Comment travailler l’oral de Géopolitique à HEC ? Comment travailler l’oral de Géopolitique à HEC ?
“La géographie, ça sert avant tout à faire la guerre” dit Yves Lacoste, père du renouveau de la  géopolitique française dans les années 1970.... Comment travailler l’oral de Géopolitique à HEC ?

“La géographie, ça sert avant tout à faire la guerre” dit Yves Lacoste, père du renouveau de la  géopolitique française dans les années 1970. Partant de ce principe fondateur, analysons à la manière d’un stratège les points de méthode à travailler en priorité pour anéantir l’oral d’HGG HEC.

 

Primo : soigner son body language pour gagner la bataille psychologique

Un oral, c’est une guerre. Comme dans tout conflit il convient de gagner la bataille psychologique pour l’emporter. Il faut donc que tu abordes l’oral en gagnant. Et si ce n’est pas le cas, il faut que tu travailles ton body language, pour donner l’impression au jury que tu es sûr de toi.

Mon professeur d’HGG en seconde année de prépa m’avait un jour dit en colle “Le fond est excellent, mais votre élocution et votre posture sont dolosives. En école, on veut recruter des types qui vont signer des contrats à plusieurs millions sans trembler, qui donnent l’air d’être sûrs d’eux. Travaillez cela, et ce sera parfait“.

Pour travailler cet aspect, qui en effet revêt une importance capitale lors des oraux, il convient donc que tu travailles à la fois ta posture ( gestuelle), et ton élocution.

Le meilleur moyen pour y arriver est de te filmer en train de passer un oral. Tu verras alors tous les points d’amélioration à privilégier , comme se tenir bien droit, avoir une voix qui porte et qui est assurée, ne pas avoir les mains qui tremblent, éviter les “euhhh”, etc. Faire cela peut être un peu douloureux, car l’image que tu te fais de toi- même peut en prendre un sacré coup, mais les résultats viennent très vite et en valent la peine.

Une fois que tu auras travaillé ce premier aspect, tu partiras avec un avantage décisif par rapport à un grand nombre de tes concurrents.

 

Deuxio :  saper la résistance du jury avec un fond pertinent

En ayant gagné la bataille psychologique, tu possèdes un avantage décisif. Cependant, gagner une bataille, ce n’est pas gagner la guerre pour paraphraser l’adage célèbre. Donc maintenant, il faut envoyer la pâté en termes de fond.

Pour autant, rien ne sert de connaître quinze mille informations, tu risquerais de t’embrouiller, de dépasser le temps imparti, ou encore de tomber dans la récitation. Il s’agit “simplement” de bien maîtriser les sujets clés du programme et un peu de hors programme (oui, HEC et programme officiel, c’est un peu des antonymes, donc je t’invite à consulter notre liste de sujets).

Si la matière s’intitule “Histoire Géographie et Géopolitique du Monde Contemporain”, ce n’est pas par hasard ; tous les sujets posés possèdent l’ensemble de ces dimensions, qu’il s’agit donc de couvrir. Ainsi, pour parvenir à produire un fond pertinent pendant tes oraux, il faut en priorité analyser le sujet à fond en se posant les questions suivantes : “Qui ? Quand ?  Quoi ?  Où ? Comment ?”.

Les question “Qui ?” et “Quoi ?” permettent de bien cerner le sujet de ton raisonnement. Elles doivent te permettre de définir le terme clé de l’énoncé, est-ce un Etat, un concept, une idéologie ?

Les questions “Où ?” et “Quand ?”  servent à être certain de couvrir à la fois les aspects géographique et historique des sujets posés. Les jurys le disent dans leurs rapports, trop de candidats oublient la profondeur historique et/ou l’aspect géographique des sujets.

Les questions “Pourquoi ?” et “Comment ?” permettent d’appréhender l’aspect géopolitique des sujets. En effet, tu n’es pas sans savoir que la géopolitique est l’étude des évolutions des rapports de force au cours du temps. Donc se demander “Comment ?” et “Pourquoi ?” permet de cerner à la fois les causes et les conséquences d’évolution des rapports de force. De ce fait, tu as les clés pour créer ton analyse géopolitique.

En appliquant cette méthode, tu es quasi certain de ne pas faire de hors sujet. En effet, tu ne risques pas d’oublier un des aspects du sujet, donc de faire un oral bancal qui serait discriminatoire. De toute manière le jury n’attend pas un exposé brillant, mais un oral qui soit dans les clous, couvrant bien tous les aspects de l’énoncé, avec des connaissances claires et précises.

Si tu fais cela, tu gagnes la deuxième bataille.

 

Tertio :  travailler la percussion pour remporter la victoire finale

Avoir un plan clair, net et précis. C’est l’idée qui doit te guider pendant ta préparation. Dis toi que les jurés sont peut-être là depuis plusieurs heures à voir défiler tout un tas de candidats. Ils sont donc fatigués, et ils ne feront pas d’efforts pour te comprendre.

Ton but doit donc être de trouver des formulations percutantes. Que ce soit pour ton accroche, ta problématique, ou tes titres de parties, tout doit être calculé pour que le jury n’ait aucun effort de réflexion à faire. Tu dois le flatter, les prendre dans le sens du poil en utilisant les concepts clés, sans pour autant tomber dans le cliché ou l’enfoncement de portes ouvertes. Ce faisant, tu apportes au jury ce qu’il veut, tu le confortes dans sa flemme ; il est heureux. Et quand le jury est heureux, il est bien plus clément, donc plus à même de te donner un meilleur résultat.  Il ne faut pas non plus tomber dans la caricature qui serait de prendre les jurés pour des idiots, ils ne le supporteraient pas.

 

Après tout, tout réside dans la comparaison avec les autres candidats. Beaucoup sont tétanisés par le stress et livrent des prestation de piètre de qualité, tant dans la forme que sur le fond. Donc fixer ces deux aspects peut vous donner un avantage décisif sur les autres candidats.

Bon courage pour tes oraux, que la force soit avec toi !!

Thibaut Pellerin

Ancien étudiant de la prépa Saint Jean de Passy, en première année à NEOMA Reims et en troisième année de Licence d'Histoire et Géopolitique à l'URCA