Le Sport en pole position  à Audencia, raconté par Christophe Germain – DG Le Sport en pole position  à Audencia, raconté par Christophe Germain – DG
Tout le monde connaît l’un des plus gros événements sportifs étudiants de France : le Triathlon Audencia-La Baule, que les élèves de l’établissement organisent chaque... Le Sport en pole position  à Audencia, raconté par Christophe Germain – DG

Tout le monde connaît l’un des plus gros événements sportifs étudiants de France : le Triathlon Audencia-La Baule, que les élèves de l’établissement organisent chaque année en automne. Cette passion pour le sport, inscrite dans l’ADN d’Audencia, nourrit également son Directeur Général, Christophe Germain, depuis son plus jeune âge. Il revient ainsi sur la place importante que revêt le sport au sein de la formation et profite pour délivrer ses conseils aux jeunes sportifs en plein confinement et aux préparationnaires qui s’apprêtent à passer les concours dans des conditions inédites.

 

Audencia fait partie des rares écoles à rendre le sport obligatoire pour ses étudiants. Pourquoi un tel choix ?

Ce choix n’est pas récent. En effet, nous considérons que le sport participe et contribue à l’équilibre, mens sana in corpore sano. Un de mes auteurs préférés, Camus, disait que les salles de sports et les théâtres avaient été ses seules universités. À Audencia, nous avons toujours accordé beaucoup d’importance aux humanités et nous considérons que le sport en fait partie. Le sport offre une éducation morale. Comme disait Lao Tseu : « Celui qui gouverne l’empire comme il prise son corps, c’est à celui-là qu’on peut confier l’empire. »

 

En quoi le sport est un élément important dans le parcours d’un étudiant en école ?

Pour moi, cela fait partie de la formation des individus qui vont devenir des managers demain. Le sport ce sont des valeurs, une morale. Tu ne peux pas tricher quand tu fais du sport. Lorsque tu cours un marathon, tu dois puiser au plus profond de toi-même pour atteindre un objectif. À Audencia, le sport est utilisé à des fins pédagogiques. Les étudiants sont amenés à prendre des positions au sein du groupe, à faire valoir leur leadership. Nous avons d’ailleurs deux professeurs de sport permanents qui sont pleinement intégrés aux équipes pédagogiques.

L’autre dimension importante, c’est que nous exerçons tous des métiers très sédentaires désormais. Ainsi, il est très important de faire du sport. C’est un besoin physiologique.

 

Quels sont les sports proposés à Audencia ?

On retrouve pratiquement tous les sports : des pratiques collectives, comme le football, le basketball, le handball, le rugby, l’aviron ou le volley, aux sports individuels comme le golf, le VTT ou encore l’équitation. Nous avons noué de très nombreux partenariats avec des clubs locaux et, si plusieurs étudiants manifestent leur intérêt envers un sport que nous ne proposons pas encore, nous pouvons aisément passer un contrat avec un club qui pourra les accueillir.

 

L’un des événements phares de l’école est le Triathlon Audencia – La Baule. Il accueille chaque année de nombreux professionnels, dont Vincent Luis, champion du monde. Pourquoi y participer en tant que Directeur Général ?

Quand tu participes à un événement sportif, c’est toujours beaucoup d’émotions et c’est toujours plus fort de vivre ces émotions avec les étudiants. Plutôt que de participer à un triathlon ailleurs dans le monde, je préfère faire celui d’Audencia-La Baule. J’éprouve beaucoup de fierté à porter les couleurs de l’école, même si je ne termine pas parmi les premiers.

Pour découvrir les coulisses du Triathlon, retrouvez l’interview de la présidente 2019 de l’association Triathlon Audencia-La Baule.

Christophe Germain participe au triathlon Audencia -La Baule chaque année.

Christophe Germain participe au Triathlon Audencia – La Baule chaque année.

 

D’où vient votre passion du sport et que vous apporte-t-elle dans votre quotidien ?

Toute ma vie, j’ai toujours fait du sport. La période où j’ai le plus pratiqué, c’est lorsque je me suis retrouvé à l’internat. La seule façon d’en sortir et de s’évader, c’était de faire partie des équipes sportives de l’école, le mercredi après-midi. J’ai donc rejoint énormément d’équipes : cross-country, athlétisme, foot, etc. Aujourd’hui, c’est un besoin viscéral. Je ne fais pas de sport, je ne suis pas bien. C’est un élément d’équilibre.

 

Thibaut Bardon, un professeur d’Audencia, lie la pratique à haute-intensité de managers avec la performance managériale. Cela aide-t-il à être un bon dirigeant ? Quid de votre expérience ?

Personnellement, je ne pratique pas dans une logique utilitariste. C’est un réel besoin physiologique. Je cours autant aujourd’hui qu’il y a 25 ans, mais cela ne m’apporte pas plus qu’auparavant. C’est avant tout la démarche sportive qui me plait, cela participe à mon équilibre. Je n’avais pas forcément fait le lien entre sport et management avant d’avoir échangé avec Thibaut Bardon, avant qu’il ne débute son projet de recherche.

Je pense être un cas particulier, car son étude montre réellement un lien entre les deux. Il y a d’ailleurs un vocabulaire commun : courage, tactique, stratégie, concentration, leadership, motivation… Ce sont des termes qu’on peut utiliser dans le sport comme dans le management.

Le sport est également un formidable objet d’inspiration managériale. Netflix a récemment produit un documentaire intitulé The Last Dance. Il plonge le spectateur au cœur du vestiaire des Chicago Bulls lors de la saison 1997-1998. C’est fascinant de voir comment Phil Jackson a réussi à tirer la quintessence de chaque joueur, de ces individualités qui étaient de stars comme Michael Jordan ou Denis Rodman, pour en faire une équipe extraordinaire qui allait conquérir son dernier titre NBA.

À écouter : Le Podcast de Thibaut Bardon.

 

En cette période de confinement, comment gardez-vous la forme ?

J’essaie de faire deux heures de sport tous les jours : une heure en début de journée, avec un hometrainer et une heure de course en fin de journée.

 

Avez-vous des exemples de livres ou de biographies à lire pour garder sa motivation en vue des concours ?

Le premier livre est celui de Judith Perrignon qui s’appelle L’insoumis et qui retrace l’histoire des États-Unis des années 50 et 60 à travers la carrière de Mohammed Ali.

L’autre livre formidable qui peut aider les prépas s’intitule L’art de la victoire. Il retrace l’histoire de Phil Knight, fondateur de Nike et raconte comment cet étudiant de l’Oregon, qui est parti faire le tour du monde en sac à dos, a créé son entreprise. Tout au long du livre s’entremêlent business et sport. La passion pour le running de Phil Knight est croisée avec sa démarche entrepreneuriale. Cet ouvrage retrace également la formidable aventure humaine derrière Nike, comment son fondateur s’est retrouvé dans l’impasse quand son fournisseur japonais l’a abandonné, qu’il est allé voir ses parents pour leur demander de l’argent pour fabriquer ses propres chaussures et qu’ils ont refusé. Phil Knight est ensuite allé voir son ancien coach, Bill Bowerman, qui est l’un des plus grands entraîneurs de demi-fond de l’histoire des États-Unis. C’est lui qui est à l’origine de la semelle des premières chaussures Nike telle qu’on la connaît. Un jour, sa femme faisait des gaufres et c’est en regardant le gaufrier qu’il a eu l’idée de créer les semelles des fameuses Waffle Racer qui sont aujourd’hui iconiques. Dans ce livre, Phil Knight raconte ses galères qui sont toujours suivies de ses moments de détentes où il prenait sa paire de chaussures et allait courir pour s’évader. C’est intéressant de voir comment la passion de quelques-uns pour un sport a pu déboucher sur une aussi grosse entreprise que Nike.

 

Un conseil pour les prépas qui se mettraient à la course à pied pendant le confinement ?

Le conseil que je donne, c’est qu’il faut s’affranchir de tous les artifices commerciaux, revenir à la genèse et redécouvrir l’esprit du sport, l’esprit de Phidippidès et Spyrìdon qui sont les deux premiers hommes à avoir couru un marathon. Il faut courir pour aller chercher les émotions que l’on a en soi, revenir aux origines. Il suffit juste de prendre une paire de chaussures, un short, un t-shirt et de sortir courir. Il faut être à la recherche de ce que les runners américains du début des années 70 appelaient l’épiphanie, ce moment où le corps sécrète ces fameuses endorphines qui permettent d’être transcendé. Il faut aller chercher ça, en toute simplicité et courir tranquillement, que ce soit un, dix ou vingt kilomètres. Pendant le confinement, veillez bien à respecter les gestes barrières et les recommandations gouvernementales dans le cadre de votre pratique sportive : vous pouvez sortir de chez vous pour faire du sport dans la limite d’1h maximum par jour dans un rayon d’1km autour de chez vous. 

Quand Audencia a ouvert le campus de Shenzhen, nous avons fait le pari avec le directeur sur place de courir le semi-marathon de la ville. Quand on l’a fait, j’étais impressionné, car, sur les dix premiers kilomètres, les participants couraient en se prenant en photo. Il faut vraiment s’affranchir de ces artifices.

 

Quelles bonnes pratiques transmettriez-vous aux sportifs confinés, pour conserver la motivation et la forme ?

Il faut tout de même sortir faire un peu de sport. Cela permet d’avoir moins de scrupule lorsque l’on mange ensuite un gâteau ou que l’on boit une bière. Plus sérieusement, toute occasion de faire du sport doit être saisie. Il est vraiment important de continuer à avoir une activité sportive, cela permet également de mieux dormir. Ainsi, je recommande, a minima, d’aller marcher une heure par jour.

Maximilien Arengi