Depuis le début du XXIe siècle, le terrorisme est devenu l’une des plus grandes menaces pour la sécurité internationale. En effet, dans un contexte de disparition des guerres interétatiques, les acteurs terroristes représentent des enjeux cruciaux pour les gouvernements et les institutions internationales. Le terrorisme a bouleversé la géopolitique contemporaine. Ainsi, ce sujet est donc incontournable en géopolitique, aussi bien pour les écrits que pour les oraux.
Définition du terrorisme
Tout d’abord, il est important de définir ce qu’est le terrorisme.
L’Assemblée générale de l’ONU définit le terrorisme comme « l’ensemble d’actes visant à provoquer la terreur à des fins idéologiques, politiques ou religieuses ». Les terroristes veulent inspirer la peur. La finalité est un renversement politique, voire géopolitique.
Cependant, cette définition convient très bien, le terrorisme n’a pas de définition universelle. Elle varie selon les pays et les points de vue.
La naissance du terrorisme
Le terrorisme avant le XXe siècle
Le terrorisme n’est pas une notion récente. En réalité, elle apparaît en 1794. À ce moment, elle désigne la « doctrine des partisans de la terreur ». Il s’agit d’un mode d’exercice du pouvoir de l’État, non d’un moyen d’action contre lui. Ensuite, au XIXe siècle, le terrorisme se développe en Europe et cherche à renverser l’État. On parle de « terrorisme révolutionnaire ».
Voici quelques dates à retenir pour mettre une dimension historique dans une colle ou une dissertation en géopolitique :
- 1881 : attentat contre le tsar Alexandre II en Russie à Saint-Pétersbourg.
- 1894 : attentats contre le président français Sadi Carnot par un anarchiste italien.
- 1898 : assassinat du roi d’Italie Humbert Ier.
En France, on en vient à parler d’une « ère des attentats ».
Le terrorisme à partir du XXe siècle
Cependant, c’est au XXe siècle que le terrorisme connaît ses plus grandes mutations. À partir des années 1970, on voit émerger le terrorisme d’extrême droite et le terrorisme d’extrême gauche. Un très bon exemple à mettre dans tes copies de cela est le cas italien.
Parallèlement, le terrorisme nationaliste apparaît en Espagne avec l’ETA (Euskadi ta Askatasuna, « Pays basque et liberté » en basque). Il s’agit d’une organisation basque indépendantiste. Cette organisation a tué 829 personnes et mutilé des centaines de personnes pour arriver à ses fins. L’objectif de ce type de terrorisme est l’indépendance du territoire. On pense également à l’exemple de l’Irlande du Nord.
À partir des années 1980, le terrorisme islamique prend de l’ampleur. Il prend son origine dans des conflits.
Voici un exemple valorisé pour illustrer la création d’un mouvement terroriste dans un conflit :
Dans les années 1980, l’Algérie traverse une grave crise. Cette crise est d’abord économique, avec une chute du prix du pétrole et un chômage massif. Elle est également politique : le FLN est accusé de corruption et d’autoritarisme. C’est dans ce contexte qu’en 1989, le FIS est fondé. Le mouvement prône l’instauration d’un État islamique par des moyens électoraux. Il profite de la crise et arrive en tête au premier tour des législatives de 1991. Mais, en 1992, le FLN fait annuler le processus électoral et dissout le FIS.
Les partis se radicalisent et une guerre civile débute ainsi. Le Groupe islamique armé (GIA) apparaît et se fait connaître pour ses violences extrêmes. Entre 1991 et 2002, le nombre de victimes s’élève à 150 000. On parle de « décennie noire ».

Tu peux utiliser l’exemple du FIS ou du GIA pour montrer comment se forment les mouvements terroristes.
2001 : un tournant dans la géopolitique du terrorisme
L’année 2001 est probablement l’année la plus décisive dans l’évolution du terrorisme. En effet, c’est à ce moment que le terrorisme est devenu tel qu’on le connaît aujourd’hui. Il devient le nouvel ennemi de l’Occident.
Pour rappel, le 11 septembre 2001, le groupe terroriste Al-Qaïda commet quatre attentats-suicides aux États-Unis. Il s’agit de l’attaque terroriste la plus meurtrière, avec près de 3 000 morts et 6 000 blessés. C’est la première fois qu’un acteur non étatique menace à ce point une superpuissance mondiale.

Les conséquences sont doubles :
- D’une part, les mouvements terroristes se développent grandement. Les attentats terroristes se multiplient, de Madrid à Bali en passant par Londres, Riad, Marrakech ou encore Bagdad. On assiste à l’émergence d’une régionalisation du terrorisme.
- D’autre part, le terrorisme devient une menace globale prioritaire. Il représente maintenant un élément central pour la sécurité internationale.
Les États-Unis déclarent la guerre contre le terrorisme. On parle de War on Terror. Ils reçoivent le soutien général de tout l’Occident. Ainsi, une guerre contre le terrorisme s’engage. Cette guerre passe par des interventions militaires.
Voici deux exemples indispensables des interventions antiterroristes :
- En octobre 2001, une coalition de l’OTAN envahit l’Afghanistan pour renverser les talibans.
- En 2003, les États-Unis envahissent l’Irak sous prétexte de complaisance avec des mouvements terroristes et l’existence d’armes de destruction massive.
Cependant, l’intervention américaine se radicalise et les États-Unis perdent leur soutien. Cela culmine en 2003, lors de la guerre en Irak. Le leadership américain et ses motivations sont alors remis en question. Depuis 2001, le terrorisme a donc pris de nouvelles formes, mais il a aussi pris de nouveaux visages.
De nouveaux acteurs terroristes
De nos jours, Al-Qaïda et Daech sont les plus grands groupes terroristes.
Al-Qaïda a été fondé en 1987 en Afghanistan. Son idéologie repose sur un rejet de l’Occident. Le fanatisme de ses membres les mène à se sacrifier dans des attentats-suicides contre la promesse du paradis. Après l’affaiblissement de son noyau central à cause de l’intervention américaine, les terroristes d’Al-Qaïda se replient entre l’Afghanistan et le Pakistan. Pour survivre, l’organisation doit se régionaliser. Ainsi des franchises régionales voient le jour.
Parmi ces franchises, il y a :
- AQAP (Al-Qaïda dans la péninsule arabique, 2009) qui est fortement implanté au Yémen.
- AQMI (Al-Qaïda au Maghreb islamique, 2007) qui a installé ses bases au Sahel avec la complicité des mouvements indépendantistes touareg.
- AQI (Al-Qaïda dans la péninsule arabique, 2004) qui donnera naissance à Daech.
En effet, en 2014, l’État islamique en Irak et au Levant, aussi désigné par l’acronyme arabe Daech, rompt avec Al-Qaïda. Daech s’empare de Mossoul en Irak et proclame le « califat ». Cette organisation contrôle un vaste territoire entre l’Irak et la Syrie. Elle utilise massivement Internet et les réseaux sociaux pour recruter et véhiculer son idéologie.
Tu peux mobiliser l’exemple de Daech pour montrer l’utilisation des nouvelles technologies dans le terrorisme.
Enfin, on pense également au cas du groupe terroriste Boko Haram au Nigéria, fondé en 2002 par Mohamed Yusuf, qui est un groupe islamiste farouchement opposé à l’Occident. En 2010, après une insurrection armée, Abubakar Shekau prend la tête du mouvement et s’allie à Al-Qaïda. En 2015, Boko Haram quitte Al-Qaïda pour rejoindre l’État islamique. Le groupe multiplie alors les massacres, les attentats et les enlèvements dans tout le Sahara, conduisant l’ONU à le désigner comme organisation terroriste.

Le terrorisme met en danger les fondements démocratiques
Enfin, le terrorisme crée un climat de peur dans de nombreux pays et contribue fortement au sentiment d’insécurité nationale. C’est une menace directe à la stabilité politique. Cela peut avoir des conséquences directes sur les économies. C’est par exemple le cas de la France, en 2015. Après les attentats de Charlie Hebdo par les frères Chérif et Saïd Kouachi, le tourisme a diminué de 4 % dans les quartiers touchés par l’attaque.
Ainsi, il est indispensable pour nos démocraties de lutter contre ces menaces. Cela passe par une lutte préventive ou répressive constante.
Tu peux donner comme exemple le cas du Patriot Act. De son nom officiel Uniting and Strengthening America by Providing Appropriate Tools Required to Intercept and Obstruct Terrorism, USA PATRIOT est une loi adoptée par le Congrès américain en 2001, sous l’administration Bush. Cette loi constitue une réponse directe aux attaques terroristes du 11 septembre 2001.
En effet, cette loi a permis d’augmenter les moyens de lutter contre le terrorisme avec des mesures importantes, telles que le contrôle financier des clients suspects pour prévenir le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. De plus, les peines pour les terroristes et leurs soutiens actifs ont été durcies.
Selon le ministère de la Justice, le Patriot Act a mis hors d’état de nuire au moins 3 000 terroristes, a démantelé des cellules à Buffalo, Détroit, Seattle, Portland et en Virginie du Nord, a désigné 40 organisations terroristes et a gelé au moins 136 millions de dollars d’actifs suspects dans le monde.
Conclusion
Pour conclure, le terrorisme, en cherchant à inverser les rapports de force, est devenu la menace principale pour la sécurité internationale. La géopolitique mondiale s’est reformée autour de cet acteur : des coalitions occidentales se sont formées, des groupes terroristes se sont rejoints et d’autres se sont séparés.



