Les 5 histoires les plus déroutantes du prix Nobel d’économie  Exemplaire Les 5 histoires les plus déroutantes du prix Nobel d’économie  Exemplaire
La création du « prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel », vulgairement appelé « prix Nobel d’économie », remonte à 1968.... Les 5 histoires les plus déroutantes du prix Nobel d’économie  Exemplaire

La création du « prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel », vulgairement appelé « prix Nobel d’économie », remonte à 1968. Ce titre honorifique n’en demeure pas moins le parent pauvre des « prix Nobel » puisque contrairement aux prix Nobel de physique, de chimie, de littérature, de médecine, et de la paix,  il n’a pas été inventé en 1901 par le grand Alfred Nobel. Il a bien au contraire été pondu un demi-siècle plus tard, afin de faire taire les jalousies qui sévissaient au sein de la communauté des économistes… Aussi, l’histoire de cette récompense royale doit-elle être considérée à l’aune de son instauration puisque son émergence comme son déroulement restent en effet très controversés.

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Le physicien, surtout économiste

Tinbergen

Le néerlandais Jan Tinbergen (1903-1994) est à cet égard un exemple probant. Il est avec Ragnar Frisch co-lauréat du premier « prix Nobel d’économie » en 1969 alors même qu’il poursuit une formation de physicien. Son goût prononcé pour les modèles macro-économétriques lui vient ainsi de son parcours scientifique. Seulement, l’érudit destiné comme son frère Nikolaas Tinbergen (prix Nobel de médecine en 1972) à une carrière scientifique a préféré mettre sa rigueur dans l’abstraction au profit de la résolution de problèmes économiques. Rendons-lui ici hommage en saluant son immense œuvre sur les cycles économiques, le commerce international, la croissance économique et les politiques économiques.

 

L’audacieux mathématicien, prix Nobel d’économie

Nash

La mort récente de John Nash (1928-2015) a ravivé de nombreux débats autour de son histoire, mais surtout autour du caractère d’un personnage décidément hors du commun. D’après le désormais mondialement célèbre Cédric Villani (médaillé Fields en 2010), les travaux mathématiques de John Nash seraient plusieurs fois supérieurs à son œuvre économique. De son vivant, John Nash a résolu quelques problèmes mathématiques d’une manière particulièrement surprenante. En effet, avant même de s’atteler à la résolution d’un problème géométrique, il prétendait en être venu à bout afin d’observer le retentissement que cela avait. Il se penchait ainsi uniquement sur les questions mathématiques qui pouvaient lui faire gagner en notoriété. Si le sujet de mathématiques en question, qui en avait découragé plus d’un, méritait que le génie y consacre un peu de son temps, il scandait haut et fort, avant même d’avoir entrepris son labeur : « Je vais le résoudre. » Prétentieux, certes, il reste attachant par son tragique destin­ : l’illustre savant était atteint de schizophrénie. Il est l’un des pères de la théorie des jeux, et son amour-propre, flirtant avec la mégalomanie, était aussi vaste que son génie.

 

Quand l’élève dépasse le maître

Debreu

Le « prix Nobel d’économie » constitue un véritable Graal pour les économistes. On peut alors facilement imaginer la brusque défaite, l’amer regret de Maurice Allais, lorsque son ancien élève Gérard Debreu est sacré avant lui, en 1983. Cet enseignant n’a pas démérité, et sa carrière était brillante : major de l’X, il se dévoue à l’enseignement à l’École nationale supérieure des Mines de Paris. Tout au long de sa carrière, il s’attache à défendre le protectionnisme et prône le libéralisme. En 1988, l’injustice est réparée, Allais rejoint le cercle très fermé des tenants du Nobel, cinq ans après Debreu, génie de son temps, Français devenu Californien, parvenu à formaliser l’équilibre général walrassien en termes mathématiques à l’aide de la théorie des ensembles convexes et du théorème du point fixe. On remercie ces deux savants pour avoir défendu à leurs manières les couleurs de l’économie française, quelques trente ans avant Tirole.

 

L’hégémonie américaine

America

Force est de constater que le pays de l’oncle Sam est intouchable et impérial lorsqu’il s’agit de produire des « prix Nobel » d’économie. Pas moins de 59 % des heureux élus sont issus des États-Unis. On comprend mieux alors pourquoi un Jagdish Bhagwati a manifesté tant d’indignation lorsque en 2006 et 2010, malgré son statut de favori, il échoue, et se voit dérober son trophée par ses confrères états-uniens : Phelps (2006), puis Diamond et Mortensen (en 2010), seul rescapé : Pissarides (2010), un Chypriote.

 

L’ambiguïté du Nobel 

Nobel2013

Les sciences humaines ou sociales, malheureusement qualifiées de « sciences molles », sont victimes d’elles-mêmes puisque « tout le monde » peut potentiellement avoir raison. La vérité n’est pas unique, n’est pas exclusive, elle est fille des contextes. Toujours est-il qu’en 2013, trois économistes aux approches parfaitement opposées sont tous et simultanément récompensés du « prix Nobel » d’économie. Alors que L.P. Hansen et E. Fama s’inscrivent dans le courant néoclassique et postulent la rationalité des agents économiques, R. Shiller est souvent assimilé au père de la finance comportementale, observant une rationalité limitée des agents.

 

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Elyas Hamadache

Après une première année à Montaigne, j'ai fait ma deuxième année en candidat libre, pour enfin intégrer l'ESCP Europe après une année de cube à IPECOM. Mes matières de prédilection sont la CG, l'économie et les mathématiques.