Dans quelques jours, les résultats du SIGEM dessineront le premier chapitre d’une aventure que beaucoup d’admissibles peinent encore à imaginer… Où serai-je dans dix ans ? Quel sera mon métier ? Quelles responsabilités aurai-je envie d’assumer ? La vérité est que personne ne connaît aujourd’hui les réponses à ces questions. À la place des candidats il y a quelques années, Thomas Soulier, Mathilde Mignot et Anne Grably Besson ignoraient eux aussi encore tout du parcours professionnel qui les attendait après TBS Education. Ils reviennent sur la trajectoire unique qui les a conduits à des postes où ils exercent aujourd’hui des responsabilités faisant rêver beaucoup d’étudiants sur le point d’entrer en école de management : le Private Equity au sein d’un fonds d’investissement londonien ; la lutte contre le changement climatique, au sein de l’un des plus importants cabinets de conseil en énergie/climat au monde chez Schneider Energy ; la direction générale d’une entreprise dont les foyers du monde entier connaissent les jouets et jeux, Mattel !

« Rien ne me prédestinait à travailler dans la finance… » Thomas Soulier, Private Equity Associate @Investindustrial (Londres)

“Lorsque j’ai intégré TBS Education, je n’avais pas de projet professionnel très arrêté. Comme beaucoup d’étudiants, j’ai découvert de nombreuses nouvelles disciplines en école de management après ma classe préparatoire, et c’est finalement la finance qui m’a le plus attiré. Cet attrait s’est fortement confirmé en Master 1, lorsque je suis parti sur le campus de TBS Education à Londres pour poursuivre mon cursus au sein de l’Option professionnelle Banking & Corporate Finance. Cette expatriation m’a permis de mettre un pied dans le plus grand hub financier européen, de découvrir une ville où la finance est omniprésente et où les perspectives professionnelles sont extrêmement variées.

Avec le recul, je me rends compte que les rencontres ont fortement compté dans mon parcours. L’un de nos enseignants, également diplômé de TBS Education, était Director dans le bureau londonien de la banque d’affaire américaine où j’ai ensuite effectué mon stage. C’est lui qui a fait circuler l’offre de stage au sein du campus et m’a reçu pour un premier entretien. Je me suis lancé… et il m’a fallu passer six tours supplémentaires avant de décrocher mon premier poste.

Pendant les six années qui ont suivi (mon stage de six mois ayant débouché sur un CDI), mon travail en M&A (Mergers & Acquisitions) a consisté à conseiller des entreprises désirant réaliser une acquisition, vendre tout ou partie de leur activité, fusionner avec un concurrent, ouvrir leur capital ou entrer en Bourse. L’activité s’étendant également au conseil des fonds d’investissement à l’achat comme à la vente. J’ai travaillé pendant deux ans sur les industries chimiques, puis pendant quatre ans dans le secteur pharmaceutique.

La vente marquante d’une entreprise allemande rachetée par une entreprise coréenne

Ce qui me plaît dans l’univers de la finance, c’est qu’il est bien plus concret qu’on ne l’imagine. On pense souvent que cela se résume à des tableaux Excel et à des présentations PowerPoint. Bien sûr, cela fait partie du quotidien. Mais les données sur Excel n’ont de valeur que si l’on comprend ce qu’elles racontent. Derrière les chiffres, il y a toujours une entreprise, ses dirigeants, un marché (et ses concurrents), une stratégie et, souvent, plusieurs centaines de salariés. Le rôle des juniors en M&A consiste notamment à comprendre ces réalités, émettre des hypothèses de croissance et de marge future, pour finalement valoriser une entreprise le plus justement possible et permettre à nos clients de prendre des décisions.

Je garde d’ailleurs un souvenir très particulier d’une opération menée il y a quelques années. Nous accompagnions la vente d’une entreprise allemande spécialisée dans la production de produits pharmaceutiques. Entre le début du mandat de cession et la signature de la vente, plus de deux ans et demi se sont écoulés. L’entreprise a connu des changements de direction, des difficultés opérationnelles, plusieurs acheteurs se sont retirés, mais nous avons continué à chercher l’acheteur qui saurait réellement valoriser son savoir-faire. Finalement, un groupe pharmaceutique asiatique souhaitant s’étendre en Europe a racheté la majorité des parts. Au long du mandat, j’ai effectué de nombreux déplacements en Allemagne pour accompagner les équipes dirigeantes du client comme des acheteurs. Lorsque l’opération s’est conclue, j’ai ressenti une vraie satisfaction. C’était l’aboutissement d’un travail collectif très long.

Du M&A au Private Equity (PE)

Aujourd’hui, je viens de tourner une première grande page de ma carrière. Après six années passées à Londres en M&A, j’ai rejoint un fonds de Private Equity. C’est un choix important puisque ma voie était tracée pour une promotion au poste de Vice Président l’année suivante dans la banque qui m’a recruté à la sortie de mes études et qui m’a formé pendant toutes ces années. Mais j’avais envie de découvrir un autre métier, de devenir investisseur, et de voir ce qu’il existait au-delà de la banque d’affaires. En réalité, ces deux univers sont assez proches…

Aujourd’hui, le Private Equity me permet d’approcher les entreprises par un prisme différent, celui d’investisseur. Nous levons des capitaux auprès de fonds de pension, de family offices, ou de fonds souverains (etc.), que nous déployons ensuite dans des entreprises dans lesquelles nous voyons un potentiel important de création de valeur. Notre rôle est ensuite de les accompagner sur le long terme, de les aider à accélérer leur développement, à se renforcer par des acquisitions, à se développer à l’international avant de les revendre. Aujourd’hui, nous intervenons principalement en Europe, mais avons une portée internationale notamment grâce à nos bureaux en Amérique du Nord, en Asie et au Moyen-Orient.

Le rôle de l’humain est central

Ces métiers demandent évidemment de solides compétences techniques. Il faut comprendre la comptabilité, les concepts de finance et de valorisation des entreprises, les mécanismes de financement… Mais, avec le temps, je me suis rendu compte que les qualités qui font vraiment la différence entre un bon et un excellent analyste ou associé (Associate) sont aussi ailleurs. Il faut être curieux, rigoureux, porter de l’intérêt, voire de la passion pour les secteurs dans lesquels on investit et savoir prendre des initiatives, ne pas attend que de nouvelles tâches nous soient confiées. Les capacités à anticiper, à proposer, à gérer progressivement des projets de plus en plus importants font partie des qualités qui permettent ensuite de gagner en responsabilités. L’évolution est très codifiée en M&A comme en Private Equity : on débute généralement en tant que stagiaire, on gravit ensuite les différents échelons d’analyste, puis d’associé, jusqu’à devenir VP et de réaliser à ce moment-là des tâches en lien plus en lien à la recherche de nouveaux clients (banque) ou de nouveaux investissement (PE).

L’intelligence artificielle fait aussi désormais partie du quotidien des métiers de la finance. Elle peut aider à produire plus rapidement des modèles Excel, des présentations ou des tâches de recherche. Une utilisation de l’IA ciblée et parcimonieuse peut générer de formidables gains de temps. En revanche, elle ne nous dispense pas d’un exercice de réflexion. Si un Partner me demande d’où provient un chiffre ou une information, je ne peux évidemment pas répondre sereinement : « C’est l’IA qui me l’a donné(e) » ! La responsabilité reste la mienne. Il faut toujours vérifier les informations, comprendre les raisonnements et être capable de les défendre. Le rôle de l’humain reste absolument central dans les métiers de la finance.

Comment faire carrière en finance ?

Lorsque des étudiants me demandent comment réussir dans ce secteur, je leur réponds toujours la même chose. D’abord, il faut accepter que c’est un secteur extrêmement compétitif. Il y a beaucoup de candidats et peu de postes. Mon premier conseil est donc très simple : faites du volume. Envoyez beaucoup de candidatures et ne soyez pas décontenancés par les rejets. Ensuite, développez votre réseau. Contactez des alumni, échangez avec des professionnels sur LinkedIn, posez des questions. Chaque échange permet de mieux comprendre un métier et peut parfois déboucher sur une opportunité. Enfin, préparez extrêmement sérieusement vos candidatures. Le CV est votre première carte de visite. En finance, il doit être sobre, sans faute, parfaitement présenté. J’ai déjà participé à des campagnes de recrutement où il fallait examiner plusieurs centaines de candidatures en très peu de temps. Une faute d’orthographe suffisait parfois à faire sortir un CV de la pile.

Les entretiens sont tout aussi exigeants. J’en ai passé sept avant d’obtenir mon premier stage. À chaque étape, il faut rester totalement mobilisé. Les interviewers évaluent évidemment vos connaissances techniques, mais ils cherchent aussi à comprendre si vous correspondez à la culture de leur équipe et de leur entreprise.

Trouver un métier que l’on aime profondément exercer

Avec quelques années de recul, ma définition de la réussite a beaucoup évolué. On associe souvent les métiers de la finance au prestige ou à la rémunération. Pour moi, ce n’est ni l’essentiel, ni ce qui permet de “réussir” une carrière sur le long terme. La réussite, c’est de trouver un métier que l’on aime profondément exercer. Lorsque le travail occupe une place aussi importante dans vos journées, il faut avoir envie de s’y investir. Au fond, je me dis parfois que j’aurais pu être tout aussi heureux comme journaliste ou comme sportif professionnel. Ce qui compte, ce n’est pas tant le métier que le plaisir que l’on prend à le faire.

Si je regarde mon parcours aujourd’hui, je trouve finalement rassurant de constater qu’il s’est construit au fil des années. Je ne suis pas rentré en classe préparatoire ou à TBS Education avec une idée précise du métier que j’allais exercer à la sortie, cinq ans ou même dix ans après. Rien ne me prédestinait à travailler dans la finance, ce sont les rencontres, les expériences et les opportunités saisies au fil des années qui ont construit la suite.”

« Je savais que je voulais agir pour le climat. Je ne savais pas encore comment » Mathilde Mignot, Director, Nature Based Solutions @Schneider Electric Advisoy Services

“Quand j’ai intégré TBS Education, en 2011, je savais déjà que je voulais consacrer ma carrière aux enjeux climatiques. En revanche, je n’avais aucune idée du métier que j’exercerai quinze ans plus tard. J’avais une conviction très forte sans connaître le chemin qui permettra de la concrétiser.

Je ne suis pas climatologue. Je ne suis pas ingénieure. J’ai un profil généraliste. Et j’ai toujours été convaincue que la lutte contre le changement climatique ne concernait pas uniquement les scientifiques. Toutes les compétences sont nécessaires. Il suffit d’observer l’actualité pour le comprendre. Les vagues de chaleur, les incendies, les inondations ou les difficultés rencontrées par certaines infrastructures montrent que le changement climatique touche désormais toutes les industries : les transports, les hôpitaux, les écoles, les entreprises…

C’est d’ailleurs la première chose que j’explique aux étudiants lorsque j’interviens à TBS Education dans le cadre du Climate Action Program : tous les métiers sont concernés. Que l’on travaille demain dans la finance, le marketing, les ressources humaines, la supply chain ou le conseil, chacun devra comprendre les enjeux climatiques. 70% des émissions de gaz à effet de serre proviennent du secteur privé : les futurs diplômés auront donc une responsabilité importante, qu’ils travaillent directement sur des sujets RSE ou non.

D’un stage à Greenpeace au plus gros cabinet de conseil énergie/climat au monde

Lorsque je suis entrée à TBS Education, je ne savais pas encore comment contribuer à cette transition. En revanche, l’école m’a apporté les outils qui me manquaient. Mon premier stage chez Greenpeace en est un très bon exemple. J’ai été recrutée pour mes compétences en communication, pas parce que j’étais spécialiste des questions environnementales. Les écoles de management forment justement des profils capables de mettre leurs compétences au service de secteurs extrêmement variés.

Avec le recul, je réalise que mes années à TBS Education ont progressivement donné une forme concrète à mon envie d’agir. Restait à trouver le terrain sur lequel je pourrais mettre mes compétences au service de mes convictions. J’ai commencé à travailler en 2015, l’année de la signature de l’Accord de Paris. Je suis entrée dans un cabinet de conseil spécialisé dans la décarbonation. C’était exactement ce qu’il me fallait : comme je ne savais pas encore vers quelle industrie m’orienter, j’ai pu travailler avec des entreprises de secteurs extrêmement différents. Puis ce cabinet a intégré l’un des plus gros cabinets de conseil en énergie/climat au monde, Schneider Electric Advisory Services, où travaillent 3 000 personnes pour une entreprise de 150 000 salariés au total, reconnue comme la plus durable au monde.

Ne jamais mettre de côté les soft skills !

Aujourd’hui, je dirige le pôle Nature Based Solutions de Schneider Electric Advisory Services. Concrètement, mon équipe développe des projets qui contribuent à la lutte contre le changement climatique. Nous travaillons sur la restauration de forêts et d’écosystèmes côtiers (tels que les mangroves), sur des projets d’énergies renouvelables et d’efficacité énergétique. Ce que j’apprécie particulièrement, c’est que notre impact est mesurable. Je peux savoir combien d’hectares de forêts ont été restaurés grâce à un projet, combien de personnes ont désormais accès à l’eau potable ou encore quelle quantité de CO₂ a pu être captée à tel ou tel endroit.

Avec quelques années d’expérience, je réalise à quel point les compétences acquises en école sont devenues mon quotidien. On pense souvent aux hard skills : construire un business plan, comprendre un compte de résultat, piloter un projet… Tout cela est évidemment indispensable. Je travaille quotidiennement avec la direction financière et lorsque l’on me demande un P&L, je sais exactement de quoi il s’agit parce que je l’ai appris à TBS Education. Mais, avec le recul, je crois que les soft skills sont encore plus déterminants. J’aime beaucoup une formule que je répète souvent : « Don’t be soft on soft skills ! » La prise de parole en public, le travail en groupe, le sens de la diplomatie, la capacité à convaincre ou à collaborer dans un environnement international sont loin d’être des compétences secondaires.

La notion d’impact comme principal moteur

Je crois qu’à vingt ans, personne ne sait réellement ce qui lui plaira. Les stages et les expériences à l’international servent précisément à cela. Ils permettent d’expérimenter, de découvrir des métiers et de comprendre ce qui nous attire vraiment. La place accordée à la créativité par TBS Education m’a aussi beaucoup aidée à développer un état d’esprit innovant. On nous demande en permanence de développer des projets, de trouver des idées d’entreprise, cela forme des profils riches, capables de challenger des business plans et d’aller vers des solutions innovantes qui sont le moteur des entreprises. Les familiers du cas Kodak savent que l’entreprise s’est effondrée par manque d’innovation. Elle est l’un des piliers chez Scheider Electric et certainement la raison de sa longévité. L’entreprise fêtera son bicentenaire dans dix ans !

J’ai récemment fait partie des lauréats du nouveau palmarès Giverny-Le Point qui distingue cinquante personnalités de moins de quarante ans engagées dans la transition écologique. Bien sûr, cela fait plaisir. Mais ce n’est pas ainsi que je mesure la réussite. À mes yeux, le succès n’est pas le prochain poste ou le prochain titre. Je réfléchis davantage en termes de trajectoire : comment puis-je augmenter l’impact positif de mon travail ? Comment construire une équipe qui se sente bien ? Comment contribuer, à mon échelle, à accélérer la transition écologique ? Cette notion d’impact est devenue mon principal moteur. On me demande souvent quelle sera la prochaine étape de ma carrière. Honnêtement, je ne raisonne jamais en termes de poste. Je me demande simplement comment augmenter l’impact positif que je peux avoir sur la société.”

« Je voulais une belle carrière… mais je voulais aussi une belle vie », Anne Grably Besson, directrice générale de Mattel

“Quand je regarde mon parcours aujourd’hui, je crois que la plus grande réussite de ma carrière n’est pas d’être devenue directrice générale de Mattel France. C’est d’avoir réussi à construire une carrière exigeante sans renoncer à ma vie personnelle. Je ne pensais pas que c’était possible lorsque j’ai débuté. Pourtant, je me suis fixé très tôt quelques règles qui ne m’ont jamais quittée. Je voulais réussir professionnellement, bien sûr. Mais je voulais aussi être présente auprès de ma famille, avoir de vraies vacances, continuer à faire du sport, voir mes amis. Je ne voulais pas choisir entre ces différentes dimensions de ma vie. Encore aujourd’hui, mes journées reflètent cet équilibre.

Les entreprises comprennent mieux les enjeux de l’équilibre vie personnelle/vie professionnelle

Mon agenda professionnel est très rempli, mais j’ai aussi un agenda personnel. Je commence généralement par consulter mon planning avant d’arriver au bureau. Dans les transports, j’en profite pour traiter les urgences afin d’arriver plus sereinement. Ensuite, les réunions s’enchaînent. Le lundi, nous réunissons le comité de direction pour passer en revue les enjeux de la semaine. J’aime ensuite aller à la rencontre des équipes dès que possible. Je déjeune avec mes collaborateurs, je prends le temps d’échanger. Mon métier est profondément humain. En revanche, je tiens à quitter le bureau vers 19 heures pour retrouver ma famille. Je veux pouvoir dîner avec eux, faire du sport si je ne suis pas allée courir le matin, ou retrouver des amis.

J’aimerais d’ailleurs dire aux jeunes femmes, qui nous lisent, et aux hommes aussi, que cet équilibre est possible. Il faut parfois savoir poser un cadre. Pendant des années, par exemple, je n’acceptais pas de réunion avant 9h30 afin de pouvoir déposer mes enfants à l’école. Aujourd’hui, les entreprises et les managers comprennent beaucoup mieux cette réalité. C’est une évolution extrêmement positive.

De l’importance du réseau et des mentors

Ma carrière s’est ensuite construite au gré de plusieurs choix importants. L’un des plus marquants a été de refuser un poste pourtant très attractif. Il m’aurait obligée à passer quatre heures par jour dans les transports ou à déménager loin de ma famille. J’ai préféré rejoindre Lego. Avec le recul, je ne regrette absolument pas cette décision. À chaque étape de ma carrière, j’ai essayé de choisir des défis qui restaient compatibles avec la vie que je voulais mener.

Un autre tournant a complètement changé ma trajectoire. J’ai commencé ma carrière dans le marketing et je m’imaginais y rester. Puis, chez Mars, plusieurs dirigeants ont vu en moi des qualités que je ne percevais pas encore moi-même. Ils m’ont encouragée à viser des fonctions de direction générale. Cette confiance a été décisive et je crois depuis beaucoup au rôle des mentors. Nous avons tous besoin de personnes capables de porter sur nous un regard extérieur, parfois plus ambitieux que celui que nous avons sur nous-mêmes. Avec le recul, je me rends compte que des personnes ont souvent davantage cru en moi que moi-même. Et qu’elles avaient raison.

La confiance ainsi gagnée m’a permis d’oser provoquer certaines opportunités, comme cette demande de mobilité interne en Angleterre lorsque mon mari y a été expatrié. Cela n’aurait probablement pas été possible sans les relations que j’avais construites au fil des années. J’ai toujours pris soin d’entretenir mon réseau, en interne comme à l’extérieur de l’entreprise. On parle souvent des compétences techniques, mais la qualité des relations humaines est tout aussi déterminante dans une carrière.

Le leadership : un équilibre entre vision, agilité et confiance

Aujourd’hui, ce que j’aime le plus dans mon métier, c’est justement cette dimension profondément humaine. Bien sûr, je travaille sur le marketing, le commerce, la finance, la logistique ou la stratégie. J’apprécie énormément cette vision très transversale de l’entreprise. Mais ce qui me motive le plus reste d’accompagner les équipes, de les aider à prendre des décisions, de les faire grandir et de construire avec elles une vision de long terme tout en gardant un œil sur les résultats du quotidien. J’aime aussi contribuer à l’histoire d’une marque qui fait partie du quotidien de millions de familles. Réfléchir à ce qu’attendent les consommateurs, imaginer les produits de demain, accompagner leur évolution… tout cela me passionne.

Cette capacité d’adaptation est d’ailleurs devenue indispensable. Nous vivons dans un monde où tout change beaucoup plus vite qu’auparavant. Par exemple, les tensions géopolitiques, les enjeux environnementaux ou les fluctuations ou difficultés d’approvisionnement des matières premières influencent directement l’activité des entreprises. Il y a encore quelques années, nous élaborions des plans marketing sur trois ans. Aujourd’hui, certaines décisions sont revues d’une semaine sur l’autre. Il faut apprendre à évoluer dans l’incertitude, à rebondir rapidement et à considérer le changement non comme une menace, mais comme une opportunité.

C’est précisément ce que j’attends des managers de demain. L’agilité, l’ouverture, le sens de la collaboration, la capacité à travailler avec des profils très différents, y compris à l’international, deviennent essentielles. Aucun dirigeant n’est expert de tout. Nous avons besoin des autres pour prendre les bonnes décisions. Il faut également savoir donner une direction, embarquer les équipes et garder le sens du concret. Une vision ne suffit pas : il faut aussi être capable de transformer cette vision en résultats. Et puis il y a une qualité dont on parle finalement assez peu : la confiance en soi. Mon expérience le prouve : elle n’est pas innée. En revanche, elle se construit. Et elle permet de saisir les opportunités lorsqu’elles se présentent.

Croyez toujours en vous !

Lorsque je rencontre de jeunes diplômés, je suis frappée par l’importance qu’ils accordent aujourd’hui au sens, à l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle ou encore à la qualité des relations humaines dans l’entreprise. Je trouve cette évolution très positive. Les nouvelles générations osent davantage casser certaines barrières hiérarchiques et recherchent un management plus proche. J’observe cela avec beaucoup d’intérêt.

Si je garde un souvenir très fort de mes années à TBS Education, c’est justement parce qu’elles m’ont permis de construire progressivement mon projet professionnel. Les stages, la vie associative, les rencontres avec les entreprises, les échanges avec les alumni ont énormément compté. J’ai aussi gardé de très belles amitiés. Aujourd’hui, j’ai beaucoup de plaisir à revenir sur le campus, à rencontrer les étudiants et je suis impatiente de rencontrer les intégrés qui rejoindront la prochaine promotion, dont je serai la marraine ! Pouvoir les accompagner sur plusieurs années, proposer du mentorat et partager mon expérience est une vraie fierté.

Si je devais leur transmettre un dernier message, ce serait celui-ci : il n’existe pas de parcours tout tracé. Soyez ouverts aux opportunités. Faites des stages. Allez rencontrer des professionnels. Entretenez votre réseau. Les rencontres changent souvent une carrière et il arrive très souvent que les autres perçoivent votre potentiel… avant vous-même. Mais finissez toujours par croire en vous !”