Géopolitique Ecricome 2021 – Analyse du sujet 2 Géopolitique Ecricome 2021 – Analyse du sujet 2
Comme d’habitude, le sujet de géopolitique du concours Ecricome 2021 proposait aux étudiants deux sujets différents. Tu peux retrouver ces sujets ici ! La... Géopolitique Ecricome 2021 – Analyse du sujet 2

Comme d’habitude, le sujet de géopolitique du concours Ecricome 2021 proposait aux étudiants deux sujets différents. Tu peux retrouver ces sujets ici !

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L’analyse

Analyse des termes du sujet

Agriculture : Selon le dictionnaire Larousse l’agriculture est « l’ensemble des activités développées par l’homme, dans un milieu biologique et socio-économique donné, pour obtenir des produits qui lui sont utiles ». L’agriculture a une dimension sociale, économique, mais aussi géopolitique. En effet, cette notion multiforme s’inscrit au cœur des enjeux géopolitiques contemporains puisqu’elle est une nécessité à sa survie. Ainsi elle s’avère être un enjeu de puissance. Derrière ce terme, se cachent aussi tous les moyens mis en place par l’homme afin d’assurer la viabilité de la production (appareil productif, innovations…) et les échanges dans un monde mondialisé marqué par la DIT. Ces moyens dépendent du niveau de développement d’un pays, mais aussi de sa géographie et de son climat, plus ou moins favorable. Enfin, on ne saurait oublier dans cette définition l’aspect social (en témoigne l’importance des révolutions vertes), marqueur de la structure sociale d’un pays.

Alimentation : Le « et » du sujet n’est pas placé au hasard. L’alimentation et l’agriculture sont intrinsèquement liées. De fait, on attendra du préparationnaire qu’il exploite de manière précise les relations entre ces deux termes.

Sécurité alimentaire : Par « sécurité alimentaire », on entend la situation où toute une population peut avoir accès à de la nourriture saine et en quantité suffisante. Affirmation inscrite dans la déclaration de Rome sur la sécurité alimentaire mondiale en 1996. Cela afin d’ « éradiquer la faim dans tous les pays » et de baisser de manière drastique le nombre de personnes sous-alimentées dans le monde. Ce concept est au cœur des préoccupations des États, et fait écho aux notions de développement, de sous-développement et d’indépendance alimentaire. Attention à ne pas confondre avec la « sécurité des aliments » qui elle concerne les règles mises en place par un état, une organisation afin d’assurer l’innocuité des produits.

 

Quelques pistes de réflexion

Un enjeu croissant indispensable du monde de demain

Le sujet nous invite (de manière indirecte) à évoquer deux notions contemporaines qui sont amenées à évoluer : la mondialisation et la démographie. La première est à la source même de l’agriculture et l’alimentation que nous connaissons aujourd’hui. Il est impossible de comprendre la sécurité alimentaire sans cette approche mondialisée qui a vu l’agriculture passée du local au global, à se normaliser peu à peu…

S’ajoutant à cela toute l’industrie agro-alimentaire qui gravite autour. A travers la DIT, les pays ont peu à peu adapté leurs logiques commerciales en se spécialisant et en ajustant leur balance commerciale (exportations/importations). C’est aussi au travers de l’arsenal législatif et normatif qu’il faut penser l’agriculture de nos jours. L’Union Européenne avec l’instauration de la PAC et l’imposition d’une série de normes en est un exemple concret.

En second lieu, la question démographique est plus que légitime : comment assurer la sécurité alimentaire avec une population qui devrait augmenter de 2 milliards d’ici à 2050 (selon les projections de l’ONU) ? L’Afrique subsaharienne qui est une des régions les plus marquées par la sous-nutrition voit aussi sa population augmenter dangereusement.

 

La sécurité alimentaire : la chasse gardée des grandes puissances ?

Un luxe que seul, les pays exerçant une influence considérable peuvent s’offrir ? La réponse semble plus complexe. Pourtant, si ce n’est pas une généralité (cas de la Chine par exemple, qui derrière son assise sur la scène mondiale souffre de sous-développement et de sous-nutrition), les puissances économiques mondiales ont su, pour certaines, développer leur agriculture et leurs industries de manière pertinente afin d’assurer leur sécurité alimentaire. Les États-Unis sont en ce sens la première puissance agricole mondiale en terme de production malgré certaines faiblesses (sécheresses en Californie, les déboires de l’agriculture intensive…). Il faut donc ne pas oublier de raisonner à différentes échelles pour éviter toute généralité dans un sujet global comme celui-ci.

 

L’insécurité alimentaire : un fléau qui persiste

Les régions les plus touchées par ce fléau sont l’Afrique subsaharienne et l’Asie de l’Ouest. De fait, on estime que le quart de la population africaine reste sous-alimenté aujourd’hui alors que ses rendements agricoles sont toujours les plus faibles au niveau mondial. Il aurait été intéressant de relever les différentes raisons qui expliquent cette insécurité. On pourra citer par exemple le manque de diversification, la pauvreté, l’instabilité politique, le climat. Des pays à l’instar de l’Éthiopie, la Cote d’ivoire ou le Kenya, se sont retrouvés dépendants de leurs exportations sans pouvoir bénéficier des recettes immédiates. Face à une concurrence exacerbée par la mondialisation, il est de plus en plus complexe pour ces États de faire vivre leurs agricultures locales.

 

Les approches diverses pour parvenir à cette sécurité alimentaire

Le sujet pose d’emblée un « comment » qui suggère à l’étudiant de donner des solutions concrètes à mettre en place aujourd’hui pour pallier au problème de l’insécurité alimentaire. Le « demain » invite quant à lui à identifier les enjeux contemporains qui s’inscrivent dans un temps long.

Dans ce contexte, la transformation de l’agriculture (mécanisation, puis vers une digitalisation ?) joue un rôle fondamental dans cette recherche d’une alimentation globale et suffisante. Comment imaginer il y a quelques années la possibilité d’exploiter la terre au cœur des oasis artificielles des pays du Golfe (si bien que cela pose des questions environnementales). Sous le prisme de l’innovation, il aurait été donc pertinent d’évoquer la question des OGM, ainsi que des débats autour de l’agriculture intensive, le tout dans un souci de productivité. De plus, on soulignera les progrès des États en termes d’initiative pour faire baisser les chiffres. L’aide au développement, l’investissement en Afrique, s’ ils peuvent prendre la forme d’une immixtion étrangère ont grandement contribué à sortir une partie de la population de la sous-alimentation. La FAO (organisation des nations-unies pour l’agriculture et l’alimentation) a un rôle majeur en ce sens.

Le progrès technique a pourtant des limites. En effet, des facteurs exogènes peuvent empêcher la viabilité de certaines formes de production. Aucun pays n’est à l’abri d’une mauvaise récolte, ou d’une flambée des prix sur le marché. On attendait aussi du préparationnaire qu’il traite (en guise de perspective) de la question de l’environnement. Comment assurer la sécurité alimentaire de manière durable ?

 

Les erreurs à éviter sur un tel sujet

  • Si le sujet insiste sur la situation d’ « aujourd’hui » et de « demain », il ne faut pas cependant négliger l’histoire : l’évolution de l’agriculture au XIXème siècle puis le passage à l’ère mondialisée. Les incises historiques concernant les révolutions vertes, les progrès techniques sont les bienvenues.
  • Centrer son propos sur les pays sous-développés: l’insécurité alimentaire touche à différents degrés tous les pays : il faut donc penser à changer d’échelle pour proposer une argumentation multi-scalaire.

Faire trop de prospective : cela donne l’impression au correcteur que l’élève n’a pas assez de fond pour exploiter la question et donne le sentiment d’incertitude.

 

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Retrouve le sujet 1 ici et son analyse là !

Hugo Foyer

Etudiant à l'ESCP après deux années de CPGE ECS à Saint Jean de Douai