Les systèmes universitaires au Royaume-Uni et aux États-Unis Les systèmes universitaires au Royaume-Uni et aux États-Unis
Quand on évoque les systèmes universitaires au Royaume-Uni et aux États-Unis, tu as en tête les pelouses verdoyantes des universités britanniques ou les pom-pom... Les systèmes universitaires au Royaume-Uni et aux États-Unis

Quand on évoque les systèmes universitaires au Royaume-Uni et aux États-Unis, tu as en tête les pelouses verdoyantes des universités britanniques ou les pom-pom girls américaines ? C’est un bon début, mais c’est loin d’être exhaustif ! Major Prépa a réalisé pour toi un panorama des systèmes scolaires anglo-saxons et américains pour que tu puisses maîtriser le sujet comme il se doit. Bonne lecture !

 

 

Un peu d’histoire : des systèmes universitaires anciens et renommés

 

Au Royaume-Uni

Chez nos voisins britanniques, la naissance des premières universités remonte à l’époque médiévale : l’university of Oxford et l’university of Cambridge naissent respectivement au XIe et au XIIIe siècle. The university of Glasgow et King’s College apparaissent, quant à eux, durant la Renaissance, au XVe siècle. De manière générale, on parle des Ancient Universities pour désigner les universités fondées avant le XIXe siècle.

Pendant les XIXe et XXe siècles, un grand nombre d’établissements ont vu le jour : universités, instituts techniques, facultés de médecine, etc. On les appelle les Red Brick Universities, du fait de la couleur rouge des briques utilisées pour leur construction. C’est aussi une période d’évolution dans les matières proposées : des enseignements, comme les langues modernes ou encore la géographie, se développent.

Pour faire face à la hausse fulgurante de la demande d’enseignement supérieur de l’après-guerre, de nouvelles universités voient le jour dans les années 1960. En 1992, les instituts technologiques changent de statut pour devenir des universités polytechniques, ce qui contribue grandement à l’augmentation du nombre d’universités.

 

Aux États-Unis

Du côté étasunien, les premières universités apparaissent plus tard, au XVIIe siècle, avec pour doyenne la fameuse Harvard University, créée en 1636. Yale nait en 1701 et Columbia en 1754, par exemple. Le développement des universités se poursuit après la guerre d’Indépendance.

Il faudra toutefois attendre l’après-Seconde guerre mondiale pour que les universités américaines se démocratisent : la formation universitaire était jusqu’à cette période réservée à une petite élite.

Dans les années 1960, un vrai système universitaire se constitue, offrant un nombre croissant de formations à un public demandeur, du fait de l’expansion démographique du baby boom. C’est aussi à cette époque que la politique de l’Affirmative Action (la discrimination positive) voit le jour : il s’agit de réduire les barrières d’entrée dans les universités américaines pour les étudiants noirs.

 

Des champions planétaires

Les universités étasuniennes et britanniques occupent le haut des classements internationaux depuis l’existence de ces derniers.

Le classement de Shanghai, par exemple, qui recense les 1000 meilleures universités mondiales depuis 2003, n’a quasiment pas vu son top 20 changer tant les grandes universités étasuniennes et britanniques ont une position hégémonique. Ainsi, sur les 20 meilleures universités du classement 2019, seize proviennent des États-Unis et trois du Royaume-Uni. Par ailleurs, Harvard conserve la première place du classement pour la dix-septième année de suite.

En outre, ce sont relativement les mêmes universités qui se situent dans le haut du classement du Times Higher Education d’une année à l’autre.

Shanghai Academic Ranking of World Universities 2019
Rank University Country
1 Harvard University USA
2 Stanford University USA
3 University of Cambridge UK
4 Massachusetts Institute of Technology (MIT) USA
5 University of California, Berkeley USA
6 Princeton University USA
7 University of Oxford UK
8 Columbia University USA
9 California Institute of Technology USA
10 University of Chicago USA
11 University of California, Los Angeles USA
12 Yale University USA
13 Cornell University USA
14 University of Washington USA
15 University College London UK
16 Johns Hopkins University USA
17 University of Pennsylvania USA
18 University of California, San Diego USA
19 Swiss Federal Institute of Technology Zurich Switzerland
20 University of California, San Francisco USA

 

Times Higher Education Academic Ranking of World Universities 2019
Rank University Country
1 University of Oxford UK
2 University of Cambridge UK
3 Stanford University USA
4 Massachusetts Institute of Technology (MIT) USA
5 California Institute of Technology USA
6 Harvard University USA
7 Princeton University UK
8 Yale University USA
9 Imperial College London UK
10 University of Chicago USA
11 Swiss Federal Institute of Technology Zurich Switzerland
12 Johns Hopkins University USA
13 University of Pennsylvania USA
14 University College London  UK
15 University of California, Berkeley USA
16 Columbia University USA
17 University of California, Los Angeles USA
18 Duke University USA
19 Cornell University USA
20 University of Michigan, Ann Arbor USA

 

On parle d’ailleurs du Golden Triangle au Royaume-Uni, qui regroupe Oxford, Cambridge et The University of London. Ces établissements prestigieux jouissent d’un rayonnement international qui s’explique par leur histoire, l’excellence de la recherche, la sélectivité, le nombre de prix Nobel dans leur réseau d’anciens élèves, etc. C’est également le cas pour les huit établissements étasuniens (Brown, Columbia, Cornell, Dartmouth, Harvard, Pennsylvania, Princeton et Yale) regroupés au sein de l’Ivy League depuis 1954.

Ils exercent tous les deux une attraction très forte chez les étudiants internationaux. Les États-Unis sont d’ailleurs le premier pays d’accueil des étudiants étrangers en mobilité (20 % s’y rendent pour étudier), suivis par le Royaume-Uni (qui accueille 11 % des étudiants étrangers mondiaux).

 

 

L’organisation de l’enseignement supérieur

 

Statuts et gouvernance aux États-Unis

Aux États-Unis, on dénombre aujourd’hui environ 4 200 établissements d’enseignement supérieur pour presque vingt millions d’étudiants couvrant tous les domaines.

 

Le paysage de l’enseignement supérieur étasunien se caractérise par sa très grande diversité, aussi bien d’un point de vue académique que d’un point de vue administratif, puisque les universités bénéficient d’une large autonomie de fonctionnement et de gestion.

Les universités américaines (university ou college) peuvent être publiques. En règle générale, chaque état dispose de deux types d’universités publiques : le premier système « université de… » est le plus prestigieux et sélectif, le second système « université d’État de… » est plus accessible. Il existe toutefois quelques exceptions dans la hiérarchie pour les états de New York, la Pennsylvanie et l’Ohio.

Il existe aussi presque autant d’universités (ou colleges) privées à but non lucratif : Yale, Princeton et Harvard pour ne citer qu’elles. Elles fonctionnent sous le statut de l’association à but non lucratif.

Toutefois, depuis les années 1990, des établissements privés à but lucratif se sont multipliés dans tous les domaines de formation, avec des niveaux parfois peu élevés malgré des frais onéreux de scolarité. Cette tendance a été encouragée par la déréglementation de l’enseignement supérieur sous George W. Bush.

 

Statuts et gouvernance au Royaume-Uni

Au Royaume-Uni, on compte 2,4 millions d’étudiants, répartis sur 850 établissements d’enseignement supérieur. Parmi ces derniers, on distingue 166 universités britanniques publiques (sauf l’université de Buckingham qui est privée) et une majorité d’établissements supérieurs privés (des universités privées appelées Colleges, des instituts techniques, des écoles d’art, de commerce, etc.) aux niveaux très hétérogènes.

Les universités publiques britanniques fonctionnent sous les principes de la décentralisation et de l’indépendance. Elles bénéficient d’une autonomie sur les plans académiques et administratifs, dans une logique de marché concurrentiel. Elles peuvent librement ouvrir ou fermer des départements et des formations. Il existe un conseil d’administration (le Council ou le Board of Governors) composé de membres nommés ou élus, issus de l’administration, des équipes pédagogiques et des autorités locales.

 

Un recrutement principalement sur dossier

Après avoir passé le A-level au Royaume-Uni ou le High School Diploma aux États-Unis (dans les deux cas, il s’agit de l’équivalent du baccalauréat français), les futurs étudiants peuvent espérer intégrer une université dans laquelle ils sont en général admis selon la qualité de leur dossier scolaire. Les universités étant autonomes, chacune est libre de fixer ses propres critères de sélection. Certaines universités décident alors de mettre en place un examen supplémentaire ou des entretiens de motivation.

En ce qui concerne les établissements privés, ils bénéficient, aussi bien au Royaume-Uni qu’aux États-Unis, d’une liberté totale dans le recrutement de leurs étudiants. Certaines formations privilégient un recrutement sur dossier, d’autres préfèrent un concours.

 

 

L’organisation du cursus et de la vie étudiante

 

Une formation possible en trois cycles

Au Royaume-Uni, tout comme outre-Atlantique, la formation s’effectue par paliers de plusieurs années. On distingue généralement trois cycles.

Au premier cycle, on trouve, au Royaume-Uni, l’équivalent des licences françaises, appelées Bachelor’s degree. C’est un cursus en trois ans, indispensable pour poursuivre le second cycle ou s’insérer dans la vie professionnelle, et suivi par la majorité des étudiants. Aux États-Unis, cette formation (Undergraduate studies) dure généralement quatre ans et débouche également sur un Bachelor’s degree.

Notons qu’il existe aussi une formation en deux ans, plus pratique et professionnelle, qui serait l’équivalent du BTS en France. Il s’agit du HND (Higher National Diploma) au Royaume-Uni et de l’Associate Degree aux États-Unis.

Le second cycle est celui de la spécialisation. Les étudiants cherchent à approfondir un domaine déjà étudié auparavant. Il y a souvent moins de cours théoriques et un mémoire de recherche vient conclure la formation avant la remise du grade de Master.

Enfin, il est possible de poursuivre ses études dans un troisième cycle de recherche en vue d’obtenir le fameux PhD. Il s’agit souvent d’une période de trois ou quatre ans pendant laquelle le doctorant travaille à temps plein sur un sujet bien précis.

 

Le système de notation

Le système de notation britannique fonctionne sur une note de 100. Les établissements américains, quant à eux, utilisent des lettres. Pour chaque lettre A, B, C, D, et parfois E,  F étant éliminatoire, une note chiffrée est associée.

 

Notons que selon la tradition anglo-saxonne, la plupart des universités mettent en place du tutorat. Des enseignants suivent les étudiants en les accompagnant pendant leur parcours universitaire et veillent notamment à l’obtention de bons résultats.

 

La fâcheuse question des frais de scolarité

Cela est bien connu, étudier au Royaume-Uni et aux États-Unis peut s’avérer très coûteux, surtout en adoptant un point de vue français où les droits d’inscription à l’université s’élèvent à quelques centaines d’euros. Pour ces pays anglo-saxons, les études supérieures sont perçues comme un véritable investissement en vue d’un parcours professionnel futur et les établissements fonctionnent de manière autonome dans une vraie logique de concurrence.

Les frais de scolarité représentent un pourcentage élevé des entrées d’argent, mais les sources de financement sont multiples. Fondations, donations, subventions publiques et privées sont autant de sources de revenus possibles afin d’offrir un enseignement de qualité, doté d’un maximum d’infrastructures de pointe ainsi que d’un fort investissement dans la recherche. La concurrence universitaire étant devenue mondiale, le prix d’une université reflète bien souvent son niveau. Par conséquent, les tarifs suivent une tendance à la hausse.

Au Royaume-Uni, les frais de scolarité avec un plafond maximal ont été introduits par le Labour Party avec le Teaching and Higher Education Act de 1998. Dès lors, un ensemble de réformes successives a permis d’augmenter le plafond des frais de scolarité. La dernière en date remonte à octobre 2017 : le plafond a atteint 9 250 livres Sterling. En moyenne, une année universitaire coute 5 000 livres par an (6 500 euros environ).

Aux États-Unis, une année universitaire revient en moyenne à 18 000 dollars (15 000 euros environ), mais certaines universités prestigieuses facturent parfois une année à 50 000 dollars (soit 40 000 euros).

Les systèmes de bourses et d’emprunts avec remboursement après la diplomation sont très plébiscités, aussi bien aux États-Unis qu’au Royaume-Uni.

 

La vie de campus : le modèle américain

Les universités anglo-saxonnes, et en particulier étasuniennes, sont aussi réputées pour leurs majestueux campus. Ces derniers fonctionnent comme des minivilles, organisées autour de l’université. On y trouve à la fois les infrastructures scolaires, mais aussi les terrains de sport, les logements, la restauration, de quoi faire un peu de shopping, une banque, une pharmacie, des hôpitaux, des musées, des bibliothèques, etc.

Aux États-Unis, on donne une importance remarquable au sport. Chaque université a des clubs de sport qui constituent d’ailleurs une véritable vitrine de l’établissement servant à attirer étudiants et sponsors. Il existe de nombreux championnats sportifs interuniversités qui ont lieu sur les campus, ce sont de vrais moments de fête.

Il existe d’ailleurs de nombreuses mesures mises en place par la NCAA (National Collegiate Athletic Association) pour faciliter le parcours des 460 000 étudiants athlètes américains. Ces derniers reçoivent une bourse d’études qui couvre tout ou partie des frais de scolarité, ce qui leur permet de ne pas devoir travailler à coté et de se dédier totalement au sport. De même, ils peuvent manquer les cours et les partiels en cas d’entraînement ou de compétition.

La culture constitue aussi le centre de la vie de campus aux États-Unis : on ne dénombre pas moins de 3 550 bibliothèques universitaires, la plupart des universités en ont d’ailleurs plusieurs, souvent ouvertes 24 heures sur 24. Certaines possèdent même des manuscrits ou des livres rares. De même, on recense plus de 700 musées sur les différents campus américains.

 

Lexique utile :

Dossier scolaire = academic record

Non lucratif = nonprofit

Système universitaire = university system

Une faculté =  College

Études supérieures = higher education

Étudiants = students

Corps professoral = teaching faculty

Professeur = professor

Un diplôme = a degree

Un mémoire de recherche = a research paper

Frais de scolarité = tuition fees

Diplomation = graduation

Décentralisation = decentralization

Tutorat = tutoring/mentorship

Florine Brière