Synthèse d’actualité estivale 2017 – Europe Synthèse d’actualité estivale 2017 – Europe
Le plus gros transfert de l’histoire du football Après avoir accueilli Ronaldinho, la petite ville de Bougival (Yvelines) se fait commune hôte de l’un... Synthèse d’actualité estivale 2017 – Europe

Le plus gros transfert de l’histoire du football

Après avoir accueilli Ronaldinho, la petite ville de Bougival (Yvelines) se fait commune hôte de l’un des footballeurs les plus célèbres de sa génération : Neymar Junior. Fraichement débarqué du FC Barcelone en direction du Paris Saint-Germain pour 220 millions d’euros, il fait l’objet du transfert le plus cher de l’histoire du football mondial. Cette modique somme a été déboursée car Neymar est aujourd’hui considéré comme le joueur le plus décisif sur le terrain derrière Ronaldo et Messi. A seulement 25 ans il est capitaine de la Seleçao (Brésil) et ce depuis plus de 2 ans. Si l’on additionne ses buts marqués sous le maillot du Santos FC et ceux sous les couleurs Blaugranas il totalise 241 buts pour 411 rencontres disputées.

Ces 220 millions d’euros s’inscrivent également dans le cadre d’une inflation du montant des clauses libératoires qui sont fixées lorsque les joueurs arrivent dans de nouveaux clubs. Cette dépense est un investissement qui rapporte plus d’un milliard d’euros au PSG si l’on prend en compte de manière cumulée la vente de produits dérivés liée à l’image de ce joueur médiatique et mondialement populaire (Plus de 169 millions d’abonnés, soit plus que tous les clubs de ligue 1 réunis, rien que ça).

Ce transfert peut également profiter aux clubs de la ligue 1 qui verront leurs tribunes à guichets fermés lors de chaque match du PSG joué à l’extérieur. Mais c’est surtout une aubaine pour le Qatar, propriétaire du club, qui cherche a s’affirmer comme puissance économique mais aussi diplomatique. Après la crise du Golfe du 5 juin, la rupture des liens diplomatiques avec l’Arabie Saoudite et des blocus, « le Qatar veut montrer qu’il existe, et qu’il est toujours libre et mobile. » (Europe 1)

 

 

Attentats à Barcelone et Cambrils

Jeudi 17 août, l’Espagne est frappée par deux attaques terroristes. Les Ramblas, avenue mythique de Barcelone, la capitale de la Catalogne puis la ville de Cambrils ont été prises pour cible.  Les attentats ont été revendiqués par l’Etat Islamique le surlendemain. On déplore à ce jour seize victimes. L’Etat Islamique a également fait près de 125 blessés.

La méthode utilisée par les terroristes, un véhicule utilitaire fonçant dans la foule, n’est pas sans rappeler celles utilisées à Nice (14 juillet 2016) et lors du marché de Noël à Berlin (19 décembre 2016). Cette méthode est, pour les terroristes, une manière relativement simple de perpétrer leurs actes, tout en ayant potentiellement de lourdes conséquences humaines. En effet, la location d’un véhicule utilitaire ou d’un camion, contrairement à l’achat d’armes ou autres engins explosifs, ne permet pas de réveiller les soupçons.

Les autorités ont retrouvé 120 bombonnes de butane au domicile des terroristes, à 200km au Sud de Barcelone. On a ainsi découvert que des attentats à la bombe étaient également prévus, visant notamment la cathédrale de la Sagrada Familia, monument le plus visité de Barcelone avec plus de 3 millions de visiteurs par an.

Enfin, la cellule djihadiste, comportant une douzaine de membres, était composée en majorité par des jeunes de Ripoll, une petite commune au pied des Pyrénées espagnoles. L’imam de cette commune, considéré comme le cerveau de cette cellule djihadiste aurait endoctriné les jeunes. Les familles des jeunes djihadistes affirment n’avoir eu aucun soupçon ni indice concernant leur passage à l’acte. Ce double-attentat soulève donc le problème de la radicalisation et de sa détection. Les autorités espagnoles se penchent également sur la question du suivi des imams.

De nombreuses associations musulmanes se sont rassemblées sur la Place de Catalogne (Barcelone) le soir du 21 août pour dénoncer à nouveau le terrorisme et apporter leur soutien aux familles des victimes.

 

L’action de Macron en Europe

Emmanuel Macron avait promis lors de sa campagne électorale qu’il ferait de l’axe européen une priorité. Mettant en action ses promesses, il s’est donc rendu en Europe de l’Est, en Autriche, Bulgarie et Roumanie, à la fin du mois d’août.

Tout d’abord se pose la question des travailleurs détachés. Un travailleur détaché, tel que définit par la directive européenne en 1996, est un individu envoyé pour une durée limitée par son employeur vers un autre pays européen. Ces travailleurs détachés cotisent pour leur pays d’origine, ce qui permet aux nouveaux employeurs d’embaucher à moindre coût. Toutefois, les conditions de travaillent et niveaux de salaires s’alignent sur celles du nouveau pays. On compte en France plus de 230 000 travailleurs détachés, mais cette donnée reste sous-estimée. Les autorités estiment qu’il y en aurait au moins 300 000. Le secteur du BTP concentrerait près de 40% des travailleurs détachés.

Durant le quinquennat Hollande, cette directive a déjà été renforcée, en portant l’amende maximale à 500 000 euros contre 10 000 euros auparavant, et les contrôles ont été renforcés.

De nombreuses revendications ont tout de même émergé en France concernant cette concurrence déloyale et ce duming social. C’est pourquoi le président français compte durcir la directive sur les travailleurs détachés et plaider sa cause en Europe de l’Est. L’Europe souhaite en effet limiter à deux ans la durée maximale de travail du « détaché » Avec l’Allemagne, Emmanuel Macron entend même baisser cette durée à un an maximum. Il insiste sur le fait que les détachements soient motivés non pas pour des raisons financières, mais d’apport d’un savoir-faire. Macron s’est toutefois heurté à un refus massif de l’application de cette directive, notamment de la part de la Pologne où le nombre de travailleurs détachés s’élève à 500 000.

L’Union Européenne s’est construite autour de quatre libertés : circulation de biens, de capitaux, de travailleurs et des services. Il s’agit donc de trouver un compromis qui permette de mettre fin à la concurrence déloyale entre travailleurs européens tout en préservant ces libertés fondamentales.

Par ailleurs, l’Union Européenne est aujourd’hui présidée par l’Estonie, un pays en faveur du durcissement de la directive sur les travailleurs détachés. En 2018, ce sera au tour de la Bulgarie de prendre la présidence, or le pays affiche ouvertement son opposition avec Emmanuel Macron…

Emmanuel Macron s’est également rendu en Grèce début septembre. Le pays se remet peu à peu de la crise et table même sur une croissance de 2%. Lors d’une conférence avec plus de 140 chefs d’entreprise grecs et français, le président exprimé son souhait de développer les liens économiques entre les deux pays. Le premier ministre grec, Alexis Tsipras, a lui qualifié l’investissement en Grèce d’« opportunité à ne pas rater après sept années». En effet, durant la crise les investisseurs européens se sont effacés dans le pays, au profit des chinois notamment. Aujourd’hui, 10% des investisseurs directs en Grèce sont français. Le président français souhaite ainsi favoriser la coopération intra-européenne, fortement délaissée au moment de la crise et confirmée par le Brexit et la montée du populisme. De même, la Pologne renie peu à peu les valeurs démocratiques chères à l’Europe. En effet, suite à l’élection d’un gouvernement ultra conservateur en 2015, le pays s’enlise dans la censure et promulgué une loi interdisant le recours à l’Interruption Volontaire de Grossesse l’année dernière sauf en cas extrême de type viol.

Face à ces événements menaçant la cohésion au sein de l’Europe, le président français a prononcé un discours sur la colline du Pnyx sur l’Acropole, lieu emblématique où se tenait l’Assemblée durant l’Antiquité. Le discours portait sur la volonté de consolider et renforcer la démocratie et la solidarité entre les pays européens. Reste désormais à transformer ces paroles en actes…

 

 

Le plus grand tueur en série d’Europe ?

Nils Högel est un infirmier qui a opéré dans les cliniques de Delmenhorst et d’Oldenbourg. Il injecte secrètement et illégalement des produits toxiques à ses patient dans le but de provoquer un malaise pour les réanimer et passer pour un héros. Or, en 2005, il est surpris en train de faire une piqure non prescrite à un patient. Il est condamné en 2008 pour tentative de meurtre. Mais suite à la médiatisation de ce cas, une femme exprime haut et fort ses doutes quant au décès de sa mère. S’ouvre alors une nouvelle enquête. Des traces de substances suspectes sont détectées chez cinq autres patients. Il est condamné en 2015 à la prison à perpétuité pour meurtre de deux de ces patients. Ce rebondissement a lancé 12 nouvelles enquêtes qui, aujourd’hui le reconnaissent coupable de la mort de 80 personnes au moins. Après «134 exhumations, et plusieurs centaines de témoignages, on peut prouver au moins 90 meurtres et il y en a au moins autant qu’on ne peut pas prouver» déclare le chef de l’enquête, Arne Schmidt. Le meurtrier évoque comme mobile l’ennui en avouant préférer « les patients se trouvant dans un état très critique ». S’il est reconnu coupable pour tous ces meurtres, il serait un des plus important tueur en série d’Europe.

 

 

Le sommet du « DieselGate »

Mercredi 2 Aout a eu lieu un sommet entre la classe politique et des constructeurs automobiles pour préserver l’industrie automobile allemande. Après le scandale du DieselGate qui a explosé en Septembre 2015, scandale de moteur truqués et manipulation autour des seuils de températures, les villes les plus polluées d’Allemagne risque de voir leurs voitures Diesel interdites.

Merkel était en visite dans ces villes les 4 Septembre. Car, si il y volonté du gouvernement de sanctionner l’industrie automobile allemande afin de mettre fin à la crise de confiance qui est née de ce scandale en sanctionnant les grands constructeurs, la classe politique allemande ne veut pas mettre à mal la « Deutsche Qualität ».L’Allemagne exige des efforts de la part de Wolkswagen, BMW et Daimler mais souhaite soutenir la fierté nationale de son industrie, qui repose essentiellement sur les voitures diesel. Pris dans ce paradoxe, le sommet a finalement étouffé le débat sur l’avenir de diesel. L’Allemagne n’a t-elle pas affaire à une remise en cause de son modèle ?

Jürgen Resch, président de la DUH, une association environnementale allemande, comme de nombreux allemands, souhaite retrouver un « air pur en Allemagne ». Et pour cela des mesures doivent être prises. Face à la frivolité du gouvernement, cette association augmente la pression et accélère les démarches pour aboutir à de vraies résolutions. En termes de prises de décision en effet, le sommet du 2 Septembre peut être perçu comme un grand échec. En effet, à la veille des législatives personnes n’osent réellement se mouiller ni trancher, car il y aura systématiquement partie perdante. Il s’agit d’une part de sauver 700 000 emplois représentés dans le secteur de l’industrie automobile, d’une autre part de rétablir la confiance avec la population allemande.

 

 

Lettre ouverte à l’ONU : le danger des « robots tueurs »

Les « robots tueurs » ou « système d’armes latérales autonomes » sont des armes utilisable sans intervention humaine. Elles peuvent tomber dans les mains de n’importe qui, et servir à n’importe quel usage et par la même mettre en péril la vie d’innocent. La deuxième question que ces « robots tueurs » soulève est celle de la responsabilité des dommages collatéraux. Alors que les armes de guerre font de plus en plus appel à l’intelligence artificielle, aucune loi ni réglementation n’est crée. Enfin, les « robots tueurs » favoriseraient les guerres. Parce qu’il est plus simple ethiquement de « tuer » un robot qu’un homme, parce que les moyens de dissuasion sont de plus en plus faibles, les mesures destructives sont de plus en plus dévastatrices.

 

« Elles peuvent être des armes terrifiantes, des armes que des dictateurs et des terroristes utilisent contre des populations innocentes, et des armes piratées à des fins funestes ». Devant tous ces dangers, Elon Musk (Fondateur de Tesla et Space X) et de nombreux patrons d’entreprises d’entreprises robotiques ont adresses à l’ONU une lettre ouverte pour « trouver un moyen de nous protéger contre ces dangers »

 

https://futureoflife.org/autonomous-weapons-open-letter-2017

 

Cette lettre ouverte, qui nous rappelle amèrement Terminator, met en avant que les poussées des technologies doivent être encadrée, réglementée pour éviter tout débordement. Qui sera tenu responsable lors que des innocents seront tués ? Pahalanx, Taranix… « Les armes autonomes mortelles risquent de devenir la troisième révolution dans la guerre. Une fois développées, elles autoriseront des conflits armés à une échelle plus grande que jamais, et à des rythmes plus rapides que l’homme ne peut le comprendre. Il peut s’agir d’armes de terreurs, d’armes que les despotes et les terroristes utiliseront contre des populations innocentes, et d’armes qui pourront être piratées pour agir de manière indésirable. Nous avons peu de temps pour agir. Une fois cette boîte de Pandore ouverte, il sera difficile de la refermer. »

« Nous n’avons pas beaucoup de temps pour agir. Une fois ouverte cette boîte de Pandore, elle sera difficile à refermer. C’est pourquoi nous (vous) implorons de trouver le moyen de nous protéger de ces dangers ». Pourtant les réunions à Genève ont du mal à prendre des décisions, elles sont encore trop timides, ou trop discrètes, et reportées en Novembre 2017.

Katia Weber

Ancienne élève de Daniélou (Rueil-Malmaison) en ECE et actuellement à l'ESCP

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