“La CG/Philo en 1ère année ça sert à rien”… vraiment ? “La CG/Philo en 1ère année ça sert à rien”… vraiment ?
“En première année, ne bosse pas la CG !” Une fois qu’on a vanté les sonorités de cet alexandrin, il convient d’oublier radicalement ce... “La CG/Philo en 1ère année ça sert à rien”… vraiment ?

“En première année, ne bosse pas la CG !” Une fois qu’on a vanté les sonorités de cet alexandrin, il convient d’oublier radicalement ce qu’il préconise. Ce prétendu conseil n’est pas de bon aloi et si toutes les prépas (même celles qui n’en ont pas l’obligation) laissent des cours et des khôlles de CG en première année, ce n’est pas (seulement) pour l’amour de Nietzsche, mais c’est surtout parce qu’ils sont indispensables pour se préparer aux concours. Si le bruit de l’inutilité de la CG en première année court tant, c’est simplement parce que, dans cette matière, a l’inverse de toutes les autres, première et deuxième années se complètent. En effet, quand l’année de carré sert, en CG, à accumuler des connaissances sur le thème de l’année, la première a trois principaux rôles : découvrir une nouvelle matière, apprendre à disserter et avoir des références originales qui seront précieuses pour les dissertations du concours.

 

1) Appréhender une nouvelle matière

D’abord, la première année permet de se familiariser avec cette nouvelle matière qu’est la culture générale. On apprend par exemple que cette matière n’est pas totalement générale et ne concerne pas ou peu la culture contemporaine (évitez par exemple de parler de politique ou de rap comme il peut apparaître tentant de faire au vu de l’intitulé de la matière).

 

Les khôlles, un crash test

 

Les khôlles sont particulièrement utiles en ce sens. En première année, il faut en effet tenter à l’oral, essayer de placer les références dont on veut tester la solidité avant d’en parler à l’écrit. Plus encore, la khôlle offre un moment privilégié avec un spécialiste de la matière. Qu’il soit prof ou ancien élève, il saura apaiser vos doutes et inquiétudes sur une matière source de bien des légendes urbaines. Bref, comprenez que le khôlleur n’a qu’une mission : vous faire progresser en 20 minutes. Alors la moindre contrepartie à lui donner serait bien de faire sa khôlle sérieusement !

 

2) Apprendre comment faire une dissert !

En tant que bizuth, tu stresses peut-être de ne pas arriver à comprendre la méthodologie de la dissertation. Même ceux qui recommandent de lâcher du leste sur la CG en première année l’admettront : en première année, il faut au moins comprendre comment faire une dissertation parce que la deuxième année de CG est trop lourde au niveau du fond pour s’arrêter sur la forme. Il semble donc indispensable de savoir analyser un sujet et la khôlle apparaît de nouveau comme un outil de luxe pour ce faire. Dès que tu reçois ton sujet, il faut directement analyser les différents concepts indépendamment les uns des autres. Les liens entre ceux-ci doivent se faire le plus naturellement possible.

 

Comment conceptualiser un énoncé de manière élémentaire ?

Tu as du mal à analyser un sujet ? Pense toujours à conceptualiser autour de la nature de celui-ci (un conseil, une interrogation, un ordre…), sa valeur (mélioratif, péjoratif, polémique, ironique…), son unicité sur certains sujets (par exemple quand on parle de “LA raison”), sa symbolique, le contexte dans lequel il apparaît (qui dirait une telle phrase ? À qui ?) , etc. Mais n’hésite pas non plus à rentrer des considérations qui fleurent bon le collège : si le sujet comporte une étrangeté grammaticale ou une figure de style, n’hésite pas à la souligner dès l’introduction, les khôlleurs et les correcteurs sont très friands de telles analyses (si toutefois elles servent à expliquer l’énoncé) !

Pour résumer, si quelque chose te saute aux yeux dans ton sujet, même si tu le vois comme une banalité, dis-le ! Si c’est hors de propos, ton khôlleur te le fera remarquer et tu modifieras cela à l’avenir, mais considère toujours les khôlles de première année comme un laboratoire où tu peux te tromper sans gravité.

 

3) Te constituer un bagage de références qui feront la diff’ l’année prochaine

Enfin, et c’est peut-être le point qui ne saute pas aux yeux au début, apprendre ses cours et reprendre ses khôlles de CG dès la première année, cela pourra être très utile en deuxième année. En effet, la commission qui décide que l’épreuve de culture générale portera sur un thème annoncé un an à l’avance connaît bien l’intitulé de l’épreuve. Si elle choisit de restreindre en apparence le champ d’études à un seul concept, elle propose surtout de tester les élèves sur leurs capacités à articuler un thème qu’ils connaissent par cœur à une notion sur laquelle leurs connaissances sont supposées limitées.

 

Un exemple : “la force de la parole”.

Prenons comme exemple le sujet ESSEC des concours 2017 : “la force de la parole”. Tous les élèves avaient étudié la parole pendant au moins 9 mois, ce qui leur avaient permis d’accumuler un certains nombre de références pointues et d’exemples originaux, assurant ainsi une note acceptable au concours. Néanmoins, pour atteindre les sommets de la notation, une analyse précise du concept de “force” permet bien de se distinguer des autres candidats. C’est alors que tous les étudiants qui auront simplement relu à l’occasion leur cours et leurs khôlles de première année où ils ont parlé pendant 3 lignes de la force chez Hannah Arendt, chez Pascal ou chez Nietzsche ont pu montrer qu’ils avaient bien une culture générale et pas seulement une culture spécialisée sur un seul thème.

 

Un conseil : Revois tes cours de français de Première et apprends tes cours de bizuth !

 

En deuxième année, personne n’a le temps de se plonger dans des analyses conceptuelles hors thème. C’est pourquoi l’ensemble de votre culture générale, que vous vous êtes constitués jusqu’ici, joue un rôle majeur. Cette culture a pu être formée à deux occasions précises dans votre parcours d’étudiant : durant le bac français, où on a eu l’occasion d’apprendre des analyses assez poussées d’œuvres appréciées par les correcteurs et bien sûr, au cours de cette fameuse année de bizuth.

 

Se constituer un bagage de références classiques et appréciées par les correcteurs

 

Si tu souhaites travailler efficacement la Culture générale et la philosophie par tes propres moyens en première année, nous ne pouvons que te conseiller de t’appuyer sur deux ouvrages principaux. Le premier ouvrage est celui d’Eric Cobast, intitulé Leçons de culture générale, celui-ci offre un bref aperçu des principales problématiques qui traverse l’histoire des idées. Il te permet non seulement d’apprendre à faire un plan, en apprenant la structure de chacune de ses leçons, mais également de découvrir des références que tu pourras approfondir par toi-même.

Afin d’accroître ta culture philosophique, et ta maîtrise des principaux concepts et problématiques classiques dans cette discipline, tu peux lire à profit l’ouvrage Le manuel de philosophie publié aux éditions Ellipses. Cet ouvrage constitue une excellente base pour maîtriser les idées principales en philosophie, et la manière dont elles s’opposent.

 

L’appréhension du thème de 2ème année sera beaucoup plus facile grâce à ces deux ouvrages, puisque le thème que tu devras étudier aura forcément été abordés dans ces deux ouvrages !

 

Alors, on en retire quoi ?

 

Alors on ne peut que conclure en te promettant que tu ne regretteras pas de travailler ta CG en première année et en ajoutant que deux petits efforts t’amèneront à de beaux résultats : revoir tes cours de français de Première et ficher tes khôlles après les avoir passées pour être sûr d’en garder une trace écrite !

 

Gabriel Koutchinsky

No comments so far.

Be first to leave comment below.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *