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Parler du projet professionnel en entretien de motivation

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Il s’agit sans doute ici de la bête noire des candidats, notamment ceux passés par une classe préparatoire : le redouté projet professionnel en entretien de motivation. Les candidats pensent à tort qu’il s’agit ici d’un engagement ad vitam aeternam qui les mènera de façon certaine vers la carrière qu’ils évoqueront en entretien. On touche ici au point sensible, et finalement à un grand malentendu : la place du projet professionnel dans l’entretien de motivation. Cet article a pour ambition de clarifier et de rassurer le candidat sur ce fameux projet professionnel.

 

Il ne s’agit pas de faire un choix définitif !

Il ne faut pas s’y méprendre, le jury n’attend pas du candidat un choix définitif et donc un discours d’une précision folle. A bien y réfléchir, un étudiant de 20 ans déjà sur de son choix ferait sans doute peur au jury !

Le candidat doit donc montrer tout d’abord qu’il a réfléchi à son futur professionnel, et qu’à l’instant t (c’est-à-dire celui de l’entretien), il a une appétence particulière pour tel ou tel métier ou secteur d’activité. Il s’agit d’ailleurs plus de « pistes professionnelles » ou « d’appétences professionnelles » pour rassurer les candidats sur le fait qu’il ne s’agit en aucun cas d’un engagement définitif. S’il doit bien justifier les pistes qu’il évoque, le candidat peut aussi préciser qu’il compte vivre tellement de choses en école de commerce (des cours, des stages, des voyages, des investissement associatifs, des rencontres …) que certaines expériences pourront faire évoluer d’une manière ou d’une autre son projet professionnel. De la même manière que ce que vous avez vécu durant votre adolescence et post-adolescence vous a fait tourner vers ce choix actuel alors que vous vouliez être cosmonaute ou acteur à 15 ans. On appelle cela grandir !

 

Le jury d’entretien souhaite être rassuré sur le projet professionnel

A travers la question du projet professionnel, le jury veut vérifier deux éléments, essentiels pour tout bon candidat : la cohérence et la connaissance.

Tout d’abord, un bon projet professionnel est un projet professionnel cohérent avec la personne qui la porte. Imaginez un candidat qui se dit créatif dire au jury qu’il souhaite être contrôleur de gestion (bien que tout puisse se justifier !) ou un candidat soporifique dont l’ambition serait d’être commercial. Le jury va juger la cohérence du projet professionnel du candidat à travers trois choses : ses expériences (son passé), ses qualités (son présent), ses envies (futur). Ce sont finalement ces trois choses qui vont permettre au candidat de rassurer le jury sur la cohérence de son choix. Ainsi, la justification du choix du candidat devra se porter sur ces trois axes.

Ensuite, le jury veut tester si le candidat porte sincèrement ce choix et est vraiment motivé par celui-ci ou s’il s’agit seulement d’un projet monté de toutes pièces pour l’exercice de l’entretien qui ne motive pas réellement le candidat.

Pour cela, il va tester les connaissances du candidat sur les métiers / secteurs / entreprises évoqués par le candidat. Si le candidat ne sait pas répondre aux questions classiques sur les pistes qu’il évoque (« qu’est-ce que le Marketing ? », « en quoi consiste le métier d’acheteur ? »), il se décrédibilisera lui-même et mettra un doute dans l’esprit du jury sur la véracité de ses propos et de son projet.

Il ne s’agit pas pour autant d’être incollable, mais d’être suffisamment renseigné pour ne pas que le jury pense qu’il s’agit d’un leurre. D’ailleurs, si le candidat n’a pas la réponse à la question du jury, il peut très bien donner une connaissance connexe et proche de celle-ci, pour montrer qu’il n’est pas nu sur le sujet (une inspiration ici : http://www.dailymotion.com/video/x6rhpr_georges-marchais-un-modele_news). N’oubliez pas qu’à travers la connaissance du sujet, c’est aussi la maturité et la motivation que veut tester le jury !

 

Comment donc travailler le projet professionnel ?

Le lecteur attentif le saura déjà : en se renseignant sur les pistes évoquées et en travaillant les éléments de son passé, présent et futur qui attestent de la cohérence du choix.

Pour se renseigner, le bon candidat parlera à des personnes qui exercent le métier qu’il défend, ou travaillent dans le secteur d’activité qui l’intéresse (et n’hésitera pas à dire en entretien qu’il s’est renseigné !). Pour cela, Facebook et LinkedIn sont ses amis ! Ainsi, il aura d’autant plus d’informations sur ces sujets. Bien entendu, les sites de Pôle Emploi, de l’APEC, JobTeaser ou JobIRL sont des incontournables.

Enfin, pour travailler la justification de ce choix, le candidat doit faire la nécessaire introspection sur ses qualités, ses envies et ses expériences. Quelle qualité présente chez lui lui sera utile dans son choix de métier ? Quelles envies professionnelles pourra t-il retrouver dans son futur métier ? Quelles expériences passées peuvent justifier ce choix professionnel ? Pour ces dernières, il n’est pas question de ne s’intéresser qu’aux expériences en lien direct avec le métier (les étudiants en ont d’ailleurs rarement !). Un baby-sitting de 3 jours a pu apporter au candidat une capacité à gérer les imprévus (qualité présente donc) qui lui sera très utile pour son projet professionnel tourné vers l’évènementiel. De même, avoir géré le budget d’un voyage en groupe avec succès permet de pouvoir justifier (même si ce n’est évidemment pas suffisant seul) le choix ou du moins l’envie de se tourner vers le contrôle de gestion.

 

Et l’école dans tout cela ?

Il s’agit de la dernière pierre de l’argumentaire ! Une fois que le candidat a rassuré le jury sur la cohérence de son choix et du fait qu’il est suffisamment renseigné pour attester de la crédibilité de son choix, il reste à prouver que l’école de commerce (et surtout celle dont il passe l’entretien) est le lieu parfait pour mûrir et tester ce choix.

Pour cela, il faut également une solide connaissance de ce que peut proposer l’école de commerce pour l’y aider, et donner des exemples concrets. Un jury ne pourra se satisfaire d’un simple « Votre école me permettra de réaliser mon projet professionnel car elle propose un master en Marketing », ou par « Votre école, par ses partenariats, m’offrira des opportunités ». Il faut au contraire connaître non seulement les noms des Masters mais aussi leur contenu (cours, intervenants, cursus, partenariats éventuels…), et de la même manière pour les échanges, les opportunités de stages, les incubateurs, etc… Et il n’y a toujours pas de miracle, les candidats qui sont suffisamment précis et concrets dans ce que propose l’école sont des candidats qui ne se sont pas contentés des sites internet des écoles, mais qui ont parlé à des membres de l’école.

 

Vous l’avez compris, aborder de manière convaincante le projet professionnel requiert beaucoup de travail en amont : sur soi, sur les métiers/secteurs/entreprises évoqués et sur l’école. A travers cette question, le jury veut aussi tester la maturité du candidat et son degré de motivation pour entrer en école de commerce. Alors … Au travail !

 

Par Robin Morth

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Mehdi Cornilliet

22 ans, étudiant à HEC Paris, ancien étudiant en prépa ECS au Lycée La Bruyère (Versailles) et fondateur de Major-Prépa.

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