Oral culture générale HEC : comment booster sa note ? (1/2) Oral culture générale HEC : comment booster sa note ? (1/2)
  [NDA : les recommandations de cet article sont fondées sur les conditions d’examen de l’oral de culture générale de HEC, mais elles sont valables... Oral culture générale HEC : comment booster sa note ? (1/2)

 

[NDA : les recommandations de cet article sont fondées sur les conditions d’examen de l’oral de culture générale de HEC, mais elles sont valables pour tous les autres, et elles peuvent même être étendues à d’autres oraux d’admissibilité.]

 

I/ Les conditions de l’épreuve

Vous tremblez. Votre cœur bat la chamade. Des perles de sueurs naissent déjà au sommet de votre front, à la frontière de la chevelure. Dans le couloir, vous scrutez les autres candidats, ils vous scrutent. Les plus ouverts prennent l’initiative de demander aux autres où ils ont fait leur prépa, voire leurs notes de l’écrit… Chacun sent bien qu’il entre dans une zone temporelle d’une extrême intensité, où le résultat de plusieurs années de travail acharné est concentré dans quelques dizaines de minutes.  Chacun sent bien que le temps se dilate, que les secondes s’étirent ; chacun entend les minutes tomber comme des éléphants lâchés depuis un avion.

Vous êtes tout d’abord convoqués par groupes de quatre, ce qui veut dire que certains attendront pendant que d’autres prépareront ou passeront. Contrairement à ce qui est souvent dit, n’apportez aucun cours, aucune fiche, aucun manuel avec vous – n’apportez rien. Dans le cas où vous devez attendre (il est raisonnable d’anticiper que vous attendrez environ une heure, car les probabilités sont 75 % pour 30 minutes, 50 % pour 1h, et 25 % pour 1h30), vous avez intérêt à utiliser ce temps pour vous concentrer sur l’enjeu prioritaire de l’instant : sortir de l’état de stress aigu (c’est-à-dire de mauvais stress) dans lequel vous êtes, afin de retrouver vos pleines capacités. Réviser est au contraire une très mauvaise tactique qui i) n’est pas rentable (très faible probabilité que votre révision vous serve) ; ii) biaise votre interprétation de l’énoncé (vous allez avoir envie de ressortir vos références apprises il y a cinq minutes plutôt que de mener une réflexion authentique) ; iii) accroît votre stress. Tout doit déjà être prêt et maîtrisé dans votre tête quand vous arrivez. À quoi bon avoir quelques Mo de plus sur le disque dur si votre processeur est dans un état déplorable ? N’apportez donc rien, rien du tout, pas le moindre bout de papier.

Comment sortir de votre état de stress aigu ? Vous avez le choix parmi trois stratégies. Tout d’abord, vous pouvez recourir à quelques techniques basiques de méditation : se concentrer sur sa respiration (compter les inspirations et les expirations), se concentrer sur son corps (sur les points de tension, sur les zones de confort), fermer les yeux, etc. (cf. http://fr.wikihow.com/m%C3%A9diter-pour-les-d%C3%A9butants). Si cette première solution suscite votre réticence, vous pouvez plus simplement focaliser votre attention sur l’après-épreuve : réfléchissez aux prochaines épreuves, à la manière dont vous allez les préparer, aux oraux des autres écoles, à l’été endiablé que vous allez passer une fois tout cela terminé… Pour le coup, il ne serait pas inutile d’apporter un carnet sur lequel prendre quelques notes. Enfin, une dernière manière de détacher votre esprit de l’objet qui le fait tant souffrir serait d’entamer une discussion avec votre camarade d’attente. Discutez de tout, mais pas de la prépa, ni des oraux de HEC (bien sûr c’est difficile). Apprenez à vous connaître l’un l’autre, et c’est peut-être même là l’occasion d’un premier flirt d’école de commerce qui a l’avantage de vous mettre dans des conditions psychologiques idéales pour l’oral.

Une fois appelé, vous aurez 30 minutes pour préparer votre brouillon. Attention, en conditions réelles, c’est souvent moins, et il ne sert à rien de vous en plaindre : c’est l’usine et c’est comme ça. Votre sujet rentre généralement dans quatre catégories : un mot ; deux mots à lier ; une question ; une citation (c’est mieux de la connaître, mais on peut bien faire sans).

La préparation terminée, vous passerez devant un jury composé d’un professeur de lettres et d’un professeur de philosophie pour 10 minutes d’exposé, puis 10 minutes de questions. Votre oral est ouvert au public, mais l’affluence est faible après la première semaine.

 

II/ Les erreurs fréquentes

Chaque année, les élèves commettent des erreurs diverses et variées. Certaines, celles auxquelles le candidat doit d’avoir raté son oral, sont cependant plus lourdes que les autres ; c’est pourquoi il importe de les connaître pour les éviter à tout prix.

 

Ne pas respecter les consignes de l’exercice : celles-ci sont les conditions de base à remplir pour avoir une note décente. Ne pas tenir les 10 minutes de l’exposé ou aller trop au-delà (le mieux est de s’arrêter entre 10 et 11 minutes), ne pas s’exprimer dans la structure attendue (introduction, développement, conclusion), ou encore s’appuyer de manière excessive sur son opinion personnelle constituent par exemple des erreurs rédhibitoires.

 

Se laisser décourager par la difficulté du sujet : les énoncés sont notoirement difficiles, bien plus qu’à l’écrit, et cela d’autant plus qu’ils portent sur tout le programme des deux années et même au-delà. Pour l’anecdote, un professeur de culture générale « certifie » dans son article de préparation à l’épreuve que des sujets cauchemardesques se limitant au nom d’un personnage mythique – elle cite « Atalante » –  sont une légende… Pas de chance : « Atalante » est le sujet sur lequel est tombé un candidat du groupe qui précédait le mien il y a exactement neuf ans ! Comme on peut le comprendre, le pauvre n’était pas du tout dans son assiette : il ne connaissait pas ce mythe, et à la sortie il interrogeait tout le monde sur sa signification ; une vague d’indignation soulevait tous les candidats groupés autour de lui, mais, intérieurement, chacun était soulagé que l’énoncé eût échu à un autre. Rassurez-vous cependant : ce genre de challenge n’est plus donné depuis trois quatre ans. Pour autant, certains sujets, sans être infaisables, sont beaucoup plus difficiles que la moyenne. Si cela tombe sur vous, rattachez-vous au début de notion que vous arrivez à associer à l’énoncé et faites de votre mieux. Rien ne sert de se lamenter : adoptez donc une attitude stoïcienne en évacuant de votre esprit toute réflexion visant à remettre en cause le choix du jury.

 

Se laisser impressionner par le jury : ses membres sont brillants, cultivés, caustiques, distants, pressés, fatigués, ennuyés, énervés, probablement mal payés (à leur goût), etc. c’est pourquoi, en ajoutant le cadre (la présence d’un public, notamment) et l’enjeu, vous avez toutes les raisons d’être impressionnés. Votre objectif est donc que cela ne vous tire pas vers le bas. Pour cela, vous devez premièrement vous y attendre, en prendre conscience chaque fois que vous vous entraînez à cette épreuve, c’est-à-dire vous préparer psychologiquement. Ensuite, deux attitudes, la soumission paralysante et la révolte désobligeante, sont à proscrire, au profit de la bonne : l’humilité. Ainsi, le jury sera très réceptif à votre capacité à faire preuve d’intelligence avec déférence.

 

Recaser une fiche : si cette tentation est encore plus grande qu’en dissertation étant données les contraintes qui pèsent sur le candidat, il faut cependant la repousser pour cinq raisons : 1° ça n’est pas du tout l’esprit de l’exercice ; 2° faire des fiches prend du temps et n’est pas rentable ; 3° il est fort probable que la fiche ne convienne pas ; 4° il est fort probable que le jury perçoive le recasage et s’en énerve ; 5° cela complique les choses pour la partie questions, où votre raisonnement va être mis à l’épreuve par les jurés (difficile, du coup, s’il n’y a pas de raisonnement…).

 

Compiler les références : cette version light du recasage de fiches n’est pas moins dangereuse… Elle est totalement contraire à l’esprit de l’exercice qui veut que les références viennent en dernier, après la réflexion et la structuration du propos, vos deux priorités. Contrairement à ce que disent les hommes politiques, dans la réalité on ne peut pas tout faire en même temps – seul l’univers des incantations et des promesses permet ça. Rappelez-vous ainsi qu’il est possible d’avoir une bonne note quasiment sans rien citer (même si ça ne doit pas être un objectif en soi !). Enfin, la compilation de références est d’autant plus dangereuse qu’elle vous maintient sur le terrain des jurés, qui sont infiniment plus cultivés que vous, et aux yeux desquels une œuvre vous paraissant originale est une banalité soporifique.

 

Faire un hors sujet : est-il besoin de développer ce point qui concerne tout autant la dissertation ? Certes, le risque est beaucoup plus grand en 30 minutes, avec un stress maximum, mais le remède est simple : adhérez à l’esprit de l’exercice en menant une réflexion authentique, et en proposant vraiment des solutions au problème posé (votre problématique).

 

Faire rentrer le sujet dans le thème de l’année : là aussi, la tentation est grande, car les références les plus fraîches et les mieux maîtrisées proviennent évidemment du thème de seconde année. Quel est précisément le risque ? Que les jurés se disent qu’en dehors de votre cours de l’année, vous n’avez pas de culture générale. Par conséquent, l’enjeu est de pouvoir puiser dans vos références thématiques sans en donner l’impression au jury. En termes pratiques, cela vous invite à :

  1. Ne pas privilégier ces références (elles sont plutôt votre trousse de secours)
  2. Les soumettre à un quota (par exemple, maximum un tiers des références)
  3. Les mobiliser en faisant bien attention à ne pas dire le mot du thème (cette année, entraînez-vous à ne pas dire le mot « nature »), lequel agit comme un signal négatif.

Romain TREFFEL

Romain Treffel enseigne la culture générale à des étudiants en classes préparatoires. Il est auteur d’un manuel de CG : 1000 idées de culture générale).

Mehdi Cornilliet Fondateur

Ancien étudiant à HEC Paris après une prépa ECS au Lycée La Bruyère (Versailles) et fondateur de Major-Prépa.