiliser, ce n’est pas grave : la dissertation, même en prépa, ce n’est pas censé être une récitation de cours – tous tes profs ont dû te le dire, et c’est encore plus vrai en philo : tu devras apprendre à réfléchir, beaucoup, beaucoup.

Petits conseils utiles dans ce cas-là :

  • n’hésite pas à lire les définitions de tous les termes importants en philo dans ton petit A à Z de la philosophie (si tu as eu la chance de l’acheter en Terminale), particulièrement ceux qui s’opposent ou se ressemblent, pour réussir à bien les distinguer. Par exemple : force / pouvoir / puissance, essence / existence, …

 

  • Pour les plus assidus, je ne saurais que trop vous conseiller les podcasts de l’émission de France Culture « Les Nouveaux Chemins de la Connaissance » : ils m’ont aidée pour mon bac, et ça permet de bien préparer son esprit à réfléchir sur des sujets de philo (du moins, c’est mon avis).

 

 

    • SCIENCES SOCIALES :

Aaah, les fameuses, celles que tu savais pas trop à quoi t’attendre, et ensuite tu découvres que la B/L ne tourne quasiment qu’autour de ça.

Le programme se partage en deux thématiques :

  • la sociologie

  • l’économie.

  • En sociologie, tu devras savoir expliquer des faits sociaux en t’appuyant sur divers supports : livres de sociologie, enquêtes, graphiques…

  • En économie, ce sera la même chose avec des faits économiques (jusque là, ça paraît logique).

Pour y parvenir, n’oublie jamais : Durkheim, Weber et Bourdieu sont tes maîtres à penser en socio, Smith et Keynes en éco. Bon, un peu plus sérieusement : tu devras savoir maîtriser les définitions principales (un fait social, l’habitus, les différentes formes de capitaux… pour la socio par exemple), et tu devras souvent réviser cette matière pour assimiler toutes les infos. Presque TOUT est potentiellement important, tout peut te servir lors des DS. Donc même si ton professeur ne t’a pas dit expressément de réviser ton cours, fais-le avant chaque cours : on n’attendra pas que tu te rappelles le précédent pour continuer ! En prépa, on n’a pas le temps – toi comme ton professeur, qui doit boucler un programme juste énorme en deux ans. C’est vrai dans toutes les matières, mais encore plus en sciences sociales. Donc n’attends pas !

Si ton professeur n’est pas du genre à réexpliquer, une solution s’offre à toi : internet. Et là, tes onglets sur ton ordinateur ne seront plus Facebook, Twitter, Youtube et autres joyeusetés : nooon, désormais, tu auras : Facebook (faut pas déconner, on reste quand même humain. Et puis le groupe classe est important aussi!), et des dizaines d’onglets Google tels que « explication IS-LM », « résumé Les Pauvres Simmel », « graphique politique expansionniste »… En tout cas, si tu ne comprends vraiment pas un point de cours qui paraît important, cherche toutes les informations possibles, sur internet ou dans tes bouquins, pour le comprendre. Il y a peu de graphiques incontournables, mais il faut savoir les maîtriser, ce qui sous-entend : les dessiner (sans oublier les variables), les expliquer, et savoir comment chaque courbe se modifie quand une variable change.

Ah oui, et tu deviendras un pro en usage de références que tu n’as pas forcément lues. Mais il faut quand même que tu saches un minimum de quoi les livres que tu cites relèvent !

    • MATHEMATIQUES :

Les grandes délaissées de la B/L. Tu le remarqueras assez rapidement, pas mal de gens décrochent et ne suivent plus en maths en voyant qu’ils n’arrivent pas à avoir de notes acceptables malgré leurs efforts. Parce que oui, la B/L, ça a été créé en 1983, et depuis, on n’a pas beaucoup changé le programme ; or, tu n’es pas sans savoir qu’au collège et au lycée, depuis les années 1980, le gouvernement a dû juger qu’on devait pas être aussi futés que les anciens, et du coup, le programme est devenu aussi light que tes yaourts 0%. Moi-même, j’ai eu du mal à suivre (même si j’ai tenu jusqu’au bout, vaillante que je suis), et c’est rétrospectivement que je peux te donner ces précieux conseils :

  • Si tu sors de ES ou de L, tu découvriras qu’un pan entier des mathématiques ont été dérobées à ta vue. Et tes petits copains de S te nargueront (pas trop parce qu’ils sont gentils quand même) quand ils verront ta figure face à ce petit i qui, élevé au carré, se transforme en -1. Oui oui, je ne rigole pas. En gros, les maths en B/L, c’est dans la continuité de la S… Mais de la S de 1983, plus ou moins. Autant te dire que tu vas être obligé de rattraper ça. Mon meilleur conseil ? Prends un livre de maths de S et fais le programme (idéalement pendant l’été précédant la prépa, mais si tu le fais dès la rentrée, ça devrait le faire aussi). Il n’est pas très compliqué si on prend le temps de COMPRENDRE ce qu’on fait, et en refaisant les exercices, ça devient un automatisme. Courage, jeune Padawan, les mathématiques deviendront un jour faciles pour toi. Si si. Même que tu pourras taper un 6 ou 7 à l’ENS si tu t’y mets bien (eh, c’est à peu près la moyenne quand même, donc garde confiance en toi, une telle note, c’est vraiment pas si mal !)

  • Si tu sors de S, je ne peux que te conseiller de reprendre tes cours de Terminale et de ne pas les oublier.

Et après avoir fait ça : des exercices. Alors oui, c’est un peu le truc qu’on se dit qu’on fera quand on aura le temps, et ce temps, on finit par ne jamais se le prendre. Mais c’est seulement en te créant une routine dès le début que tu y arriveras.

Une méthode que j’ai fini par adopter à la fin de ma prépa et qui est digne d’intérêt (là c’était la minute lançage de fleurs) : tu remarqueras vite qu’il y a de grandes notions faciles à savoir maîtriser et qui rapportent toujours quelques points dans les devoirs. Alors dès les premiers devoirs, repère-les, parce que ce serait bête de ne pas saisir l’opportunité de quelques points supplémentaires : savoir montrer qu’une fonction est continue, dérivable (ça c’est le plus facile bien sûr), qu’une fonction est bijective/injective/surjective, qu’un espace est un sous-espace vectoriel… Une fois que tu as fait ça, et particulièrement si tu n’y es pas parvenu dans ton devoir, fais-toi une fiche avec la question, prends ton livre de maths (qu’il te faudra acheter, je te l’annonce déjà), et cherche le cours et la méthode qui correspondent. Ensuite, tu peux essayer de faire l’exemple sans le regarder, puis les exercices associés. C’est-y pas beau la vie ?

    • HISTOIRE :

Là aussi, gros changement par rapport au lycée : le programme est ENORME, il faut en savoir LE PLUS POSSIBLE, et ce ne sera plus de petits chapitres avec l’exposition de quelques faits marquants : désormais, tu devras savoir expliquer les enchaînements des événements. J’ai bien dit : EXPLIQUER, le maître mot qui doit sous-tendre toutes tes dissertations en prépa B/L.

Pour ce faire, il faut déjà connaître son cours (et plus si affinités). Mais le problème, c’est qu’il faut savoir plein plein de choses. Parce que oui, quand on te dit que le programme, c’est la France de 1870 à nos jours (c’est-à-dire 1995, hahaha) et le monde de 1919 à nos jours, c’est vraiment tout tout tout ce qui s’est passé dans ces zones et dans ces laps de temps. Du coup, on fait comment ? Les fiches sont tes amies.

Je les ai longtemps faites à la main, et ça prend du temps. Beaucoup. Donc si tu n’as pas le courage, va pour ton cher ordinateur.

Ton professeur est humain, et il peut plus ou moins se tromper dans l’exactitude des faits, ou leur date. C’est comme ça que j’ai commencé à approvisionner mon cours de références internet ou de bouquins (les fameux Berstein & Milza seront tes amis, comme les fiches). Et au final, ça m’a bien servi : tu approfondis ton cours tout en retenant mieux celui-ci (puisque faire des recherches dessus, mine de rien, ça permet d’ancrer plein d’infos dans ta mémoire qui est sûrement plus grande que tu ne le soupçonnes). Donc pour chaque fait abordé, n’hésite pas à faire une petite recherche dessus : déjà pour vérifier que tout est juste dans ton cours, et donc éviter d’apprendre des choses erronées, et pourquoi pas pour l’alimenter. Sache d’ailleurs que « peu de dates sont vraiment incontournables », comme dirait mon cher professeur : bien sûr, il faut en connaître quelques-unes, mais la plupart du temps, on se fiche du mois ou de l’année exact(e), tant que le fait rapporté est correct et SERT TON ARGUMENTATION (on n’y revient encore).

Tu peux également regarder des vidéos d’histoire sur internet si tu trouves ça plus fun (Histoire de Comprendre par exemple, très vintage, ou d’autres si tu en trouves qui te plaisent) : tous les moyens sont bons pour retenir ton cours et apprendre de nouvelles choses !

    • LANGUES :

Les langues resteront pour moi presque le plus marrant à réviser : TOUS LES MOYENS SONT BONS pour s’améliorer ! Si c’est pas fantastique, ça ! On ne le dira jamais assez, mais les films et séries, la musique, tout ça, tant que ça t’aide (rien que pour la prononciation), c’est PARFAIT. Encore mieux si tu as la chance d’aller en voyage linguistique pendant l’été (même si ce n’est pas du tout indispensable. Et gare aux destinations avec plein de Français…).

Mais tu te doutes que s’amuser ne suffit pas : il faudra retenir de nombreuses règles de grammaire que tu ne soupçonnais même pas (sympa les langues au lycée, mais tu verras bientôt que tu n’as quasiment rien appris), mais aussi beaucoup de civilisation et surveiller l’actualité des pays concernés. Après, c’est la plupart du temps assez intéressant, surtout que normalement, tu ne connais encore rien de tout ça.

D’ailleurs, si ton problème est la communication et compréhension orale, je peux te conseiller un site où discuter avec des correspondants qui comme toi, cherchent à apprendre une langue (la tienne en l’occurrence) : Ayni ! Et qui sait, peut-être qu’à force, vous deviendrez amis et que tu pourras aller à l’étranger à moindres frais… C’est-y pas génial ?

Et détail important : même si vous vous rendez compte que votre méthode n’était pas la bonne et que vous êtes déjà en fin d’année, même en fin de deuxième année : ne vous affolez pas, respirez, et sachez qu’il n’est jamais trop tard pour changer de méthode. Tant que vous arrivez à retenir mieux d’une autre manière, autant en profiter ; tout ce que vous avez fait auparavant ne sera certainement pas perdu, et votre nouvelle manière de travailler ne vous apportera que du bonus !

Faut-il prendre ses cours à la main ou à l’ordinateur ?

J’ai longtemps été une défenseure (oui oui, j’ai sciemment décidé de mettre un -e) de l’écriture à la main. D’ailleurs, c’est souvent très pratique : si tu as une mémoire visuelle, c’est a priori mieux ; tu n’as pas de problème de batterie ou d’ordinateur qui plante (dont j’ai fait l’expérience dès la première fois où j’ai voulu prendre mes cours à l’ordinateur – c’est vraiment vraiment la galère…) ; et tu apprends à écrire vite et à synthétiser ce que dit ton professeur (avantages non négligeables, je te le garantis).

Mais le rythme s’est encore accéléré en deuxième année, et je suis passée au clavier assez tardivement, en regrettant de ne pas l’avoir fait plus tôt : ça permet de rajouter des points de cours directement en copiant/collant (le risque : ne pas retenir voire même ne pas vraiment lire ce qu’on copie/colle), les fiches sont beaucoup plus rapides à faire (finies les fiches Bristol qui te prenaient 10 heures pour une page, la vitesse est à toi !), et tu ne rates pas une phrase sur deux en cours (mais du coup, comme dit, tu risques de trop écrire : essaye toujours d’épurer au maximum ton cours des phrases inutiles. Rien n’est plus déprimant que de devoir réviser un cours de 80 pages alors qu’il pourrait facilement en faire 40…).

Le mieux : avoir une tablette sur laquelle tu peux brancher ou connecter un clavier (ça existe même pour les iPads). Ca s’emporte partout, s’allume vite et facilement, ce n’est pas lourd, tu peux tout modifier tactilement… Et surtout, n’oublie pas de t’envoyer tes cours par mail après chaque cours, au cas où elle aurait tendance à planter !

Pour finir : la prépa B/L c’est si terrible que ça ?

Vous avez écumé tout cet article (ou pas), et vos doutes sont encore là, voire ont été renforcés : oh mon Dieu, que fais-je là, la prépa, c’est pas fait pour moi ! Mais voyons mes poussins, si je suis là pour vous parler sur ce ton paternaliste, c’est bien que j’ai survécu. Alors finalement, la prépa B/L : un cauchemar ?

Si cette question vous assaille sans cesse, vous avez déjà dû lire des articles dessus, alors je ne vous apprendrai rien : oui, la prépa, c’est difficile. Il faut avoir un peu de nerfs pour savoir s’accrocher (à part si vous êtes un peu du style à prendre tout à la cool, et dans ce cas, c’est une précieuse qualité). Tout le monde ne vit pas trop mal la prépa, certains arrivent même à avoir une vie normale à côté, bien sûr. Mais bon, la plupart du temps, il faudra faire une croix sur certaines choses, ou en tout cas passer moins de temps à les faire.

Un conseil de la plus haute importance : sachez vous prendre des pauses. Si vous n’arrivez plus à avancer, CE N’EST PAS GRAVE. Ça ne servira certainement à rien de s’acharner : arrêtez un moment, voire allez vous coucher s’il est déjà tard et que vous êtes fatigués. Parfois, il est bon d’aller marcher un peu : en plus, la marche active la mémoire, c’est-à-dire qu’elle vous aide à mieux mémoriser ce que vous avez appris, si ça c’est pas trop bien comme avantage ! Donc dès que le besoin se fait sentir, sortez avec votre musique sur les oreilles et allez vous promener.

Sachez vous prendre des moments pour vous pendant la semaine. Pour voir vos anciens amis, aller au cinéma, dessiner, faire tout ce qui vous plaît ! Et n’oubliez pas de dormir. C’est primordial, vraiment. Et allez même pratiquer un sport pour vous défouler ! Plusieurs personnes de ma classe s’étaient inscrites à des cours de sport sans que ce soit préjudiciable pour leur niveau, loin de là. Et je n’ai jamais aussi bien réussi mes examens que lorsque j’ai passé mes vrais concours, parce que je me suis mise à la course à pied, je me couchais tôt, et je faisais des pauses où je coupais vraiment avec les révisions. Et si je n’avais pas fini de réviser, je ne m’en faisais pas : vous avez vu ce cours au moins une fois dans votre prépa, et avec tout ce qu’il y a à dire sur un sujet, surtout à la fin de la prépa, vous trouverez toujours quoi dire, parce qu’à ce moment-là, vous aurez assez de matière pour remplir vos dissertations.

Si vraiment vous êtes un(e) stressé(e) de nature, faites un peu de méditation : apprenez à vous écouter respirer et à ne plus penser à vos cours. Il est important de ne pas s’oublier. VOUS êtes la « chose » la plus importante, la prépa passe après votre santé : alors ne vous rendez pas malade pour une petite note !

Mais là, je ne vous rassure pas, n’est-ce pas ? Hahaha, allez, il est temps de vous rassurer. Déjà, toutes les semaines ne sont pas horribles. Vous aurez quelques semaines difficiles, mais elles passeront comme tout le reste. Et la plupart seront largement supportables.

Ensuite, si je suis restée en prépa, c’est bien pour une raison : les cours sont passionnants, parce qu’enseignés par des personnes passionnées, et d’une façon tout à fait nouvelle pour nous. Il existe une émulation intellectuelle telle que ça risquera de te manquer ensuite (mais si, crois-moi).

Enfin, ce qui t’empêche d’abandonner, même dans les quelques coups de mou que tu pourrais avoir, ce n’est pas seulement l’avantage de savoir bosser vite et bien et d’apprendre plein plein de choses (même si c’est important aussi) : ce sont tes camarades. Qu’aurais-je fait sans eux ? Tu découvriras que « souffrir » ensemble, ça crée des liens bien plus forts que tu ne pourrais le penser. Ici, tu te feras des amis pour la vie. Ils seront là pour te soutenir, mais aussi pour s’amuser avec toi, déambuler dans la ville après les soirées (parce qu’il y en a quand même, on est casaniers mais avec quelques limites), et même travailler avec toi si tu le veux. Les amis que tu te feras en prépa seront des gens exceptionnels, sûrement plus adaptés à ton caractère qu’auparavant (si vous choisissez la même filière, c’est peut-être pour quelque chose). Et non non non, pas de compétition ici, NO WAY ! Tu découvriras l’entraide, mon bon ami ! Bien sûr, il y aura plus d’affinités avec certains, mais finalement, la prépa, c’est un peu comme une grande famille.

Je ne regretterai jamais mes deux années de prépa. Le meilleur restera en mémoire (et les bons moments, il y en a eu énormément, bien plus que ce qu’on pourrait croire au premier abord). Des souvenirs impérissables se sont ancrés dans nos mémoires, et c’est une expérience indescriptible. Tes amis qui n’ont pas fait prépa ne pourront jamais comprendre pourquoi tu continues alors que tu en baves un peu. Mais toi même tu sauras. Je te fais confiance, jeune Padawan. Rejoins la team des « j’ai fait prépa ». Parce que ça envoie du lourd. Amour sur toi.

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Valentine Schmitt