Diplômé d’HEC, Christophe a quitté son CDI pour se consacrer à sa passion pour la cartographie Diplômé d’HEC, Christophe a quitté son CDI pour se consacrer à sa passion pour la cartographie
Beaucoup de courage, de la suite dans les idées et un soupçon de folie : diplômé d’HEC et promis à une belle carrière dans... Diplômé d’HEC, Christophe a quitté son CDI pour se consacrer à sa passion pour la cartographie

Beaucoup de courage, de la suite dans les idées et un soupçon de folie : diplômé d’HEC et promis à une belle carrière dans le conseil en stratégie, Christophe Chabert a décidé de tout plaquer pour se consacrer à sa passion de la cartographie. Structurée autour de son site internet Mind The Map, son activité devient progressivement lucrative. 

Surtout, c’est une vraie mine d’or pour te préparer aux épreuves de géopolitique ! Interview.

 

Peux-tu détailler ton parcours lorsque tu étais encore étudiant ?

J’ai intégré HEC en 2008 après avoir préparé les concours au Lycée du Parc à Lyon. J’ai fait le choix de partir immédiatement à Buenos Aires en Argentine où j’ai pu étudier et travailler pendant une année entière. A mon retour en France, j’ai suivi les cours généralistes de la première année de Master sur le campus de Jouy avant d’effectuer un premier stage long chez Procter & Gamble en tant que chef de produit. Le Marketing ne m’ayant pas passionné, j’ai pris une direction radicalement différente en intégrant les équipes de Schlumberger Business Consulting qui m’ont rapidement envoyé en mission au Nigéria pour le compte de Total. Cela a été une expérience formidable : la découverte de l’Afrique et du monde pétrolier dans des zones « turbulentes » comme le delta du Niger. J’ai ensuite rejoint le programme CEMS en spécialisation de dernière année. Cela m’a permis d’effectuer mon Master 2 à Lisbonne où je me suis beaucoup intéressé aux problématiques du management multiculturel et d’écrire mon mémoire sur la coopération énergétique dans le bassin méditerranéen.

 

Après ta diplomation, dans quel secteur t’es-tu orienté ?

La remise des diplômes a eu lieu en juin 2012 et je dois avouer que je ne savais alors pas du tout ce que j’allais faire de ma vie. J’ai travaillé quelques mois pour Alstom comme chef de projet sur la construction des TGV et trains Pendolino avant de rejoindre un petit cabinet de conseil en stratégie. Le métier de consultant me convenait davantage car il offrait une grande autonomie et très peu de routine. Le rythme était très intense mais j’ai eu la chance de travailler avec des personnes qui m’ont accompagné et donné toujours plus de responsabilités. Mes missions se passaient pour le mieux et la voie aurait pu être toute tracée mais dans mon for intérieur je rêvais d’autre chose. Je crois que j’avais besoin de plus d’humanisme, de profondeur et de liberté. J’ai alors entamé une période d’intense introspection durant laquelle j’ai appris à mieux me connaître et à définir ce qui avait réellement du sens pour moi. Cet exercice, qui n’est pas simple, a été la condition nécessaire pour commencer à poser les jalons de ma vie future.

 

D’où vient cette passion pour la cartographie et qu’est-ce qui t’a incité à diffuser tes travaux sur internet ?

Elle remonte à l’enfance. Je me souviens que ma mère m’achetait des atlas et je pouvais y passer des heures à scruter les reliefs, les routes, les couleurs. Je crois que cela me permettait de rêver éveillé. Cette passion, je la dois aussi à mon grand-père polonais, arrivé en France après la seconde guerre mondiale, avec qui je passais tous mes étés à débattre sur la politique, les affaires internationales, l’histoire et la géographie. Ce n’est qu’en classe préparatoire que j’ai réellement réalisé mes premières cartes pour préparer les concours. J’y prenais un plaisir fou (bien plus que les maths) et j’ai pris l’habitude de transcrire mes cours en cartes. Courant 2016, je me suis de nouveau mis à en faire durant mon temps libre. Je les publiais sur les réseaux sociaux pour frimer un peu sans véritablement y voir une opportunité. Puis j’ai reçu de nombreux petits messages m’encourageant à continuer. C’est ainsi qu’est né le site internet Mind The Map.

 

Quel a été le déclic qui t’a poussé à faire de ce projet ton activité à plein temps ?

Cela s’est fait progressivement. Le nombre de visites sur Mind The Map augmentant de jour en jour, j’ai commencé à me prendre au jeu et vouloir proposer du contenu de manière plus régulière. Côté professionnel, cela faisait 6 mois que je me demandais quelle serait la prochaine étape. Comme j’adore la géopolitique, j’ai intégré certains réseaux, assisté à des conférences et rencontré des personnes passionnantes. Puis j’ai eu mes premières commandes avec la revue Conflits. Ont suivi la plateforme Diploweb, l’ENS Ulm et les éditions Ellipses. J’ai créé une petite entreprise afin de pouvoir facturer. L’affaire était en quelques sorte lancée. J’ai alors pris la décision de quitter mon travail pour me dédier pleinement à ce projet.

 

Comment se passe tes journées aujourd’hui ? A terme quelles sont tes perspectives de monétisation ?

Aujourd’hui c’est la vie d’entrepreneur, très différente du confort d’un CDI ! Aucune de mes journées ne se ressemblent car il faut parvenir à tout gérer seul : les commandes, la compta, la recherche de prospects, la visibilité sur internet, l’informatique, etc. J’ai la chance de travailler dans les locaux de copains qui ont monté leur agence de communication digitale Idiot (www.idiot-agency.com). On se motive mutuellement, on échange beaucoup sur nos projets respectifs et c’est un vrai plaisir. Concernant les perspectives de monétisation, je crois que les possibilités sont nombreuses. Pour le moment ma priorité est le développement de la notoriété : je cherche donc avant tout à faire publier mes cartes et à augmenter le trafic sur Mind The Map. Au fil des jours, mon business model s’affine. Rendez-vous dans un an pour un premier bilan !

 

Pour conclure, as-tu des conseils à donner à ceux qui ont un projet un peu fou et qui hésitent à franchir le pas ?

Tout est une question de confiance en soi. Réfléchir, douter, essayer de trouver le meilleur concept, construire un business model fait partie du jeu mais il arrive un moment où il faut se jeter à l’eau et essayer sinon on ne saura jamais si on avait raison ou tort. Mon conseil est de se lancer le plus tôt possible quand on n’a pas d’autre responsabilité que soi-même ! Une fois ce cap passé, l’important est d’être entouré de personnes qui aiment la vie, débordent d’optimisme et ont une énergie contagieuse. Il faut également apprendre à n’avoir peur de rien, à tout tenter sans hésiter et à être convaincu que les choses se passeront bien ! Surtout ne pas oublier qu’on a qu’une vie et que faire ce que l’on aime est un gage de bonheur.

Dimitri Des Cognets

22 ans, étudiant à NEOMA Reims, ancien étudiant au lycée La Bruyère (Versailles) et co-fondateur de Up2school (www.major-prepa.com, www.business-cool.com et www.up2school.com)