Culture générale : comment j’ai eu 20 à la BCE #3 Culture générale : comment j’ai eu 20 à la BCE #3
Voici la conclusion de cette série « Comment j’ai eu 20 à la BCE en culture générale ». Tu as à présent les connaissances et la... Culture générale : comment j’ai eu 20 à la BCE #3

Voici la conclusion de cette série « Comment j’ai eu 20 à la BCE en culture générale ». Tu as à présent les connaissances et la bonne méthode pour analyser ton sujet. Mais attention, ce n’est pas encore gagné ! Sans une bonne méthode de rédaction, impossible de décrocher une excellente note en culture générale. Alors, comment s’y prendre ? 

Prêt ? C’est parti !

 

Le travail de rédaction

L’introduction parfaite au début de ta copie

L’introduction doit être réglée au millimètre. En voici les différentes parties.

1. L’accroche

Elle est composée d’une citation, ce qui ne devrait désormais plus être un souci pour toi, suivie impérativement d’une réflexion plus ou moins personnelle visant à faire apparaître les termes du sujet.

Par exemple, sur un sujet du type « Toute civilisation est-elle une civilisation du désir ? », une accroche montrant que le désir est à la fois créateur et destructeur fait l’affaire. Son aspect créateur rend possible une civilisation du désir, là où son aspect destructeur la rend impossible.

2. La définition des termes

Si tu as bien fait ton travail au brouillon, le premier paradoxe que tu as exposé devrait se retrouver dans ton jeu de définitions. Maintenant que ta copie est lancée, tu peux, au fil de ta réflexion, interroger un a un les différents termes qui émergent. N’hésite pas à y aller avec de gros sabots, la clarté est plus importante que le style ici (même si l’idéal, c’est d’avoir les deux !). Use et abuse des structures du type « Mais si on entend le désir comme un moteur, alors… », « En définissant le désir comme la faculté d’être par ses représentations cause de la réalité des objets de ses représentations », « Comme l’a fait Emmanuel Kant en 1788 dans sa Critique de la raison pratique, il apparaît que… ».

C’est sans doute la partie la plus importante de ta copie, car c’est ici que tu montres que tu as vu toutes les nuances du sujet. Cette partie vaut facilement la moitié de ta note, car elle donne le ton de ta copie, et si elle est ratée, il est difficile de s’en remettre sans un vrai brio par la suite !

3. La problématique

Maintenant que tu as bien réfléchi pendant une quinzaine de lignes, tu peux synthétiser tes réflexions préliminaires en une problématique. C’est une question à laquelle tu souhaites répondre, dont la réponse permet de traiter l’ensemble du sujet, et qui découle des difficultés posées par le sujet. Elle doit comprendre le moins possible d’éléments nouveaux, hormis parfois un terme moyen qui permet d’articuler les termes du sujet. Attention cependant, car le plus souvent, l’introduction d’un terme moyen ferme une partie du sujet, ce qui plafonne le plus souvent ta note à 12 car ton traitement sera incomplet.

4. L’annonce du plan

Après un retour à la ligne immédiatement après ta problématique énoncée sous forme de question, tu peux annoncer ton plan. Mieux vaut être clair : utilise la structure « Dans une première partie, nous verrons que …. Dans une deuxième partie, nous montrerons que… Dans une troisième et dernière partie, il apparaîtra que… ». Ce n’est pas très élégant, mais tu ne peux pas te permettre de laisser la moindre ambiguïté aux yeux de ton correcteur !

 

Les transitions entre les parties

Rappelons-le, ta copie sera structurée de la manière suivante :

  • Une belle introduction dont je t’ai décrit la méthode ci-dessus.
  • Des parties dont chacune est structurée en sous-parties. Elles aussi doivent être structurées.
  • Une conclusion pour répondre à la problématique posée.

Ainsi, les parties de ton devoir seront reliées par des transitions. Deux transitions se logent entre chacune de tes parties. Leur première phrase permet de réaffirmer la thèse de la partie terminée, la suivante introduit une limitation ou une critique légitime. Il n’y a pas besoin d’apporter un début de justification à cela, mais cela peut se faire avec parcimonie pour justifier un passage un peu abrupt ou rendre la copie plus claire. Le risque serait de rogner sur la partie suivante.

Exemple : « Il apparaît que X. Pourtant, il apparaît que … ! ». Il faut alors poser une question qui met en tension la partie actuelle et la suivante, afin de lever une interrogation. « Peut-on alors dire que Y ? », et enfin dans une dernière phrase, affirmer la thèse de la partie suivante. « Sans aller jusqu’à la radicalité de Y, il semble bien que Z ».

 

L’art de bien rédiger son paragraphe de sous-partie

Le paragraphe parfait, ce n’est vraiment pas compliqué ! Le voici, tel quel, phrase par phrase. Apprends et applique cette formule et tes copies gagneront immédiatement plusieurs points !

1. La phrase d’introduction

Il s’agit d’annoncer la thèse du paragraphe tout de go, pour lever toute ambiguïté. « La nuit, tous les chats sont gris. » Si ce paragraphe n’est pas le premier de la copie, il faut le relier au paragraphe du dessus : « Si les chats sont bien de plusieurs couleurs, la nuit tous les chats sont gris ».

2. L’amorce du raisonnement

Il faut maintenant commencer à développer ton raisonnement. Tu peux te permettre de prendre quatre ou cinq lignes pour cette section, plus si tu en as envie ! Il s’agit ici, le plus possible, de ton raisonnement personnel.

En effet, lorsque la nuit succède au jour, la lumière du Soleil est remplacée par celle de la Lune. Or, la Lune, contrairement au Soleil, a d’excellents rapports avec la communauté féline.

3. L’auteur-citation

Quand tu arrives à un point difficile ou technique de ton raisonnement, ou simplement que ton idée s’approche de la pensée d’un auteur, ou encore lui vole un concept, il faut se débrouiller pour citer cet auteur et faire appel à une de tes citations. C’est ainsi que tu accumuleras des points, et que le correcteur, confiant en ton travail personnel, pourra se concentrer sur ta propre réflexion.

Cette relation particulière entre la Lune et les chats a été étudiée par Pastaron Miaourovitch, dit le gros matou de Moscou, dans son ouvrage Des chats et des astres : quand le ronron mène au désastre (1941). Miaourovitch y explique que la Lune cherche à soutenir les chats dans leurs missions nocturnes : « L’astre sélénite n’est pas ce roc sans cœur qu’y voient les canins. Il aime les félins, et c’est pour eux qu’il chasse aux vespérales l’astre céleste. La Lune veut baigner de nouveau de sa lumière les enfants dont elle a été privée la nuit précédente ». C’est ainsi que la Lune baigne des chats chaque nuit de sa lumière blafarde, et permet à leur pelage de s’uniformiser, pour cultiver leur anonymat.

4. La reprise du raisonnement

Il faut rapidement reprendre la main sur ton auteur, pour chasser bien loin le risque de la récitation.

On peut pousser le raisonnement de Miaourovitch un peu plus loin, et remarquant que les chiens subissent le même effet. Il apparaît donc que la Lune ne fait pas de discrimination. Là où on aurait pu penser que la Lune choisit ses fidèles, en droit, tous les chats sont gris pendant la nuit.

5. La deuxième et la troisième couche

Ici, tu as le droit de citer de nouveau un auteur, et de recommencer les étapes trois et quatre. L’idéal est de passer au moins une deuxième couche, pour citer un philosophe et une référence culturelle. Dans certaines sous-parties, il m’arrivait de citer trois auteurs, et de mettre quatre ou cinq citations ! La quantité n’est pas un souci tant qu’elle est au service d’une réflexion claire, personnelle et en rapport avec le sujet.

Or cette possibilité en droit est en réalité un état de fait : Ronron le troisième montre bien dans Étude de miaoulogie, tome 4 (1715) l’universalité de la race féline : « Par le miaulement qui nous unit, nous ne sommes qu’un être. » En montrant que le miaulement, bien plus qu’un cri, est en réalité un attribut divin révélant l’union de tous les chats dans un plus grand ensemble. Il est ainsi absurde de penser qu’un chat puisse posséder un attribut que les autres n’ont pas !

6. La conclusion de ton paragraphe

Une fois ta réflexion menée à son terme, quitte à avoir nuancé un peu la thèse de ta sous-partie, tu peux conclure. En quelques phrases, réaffirme la thèse de ton paragraphe, montre en quoi elle est démontrée en remettant en avant les termes du sujet, les termes de ta problématique et les subtilités de ta réflexion : termes moyens, nuances et distinctions que tu as introduits. Indique où tu en es dans ta réflexion, afin de mieux amorcer le paragraphe suivant !

Ainsi, comme on peut faire l’expérience d’un chat devenant gris pendant la nuit, on peut affirmer sans crainte, de par le miaou universel et la protection lunaire, que la nuit, tous les chats sont gris.

En fin de partie, tu dois aussi faire trois ou quatre lignes pour montrer comment toutes les thèses de tes paragraphes s’articulent pour démontrer la thèse de ta partie.

 

Introduis et conclus tes sous-parties !

Ça paraît tout bête, mais c’est souvent oublié. Chaque partie commence par un en-tête, non pas qui aligne les titres des paragraphes, mais qui met en évidence la thèse de la partie et comment les thèses des sous-parties s’articulent pour démontrer la thèse de la partie ! Pour la partie « Les tortues sont des animaux magnifiques », avec pour sous-parties « Les tortues sont des animaux », « Les tortues sont vertes » et « Le vert, c’est magnifique », mon en-tête sera : Il apparaît au premier abord que les tortues sont des animaux magnifiques. En effet, les tortues sont des animaux, verts de surcroît, et tout ce qui est vert est magnifique, car le vert est une couleur à nul autre pareil.

 

La conclusion

La conclusion, enfin, articule en une phrase les thèses des trois grandes parties, et donne une réponse explicite à la problématique. Cette réponse peut alors être retravaillée sur une dizaine de lignes pour en montrer la pertinence, les nuances, les conséquences immédiates… Une bonne habitude est de donner de la profondeur à la copie en faisant référence à plusieurs passages de la copie qui prennent tout leur sens à la lumière de cette conclusion. C’est le grand art : il faudrait presque relire la copie pour voir qu’en fait, tous les arguments, loin de s’opposer, ne sont que des nuances d’un point de vue plus subtil qui les englobe presque tous !

 

Conclusion

Ici, la structure des paragraphes annonce « Regarde correcteur, comme je suis rigoureux et ordonné dans ma pensée ! », et enfin la pensée qui se déploie librement déclare « Regarde correcteur, comme je réfléchis bien ! ». Tout est bon pour s’ouvrir en grand la porte du 20/20 !

Et voilà ! Tu l’auras constaté,  il y a « beaucoup » d’introductions et de conclusions dans cette méthode. Tes idées sont introduites dans l’introduction, dans l’annonce du plan, dans le chapeau de parties, au début des sous-parties et à la fin de tes transitions ; elles sont développées au sein des sous-parties et elles sont reprises à la fin des sous-parties, en fin de partie, en début de transition et en conclusion. Cela permet à ta copie d’être extrêmement claire, t’assurant d’être compris.

 

Merci d’avoir lu cette méthode jusqu’au bout !

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Arthur Bert

Je suis Étudiant à HEC Paris, promotion 2024. J'ai intégré après 3 ans de prépa ECS à Sainte-Marie Lyon. Je suis rédacteur en Anglais et en Culture Générale, et je suis administrateur du Discord Major Prépa.