Interview de Thomas Froehlicher, Directeur Général de KEDGE Business School Interview de Thomas Froehlicher, Directeur Général de KEDGE Business School
Major-Prépa est allé à la rencontre de Thomas Froehlicher, Directeur Général & Dean de KEDGE Business School. Nommé récemment président d’Ecricome, il répond à... Interview de Thomas Froehlicher, Directeur Général de KEDGE Business School

Major-Prépa est allé à la rencontre de Thomas Froehlicher, Directeur Général & Dean de KEDGE Business School. Nommé récemment président d’Ecricome, il répond à vos interrogations à propos de la session 2016 des concours ainsi que sur KEDGE, école née il y a bientôt 3 ans !

 

Vous avez été désigné président d’Ecricome en décembre dernier, en plus de votre casquette actuelle de directeur général de KEDGE Business School. Quelles sont les ambitions de votre mandat ?

Je succède à Frank Bostyn qui a achevé son mandat de deux ans en décembre et que je remercie. Mon ambition s’inscrit dans la continuité d’un travail réalisé depuis bientôt 30 ans. Depuis sa création, ECRICOME a su créer une relation de confiance avec nos partenaires naturels : les candidats, les talents de demain, leurs parents et la communauté des classes préparatoires aux concours des grandes écoles de management.

ECRICOME est respecté pour la qualité de son travail et la prise en compte de l’intérêt des jeunes et des familles. Nous sommes la seule banque d’épreuves et d’affectation qui couvre les programmes grandes écoles, classes préparatoires et admissions parallèles ainsi que nos programmes bachelors. Au total, ce sont 15.000 candidats, 45.000 copies corrigées, 15.000 entretiens organisés chaque année et la conception des sujets d’épreuve. Nos écoles sont présentes dans 10 villes différentes en France. 25% des places offertes aux classes préparatoires proviennent d’ECRICOME.

L’ambition pour ECRICOME est de renforcer ses compétences distinctives dans le digital pour accompagner la transformation numérique de notre société. Nous poursuivrons nos investissements pour augmenter notre capacité d’interagir avec les candidats dans leur préparation aux examens, à l’instar du déploiement du HUB ECRICOME. Nous proposerons de plus en plus de services à valeur ajoutée à l’avenir.
Deux ambitions supplémentaires nous tiennent à cœur :

– Participer à l’établissement d’un code de bonne conduite pour l’intégration des candidats en admission parallèle, pour ouvrir les écoles à une plus grande diversité de profils. Pourquoi pas un SIGEM des admissions parallèles en lien étroit avec le chapitre des grandes écoles de management, dès 2017 ou 2018 ?

– Partager nos bonnes pratiques pour conforter les efforts entrepris depuis des années pour internationaliser nos écoles, celles d’ECRICOME, et au-delà. Cela nous amènera probablement à faire évoluer la vocation d’ECRICOME à long terme. Les manières de recruter sont très différentes à travers le monde. ECRICOME peut devenir un instrument pour assurer que la qualité des candidats français et celle des candidats étrangers soient convergentes tout en créant un brassage inter-culturel entre les étudiants. L’internationalisation des écoles ECRICOME, triple accréditées AACSB, EQUIS, AMBA, est un enjeu capital depuis des années.

 

En 2015, Ecricome est la banque d’épreuves qui a attiré le plus de candidats. Pensez-vous que cette tendance soit pérenne ? Quels sont les premiers chiffres pour 2016 ?

C’est bien le cas et c’est évidemment un atout pour ECRICOME. Nous travaillons ensemble pour le conforter. Pour cette année, il est encore trop tôt pour donner des indications chiffrées. Rendez-vous en mars. Les signaux sont globalement positifs même si la démographie française ne nous permettra pas d’espérer des augmentations fortes du nombre de candidats. Il faudra, encore une fois, poursuivre la recherche de talents supplémentaires à l’étranger pour conserver notre sélectivité.

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Cette banque d’épreuve a-t-elle vocation à accueillir d’autres écoles dans les années à venir ?

ECRICOME peut accueillir de nouvelles écoles à l’avenir. Pourquoi pas ?

La condition essentielle est d’obtenir le consensus interne sur les candidates et que ces écoles respectent nos principes de qualité, le niveau de sélectivité et l’obtention des accréditations internationales.
L’arrivée de nouvelles écoles pourraient être une manière d’ouvrir de nouveaux chantiers. À l’international ? Dans le digital ? Nous verrons bien.

Les écoles affiliées à Ecricome (NEOMA, KEDGE et ICN) ont pour particularité de définir des coefficients aux écrits relativement homogènes, contrairement à la majorité des autres écoles du top 15 qui donnent assez largement la primauté aux mathématiques. Comment interpréter ce parti-pris ?

La raison tient à l’histoire de la banque qui s’est construite pour offrir un concours intégré, homogène et commun, donc très lisible par les candidats et, ainsi, chercher à attirer des profils complets. C’est la marque ECRICOME.

 

Cette année, les épreuves écrites du concours Ecricome précèdent directement celles de la BCE, mettant fin à la traditionnelle semaine de coupure entre les deux banques d’épreuves, est-ce un choix délibéré ?

Le calendrier des épreuves écrites est réalisé en concertation avec toutes les banques d’épreuves et doit prendre en considération de nombreuses contraintes. Cette année, en raison d’un certain nombre d’éléments, de la nécessité de positionner tous les concours, nous n’avons pas pu exceptionnellement, et à notre grand regret, proposer une semaine de coupure.

 

En 2015, lors des choix SIGEM, Toulouse BS a été préférée à NEOMA BS, et SKEMA à KEDGE BS, une première, comment analysez-vous ce phénomène ? Comment comptez-vous réagir en 2016 ?

Je ne peux pas répondre pour NEOMA Business School évidemment. KEDGE Business School et NEOMA Business School font partie avec SKEMA ou Toulouse, d’un même groupe d’écoles triple accréditées qui visent l’excellence avec portefeuille de programmes complet (bachelor, master, MBA, PhD et executive education) et un positionnement très international.

KEDGE Business School, fondée en juillet 2013, est aujourd’hui en place. Nous quittons la période délicate de fusion. L’essentiel est dernière nous. Place à Kedge Business School, “One School” : une palette originale de propositions qui repose sur la personnalité de chaque campus à Marseille-Provence et Bordeaux tout particulièrement en ce qui concerne le PGE. Nos deux campus majeurs constituent autant de portes d’entrée sur des parcours individualisés : d’excellence, d’orientations “métiers”, et un menu de cours très large qui permet une individualisation unique de chaque trajectoires individuels. Des campus parmi les plus beaux d’Europe et les mieux équipés pour assurer le bien-être, le développement personnel de nos étudiants et la transformation digitale. Nous venons d’inaugurer de nouveaux équipements sportifs et numériques à Marseille début janvier qui préfigurent de nouveaux investissements à hauteur de 25 millions d’euros supplémentaires.

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Notre Learning Hub s’étale à présent sur près de 3.000 m2 et a été prime par French Tech. Après la livraison d’un nouveau campus en 2014 à Bordeaux, cela montre la volonté des CCI de Bordeaux et de Marseille-Provence de s’impliquer dans leur école car ce sont elles qui réalisent ces investissements pour les louer ensuite à l’Ecole. La CCI du Var est également à nos côtés à Toulon où nous avons notamment notre École de Design.

Nos étudiants bénéficient aussi d’une offre de plus de 300 destinations internationales en échange dont 47 doubles-diplômes (62% de partenaires accrédités au plan international), un corps professoral de 196 professeurs permanents, à 44% international, et 45.000 alumni.

Le classement SIGEM en 2015 reflète un “instant” de compétition dans notre contexte national, mesuré auprès des étudiants des classes préparatoires qui est notre cœur de cible. À l’ “instant” suivant, quelques semaines plus tard, nous voyons apparaître d’autres classements. KEDGE est #30 European Business School dans le dernier classement de référence du FT, cinquième française et #5 dans le dernier classement de Challenges grâce au renforcement de son offre internationale. Cette convergence entre l’échelle nationale et internationale est à souligner.

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Vous avez pris les rennes de KEDGE Business School en septembre 2014, un an après cette union entre Euromed Marseille et BEM Bordeaux. Quel regard portez-vous sur cette fusion à l’heure du premier bilan ? Quel regard portez-vous sur cette fusion à l’heure du premier bilan ?

SKEMA rappelait récemment à juste titre le travail accompli depuis sa création en 2009. 6 ans pour faire aboutir une fusion. Nous aurons fait le même travail en 3 ans. C’est remarquable. J’attends actuellement le retour de notre ré-accréditation AACSB qui sera un excellent marqueur de cette maturité. Rendez-vous en février. Dans les mois qui viennent, d’ici la fin de l’année académique, nous allons boucler différents chantiers opérationnels qui vont considérablement améliorer notre organisation … et la satisfaction de nos étudiants. Indicateur clé pour nous. Nous avons aussi un plan de progrès en cours pour obtenir une full-accréditation EQUIS et un grade de master pour une durée pleine en 2017. Kedge Business School, c’est une “roadmap” stratégique à 2020.

Nous reparlerons de tout cela à mi-parcours en 2017. À ce moment là, les étudiants qui viennent d’intégrer l’École seront diplômés ou en passe de l’être. Je suis persuadé qu’ils ne regretteront pas le choix de Kedge Business School et je pense en particulier à celles et ceux, très nombreux, qui auront fait le choix d’une carrière internationale.

 

La communication de KEDGE est axée sur sa présence à l’international, et notamment en Chine. Quels bénéfices vos étudiants tirent-ils de cette implantation ?

Kedge Business School est une marque forte en Chine grâce à une présence aux côtés de deux partenaires prestigieux : Shanghai JiaoTong University (SJTU- Antai Faculty of Business Administration) et Renmin University. Toutes deux sont accréditées AACSB et EQUIS.
Kedge Business School est l’école française la plus présente en Chine avec un rayonnement sur toute l’Asie comme l’attestent aussi nos partenariats stratégiques avec Korean University Business School et Hong Kong Polytechnics University.

Avec SJTU, nous sommes 23ème Global MBA mondial dans le ranking du FT, position soutenue par plus de 1.000 alumni en Chine. C’est la garantie d’un soutien à nos étudiants du PGE qui peuvent aussi bénéficier de l’ouverture de la Chine aux stagiaires français annoncés récemment dans le deuxième marché mondial après les Etats-Unis.

Avec Renmin University (et les universités Sorbonne 4 et Paul Valéry de Montpellier) nous avons créé l’Institut Franco-Chinois à Suzhou, tout proche de Shanghai. Ce campus de plus de 25.000m² permet à Kedge d’accueillir près de 700 étudiants chinois sur cinq ans pour une spécialité en management et finance. Ces étudiants sont sélectionnés parmi le 1% des meilleurs étudiants de toute les provinces chinoises. Ils passent deux ans sur cinq en France, à Marseille et Bordeaux. Nous offrons à nos étudiants de PGE un parcours “full-chinese” qui leur permet de passer une année sur ce même campus et ils côtoient régulièrement les étudiants chinois du programme conjoint Renmin – Kedge.
Pour tous les étudiants qui pensent que l’Asie est une voie d’avenir, Kedge Business School leur ouvre une “route de la soie” sans équivalent en France.

Nous suivons une logique identique pour l’Afrique et réfléchissons à de nouvelles “routes” internationales.

 

Pendant la période des oraux, certains responsables de l’école ont martelé aux étudiants que KEDGE était une des écoles qui avait la mieux anticipé la baisse significative des aides octroyées par les chambres de commerce. Pouvez-vous expliciter cet aspect ? Les frais de scolarité de KEDGE, encore très raisonnables aujourd’hui (34 200€), sont-ils amenés à augmenter dans les années à venir ?

Les “French Business Schools” entrent dans une époque charnière car leurs partenaires historiques, les CCI, ne pourront plus les soutenir financièrement autant que par le passé. Les CCI de Bordeaux et Marseille-Provence, qui constituent notre gouvernance avec son Président Francois Pierson, ont décidé d’anticiper la fin des subventions dès 2013.

Nous vivons depuis presque trois ans sans subventions d’équilibre, sans endettement et avec une capacité d’auto-financement de 5 millions d’euros chaque année. C’est une situation unique en France. C’est un fait et un gage de stabilité à long terme. Avec un budget de près de 100 millions d’euros, l’école est solide et possède les moyens de ses ambitions. Les frais de scolarité n’ont pas vocation à augmenter fortement pour notre PGE. Notre croissance va évoluer sur d’autres terrains (internationalisation, executive education, programmes digitaux, expertises et fundraising).

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A ce titre, comment KEDGE compte se positionner sur ce nouveau marché des programmes courts, assez éloigné du traditionnel programme Grande École, et qui semble être pris d’assaut par les MOOC ?

La demande de formation quitte de plus en plus les formats longs associés aux diplômes (degrees). Nous avons récemment acquis une expertise avec la reprise des formations continues du GICFO : 19 personnes spécialisées dans les parcours courts, souvent accompagnés d’une offre e-learning délivrée en partie sur une plateforme. C’est le début d’une exploration de ces nouvelles modes de délivrance, plus rapides, plus souples, plus rapidement acquis.

 

KEDGE est reconnue pour prodiguer un enseignement “à la carte”, ce qui la distingue de la majorité des autres Business School françaises. Pourquoi ce choix ?

Comme je vous l’indiquais précédemment, il correspond à une volonté d’accompagner le désir de nos étudiants de parcours uniques, singuliers, qui correspondent aussi à la diversité des talents, des profils recrutés et à la complexité du monde dans lequel nous évoluons.

 

KEDGE occupe une étonnante 5ème place dans le classement établi par le magazine Challenges (décembre 2015). Comment expliquez-vous cette envolée ?

Surpris ? Peut-être un peu car nous ne sommes qu’au début de notre stratégie de développement mais normal au regard de nos ambitions. C’est aussi notre place dans le dernier classement des “European Business Schools” (cinquièmes école française). Nous devrons confirmer cette tendance dans les trois années à venir.

 

A ce propos, votre prédécesseur, Bernard Belletante (aujourd’hui directeur général de l’EMLYON), déclarait en 2013 vouloir atteindre le top 5 français à l’horizon 2015-2016, cet objectif est-il toujours d’actualité pour vous?

Cet objectif a été fixé par la gouvernance de l’Ecole quand Kedge Business School a été fondé. Il est d’être parmi les 15 meilleures Business Schools européennes d’ici 2020 au plus tard. Cela nous amènera à figurer parmi les cinq meilleures en France. La France est un pays en pointe pour ses Business Schools en Europe. Celles-ci constituent un de ces meilleurs produits d’exportation !

 

DES COGNETS Dimitri & CORNILLIET Mehdi

Dimitri Des Cognets

Rédacteur en chef de Major-Prépa