Comment aborder la deuxième année de géopolitique ? Comment aborder la deuxième année de géopolitique ?
Les vacances d’été sont finies, les cours ont repris et te voilà au début d’une année cruciale qui s’annonce haute en couleur et en... Comment aborder la deuxième année de géopolitique ?

Les vacances d’été sont finies, les cours ont repris et te voilà au début d’une année cruciale qui s’annonce haute en couleur et en émotions : celle de tes concours ! Toi qui entres en deuxième année, il te reste environ six mois pour parachever ton apprentissage et être fin prêt à donner le meilleur de toi-même le jour J. Que tu te demandes comment suivre le rythme des mois qui s’annoncent, qu’il te semble impossible de maîtriser sur le bout des doigts en si peu de temps le vaste programme d’HGGMC, de géopolitique, ou que tu te sentes découragé par les difficultés rencontrées en première année, pas de panique ! Dans cet article, je vais tâcher de répondre à tous tes questionnements pour que tu puisses aborder sereinement l’année de tes concours.

Et si tu es en première année, tu trouveras des conseils adaptés dans notre article ! Tu peux également retrouver le premier podcast à ce sujet ici !

 

Ce qui t’attend en géopolitique en deuxième année de prépa ECS

En première année, tu as découvert l’HGGMC en explorant les grands enjeux du XXe et du XXIe siècle. Tu t’es familiarisé avec bon nombre de concepts clés que tu retrouveras sans doute cette année. La mondialisation, la démographie, la gouvernance mondiale ou les différentes crises économiques n’ont plus de secret pour toi ! Tu le sais certainement, le programme de deuxième année de géopolitique abandonne la perspective globale et se concentre sur des thématiques régionales, ainsi que sur quelques puissances incontournables sur chaque continent. Tu auras ainsi l’occasion d’étudier successivement l’Europe, l’Afrique, le Proche et Moyen-Orient, l’Amérique, les États-Unis et l’Asie, selon l’ordre défini par ton professeur.

Mais tu l’as déjà compris, l’année qui arrive est surtout synonyme de concours pour toi. Il faut donc que tu aies bien en tête les différentes épreuves de géopolitique que tu vas passer en fin d’année. C’est même d’une importance capitale, dans la mesure où toutes sont différentes. Il faut donc que tu connaisses les spécificités de chacune pour maximiser tes chances de rendre les meilleures copies possibles. Voici un petit tour d’horizon des divers exercices avec lesquels tu devras te familiariser au cours de ton année de carré. Pour plus d’informations supplémentaires sur comment aborder l’épreuve de géopolitique, tu peux également consulter cet article.

 

La dissertation ESCP

Sa note compte pour l’ESCP BS mais aussi pour un grand nombre d’écoles, dont HEC Paris ou emlyon BS. C’est donc une épreuve à ne surtout pas négliger. L’épreuve comporte deux parties : la rédaction d’une dissertation sur l’unique sujet proposé et la réalisation d’une carte venant appuyer pertinemment la démonstration de la dissertation.

Le temps imparti est de quatre heures (comme pour les autres épreuves). Inutile de te préciser que le timing est très serré, ce qui rend une bonne préparation impérative si tu veux espérer rendre un « produit fini ». Plusieurs documents accompagnent le sujet. Il n’est pas nécessaire de les citer dans le corps de la dissertation, mais ils apportent des pistes de réflexion à ne pas négliger. On te fournit également un fond de carte. Enfin, il y a une dernière petite subtilité qui peut te permettre de te démarquer des autres candidats : n’oublie pas de faire des références à ta carte dans le développement de ta dissertation, c’est en théorie un attendu de l’épreuve.

Les derniers sujets tombés au concours sont : « La France dans la recomposition des puissances dominantes » (2020), « Les matières premières dans les stratégies de puissance des États » (2019) et « États-Unis-Chine : rivalités de pouvoir et d’influence » (2018).

 

La dissertation ESSEC

Sa note compte pour l’ESSEC BS et l’EDHEC BS. Contrairement à la dissertation ESCP, il n’y a pas de carte à rendre. Tu auras donc quatre heures pour préparer et rédiger une dissertation sur le sujet donné. Puisque ton temps de préparation est plus important, les concepteurs ne se privent pas pour trouver des intitulés pointus qui te demanderont une analyse poussée et des connaissances précises. Des documents sont également portés à l’attention du candidat. Si leur utilisation n’est pas obligatoire, il peut être bon de s’en servir et d’en extraire des chiffres et exemples qui viendront nourrir la copie.

Les derniers sujets tombés au concours sont : « Le bassin méditerranéen : un espace de crises et de rivalités internationales depuis la fin de la guerre froide » (2020), « La puissance chinoise en Asie orientale » (2019) et « La construction européenne confrontée à la question de la nation (1951-2018) » (2018).

 

La dissertation GEM

Sa note compte pour GEM et d’autres écoles, comme TBS. S’il s’agit là encore d’une dissertation en quatre heures, l’épreuve comporte quelques particularités qu’il te faut connaître pour la réussir le jour J. Le sujet, unique, est toujours formulé sous la forme d’une question. Viennent ensuite des « pistes de réflexion » : elles sont là pour te guider et devront nécessairement être discutées dans ton développement. Tu dois notamment bien les avoir en tête au moment de formuler ta problématique. Enfin, des documents complètent l’énoncé. Au vu des précédents rapports du jury, il est impératif que tu les exploites, sans les paraphraser, pour en tirer des analyses pertinentes. Toutefois, tu n’as pas besoin de tous les mentionner.

Pour ce qui est de la dissertation en elle-même, on n’attend pas une forme précise, c’est-à-dire que tu n’auras pas besoin de te contraindre à écrire trois parties et trois sous-parties. L’accent est mis sur la réflexion personnelle et sur la créativité du candidat. Il y a donc une grande liberté en termes de plan. Pour finir, il faudra que tu aies dégagé, dans ta dissertation, des perspectives et hypothèses pour un avenir proche.

Les derniers sujets tombés au concours sont : « La Chine est-elle un colosse aux pieds d’argile ? » (2020), « Le multilatéralisme est-il menacé ? » (2019) et « Assiste-t-on à une nouvelle guerre froide au Moyen-Orient ? » (sujet 2018).

 

L’épreuve de géopolitique d’Ecricome

Sa note compte pour toutes les écoles du concours Ecricome. Le changement majeur par rapport aux épreuves que je viens de te présenter, c’est que, cette fois-ci, tu as le choix du sujet. Tu pourras ainsi opter pour une dissertation classique en quatre heures, avec des documents pour t’aider dans ta réflexion (dont une chronologie très détaillée), ou bien pour le commentaire de carte et une dissertation, de fait, plus courte. Qu’est-ce qu’un commentaire de carte ? Il s’agit, en une heure environ, d’analyser une carte à l’aune d’une problématique qui te sera donnée. Il t’est expressément demandé de ne pas faire plus d’une page et demie, la concision est donc de mise.

Pour ce qui est de la forme, tu peux, par exemple, commencer par une brève introduction afin de présenter en détail la carte, puis rédiger deux, trois ou quatre paragraphes de commentaire. Le jury s’attend notamment à ce que tu critiques la carte, c’est-à-dire que tu pointes du doigt ses limites. La conclusion doit elle aussi être courte et permettre d’ouvrir le débat.

Les derniers sujets tombés au concours sont : « L’influence de la France en Europe : héritages et mutations contemporaines » (dissertation, 2020), « La recherche et les nouvelles technologies introduisent-elles de nouveaux rapports de force mondiaux ? » (commentaire de carte, 2020), « La Chine installe-t-elle un nouvel ordre mondial ? » (commentaire de carte, 2019) et « Les États-Unis et l’Union européenne dans le nouvel ordre économique et géopolitique mondial : la fin de l’Occident ? » (dissertation, 2019).

 

L’oral de géopolitique

C’est une épreuve que seuls les plus chanceux et valeureux d’entre vous auront la chance de passer, car elle ne figure qu’au programme des oraux de HEC Paris. Notons toutefois que certaines écoles vous feront également réfléchir sur des questions de géopolitique au cours des entretiens de personnalité. Le candidat dispose de 30 minutes de préparation pour bâtir une réflexion argumentée et pertinente sur un sujet donné. Il expose ensuite le fruit de son travail à un jury composé de deux membres pendant dix minutes. Suivent enfin dix minutes de questions qui doivent lui permettre de corriger ses erreurs principales et de montrer l’étendue de ses connaissances. Trois candidats planchent sur le même sujet. De la sorte, tu es aussi noté en fonction de ce qu’ont fait les autres.

Les sujets donnés aux oraux sont très variés. Ils peuvent balayer tout le programme de géopolitique de première comme de deuxième année… voire excéder ce cadre. Voici quelques sujets qui ont été proposés les années précédentes, pour te donner un aperçu de ce qui t’attend : « L’obésité, symbole de la malbouffe », « L’impossible excédent commercial de la France », « Les métropoles européennes », « Banques et banquiers en Europe depuis les années 70 », « L’Eurovision et la Ligue des Champions : deux événements d’unité européenne ? ».

 

Travailler la géopolitique en carré : ce qui change par rapport à la première année

Inutile de le répéter, l’année qui arrive est destinée à la préparation des concours. En géopolitique mais aussi dans les autres matières ! Sans changer radicalement les méthodes de travail que tu as acquises tout au long de ta première année, je ne peux que t’inviter à lire les quelques conseils suivants qui je l’espère t’aideront à organiser ton planning des mois qui vont suivre.

Quelle place doit prendre la géopolitique dans tes révisions quotidiennes ? À vrai dire, il n’y a pas de réponse parfaite, chacun est différent dans son organisation et selon ses propres besoins. Tu as très certainement déjà constaté que la géopolitique est une matière très chronophage. Je te conseille donc de perdre le moins de temps possible cette année en la travaillant. Cela ne veut pas dire qu’il faut laisser tomber son apprentissage, loin de là.

Il s’agit plutôt d’optimiser ton temps. Pour ce faire, tu peux par exemple travailler en groupe, avec des amis ou des camarades de classe, pour ficher le cours rapidement. Aussi, il peut être bon de t’entraîner régulièrement à construire des plans ou des paragraphes de dissertation, avec ce même groupe, par exemple, ou alors en soumettant des recherches à ton professeur. Cela te fera gagner un temps précieux le jour J et permettra de réviser ton cours.

 

Travailler pour le concours

Cette année, tu dois aussi te doter de tous les outils pour ta dissertation. Concrètement, qu’est-ce que ça signifie ? En fait, il y a certains passages obligés de la dissertation que tu peux plus ou moins préparer en amont de l’épreuve. Pour rédiger de bonnes accroches et ouvertures, tu auras besoin d’avoir en tête divers faits ou ouvrages récents. Cela est d’autant plus vrai avec la crise sanitaire, car la situation évolue constamment. Si tu n’as pas l’habitude de suivre assidûment les nouvelles internationales, Major-Prépa te propose des récapitulatifs hebdomadaires qui peuvent constituer un bon point de départ.

Pour ma part, je relevais dans l’actualité les exemples les plus parlants afin de me constituer une banque d’accroches. Tu peux aussi reprendre cette idée pour d’autres éléments de ton cours. Tu pourrais, par exemple, centraliser tes citations favorites, des dates clés ou des auteurs que tu voudrais être capable d’exposer pour appuyer ton argumentation en dissertation. Pour le reste, ne t’éparpille pas trop et n’hésite pas à échanger avec tes camarades pour connaître les clés de leur succès en géopolitique.

Enfin, voici, en vrac, un petit florilège d’astuces qui ont fait leurs preuves, pour te donner des idées si tu veux renouveler ta manière de travailler la géopolitique : lire de bonnes copies pour identifier ce qui a marché, réviser tes dates avec une application comme Anki pour devenir incollable sur la partie historique du programme, apprendre les plans des cours transversaux de chaque continent pour avoir une vue globale des enjeux…

Et si tu as encore des problèmes d’organisation, un article sur le sujet t’attend !

 

Comment réviser la géopolitique pour le concours ?

Une question que tu te poses certainement, c’est celle de l’organisation de tes révisions de concours. Eh oui, tu auras à n’en pas douter beaucoup de cours à revoir et il te faudra t’organiser pour cela. Là encore, pas de solution miracle. Le mieux, c’est de commencer à y réfléchir dès maintenant. Demande-toi tout particulièrement ce que tu voudrais avoir relu juste avant les concours. Tous tes cours ? Seulement quelques chapitres transversaux ou fiches préparées à cet effet ? À toi de voir.

Pour le reste, tu peux compter sur tes professeurs pour te faire réviser grâce aux devoirs et colles. Tu peux aussi leur parler de ton programme de révision. Ils seront sûrement de bon conseil. Une autre bonne idée, c’est d’avoir tout au long de l’année préparé des fiches spéciales pour les révisions (comme ma fameuse banque d’accroches). Elles te seront très utiles dans les dernières semaines avant les concours. Le tout, c’est donc d’arriver dans la dernière ligne droite avant les concours avec un planning de révision précis. Un programme élaboré quand tu avais encore la tête froide t’évitera de céder au stress et à la panique.

Mais le plus important selon moi, c’est que la méthode que tu vas choisir te corresponde – et qu’elle marche pour toi ! Tu as sans doute déjà une méthode de travail bien rodée et tu peux te faire confiance. Le tout est d’être prêt le jour du concours.

 

En conclusion : garde le moral !

La route de la prépa est encore longue. Mais tu as déjà fait un sacré bout du chemin en arrivant en deuxième année. Désormais, n’oublie pas que « qui veut voyager loin ménage sa monture » (J. Racine). Cette année s’annonce très éprouvante pour tes nerfs et pour ton moral. Tu sentiras peut-être le stress monter à l’approche des concours. Garde confiance, peu importe ton niveau actuel en géopolitique, tu as encore le temps de progresser !

Lucas Hommet

Ancien de Ginette et aujourd'hui étudiant à HEC Paris, je publie des articles en HGGMC (ou géopolitique, pour les intimes).