BREXIT : in or out ? BREXIT : in or out ?
Cet article a été rédigé par l’équipe de Diplo’Mates. Diplo’Mates est une initiative étudiante nouvellement créée à emlyon, qui propose aux étudiants des évènements... BREXIT : in or out ?

Cet article a été rédigé par l’équipe de Diplo’Mates. Diplo’Mates est une initiative étudiante nouvellement créée à emlyon, qui propose aux étudiants des évènements et du contenu multimédia en rapport avec les affaires internationales. Palais de l’ONU, porte-avion Charles de Gaulle, participation à des simulations de négociations ou encore articles sur leur site, il y en a pour tous les goûts !

A deux jours du référendum national au Royaume-Uni sur le maintien du pays dans l’Union Européenne, Diplo’Mates sur les pour et les contre du Brexit. Ce référendum intervient moins d’une semaine après l’assassinat de la députée britannique Jo Cox du parti travailliste pro-européen par un partisan du “Remain”. Le meurtre de la députée pourrait fort bien inverser la tendance au “out” qui prévalait dans les récents sondages.

#1 Restaurer la souveraineté nationale

Selon Micheal Gove, le ministre de la Justice, l’adhésion à l’UE empêche le Royaume-Uni de changer des pans entiers de la loi, et leur interdit de choisir qui prend les décisions importantes qui affectent la vie de la population. Pour Boris Johnson, l’ancien maire de Londres, l’UE n’est qu’une nouvelle tentative de faire un super-Etat européen, à l’image de Napoléon ou Hitler. Les « Leavers » n’apprécient pas les consensus à 28, la suprématie de la Cour de justice européenne sur les tribunaux britanniques. Quitter l’UE permettrait au pays de retrouver une pleine souveraineté sur leur politique étrangère ou de défense.

#2 Une réduction de la contribution allouée au budget européen

Les pro-Brexit (le nom de leur campagne est « Vote Leave ») mettent en avant le lourd tribut payé à l’Europe. En 2015, le Royaume-Uni a payé 17 milliards d’euros soit 328 millions par semaine (source : Le Monde). Mais le pays en récupère une partie, via la politique agricole commune, le développement des régions les plus pauvres, etc… En tout, 7,88 milliards d’euros reviennent au Royaume-Uni, mais il reste néanmoins l’un des principaux contributeurs nets au budget européen.

#3 Retrouver le contrôle des frontières

Le pays a connu un solde migratoire record en 2015 de 336 000 personnes donc 180 000 en provenance de l’UE. Et la liberté de circulation au sein de l’UE empêche Londres d’agir sur ces flux. Les pro-Brexit estiment qu’en récupérant le contrôle de leurs frontières, les services publics seront désengorgés, les aides sociales réduites, les emplois réservés aux Britanniques.

Brexit : les inconvénients

 #1 Une baisse de la valeur de la livre et des entreprises en difficulté

En cas de Brexit, la livre diminuerait de valeur, et les entreprises présentes à l’étranger verraient leurs coûts augmenter au moment de payer leurs employés.

Selon un appel de 200 dirigeants britanniques à voter contre le Brexit (paru en février dans le Times), leurs entreprises ont besoin d’un accès non restrictif à un marché de 500 millions de personnes pour continuer à investir et à créer de l’emploi. Pour les PME qui forment les rangs des « Leavers », quitter l’UE serait une occasion d’en finir avec la paperasserie européenne et une motivation à chercher de nouveaux marchés plus dynamiques.

#2 Un ralentissement de l’économie

Selon George Osborne, le ministre des finances britanniques, le Brexit pourrait déclencher la mise en place d’un « budget d’urgence ». En effet, cela entraînerait des hausses d’impôts et une réduction des dépenses (santé, éducation…) pour compenser une perte nette annuelle de 47 milliards d’euros, soit une chute du PIB entre 3,4% et 9,5%. Chaque foyer britannique serait plus pauvre de 5300€.

#3 La renégociation difficile des accords commerciaux

L’UE est le principal partenaire commercial (656 milliards d’euros) et représente la moitié de leur commerce en biens et services. Le marché unique leur exonère les taxes douanières. En cas de Brexit, le pays devra renégocier un accès au marché unique, à l’image de la Norvège, l’Islande ou la Suisse, ce qui risque d’entraîner des années de négociations. Par ailleurs, certains pays de l’UE pourraient en profiter pour affaiblir, à leur avantage, l’un des domaines économiques du Royaume-Uni (par exemple, l’industrie bancaire suisse a des accès restreints à l’UE).

#4 La perte d’une influence diplomatique majeure

Selon Mike Froman, représentant au Commerce américain, la Grande-Bretagne a une voix plus forte en tant que membre de l’UE, en tant que membre d’une plus grosse entité économique (le pays perdrait son droit de veto). Le pays pourrait être mis sur la touche par les Etats-Unis pour les questions transnationales (sécurité, environnement et commerce), bref, redevenir un Etat tiers.

Enfin, sortir de l’UE pourrait faire resurgir la volonté d’un référendum d’indépendance de l’Ecosse, farouchement pro-UE.

Alors to Brexit or not to Brexit: that is the question ! Réponse ce jeudi 23 juin.

Emma DUREUX

Dimitri Des Cognets

Rédacteur en chef de Major-Prépa