immigration

« Pour l’Espagne, la migration est synonyme de richesse, de développement et de prospérité. » Par ces mots, Pedro Sánchez, Premier ministre espagnol, assume une position singulière en Europe. Il défend une immigration légale, encadrée et intégrée. Je te propose d’analyser cette orientation politique et les raisons qui la fondent. L’immigration constitue un sujet récurrent, mais aussi d’actualité pour les concours, à l’écrit comme à l’oral. C’est pourquoi je développerai ensuite trois actualités espagnoles récentes, mobilisables efficacement dans une copie ou lors d’un oral.

Sánchez défend l’immigration comme un levier économique

La crise démographique à laquelle fait face l’Espagne

En effet, l’Espagne affiche l’un des taux de natalité les plus faibles de l’Union européenne. Il s’élève à 1,2 enfant par femme, loin du seuil de 2,1 nécessaire au renouvellement des générations. En parallèle, le vieillissement de la population amène un autre défi. En six ans, le nombre d’Espagnols en âge de travailler a diminué d’un million. Depuis 2015, le pays connaît un solde naturel négatif avec plus de décès que de naissances. 

Une fenêtre d’opportunité économique

Sur le plan économique, l’immigration joue un rôle déterminant. Selon une étude de la Banque d’Espagne, elle contribue entre 0,4 et 0,7 point de la croissance économique. En 2025, la croissance atteint 2,6 %, un taux élevé en Europe de l’Ouest. La main-d’œuvre étrangère représente 75 % des nouveaux actifs ainsi que 28 % des salariés de l’hôtellerie-restauration et 20 % de ceux de la construction, alors qu’ils incarnent 15 % de la population espagnole. 

Le recours à la main-d’œuvre étrangère devient donc indispensable, la moitié des entreprises déplore un manque de personnel. Cette situation s’explique par la structure même de l’économie espagnole : 

  • Le tourisme : le pays est la deuxième destination touristique mondiale, il représente 5,2 % du PIB. Pour répondre à la demande, le pays doit construire de nouvelles infrastructures et développer de nouvelles activités et de nouveaux services.
  • L’agriculture : l’activité maraîchère est importante dans le pays. Les récoltes emploient des milliers de travailleurs migrants, notamment originaires d’Amérique latine.

 

Pour les migrants, l’Espagne n’est plus un pays de transit, mais un pays d’arrivée et d’installation. Les perspectives économiques et l’amélioration des droits des travailleurs par le gouvernement Sánchez attirent. L’Espagne assume une politique relativement ouverte à l’immigration. 

Ce contrat coexiste pourtant avec un taux de chômage élevé, autour de 10,3 %. Ce paradoxe s’explique par une inadéquation structurelle du marché du travail. Les secteurs en tension restent l’agriculture, le BTP, l’hôtellerie-restauration et l’aide à la personne. Ces emplois cumulent plusieurs contraintes : la pénibilité, la faible rémunération et des emplois temporaires. De nombreux chômeurs refusent ces postes ou ne peuvent pas les occuper. 

Un apport controversé

L’immigration : un facteur de polarisation de la vie politique espagnole

La politique migratoire espagnole suscite de fortes tensions politiques. La politique de Pedro Sánchez contraste avec la montée de l’extrême droite, incarnée par Vox. Ce parti fait de l’immigration un outil central de mobilisation électorale, en l’associant à des enjeux sécuritaires pour lutter contre la délinquance. Aussi, l’extrême droite promeut la priorité nationale. 

Cette stratégie porte ses fruits dans les communautés autonomes les plus exposées aux arrivées. Rappelons que Vox a obtenu 12 sièges au parlement régional d’Andalousie en 2018. 

Vox adopte une ligne radicale en proposant la construction d’un mur en béton autour de Ceuta et de Melilla, les deux enclaves espagnoles situées au Maroc. En juillet 2025, le discours durcit encore lorsque le parti avance un projet de « remigration », visant l’expulsion de sept à huit millions de personnes issues de l’immigration. Il justifie cette mesure par la lutte contre le « remplacement démographique », comme il décrit pour dénoncer la politique du gouvernement. 

Une position singulière en Europe 

La question migratoire est devenue centrale dans les débats politiques européens. Dans de nombreux pays, elle favorise la progression des partis d’extrême droite et influence les choix électoraux.

On peut prendre l’exemple de l’arrivée au pouvoir de Giorgia Meloni en Italie en 2022, issue du parti les Frères d’Italie et adoptant un discours radical envers l’immigration dans un pays devenu une porte d’entrée importante. Aussi, au lendemain de la chute de Bachar al-Assad en Syrie, de nombreux pays européens, tels que la France et l’Allemagne, ont suspendu les demandes d’asile des migrants syriens. 

Toutefois, Pedro Sánchez défend l’immigration comme une ressource économique et démographique. Il appelle une UE plus solidaire et coopérative sur la gestion des flux migratoires. 

Sánchez rappelle : « Nous, les Espagnols, nous sommes des enfants de l’immigration »

Rappeler que l’Espagne fut longtemps un pays d’émigrés constitue un argument puissant dans le débat migratoire. Pedro Sánchez le rappelle et ajoute : « Nous ne serons pas les parents de la xénophobie. » 

Premièrement, de nombreux Espagnols ont rejoint l’Amérique latine après la colonisation de celle-ci. Je te conseille de lire cet article pour en apprendre davantage. Tu pourras utiliser cet exemple dans un sujet sur l’immigration en Espagne comme en Amérique latine !

Deuxièmement, entre la guerre civile et le régime franquiste, l’Espagne a connu de vastes vagues d’exil. Sous le régime autoritaire, près de 500 000 personnes ont fui le pays, dont de nombreux Républicains fuyant la répression. Cet exode massif porte le nom de la Retirada. Je te laisse lire cet article pour développer cet exemple historique, toujours bien vu dans une copie ! 

Dernièrement, de nombreux Espagnols ont migré vers des pays européens offrant de meilleures opportunités économiques. En 2025, le salaire net moyen en Espagne est d’environ 30 % inférieur à celui de la France.

Exemples précis et actuels à utiliser

L’enrichissement d’exemples précis, récents et bien articulés, est très apprécié dans une copie ou à l’oral. Avec l’actualité récente, je te propose trois exemples qui pourront nourrir ta réflexion sur un sujet sur l’immigration, un sujet probable. 

Les îles Canaries face à une pression migratoire sans précédent

En 2024, plus de 43 000 migrants sont arrivés sur les îles Canaries, à proximité des côtes africaines. Cet archipel de 2,2 millions d’habitants constitue une porte d’entrée vers l’Europe pour des migrants venus du Sahel, fuyant les violences armées, le terrorisme, les régimes autoritaires et les effets du changement climatique. Toutefois, cette route migratoire est l’une des plus meurtrières du monde. En 2024, plus de 10 000 personnes y ont laissé leur vie.

L’ampleur des arrivées a rapidement saturé les capacités locales. Les autorités canariennes ont alerté Madrid, affirmant ne plus être en mesure de gérer l’accueil de ces migrants, notamment celui d’environ 6 000 mineurs non accompagnés, pris en charge dans des centres d’accueil surchargés. 

Face à cette situation, des manifestations ont eu lieu dans l’archipel, non pas pour le rejet des migrants mais pour une demande d’une limite soutenable.

En réponse, le gouvernement de Pedro Sánchez a ordonné un plan de répartition des migrants vers d’autres communautés autonomes de la péninsule et a multiplié les partenariats avec les pays africains pour la gestion des flux migratoires. 

Un rapprochement significatif avec l’Afrique

En réaction à la crise migratoire des Canaries, Pedro Sánchez a entrepris, en août 2024, une tournée diplomatique au Sénégal, en Gambie et en Mauritanie.

L’Espagne renforce ainsi sa coopération avec ces États pour mieux contrôler les départs, lutter contre les réseaux de passeurs et développer des voies de migration légale. Cette stratégie repose notamment sur des accords de migration circulaire, permettant à des travailleurs étrangers d’occuper des emplois saisonniers en Espagne pendant quatre années. Ce dispositif avait déjà été mis en place avec le Maroc, après de fortes tensions provoquées par l’arrivée massive de migrants en 2021, à Ceuta.

Parallèlement, l’Espagne investit massivement dans la gestion de ses frontières. Madrid a accordé une aide de 2,5 millions d’euros au Maroc afin d’améliorer la gestion humaine de ses frontières, notamment grâce à des outils technologiques. L’UE soutient également financièrement le contrôle des frontières espagnoles au Maroc. 

Le gouvernement socialiste mise sur le développement économique, inclusif et durable pour réduire les migrations irrégulières. Pour ce faire, en juillet 2025, Pedro Sánchez s’est rendu en Mauritanie, devenue un pays de transit majeur entre le Sahel et l’Europe. Les deux pays ont signé un accord couvrant des domaines clés, tels que l’environnement, les transports et la cybersécurité. 

Cette approche a été formalisée lors du troisième sommet Espagne-Afrique, organisé à Madrid, en juillet 2025, avec l’adoption de la stratégie Espagne-Afrique 2025-2028, fondée sur la paix, la sécurité, la lutte contre le changement climatique et la promotion des droits humains, afin de contribuer au développement de ces pays avec à long terme une diminution des migrations illégales.

Loi sur l’immigration 2025 

La loi sur l’immigration (el Reglamento de Extranjería) a été mise en vigueur le 20 mai 2025.

La réforme prévoit la refonte des permis d’études. Désormais, ils couvriront l’intégralité de la durée des études, mettant fin au système de renouvellement annuel. Elle apporte également une meilleure clarté juridique sur les formations reconnues, afin de sécuriser le statut des étudiants étrangers. Elle facilite aussi la transition entre études et emplois. Les diplômés peuvent obtenir plus rapidement un permis de travail, ce qui leur permet d’entrer immédiatement sur le marché du travail à l’issue de leurs études. Les conditions de travail ont également été améliorées. 

Par ailleurs, la réforme assouplit les règles du regroupement familial. Elle élargit les modalités de preuve d’un soutien financier familial et instaure un nouveau cadre juridique facilitant l’accès à la citoyenneté. 

Ainsi, le gouvernement socialiste mise sur une politique économique et inclusive de l’immigration. Pedro Sánchez espère pouvoir régulariser la situation de 900 000 étrangers sur les trois prochaines années. 

Conclusion

Faisant figure d’exception en Europe, Pedro Sánchez présente l’immigration comme une opportunité économique et démographique. Il défend une ouverture encadrée aux migrations légales tout en contrôlant les flux. Cette approche vise à répondre aux pénuries de main-d’œuvre et au vieillissement de la population, tout en maintenant la cohésion sociale.

En effet, une large majorité des Espagnols défend une vision pragmatique et économique de l’immigration fondée sur l’intégration par le travail et la reconnaissance de la contribution sociale et économique.

Je te conseille de lire ces deux articles pour élargir tes connaissances précises sur l’immigration dans le monde hispanique :

Vocabulaire

  • Para España, la migración es sinónimo de riqueza, desarrollo y prosperidad : Pour l’Espagne, la migration est synonyme de richesse, de développement et de prospérité
  • Los españoles somos hijos de la migración, no seremos padres de la xenofobia : Nous, les Espagnols, nous sommes des enfants de l’immigration, nous ne serons pas les parents de la xénophobie
  • Un invierno demográfico : un hiver démographique
  • La tasa de natalidad : le taux de natalité
  • La inmigración irregular : l’immigration illégale 
  • Regularizar la situación : régulariser la situation
  • Las Islas Canarias : les îles Canaries
  • Una pared : un mur
  • Una gira diplomática : une tournée diplomatique
  • La migración circular : la migration circulaire 
  • Un coyote : un passeur 
  • La reunificación familiar : le regroupement familial