中国教育 L’excellence, mais à quel prix ? 中国教育 L’excellence, mais à quel prix ?
Un système éducatif exigeant Le documentaire de la BBC « Nos enfants sont-ils assez forts ? L’école chinoise » 《我们的孩子足够坚强吗?中式学校》met en scène cinquante écoliers britanniques 英国学生qui ont... 中国教育 L’excellence, mais à quel prix ?

Un système éducatif exigeant

Le documentaire de la BBC « Nos enfants sont-ils assez forts ? L’école chinoise » 《我们的孩子足够坚强吗?中式学校》met en scène cinquante écoliers britanniques 英国学生qui ont expérimenté pendant quatre semaines l’enseignement à la chinoise. Encadrés par cinq professeurs chinois, ils ont dû se confronter à de nouvelles exigences : port de l’uniforme traditionnel chinois穿统一的校服, ponctualité, rythme de travail effréné et grande assiduité en classe. Ce système éducatif particulièrement déroutant很新奇 semble néanmoins avoir porté ses fruits puisque les résultats scolaires des élèves britanniques qui ont suivi l’enseignement à la chinoise surpassaient ceux d’écoliers du même niveau n’ayant pas suivi l’expérimentation. De cette expérience inoubliable 难忘的经历sont sortis des élèves autodisciplinés 自律et matures qui ne pouvaient se résoudre à quitter leurs professeurs à la fin de l’expérimentation.

Les conclusions que nous pouvons tirer de ce documentaire paraissent alors très claires : le système éducatif chinois 中式教育 est plus efficace que celui des britanniques. De plus, en 2012, les résultats de l’enquête PISA (Programme pour le suivi des acquis des élèves) 国际学生评估项目classe Shanghai en tête de liste, avec une avance correspondant à près de trois années de scolarité en mathématiques 数学 par rapport à la moyenne des pays de l’OCDE, à plus d’un an et demi en lecture 阅读, et à plus de trois trimestres en sciences 科学.

Ces prouesses sont surtout dues à une éducation basée sur l’apprentissage de la discipline et de l’autodiscipline dès le plus jeune âge. A cela s’ajoute un rythme de travail soutenu, sans réelle pause. Les professeurs accompagnent peu leurs élèves et leur imposent une quantité importante d’exercices. Durant la semaine, nombre d’entre eux choisissent de vivre à l’internat pour se consacrer uniquement à leurs études. L’école va jusqu’à s’immiscer dans leur vie en interdisant toute relation amoureuse谈恋爱. Pourtant, les élèves semblent accepter ce manque de liberté 没有自由 en avançant que la réussite du pays doit primer sur la réussite personnelle et que pour faire de la Chine un grand pays, il faut agir dès à présent. Ces élèves apprennent donc à travailler pour la mère patrie et non pas pour eux-mêmes.

Conçu comme un instrument de pouvoir et de développement économique 经济发展, l’éducation est un moyen de faire rayonner le pays dans le monde entier. Pour cela, l’accent est mis sur les mathématiques et les sciences, incontournables dans un monde où règnent les nouvelles technologies.

Toutefois, des disparités importantes 差距sont à relever si l’on s’intéresse aux performances globales 总体结果de la Chine. En effet, en 2015, le classement PISA a inclu Shanghai dans un nouvel ensemble de quatre provinces chinoises relativement privilégiées (Pékin, Shanghai, Jiangsu et Guangdong). Résultat, dans les trois domaines d’évaluation, on note une baisse d’environ 73 points, soit l’équivalent de deux années de scolarité, par rapport aux résultats de 2012 qui ne prenaient en compte que les résultats de Shanghai. Même si les résultats en mathématiques et en science restent très enviables, ceux en lecture classent la Chine derrière la France.

 

Le Gaokao 高考, un héritage impérial

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Il est bien entendu impossible de parler du système éducatif chinois sans parler du Gaokao 高考, l’équivalent du baccalauréat en France. Le Gaokao se déroule généralement le 7 et 8 Juin. C’est une épreuve très redoutée des lycéens puisqu’ils n’ont pas le droit à l’erreur. En effet, leurs notes à cet examen détermineront dans quelle université ils seront affectés. Or être diplômé d’une prestigieuse université à l’instar de 清华 ou 北大leur garantira un bon emploi, ce qui est le rêve de tous les étudiants et surtout de leurs parents en ce temps de crise économique经融危机. La concurrence est extrêmement rude puisque les étudiants sont de plus en plus nombreux et les places dans les meilleurs universités chinoises sont limitées.

Nous pouvons très aisément faire le parallèle avec les classes préparatoires aux grandes écoles 预科 en France, excepté que les jeunes chinois sont confrontés à une immense charge de travail dès le lycée ! Si les lycéens acceptent de s’infliger une telle charge de travail, c’est parce que réussir le Gaokao est synonyme d’ascension sociale. En effet, ce système se base sur le principe du mérite. Quiconque travaille dur peut réussir l’examen national du Gaokao, intégrer une prestigieuse université et aspirer à une belle carrière – telle est la maxime de nombreux lycéens chinois.

Ce « concours national » – si l’on peut l’appeler ainsi – trouve ses origines dans le Ke Ju科举 (ou « mandarinisme ») qui peut se traduire simplement par examen impérial. Le Ke Ju a été créé sous les dynasties des Sui 隋朝et des Tang (581-907) 唐朝dans le but de sélectionner les meilleurs talents du pays 选拔人才. Ce système d’examen est en réalité destiné à renforcer la domination politique de la dynastie en choisissant les personnes les plus aptes à devenir officiers. Ce système ne cessera de se perfectionner jusqu’à la dynastie des Qing (1616-1911) 清朝. Nous retiendrons les quatre caractéristiques suivantes : un concours ouvert à toutes les catégories sociales, centralisé et unique, qui sélectionne objectivement les meilleures copies et oriente l’enseignement des aspirants à la fonction publique. Le Ke Ju est une véritable révolution puisque les officiers étaient auparavant choisis sur recommandation et sur leur catégorie sociale.  Au début des années 1950, le Gaokao est instauré par le gouvernement de la République populaire de Chine pour recruter des cadres. Ce système s’est interrompu pendant la Révolution culturelle (1966-1976) avant d’être rétabli en 1977. Au même moment, la politique de l’enfant unique est rentrée en vigueur. L’éducation est alors devenue une véritable obsession pour les parents qui souhaitent que leur unique enfant « devienne un dragon » 成龙.

 

Les imperfections du système éducatif chinois

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En 2014, le suicide 自杀des étudiants est la première cause de mortalité des 15-24 ans. Ce constat alarmant souligne les excès du système éducatif chinois qui prône la réussite scolaire au détriment de l’accomplissement personnel. En plus de la pression 压力exercée par l’école qui impose des examens à tous les stades d’étude, les enfants doivent faire face à la pression de leurs parents qui nourrissent pour eux de grandes ambitions希望, et ceci, dès le jardin d’enfants ! En effet, bien que le Gaokao semble égalitaire en apparence, il faut souligner qu’avoir fait des études dans un bon lycée, un bon collège, une bonne école primaire, voire un bon jardin d’enfants sont des coups de pouce significatifs à la réussite du Gaokao et de fait, pour accéder à une université renommée. Et il va sans dire que les parents jouent un rôle clé dans la réussite scolaire de leurs enfants (activités extrascolaires, écoles privées, pressions exercées…). La compétition commence donc dès la naissance. On appelle cette situation « l’enseignement pour l’examen » 应试教育. Selon une enquête, le temps moyen des cours à Shanghai est de 28,2 heures par semaine et le temps moyen passé à faire ses devoirs à domicile est de 13,8 heures hebdomadaires, plaçant ainsi Shanghai en tête des pays de l’OCDE. Cette quête de l’excellence se fait au détriment de l’accomplissement personnel (très peu de sorties entre amis, pas de télévision, ni de jeux vidéo…).

Le sentiment de mal-être chez les jeunes étudiants chinois est renforcé par l’incertitude de trouver un emploi une fois diplômé就业难. Cela témoigne des failles du système éducatif chinois, qui ne parvient pas à former des étudiants adaptés aux attentes des recruteurs企业的要求. En outre, de plus en plus d’élèves accèdent à l’enseignement supérieur ce qui accentue la compétition des jeunes diplômés sur le marché du travail劳务市场. Selon le ministère chinois de l’Education, environ 517 000 étudiants en master se sont inscrits en 2012, soit près de 220 000 étudiants de plus qu’en 2003. Enfin, confronté au vieillissement de sa population, la Chine va repousser l’âge de la retraite退休年龄延长, ce qui pourrait avoir un impact sur les offres d’emplois.

Il existe par ailleurs une catégorie d’étudiants appelée les Yǐzú 蚁族 – littéralement « colonie de fourmis » – qualifiés ainsi compte tenu de leurs conditions de vie difficiles. Ces derniers viennent d’être diplômés et espèrent obtenir un bon emploi en ville 城市et y rester. Mais leur faible salaire 收入ne leur permet pas de s’acheter un logement – situation aggravée par la flambée des prix de l’immobilier房价飞涨 – ni de vivre dignement. C’est pourquoi les Yǐzú, qui viennent généralement des campagnes农村, vivent en collocation 居住在一起dans des petits logements en banlieue et gardent l’espoir de réussir un jour. Pour eux, rentrer chez eux est inenvisageable puisque cela voudrait dire qu’ils ont échoué失败, ce qui déshonorerait leur famille toute entière dont ils sont la fierté.

 

L’émergence d’une pédagogie alternative

Face à ce constat, de nombreuses écoles privées font leur apparition en Chine et mettent la réussite personnelle des enfants et des familles en avant. Cette nouvelle pédagogie s’inspire directement du modèle occidental qui donne un point d’honneur au bonheur des enfants. Des espaces de détente sont aménagés dans ces écoles et un temps est dédié au loisir. De plus, les classes accueillent des petits effectifs d’élèves afin de pouvoir cerner les difficultés de chacun. Même si les frais de scolarité peuvent s’avérer élevés, nombre de parents chinois optent pour cette pédagogie alternative. Enfin, d’autres parents choisiront d’envoyer leurs enfants étudier à l’étranger pour développer leur créativité et leur esprit critique. De plus, l’omniprésence des mathématiques et des sciences dans le système éducatif chinois a éclipsé d’autres matières non sans intérêt comme l’histoire ou la culture générale.

 

Les phrases pour le dire simplement

2012年,中国上海的学生在PISA测试中获得第一名,比许多西方国家的学生好得多。这是由于两个原因:

一方面,父母特别重视孩子们的教育,对他们的要求比较高。其实中国1979年实行了独生子女政策。从1979年到2015年,父母只能生一个孩子所以他们都希望子女成龙。

另一方面,老师对学生很严格,常常要他们做不少练习。而且在中国,毎当上完了小学,初中和高中,都会有升学考试。中国学生最重要的升学考试是高考。高考是中国选拔人才的唯一方式。

高考常常在每年6月7日和8日,每年只有一次。错过了,或者说失败了,只能明年六月再来。所以高考是他们人生中最重要的一场入学考试。去哪一所大学,学习哪一个专业,都由高考成绩决定。每年中国的高中毕业生数量众 多,但社会教育资源却十分有限。

对于很多普通人来说,高考是比较公平的,只要高考考得好,无论你出生在什么样的家庭,都有机会进入中国一流的大学学习。说白了,虽然高考对学生的压力非常大,但到现在为止还没有其他更好的方式取代。

近几年来,大学生就业难因为毕业生数量不断地增长,而由于2008年的金融危机及退休年龄的延长,企业 的需求减少了。 所以竞争越来越激烈。这会产生一些心理影响和社会问题。很多大学生产生《毕业即失业》的悲观想法。

现在,为了他们子女的身心健康,许多父母让他们的孩子到外国去留学。

 

Jacques Hoang

Je suis actuellement à Audencia après avoir fait deux années de prépa ECS au lycée Janson-de-Sailly à Paris. Mes matières préférées sont la géopolitique, la culture générale, les langues et plus particulièrement le Chinois.