Le modèle fédéraliste allemand à l’épreuve de la crise sanitaire Le modèle fédéraliste allemand à l’épreuve de la crise sanitaire
Dès le début de l’épidémie, l’Allemagne apparaît, avec la Suède et la Corée du Sud, sur le podium des bons élèves, ceux qui ont... Le modèle fédéraliste allemand à l’épreuve de la crise sanitaire

Dès le début de l’épidémie, l’Allemagne apparaît, avec la Suède et la Corée du Sud, sur le podium des bons élèves, ceux qui ont su relativement bien gérer la crise sanitaire. Et aujourd’hui, alors que les chiffres deviennent plus inquiétants chaque jour dans le reste de l’Europe, l’Allemagne affiche une courbe régulière et relativement stagnante. Cependant, si la situation semble gérée de façon efficace et organisée outre-Rhin, l’Allemagne connaît des dissensions au sein des Länder, en raison du fonctionnement du modèle fédéraliste.

 

Le fédéralisme allemand

En effet, l’Allemagne se différencie de ses voisins par son système fédéral. S’il existe bien un pouvoir central à Berlin, incarné par Angela Merkel, le pays a la particularité de connaître une  certaine décentralisation du pouvoir et des décisions exécutives, juridiques et législatives. Les 16 Länder affichent une relative autonomie dans certains domaines. C’est un système qui marche bien et qui a su faire ses preuves jusqu’à présent. Or, avec la crise du coronavirus, certains dysfonctionnements sont mis en évidence.

 

Les divergences de points de vue quant à la gestion de la crise

Les Länder et leurs représentants font des efforts pour avoir une certaine cohérence nationale dans la prise de décision. Ils se sont donc réunis à Berlin pour se concerter et mettre en place des mesures communes. Cependant, les accords convenant à tout le monde sont difficiles à trouver. Par exemple, l’éducation étant la prérogative des Länder, point d’accord satisfaisant trouvé concernant la question de la fermeture des écoles. De même, les questions de la police et de l’aide sociale sont délicates à aborder, toujours pour les mêmes raisons.

 

L’échec du pouvoir central à être coercitif

À ce manque d’unité s’ajoute l’inexistence de moyen coercitif pour le pouvoir central. Ainsi, Angela Merkel et la chancellerie n’ont pas leur mot à dire sur les domaines tels que l’éducation ou l’aide sociale. À la rigueur, donner son avis mais en aucun cas imposer une décision. Les Länder tenant absolument à conserver leur autonomie historique, une intervention de la part de la chancellerie serait mal venue.

 

L’avantage de la décentralisation des pouvoirs

Néanmoins, tout cela est à nuancer. Premièrement, la grande autonomie des Länder rend possible une réaction rapide, ce qui n’est pas forcément possible dans un gouvernement centralisé. Deuxièmement, cela permet également d’adapter les décisions à chaque région. La situation diffère largement d’une région à une autre, tout comme les mentalités. Grâce au système des Länder, on peut donc appliquer des décisions sur mesure à un nombre restreint d’habitants.

Clémence Desrousseaux