(Pourquoi) faut-il faire un double-diplôme en école de commerce ? (Pourquoi) faut-il faire un double-diplôme en école de commerce ?
Depuis près d’une quinzaine d’années, on observe une augmentation exponentielle du nombre de doubles-diplômes proposés par les écoles de commerce. Nos chères business schools... (Pourquoi) faut-il faire un double-diplôme en école de commerce ?

Depuis près d’une quinzaine d’années, on observe une augmentation exponentielle du nombre de doubles-diplômes proposés par les écoles de commerce. Nos chères business schools semblent d’ailleurs être le moteur principal de ce phénomène. En 2018, nous en comptions déjà plusieurs dizaines.

À cette offre déjà pléthorique s’ajoute par ailleurs l’ensemble des doubles-diplômes internationaux. Ces derniers permettent d’aller au-delà du “simple” échange académique de six mois réalisé par la plupart des étudiants.

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D’abord, en quoi consiste un double diplôme ?

Assez simplement, un double diplôme est une formation prodiguée par deux établissements qui n’ont a priori pas la même expertise et qui permet donc d’acquérir un ensemble de compétences dans au moins deux domaines distincts. À noter que c’est un peu moins vrai pour les doubles diplômes à l’étranger qui te seront proposés, ces derniers se faisant quasi-exclusivement dans des business schools. Dans tous les cas, le double diplôme permet de voir son diplôme certifié à la fois par son établissement d’origine et par le partenaire.

En école de management, l’offre de doubles diplômes est extrêmement éclectique : on retrouve certes de nombreux “DD” avec des écoles d’ingénieurs, des facultés de droit ou des IEP, mais pas seulement ! ENS, écoles militaires, écoles d’hôtellerie, écoles de design… tu auras l’embarras du choix si cette voie t’intéresse !

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Une tendance qui suit l’évolution des besoins du marché du travail

Avant toute chose, il faut voir dans le développement des doubles-diplômes au sein de l’enseignement supérieur la conséquence de la demande des entreprises pour des profils “hybrides”. Ces dernières recherchent en effet de plus en plus des personnes en mesure de comprendre des enjeux variés et de prendre des décisions pertinentes. Les disciplines se décloisonnent, a fortiori au sein des postes à hautes responsabilités. 

En règle générale, si le double diplôme ne permet pas d’atteindre un niveau équivalent à ceux qui ont suivi la formation dans son entièreté depuis le bac, il offre néanmoins une “coloration” particulièrement appréciée par les employeurs. Par exemple, un manager-ingénieur saura diriger efficacement une équipe de développeurs ou de data analysts sans pour autant être tout à fait en mesure de réaliser techniquement les tâches à effectuer.

De manière très prosaïque, les doubles diplômes sont aussi de très bons arguments pour les business schools lorsqu’il s’agit de convaincre leurs candidats de venir grossir leur rang. De plus en plus d’étudiants choisissent une école au détriment d’autres pour les opportunités qu’elle offre en matière de doubles compétences.

 

Le double diplôme pour “sortir du lot”

À l’heure où le marché du travail des “cols blancs” se mondialise, le double diplôme apparaît ainsi comme un moyen efficace de se démarquer des autres candidats. Si tu sors double diplôme de ton école, ton profil sera rare et donc susceptible d’intéresser fortement certains types d’entreprises qui évoluent à la croisée des chemins entre plusieurs secteurs d’activité. Ces sociétés seront d’ailleurs nettement plus enclines à payer le prix fort pour s’attirer tes services. Quelle que soit l’école considérée, on observe une forte corrélation positive entre le double diplôme et le salaire de sortie.

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Alors, faut-il faire un double diplôme ?

Plutôt oui… mais pas toujours ! Se lancer dans un double diplôme constitue un engagement important, il ne s’agit donc pas de prendre cette décision à la légère. En effet, la plupart des DD accessibles sont sélectifs et supposent une charge de travail accrue.

Le double diplôme doit poursuivre un but précis : en premier lieu, il peut permettre de conserver la curiosité intellectuelle développée en prépa. On peut penser notamment aux doubles diplômes des “humanités”  généralement réalisés dans une université à proximité du campus. S’ils sont réalisables dans la plupart des écoles de management post-prépas, ces doubles diplômes sont généralement moins structurés que les autres et nécessitent donc une forte capacité d’adaptation.

Viennent ensuite les doubles diplômes qui offrent pour ses apprenants la possibilité de sortir totalement de leur zone de confort. C’est le cas par exemple des DD au sein d’une école militaire ou de ceux à l’international. En suivant de telles formations, tu seras ainsi confronté(e) à un univers bien différent de celui de ton alma mater. Pour d’autres en revanche, ces doubles-diplômes constituent bel et bien un tremplin vers leur projet professionnel.

C’est justement le dernier cas de figure : choisir un double diplôme car celui-ci correspond à un objectif de carrière précis. Dans ce cas de figure, la double formation vise à aller chercher des hard-skills qui permettront d’évoluer à un poste où des connaissances en management doivent nécessairement être couplées avec d’autres types de compétence. Les doubles diplômes en école d’ingénieurs rentrent bien sûr dans cette catégorie, avec de nombreux débouchés dans le monde de la tech, de la gestion de données ou de la finance. On peut aussi penser aux diplômes en droit, avec les IEP ou encore dans les écoles de design… la liste étant bien sûr non exhaustive !

Dimitri Des Cognets

Rédacteur en chef de Major-Prépa