Les lanceurs d’alerte : défenseurs de nos libertés ? Les lanceurs d’alerte : défenseurs de nos libertés ?
Aujourd’hui, lorsque la démocratie ou la loi semblent être contournées par une institution ou un État, certains individus décident de risquer leur propre vie... Les lanceurs d’alerte : défenseurs de nos libertés ?

Aujourd’hui, lorsque la démocratie ou la loi semblent être contournées par une institution ou un État, certains individus décident de risquer leur propre vie pour protéger la vérité. On les nomme whistleblowers (lanceurs d’alerte).

Leur but est de mettre la lumière sur un scandale ou un litige pour enclencher une sanction, une sensibilisation ou une mobilisation collective.

Les lanceurs d’alerte existent dans plusieurs domaines : économiques, sociaux et politiques (les plus connus).

Il est donc indéniable que ces acteurs ont un rôle primordial pour protéger la démocratie, d’autant plus qu’ils reflètent une des libertés fondamentales : la liberté d’expression.

Manning, Ellsberg et Snowden

 

#1 – Quelques exemples célèbres

Parmi tant de whistleblowers, nous avons plusieurs exemples incontournables.

Edward Snowden est une véritable référence. En 2013, il a publié, par le truchement de The Guardian et The Washington Post, des informations de la NSA concernant la mise sur écoute de citoyens américains et d’autres chefs d’État tels que Angela Merkel. Ainsi, Snowden a lancé une véritable vague de lanceurs d’alerte. Cependant, il a dû s’exiler des États-Unis et vit aujourd’hui en Chine.

Julian Assange a créé WikiLeaks, une organisation non gouvernementale qui publie des informations confidentielles sur des institutions. Ce réseau a pour but d’aider les lanceurs à divulguer des informations confidentielles en toute sécurité.

Considéré comme le premier lanceur d’alerte, Daniel Ellsberg a fourni au Washington Post les fameux Pentagon Papers, les documents confidentiels de la CIA sur l’implication militaire et politique des États-Unis au VietnamCe scandale, suivi par l’affaire Watergate, fit démissionner Nixon et lança une vague de contestations sociales.

Sans oublier Chelsea Manning, l’ancienne militaire qui a dévoilé les bavures de l’armée américaine en Afghanistan, comme la vidéo du raid aérien du 12 juillet 2007 à Bagdad. Par conséquent, elle fut condamnée à 35 ans de prison.

Il y a évidemment plusieurs autres lanceurs d’alerte, tels que le couple d’athlètes russes qui a accusé la délégation olympique russe d’avoir faussé les résultats de dopage de ses athlètes pour que la Russie ait de bons résultats aux JO.

 

#2 – Protéger la démocratie

L’objectif premier est de protéger les intérêts d’autrui et avant tout d’utiliser sa liberté d’expression pour assurer le respect de la démocratie (ex. : le lanceur d’alerte qui divulgua un scandale sur la mise sur écoute du fils de Joe Biden – l’affaire ukrainienne).

Ces actes courageux ont été reconnus par différents États, plusieurs lois ont été mises en place pour assurer la protection de ces lanceurs d’alerte. Par exemple au Canada, la loi sur la protection des fonctionnaires divulgateurs d’actes répréhensibles est entrée en vigueur le 15 avril 2007.

En 2008, le président Obama a relâché Chelsea Manning.

Aux États-Unis, une agence du ministère du Travail pour traiter les plaintes des lanceurs d’alerte a été créée : l’OSHA. Cependant, elle est beaucoup trop lente.

 

#3 – De lourdes conséquences

Même si les États reconnaissent l’importance des lanceurs d’alerte, quand un gouvernement se fait dénoncer par un whistleblower, il tentera de le traquer.

Edward Snowden a dû s’exiler en Russie pour fuir le gouvernement américain et le président Trump tente tout pour retrouver le lanceur d’alerte de l’affaire ukrainienne.

Lors du débat du parti démocrate en 2016, la plupart des candidats ne voulaient pas pardonner à Snowden, malgré le temps qui est passé et sa popularité.

Ainsi, un lanceur d’alerte doit sacrifier une partie de sa vie pour servir une cause. La plupart du temps, il doit abandonner son pays et vivre en cachette de son gouvernement.

Il est donc toujours difficile d’être un lanceur d’alerte, alors que notre liberté peut dépendre de ces individus.

 

Vocabulaire

  • Lanceur d’alerte : whistleblower
  • Corruption : corruption
  • La censure : censorship
  • Motion de censure : impeachment
  • Réseau Echelon : ECHELON (en majuscules)

 

  • A tap on a phone : un micro caché dans un téléphone
  • Counter power : un contre-pouvoir
  • Political asylum : asile politique
  • Refugee : réfugié
  • Social mobilization : mobilisation sociale

 

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Profites-en pour jeter un coup d’œil à cet article sur la post-vérité.

Alexandre Carvalho

Ancien préparationnaire du lycée Saliege en ECS, je suis en première année à Grenoble Ecole de Management.