Synthèse d’actualité estivale d’économie – Édition 2020 Synthèse d’actualité estivale d’économie – Édition 2020
Si tu as bien profité de tes vacances et que tu as manqué l’actualité en lien avec le programme d’ESH de ces dernières semaines,... Synthèse d’actualité estivale d’économie – Édition 2020
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Si tu as bien profité de tes vacances et que tu as manqué l’actualité en lien avec le programme d’ESH de ces dernières semaines, pas de panique, cet article est fait pour toi !

1) Nomination du nouveau directeur général de l’OMC

Alors que les Etats-Unis bloquent le processus de nomination des juges de l’ORD (l’organe de règlement des différends de l’OMC) depuis le 11 décembre 2019, la nomination d’un successeur au brésilien Roberto Azevêdo s’annonce difficile en raison des tensions qui minent actuellement l’OMC. Ces tensions préexistantes ont été exacerbées par la crise du Covid-19 qui a conduit les Etats à fermer leurs frontières et donc se réfugier dans le protectionnisme. Les consultations ont démarré officiellement, lundi 7 septembre, autour de huit candidats. L’élection doit durer deux mois mais de nombreux observateurs considèrent que les vives tensions commerciales internationales, opposant notamment les Etats-Unis à la Chine, risquent de prolonger le processus de désignation et d’accélérer la sclérose d’une organisation en crise.

Comment est élu le directeur général de l’OMC ?

L’élection du successeur de Roberto Azevêdo se déroulera en trois tours : Lundi, un premier tour qui s’étale sur deux semaines verra les huit prétendants auditionnés par un comité composé des présidents des trois plus hauts comités de l’OMC. Parallèlement, chacun des représentants permanents des 164 pays membres de l’OMC devra proposer une liste non classée de quatre préférences parmi les huit candidats. A l’issue de ce premier tour, il ne restera plus que cinq candidats. Un deuxième tour aboutira à la sélection de deux finalistes qu’un troisième tour départagera.

Un enlisement du processus de nomination du nouveau directeur général risquerait d’accélérer la sclérose de l’OMC

D’après le Britannique Liam Fox, ex-ministre du Commerce extérieur de 2016 à 2019, la nomination du nouveau DG de l’OMC est un processus qui se situe « quelque part entre le choix d’un pape et le concours Eurovision de la chanson ». Cette boutade montre à quel point il est devenu difficile aujourd’hui de concilier les intérêts divergents des 164 Etats-membres de l’OMC.

L’enlisement de la procédure de nomination risque d’accélérer la sclérose d’une Organisation Mondiale du Commerce déjà malmenée par le blocage de l’ORD entériné par les Etats-Unis et donc de porter préjudice à la régulation du commerce international.

Ainsi voit-on que la désignation rapide d’un directeur général légitime auprès de tous les Etats membres de l’OMC et capable de redonner un véritable cap politique à l’organisation est un enjeu majeur. Un échec du processus de nomination pourrait en effet faire sauter un des derniers garde-fous contre les excès de la mondialisation commerciale : c’est dans cette perspective que le candidat britannique Liam Fow craint l’émergence d’un monde « où ce n’est pas tant la primauté du droit que la loi de la jungle » qui régnerait.

 

La nomination du nouveau DG de l’OMC, en tant qu’il cristallise les tensions commerciales internationales, peut représenter une très bonne accroche pour les sujets d’ESH portant sur le commerce international (ex : ECM 2020 : peut-on réguler le commerce international ?).

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Baptiste Japiot