On le sait, l’exercice de traduction en prépa (et ailleurs) peut s’avérer être un immense casse-tête. On souhaite rendre la copie la plus parfaite d’une version ou d’un thème, et on ne sait pas bien comment s’y prendre. C’est pour cette raison que cet article peut t’aider ; que dirais-tu d’essayer une méthode qui te permette de retranscrire au mieux les émotions et les enjeux de ton texte pour une traduction parfaite ? Allez, c’est parti !
Une première lecture, la lecture de fond
Tout d’abord, comme pour toute traduction, il te faudra lire une première fois l’entièreté du texte à traduire. Cependant, beaucoup de méthodes conseillent de consacrer cette première lecture à la découverte pure du document, sans prise de notes ou de relevé d’éléments importants. Juste pour avoir une idée de ce dont il s’agit. Plutôt que de simplement découvrir ce que tu vas traduire, tu peux d’ores et déjà enclencher le mode lecture active et prendre note du “fond”.
C’est-à-dire que tu peux économiser du temps et te faciliter le travail ultérieur en analysant déjà les premières intrigues par exemple (s’il s’agit d’un extrait de roman). Tu peux relever les actions ou les évènements qui surviennent au cours de ta lecture, écrire un petit résumé sur ton brouillon, noter une série de mots-clés ou une phrase qui résume chaque paragraphe et son principal enjeu, et ce quel que soit le type de document à traduire. Plus tu auras de matière dès le début, plus ton compte-rendu sera riche et fidèle au texte de départ.
Ensuite, la lecture de forme
Maintenant que tu as bien décelé les enjeux et les thèmes principaux de ton document à traduire, tu peux t’attacher à en comprendre la forme. Tu vas désormais devoir en analyser le registre de langue, la longueur des phrases, le lexique utilisé, l’intention que l’auteur a voulu véhiculer. Plutôt émotions ou plutôt contenu technique et directement applicable par le lecteur ? Plutôt un registre soutenu et littéraire ou un discours très sobre afin d’en faciliter la compréhension ? Fais attention également aux tournures de phrases, aux différentes expressions idiomatiques que tu relèves à travers ta deuxième lecture. Si tu as besoin d’aide et que tu ne maîtrises pas ces dernières, tu peux consulter cet article ici qui te donne une liste d’idiomes avec leur équivalence en anglais pour un texte de thème. Très utile pour rendre ta traduction parfaitement authentique.
La plus importante de cette méthode, la lecture “d’expérience”
Tu as sûrement eu un moment de perplexité en lisant le titre de cette partie. Et c’est normal, on ne conseille pas assez souvent cette astuce aux étudiants, c’est pourtant celle qui m’a aidée à produire des copies plus authentiques et plus fluides lorsque je devais faire un exercice de traduction. Cette méthode pour rendre une traduction parfaite à ton correcteur va peut-être te faire rire, mais elle peut t’aider à te débloquer si tu te sens coincé(e) dans ton exercice.
Cette troisième lecture consiste comme son nom l’indique, à faire l’expérience de ce qui est dit dans ton texte source par toi-même. Je t’explique ; prenons l’exemple d’un extrait de roman que tu dois traduire en version. Tu rencontres au fil de tes deux précédentes lectures les personnages, leur caractère, leur discours interne, leurs pensées, leurs actions… Maintenant, il est temps de les comprendre vraiment.
Pour assurer une bonne version ou un bon thème, fluide, réel, et qui donne l’impression d’être une version originale sans travail de transcription préalable, pense comme ton personnage. Agis comme lui ou elle, pose toi les mêmes questions que celles qui passent dans son esprit et demande toi ce que, toi, tu ferais à sa place si tu te retrouvais dans sa situation. Tu verras que les premières réponses qui te viennent en tête et les premières émotions qui te traversent l’esprit seront sensiblement similaires à celles de ton personnage. Si tu deviens le personnage, les mots qui te viendront en tête (en français puisque tu penses en français) seront ceux que tu pourras utiliser dans ta copie, ces mots sonneront comme la version la plus proche et la plus fidèle possible de ce que ressentent les personnages.
L’importance de distinguer ces trois types d’analyse
Tandis que les deux premières lectures te permettaient de comprendre et d’analyser la construction et la technique du texte et d’en maîtriser les rouages, cette troisième lecture est une expérience de celui-ci. Tu vis comme ton personnage. C’est dans ton ressenti que tu pourras puiser les mots les plus justes pour obtenir une traduction parfaite grâce à cette méthode.
Si ton exercice doit se faire chez toi, profite de cette occasion pour aller encore plus loin dans l’expérience si tu en as la possibilité ; reproduis la scène qui est décrite dans le texte. Si ton personnage travaille à son bureau avec une ambiance particulière autour de lui, comme une météo pluvieuse, une lumière spécifique… Allume une bougie ou ferme un peu tes rideaux et lance un audio ASMR “temps de pluie” en fond sonore. Si ton personnage est en train de cuisiner, profite de cette excuse pour te préparer un bon repas et sois attentif aux odeurs, aux saveurs, aux bruits des ustensiles qui s’entrechoquent, de la sauce qui mijote sur le feu, de la viande qui grésille dans la poêle… Tu vas ressentir tout ce par quoi passe ton personnage et chacun de ses mots, chacune de ses pensées te semblera beaucoup plus facile à retranscrire.
Ainsi, tu l’as compris, ce qui rendra ta traduction véritablement authentique et fluide et donnera l’impression à ton correcteur que ton texte est une version originale, c’est l’expérience que tu en auras faite toi-même. Si ta copie est si bonne que ton lecteur en oublie presque qu’il s’agit d’une transcription, tu as tout compris à l’exercice ! Alors entraîne-toi, et surtout amuse-toi à faire cette expérience. C’est peut-être ce qui pourra t’assurer une copie en or !



