L’OPEP, acteur de la mondialisation, est en crise L’OPEP, acteur de la mondialisation, est en crise
L’OPEP c’est quoi ?   Cet acronyme nous est familier mais que signifie-t-il ? L‘OPEP c’est l’organisation des pays exportateurs de pétrole. C’est une... L’OPEP, acteur de la mondialisation, est en crise

L’OPEP c’est quoi ?  

Cet acronyme nous est familier mais que signifie-t-il ? L‘OPEP c’est l’organisation des pays exportateurs de pétrole. C’est une organisation intergouvernementale qui compte en 2016 quatorze membres, en Afrique: l’Algérie, l’Angola, le Gabon, la Libye, le Nigéria; en Amérique du Sud:  le Venezuela, l’Equateur; en Asie: l’Indonésie; et au Moyen-Orient:  les Emirats Arabes Unis, l’Arabie Saoudite, l’Iran, l’Irak, le Koweit, le Qatar). C’est un acteur économique important de la mondialisation actuelle; elle régule la production de pétrole et fixe son prix.  En 2014, l’OPEP comptait pour 41% de la production mondiale et 71,6% des reserves de la planète.

 

Sa naissance

Cette organisation intergouvernementale est fondée à l’issue de la conférence de Bagdad le 14 septembre 1960 par la plupart des pays arabes, le Venezuela, le Nigeria, le Gabon, l’Equateur et l’Indonésie. Ce cartel de pays exportateurs de pétrole est créé à l’initiative de Juan Pablo Pérez Alfonzo, alors ministre du développement du Venezuela, qui souhaitait rééquilibrer et inverser les rapports de force concernant le contrôle de la production pétrolière. En effet, jusqu’à la création de l’OPEP, ce sont les compagnies pétrolières occidentales qui régissaient le marché et imposaient de ce fait ‘’aux pays du Sud‘’exportateurs de pétrole leurs prix. Les fondateurs de ce cartel veulent contrôler l’extraction et la commercialisation jusqu’aux majors occidentaux. Ils veulent tirer des bénéfices de leurs ressources stratégiques et s’appuyer sur les royalties versées par ces grandes compagnies pétrolières occidentales, devenues simples concessionnaires, pour développer leurs pays. Ainsi, ces pays s’unissent principalement pour mettre fin au Diktat des FMN pétrolières occidentales et amasser des revenus stables.

 

Les Chocs Pétroliers de 1973 et 1979

En 1973, les occidentaux soutiennent Israël dans le guerre du Kippour. De ce fait, les pays arabes appliquent des mesures de rétorsion en mettant en place un embargo sur les livraisons à destination des Pays Bas puis augmentent de manière très importante les royalties. Le prix du baril de pétrole est multiplié par 4 ! Et ce n’est que le début, car en 1979 l’OPEP multiplie par 2, de nouveau, le prix du baril de pétrole.

Les conséquences directes de ces chocs pétroliers sur les économies occidentales sont désastreuses; en France par exemple, le pourcentage du deficit commercial imputable au surcoût du pétrole brut est de 94% en 1974 ( source: INSEE).

Puis retournement de situation, la demande mondiale de pétrole s’écroule entre 1979 et 1983: c’est le contre choc pétrolier.

 

La descente aux enfers

Dès 1980 avec le développement des centrales nucléaires et le ralentissement des pays développés englués dans la stagflation, la demande mondiale d’hydrocarbures diminue; L’OPEP en prend un coup. Mais elle doit faire face, en plus, à la concurrence. De nouveaux gisements sont découverts (Etats-Unis, Royaume-Uni). . Les parts de marchés de l’OPEP se dégradent et certains membres en profitent pour dérégler le marché en multipliant les ventes sur les marchés spots (à cours libres).

Les divergences internes, la violation des quotas par les pays membres, l’exploitation de nouveaux gisements par la concurrence , l’importance des marchés de Londres et de New York qui orientent les cours entraînent la fin de l’hégémonie de ce cartel sur le marché de l’or noir.

 

La situation actuelle

L’OPEP subsiste ; elle oriente toujours plus ou moins le marché mais dans une proportion, toutes choses égales par ailleurs, plus faible que dans les décennies précédentes. Mais concrètement, elle perd de l’influence depuis 1990.

Puis depuis 2010 le prix du baril de pétrole ne cesse de diminuer. En cause? L’exploitation de nouveaux gisements, en particulier le gaz de schiste chez les Américains et la baisse de la demande mondiale d’hydrocarbures plus particulièrement la baisse de la demande du géant chinois. L’écart entre capacité de production mondiale et la demande mondiale de pétrole est considérable, ( c’est six millions de barils par jour !) et il ne va pas en se réduisant. L’Arabie Saoudite refuse depuis 2014 d’utiliser pleinement ses capacités productives sous peine de baisser encore plus le prix du baril et d’attiser la concurrence. Les coûts d’exploitation du gaz de schiste sont, en effet, élevés et les Etats-Unis avec leur gaz de schiste sont étranglés par ces coûts importants. Ainsi l’Arabie Saoudie, pour ne pas perdre ses parts de marché et préserver ses marges, n’utilise pas à 100% ses raffineries.

Et ce pétrole ‘’cheap’’ affecte les revenus pétroliers des pays, qui s’appuient principalement sur cette richesse pour subsister et se maintenir à flot… c’est le cas du Venezuela ou de l’Algérie. La manne pétrolière représente 96% des recettes d’importation du Venezuela, à méditer…

 

Le gagnant dans l’histoire c’est l’Europe

La baisse du prix du pétrole a des effets particulièrement forts sur la zone euro notamment si il advient une dépréciation de l’euro causée par la mise en place des mesures non conventionnelles notamment le quantitative Easing. Cela n’entraînerait pas de hausse du prix des importations de la zone. Ce choc d’offre est plutôt favorable aux pays de la Zone Euro et sa croissance… Comme quoi la baisse du prix du pétrole fait aussi des heureux !

 

 

Viktor Gradoux

 

Viktor Gradoux

20 ans, je suis en classe préparatoire HEC voie E au Lycée Henri Poincaré. Admissible à l'oral à Saint Cyr en 2016, khûbeur cette année je souhaite tenter à nouveau cette expérience si particulière. Mes matières de prédilection sont l'ESH, les maths, la micmac et la comptabilité nationale ainsi que la préparation sportive pour l'entrée à Saint Cyr.