Culture générale : comment j’ai eu 20 à la BCE #2 Culture générale : comment j’ai eu 20 à la BCE #2
Si tu as suivi mon premier article, tu connais maintenant la méthode de travail que j’ai adoptée en culture générale durant mes années de... Culture générale : comment j’ai eu 20 à la BCE #2

Si tu as suivi mon premier article, tu connais maintenant la méthode de travail que j’ai adoptée en culture générale durant mes années de prépa. Dans ce deuxième article, il est temps de passer aux réflexes qu’il faut acquérir devant un sujet de dissertation. « Comment l’analyser ? Comment bâtir la réflexion autour de celui-ci et construire un plan ? », autant de questions que tu as pu te poser et auxquelles je vais tâcher de répondre aujourd’hui.

Prêt ? C’est parti !

 

Le travail de réflexion face à ton sujet de culture générale

Maintenant armé jusqu’aux dents avec tes citations, tu peux facilement espérer obtenir un… 3/20, au mieux. En effet, toutes tes connaissances ne servent à rien si tu ne sais pas rédiger une belle copie !

Pour l’illustrer, je posterai début novembre ma copie commentée à la lumière de cette méthode. Le premier enseignement est de savoir se faire plaisir, à condition de rester dans les clous du sujet. L’enthousiasme est perçu par le correcteur ! Ce que je vais t’apprendre ici, c’est à contenir ta verve pour que tu puisses penser et écrire sans crainte du terrible hors sujet.

 

Bien analyser son sujet de culture générale

La fameuse « analyse des termes du sujet ». Combien de copies ont échoué avant même d’avoir commencé ! Combien d’esprits brillants se sont empalés sur le mât de leur enthousiasme en oubliant cette étape cruciale !

1. La définition des termes du sujet 

En premier lieu, il convient d’isoler et de définir chaque terme du sujet. On doit trouver en moyenne deux-trois définitions par terme du sujet. Ensuite, à l’aide des termes liants du sujet (les fameux « et », « est », « ou »…), former des phrases combinant toutes les définitions possibles des termes du sujet.

Ainsi, pour un sujet de type « A et B », on trouve des définitions A1, A2, A3 et B1, B2, avant de les relier ensemble dans des propositions du type : « A1 entraîne B2 », « A3 ne peut exister sans A2 », « B1 permet à A1 d’advenir ».

2. Les liens logiques entre les définitions

Ces différentes propositions précédentes peuvent t’inspirer des arguments pour ton plan. De façon plus importante, il faut autant que possible que presque toutes tes définitions apparaissent dans ta copie et qu’elles interagissent entre elles. C’est le glissement d’une définition à une autre qui fait avancer ta réflexion, et c’est le défilé des définitions qui montre que tu as bien traité tout le sujet.

Dans le cas des sujets-questions, les propositions peuvent être remplacées par des réponses à la question posée. Elles deviennent alors des phrases du type « Si A1 et B2, alors Réponse 1 », « Si A3 et B1, alors Réponse 2 ».

La finalité de cette analyse de sujet est de former des liens logiques entre les termes du sujet, de les travailler dans ton esprit et finalement de borner le sujet. Tu sais tout ce que tu devras dire, et tu sauras aussi vérifier rapidement si ton idée est hors sujet à l’aide d’une question simple : « Mon idée est-elle en rapport avec l’une de ses propositions ? ». Si la réponse est non, alors tu es hors sujet et tu dois abandonner ou retravailler ton idée.

 

Construire un plan cohérent

Ensuite, un bon plan, c’est la colonne vertébrale d’une bonne copie. Il est constitué de parties, elles-mêmes constituées de sous-parties. Une fois que tu maîtrises bien la culture générale et comprends bien la finalité de la matière, tu peux te permettre de faire des plans originaux. Mais en attendant, mieux vaut jouer la sécurité.

Il n’y a pas de plan parfait qui marche sur tous les sujets, mais certaines structures se retrouvent régulièrement dans les bonnes copies. Pour cela, les copies à 15-18 sont plus intéressantes que les copies à 20, car elles sont souvent beaucoup plus « scolaires ». N’hésite pas à les décortiquer !

Par exemple, dans le sujet Peut-il y avoir une civilisation du désir ?, après avoir défini la civilisation, comment « Civilisation = Société + Culture + Histoire » (ce qui est critiquable), mes trois parties étaient :

I. Oui, une civilisation du désir est possible.

II. Mais si elle est possible en droit, le désir est dans les faits la mort de la société (et par là de la civilisation).

III. Si le désir est contraire à la société, la culture et l’histoire permettent dans les faits une civilisation du désir.

Tu reconnais là une Thèse/Antithèse/Synthèse classique. Je pars en I sur une thèse forte et tranchée, je la dépasse en II par une thèse frontalement opposée (en droit/en fait ; mon I est théorique et abstrait, mon II lui oppose l’expérience), et en III je raffine mes définitions pour montrer que I et II ne sont en réalité pas si incompatibles. Ma structure n’était pas ici parfaite, mais elle était amplement suffisante pour le jury !

 

Construire de belles parties grâce à ton analyse de sujet

Enfin, pour trouver tes différentes thèses ou réponses, appuie-toi sur les propositions que tu as construites lors de l’analyse des termes du sujet. En les confrontant, tu finiras par trouver des articulations intéressantes qui semblent se répondre. Practice makes perfect, c’est en forgeant qu’on devient forgeron. Entraîne-toi à cet exercice !

Idéalement, chaque sous-partie doit avoir une structure interne qui la rend cohérente. Ce n’est pas obligatoire, mais cela facilite grandement la lecture de ta copie. Les meilleurs élèves arrivent à faire une Thèse/Antithèse/Synthèse au sein même de leurs sous-parties, mais cela demande une excellente maîtrise, car il y a un risque de mélanger les parties (mettre de ton II dans ton I.2, en confondant les antithèses…). C’est pour cela que je vais te présenter quelques structures de parties que tu peux réutiliser telles quelles dans tes copies. Tu en trouveras beaucoup d’autres en décortiquant des bonnes copies !

1. La partie définitoire

C’est une partie qui vérifie plusieurs parties de ta définition. C’est la sous-partie la plus simple et aussi la moins valorisée, mais elle peut te sortir d’un mauvais pas s’il te manque une partie. Elle consiste à étudier tour à tour plusieurs aspects d’un terme.

Par exemple, dans mon I. Une civilisation du désir est possible, mes sous-parties reprenaient la définition de la civilisation : i. Une société du désir est possible, ii. Une culture du désir est possible, iii. Une histoire du désir est possible. Ainsi, j’explicitais bien ce que j’entendais par Civilisation = Société + Culture + Histoire, et j’étais sûr de ne pas sortir du sujet.

De la même façon, l’année de la mémoire, on pouvait faire une partie avec trois définitions différentes de la mémoire : mémoire comme stockage, mémoire comme faculté de faire revenir des souvenirs, mémoire comme mémoire collective.

2. La partie raisonnante

C’est la partie la plus classique, et certainement celle dont tu te sers sans t’en rendre compte. Il s’agit tout simplement de suivre un raisonnement en trois temps le long de sa partie !

Par exemple, le fameux syllogisme : « A => B » et « B => C », donc « A=> C ». Par exemple, « le désir est moteur de l’action », or « l’action est nécessaire au bonheur », donc « le désir est nécessaire au bonheur ». On ne peut pas dire que le désir est source de bonheur, mais que sans désir, pas de bonheur ! Chaque sous-partie démontre une affirmation et ses affirmations imbriquées démontrent la thèse de la partie. On peut alors imaginer en fin de petit 3 quelques lignes pour récapituler la partie : « On a ainsi vu que le désir était moteur de l’action, qui elle-même est nécessaire au bonheur. Ainsi, le bonheur ne saurait exister sans désir. »

3. La partie Thèse-Antithèse-Synthèse

C’est, de loin, la partie la plus délicate. Mais bien maîtrisée, elle rapporte énormément de points !

Un petit exemple pour commencer. Je veux montrer que « le désir est source de bonheur ». Je montre d’abord que « le désir semble bien être source de plaisir » : c’est ma thèse. En deux, je raffine mon propos : « Mais le désir, en poussant à poursuivre le plaisir, nous éloigne du bonheur ! » : c’est mon antithèse. Pour m’en sortir, je raffine mon propos, le plus souvent en changeant une définition, en posant une distinction ou en apportant un nouveau concept. « Néanmoins, cette tendance n’est pas une fatalité et peut être maîtrisée. Le désir éduqué, il devient effectivement un moteur vers le bonheur ».

Tu as ainsi réalisé une belle partie Thèse-Antithèse-Synthèse, qui a mis en avant une belle subtilité de ton raisonnement ! Attention néanmoins : si tu fais un plan thèse-antithèse-synthèse aussi, il ne faut pas que l’antithèse de ton I semble tirée de ton II ou l’antithèse de ton II tirée de ton I ! Il faut trouver une nouvelle opposition à celle que tu as entre tes parties.

 

Conclusion

Ici, l’analyse du sujet affirme « regarde correcteur, comme je traite bien le sujet, et comme ma pensée est originale ! ». Pour le prochain numéro de cette série « Comment j’ai eu 20 en dissertation culture générale à la BCE », nous aborderons enfin l’étape de la rédaction !

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Arthur Bert

Je suis Étudiant à HEC Paris, promotion 2024. J'ai intégré après 3 ans de prépa ECS à Sainte-Marie Lyon. Je suis rédacteur en Anglais et en Culture Générale, et je suis administrateur du Discord Major Prépa.