Comprendre le thème de culture générale 2020 – Le désir Comprendre le thème de culture générale 2020 – Le désir
Nos petits préparationnaires ont passé l’année précédente à étudier le thème peu classique et assez particulier de la mémoire ; quant à vous, préparationnaires de... Comprendre le thème de culture générale 2020 – Le désir

Nos petits préparationnaires ont passé l’année précédente à étudier le thème peu classique et assez particulier de la mémoire ; quant à vous, préparationnaires de l’année 2019-2020, vous vous pencherez cette année sur celui, beaucoup plus traditionnel, du désir. Et c’est précisément parce qu’il est très classique qu’il ne faudra pas vous contenter des idées et références trop connues, mais vous efforcer aussi de sortir des sentiers battus et chercher à vous constituer une culture plus originale. Major-Prépa va justement essayer, cette année, de vous présenter sur ce thème à la fois ce qui est bien connu et ce qui l’est moins. En avant, donc, pour une année sur le désir !

Après avoir étudié la partie intellectuelle de l’homme (la mémoire étant l’une des facultés principales de l’intelligence), nous nous apprêtons ainsi à étudier sa partie affective, c’est-à-dire à le considérer avant tout en tant qu’être désirant.

S’il est vrai que le désir est un thème plus que classique, abordé par la majorité des philosophes depuis l’Antiquité, il n’en est pas moins actuel et inséparable des problématiques de notre époque. On peut même dire qu’il s’agit d’un thème particulièrement contemporain, dans la mesure où la consommation et le spectacle occupent aujourd’hui une place centrale dans nos vies : des produits de consommation qui jalonnent notre quotidien aux sites de rencontres en passant par les séries, la publicité ou la fête sous toutes ses formes, notre désir est perpétuellement stimulé, exploité, satisfait, déçu ou frustré.

Mais avant d’envisager les problèmes et références relatives au désir, voyons d’abord sa (fameuse) étymologie.

Étymologie et définition

Évoquons rapidement l’étymologie du mot (qui n’est pas ce qu’il y a de plus intéressant et que vous pourrez facilement trouver sur Wikipédia). Simplement, le mot « désir » vient du latin désiderare, qui signifie « regretter l’absence de quelque chose », lui-même dérivé de sidus, qui signifie « étoile ». Le désir, en ce sens étymologie, revient donc à constater avec déception l’absence de… (en l’occurrence d’un astre dans le ciel).

Cette étymologie, encore très proche du sens actuel du mot, nous apprend donc que le désir est fondamentalement le manque douloureux d’une chose absente. Mais le désir est ambivalent : il est également tension vers une satisfaction possible. Il présente donc une dimension passive (le constat du manque) et une dimension active (l’effort pour combler ce manque). Il apparaît en outre comme négatif, comme cause de souffrance : c’est précisément parce que le manque est douloureux que je m’efforce de le combler.

 

Besoin et désir

Pour cette introduction à la notion de désir, deux remarques importantes s’imposent. Il faut premièrement faire une distinction fondamentale entre deux espèces de désir : les désirs nécessaires ou besoins, et les désirs superflus ou désirs au sens strict. On qualifie les premiers de « nécessaires » au sens où ils sont biologiquement indispensables, c’est-à-dire indispensables à la vie même : manger, boire, dormir (nécessaires à la vie de l’individu), se reproduire (nécessaire à la vie de l’espèce). Les seconds, à l’inverse, sont « superflus » au sens où leur non-satisfaction ne met pas en péril la vie de l’individu (ou de l’espèce). Par exemple, le désir d’aliments cuisinés, ou le désir de smartphone.

Cette distinction suggère un problème éthique : si la satisfaction de nos désirs, contrairement à la satisfaction de nos besoins, n’est pas un impératif biologique, la question se pose de savoir s’il faut chercher à les satisfaire tous ou au contraire à les réprimer. La distinction entre besoin et désir ouvre ainsi la voie au problème de la modération des désirs.

La raison contre le désir ?

La deuxième chose à noter est que le désir forme, avec l’intelligence ou la raison, l’une des deux parties constitutives de l’homme. Il s’en distingue cependant essentiellement par son irrationalité : le désir n’est pas rationnel, d’où le fait que nous le partagions en commun avec les animaux ou les enfants. Il menace donc toujours potentiellement de perturber l’intelligence, d’où le thème philosophique classique du combat entre le désir et la raison.

Problématiques et sujets de dissertation

Mais présentons sans plus attendre les sujets de dissertation classiques sur la notion du désir, qui vous orienteront dans votre travail de l’année :

Sur la modération du désir

-Vaut-il mieux changer ses désirs que l’ordre du monde ?

-Faut-il satisfaire tous ses désirs pour être heureux ?

-Peut-on échapper à ses désirs ?

-Le désir fait-il notre malheur ?

-Désir et bonheur

 

Sur les rapports entre désir et raison :

-Faut-il opposer le désir à la raison ?

-Le désir nous rend-il déraisonnable ?

-Désir et inconscient

-Désir et raison

-Désir et imagination

-Le désir de vérité

 

Sur le désir et la nature humaine :

-Le désir est-il la marque de notre imperfection ?

-Le désir est-il spécifiquement humain ?

 

Sur le désir et la morale :

-Le désir est-il par nature immoral ?

-Désirer autrui, est-ce attenter à sa liberté ?

-Obéir à ses désirs, est-ce être libre ?

Bruno Bonnefoy