Retour sur les oraux d’Amayes, étudiant à HEC Paris Retour sur les oraux d’Amayes, étudiant à HEC Paris
Les oraux des grandes écoles de commerce ont un poids non négligeable, si ce n’est déterminant dans l’admission des étudiants. Alors que les écrits... Retour sur les oraux d’Amayes, étudiant à HEC Paris

Les oraux des grandes écoles de commerce ont un poids non négligeable, si ce n’est déterminant dans l’admission des étudiants. Alors que les écrits apparaissent souvent comme l’ultime étape de deux voire trois ans de prépa, il faut garder en tête que les oraux pèsent parfois près de la moitié des coefficients pour les admissions (et même plus de la moitié pour HEC !).

Lire aussi : Tout savoir sur les oraux prépa 2021 des écoles de commerce

Si la plupart des écoles ont des oraux classiques (entretien de langues et de personnalité), les écoles parisiennes se distinguent en proposant des épreuves plus spécifiques, qu’il ne faut pas négliger. Amayes, étudiant en deuxième année à HEC, explique comment il a vécu ses oraux et te donne ses conseils pour réussir ces épreuves spécifiques. Un entretien d’autant plus intéressant que tes carrés n’ont pas été confrontés à ces épreuves, et n’ont donc pas pu te faire de retour d’expérience !

 

Peux-tu te présenter rapidement ?

Je m’appelle Amayes Kara, j’ai aujourd’hui 20 ans et suis en deuxième année à HEC Paris après deux ans de prépa ECS à Janson-de-Sailly et un bac S au Lycée LaSalle Saint-Denis.

 

Comment t’es-tu préparé aux oraux ?

Je pense que la première chose à bien avoir en tête au moment de la préparation des oraux est qu’il s’agit d’épreuves tout à fait spécifiques, très différentes des écrits. Le programme est bien sûr globalement le même mais les attentes et l’esprit des épreuves diffèrent quant à eux largement. Les écrits mettent avant tout en valeur ta connaissance du programme dans son ensemble. Les oraux vont nécessiter la maîtrise approfondie de points plus spécifiques du cours, en particulier à HEC.

Il ne s’agit pas seulement de connaître son cours et de maîtriser des connaissances mais aussi de savoir les communiquer, ce qui n’est pas tout à fait la même chose. Heureusement tes colles t’ont préparé à l’exercice. Au moment de débuter ta préparation aux oraux tu auras déjà toute l’expérience nécessaire pour réussir !

J’ai essentiellement préparé les oraux avec des colles supplémentaires volontaires avec mes professeurs. Ces colles avaient parfois lieu devant le reste de la classe. Ceci permettait d’avoir des retours des autres élèves qui sont vraiment très précieux.

Pendant mes révisions entre les écrits et les oraux, j’ai aussi beaucoup travaillé en groupe. Je pense qu’il s’agit d’une excellente stratégie pour préparer les épreuves orales. Tes amis pourront te donner de très bons conseils et sauront t’encourager pour que tu donnes le meilleur de toi-même.

A mon sens, le travail en groupe est encore plus bénéfique pour les épreuves où il n’y a pas vraiment de programme (typiquement, pour les entretiens de personnalité et triptyque) et où les capacités de communication que tu travailles en t’entraînant avec tes amis deviennent déterminantes ; ces épreuves étant par ailleurs plus floues pour toi puisque tu y es moins préparé, les travailler en groupe te donneras plus d’expérience et de recul pour être serein et performer le jour du véritable oral !

 

Quand est-ce que tu t’es remis à travailler les oraux après les écrits ?

Je dois bien avouer ne pas avoir touché à un cahier entre la fin des écrits et la reprise des cours huit jours plus tard. Après deux semaines aussi intenses que celles des écrits, une petite pause s’impose pour recharger les batteries et repartir de plus belle.

Il est tout à fait normal que tu ne retrouves pas la même intensité de travail immédiatement après les écrits. Tu as consacré deux ans de ta vie à un unique objectif, celui de te préparer aux épreuves écrites des concours. Il est donc normal de sentir une forme de relâchement une fois cet objectif passé, dans l’attente si angoissante des résultats d’admissibilité.

Cependant, entre les admissibilités et le début des oraux, il n’y a environ que 3 semaines. Il faut donc impérativement commencer à travailler tes oraux le plus tôt possible. Quelles que soient les écoles dans lesquelles tu seras admissible, tu auras des épreuves de langues et un entretien de personnalité. Tu dois ainsi travailler à fond ces deux types d’épreuves dès que tu reprends le travail.

 

Faut-il réviser les oraux spécifiques aux Parisiennes lorsque l’on est pas sûr d’être admissible ?

Si tu estimes avoir la moindre chance d’être admissible à HEC ou à l’ESCP, prends les devants et travaille spécifiquement les oraux dès que possible ! Tu n’es jamais à l’abri d’une bonne surprise. Il n’y aurait rien de pire que d’être admissible dans l’école de tes rêves et de se dire que tu n’auras pas le temps de réviser toutes les épreuves parce que tu t‘y es pris trop tard. Donc révise tout et révise tôt, au moins tu n’auras pas de regrets.

 

Comment se sont passés tes oraux globalement ?

Mes oraux se sont plutôt bien passés (sauf à l’EM). J’ai gagné entre 300 et 600 places dans les trois parisiennes. J’ai été finalement admis dans toutes les écoles dont j’ai passé les oraux.

J’étais pourtant extrêmement stressé tout au long de la période, notamment puisque j’étais admissible de peu à HEC et à l’ESSEC. J’étais vraiment effrayé à l’idée d’échouer. Ce stress a été ma plus grande faiblesse pendant les oraux et aurait pu me faire rater des admissions.

Mon premier conseil est de relativiser : oui les oraux sont durs, oui tu y as consacré énormément de temps mais tu ne donneras ta pleine mesure ni ne montreras qui tu es et ce que tu vaux vraiment que si tu y vas sereinement. Humainement, c’est ce que les oraux m’ont appris de plus important : apprendre à relativiser et en relativisant, à avoir davantage confiance en soi.

Je pense aussi qu’il est vraiment important de s’imprégner de l’atmosphère des écoles avant d’y passer les oraux, si possible en arrivant sur place en avance. Ce fut notamment le cas pour moi à l’ESSEC où j’ai passé une excellente soirée avec des admisseurs. En passant les épreuves, j’avais déjà un peu l’impression de faire partie de l’école. J’y ai finalement obtenu mes meilleurs résultats ! Cette connaissance de l’école te sera aussi très utile aux entretiens de personnalité.

 

Peux-tu nous donner tes conseils et tes retours pour chaque épreuve spécifique ?

HEC – Mathématiques

Entre les écrits et les résultats d’admissibilité, notre prof nous avait distribué une fiche d’exercices de préparation et d’annales. Je travaillais essentiellement sur cette fiche, en plus de reprendre le cours. Je n’ai pas vraiment fait d’autres annales,ce qui fut une erreur. En revanche, j’ai multiplié les colles de préparation avec mes profs pour me donner confiance avant l’oral.

Plutôt que de tout reprendre, il vaut mieux se concentrer sur tes colles et les exercices les plus durs que tu as fait en classe (mais pas en DS). Les exercices d’oraux sont calibrés différemment. Les exos de DS multiplient les questions intermédiaires pour démontrer des résultats sur 4h. Les oraux portent sur beaucoup moins de questions (plus longues) et ne démontrent en général qu’une seule propriété.

Enfin, pour la question sans préparation, la meilleure stratégie est d’en faire le plus possible devant quelqu’un. Cela t’entraînera à déployer un raisonnement mathématique à l’oral. Le plus important de bien avoir à l’esprit qu’on ne te demande pas forcément de trouver la réponse mais de construire un raisonnement pour progresser vers la solution.

Si je te dis tout ça, c’est aussi que l’épreuve de maths est de toute la plus angoissante. J’y ai complètement perdu mes moyens. Il y a eu une question lors de laquelle j’avais littéralement écrit le résultat sans m’en rendre compte tant j’ai stressé. Heureusement, je me suis un peu rattrapé sur la QSP. J’avais fait pas mal de questions lors de ma préparation, ce qui m’a permis de sauver un 9 même si je pensais que j’allais avoir beaucoup moins. La moyenne de l’épreuve est de 10 – 10,5.

 

HEC – Culture générale

La CG était pour moi une matière forte où je savais que je pouvais obtenir une assez bonne note. J’ai finalement eu 13, une bonne note puisque la notation est particulièrement sévère (la moyenne se situe entre 7 et 8). Pour réviser, j’ai surtout repris les cours de première année. Ils te donneront normalement une assez bonne base de travail.

Malheureusement, tes cours de 2ème année ne te seront pas très utiles car ils sont trop spécifiques, sauf en ce qui concerne les liens faits entre le thème de l’année et d’autres notions. Pour commencer tes révisions, une bonne piste est de regarder les thèmes du programme de première année et de faire des fiches sur chacun de ces thèmes. Tu peux aussi lire des ouvrages qui résument des thèses (par exemple Histoire de la pensée de Lucien Jerphagnon sur la période antique). Cela dit, une partie de l’épreuve repose sur la chance d’avoir un sujet qui te plaît.

 

HEC – Triptyques

L’épreuve de triptyque est celle qui m’a véritablement permis d’intégrer HEC (j’ai obtenu 17), grâce à mes nombreux entraînements.

Les subtilités de l’épreuve sont nombreuses et nécessitent un peu de pratique. Si tu n’as pas beaucoup d’entraînements dans ta prépa, essaye de t’organiser avec des amis pour en faire entre vous. Le format est très différent de celui de la CG. En tant que défendant, tu ne dois pas construire un raisonnement en trois parties et nuancer ton propos. Au contraire, tu dois défendre une opinion arrêtée sur quatre minutes (et non dix, cela change beaucoup de choses !).

En tant que défendant et répondant, tu pourras arriver à un compromis lors de la phase de conclusion (ce n’est pas obligatoire) mais en aucun cas tu ne dois ne te retirer de ta position. Enfin, le rôle le plus important est celui d’observateur (60% de la note !). Le meilleur conseil que je puisse donner est celui de l’honnêteté : dis ce que tu penses véritablement. Par exemple, lors de mon passage, j’ai défendu un des candidats par rapport à un argument que le jury trouvait faible et qui me paraissait pertinent. Je pense que le jury a apprécié que je dise simplement ce que je pensais, bien évidemment de façon argumentée.

Enfin, les sujets sont piégeux dans leur formulation et il faut essayer d’en chercher la signification réelle. Par exemple, sur un sujet comme « Quand un cannibale mange avec une fourchette et un couteau, est-ce un progrès ? » ; ce n’est pas sur le cannibalisme mais bien les liens entre progrès et éthique que l’on attend dans ton développement.

 

HEC – Géopolitique

J’ai essentiellement repris mes cours des deux années. Même cela est nécessaire, je pense a posteriori que j’aurais dû davantage me concentrer sur des annales spécifiques. Les sujets peuvent en effet être extrêmement divers, du très classique « Les politiques migratoires de l’Europe depuis 1945 », à des sujets déconcertants tels que « L’archéologie dans les relations internationales ».

Je pense qu’il vaut mieux consacrer une partie de tes révisions à de tels sujets, non pas pour tous les apprendre par cœur mais pour te donner l’habitude de traiter des sujets parfois difficiles. Faire des colles avec ton prof est également très formateur à ce titre !

Voici le témoignage d’Adèle qui a obtenu 20/20 à l’oral de HEC Paris en géopolitique :

 

ESSEC – Tests psychotechniques

Je n’ai pas vraiment travaillé spécifiquement cette épreuve. Je ne suis pas sûr que ce soit très utile de s’entraîner pour être honnête. De façon générale, la notation autour de cette épreuve est assez étrange. Je je ne pense pas qu’il faut vraiment s’y attarder.

 

ESCP – Mathématiques

L’épreuve est plus facile et moins stressante que celle d’HEC ; j’avais certes eu la chance d’avoir un sujet relativement simple mais il est rare qu’à l’ESCP tu aies un sujet vraiment difficile. La préparation est selon moi la même qu’à HEC. La seule différence est qu’il n’y a pas trop besoin de se concentrer sur les chapitres les plus difficiles.

Maxence Delespaul

Étudiant à HEC après deux années de classe préparatoire ECS.