carburants

Face à la flambée des prix à la pompe en France, mais aussi dans toute l’Europe et au-delà, nombreux sont les gouvernements à avoir pris des mesures d’urgence pour contenir la hausse. Tandis qu’en France, le gouvernement a accordé des aides ciblées aux « grands rouleurs » et à certains secteurs d’activité, d’autres pays européens ont opté pour des trajectoires différentes. Si les approches varient d’un pays à l’autre, quatre grandes stratégies se dessinent : des allègements fiscaux sur les carburants, des mécanismes de plafonnement des prix ou des marges, des aides ciblées vers les ménages et les entreprises, et une réponse plus large à l’inflation.

Des allègements fiscaux pour faire baisser le prix à la pompe

L’Allemagne, parmi les pays les plus touchés

L’Allemagne figure parmi les pays les plus durement touchés par la hausse des prix à la pompe. Le gouvernement fédéral du chancelier Friedrich Merz a annoncé, le 17 septembre, un allègement fiscal temporaire. À partir du 1er octobre et jusqu’à la fin de l’année, la taxe sur l’énergie sera abaissée de 14 centimes par litre d’essence et de diesel.

Berlin mènerait par ailleurs des discussions avec l’industrie pétrolière pour plafonner le prix du carburant à la pompe, sur le modèle de la Belgique ou du Luxembourg.

L’Italie : une baisse progressive des taxes, remplacée par un chèque

Dès le mois de mars, le gouvernement de Giorgia Meloni a abaissé de 17 centimes par litre la taxe d’accise sur les carburants afin de ralentir, voire d’enrayer la hausse des prix. Si la mesure a probablement amorti le choc, elle n’a pas empêché les prix d’augmenter de 44 centimes (+ 26 %) par rapport à la période précédant la guerre au Moyen-Orient.

Depuis le 18 septembre, Rome a revu sa copie : l’allègement a été ramené de 17 à 12 centimes entre le 18 et le 25 septembre, puis passera à 6,1 centimes jusqu’au 5 octobre, avant d’être supprimé. À la place, le gouvernement envisage un mécanisme plus ciblé : un chèque de 150 euros destiné aux salariés et travailleurs indépendants modestes.

L’Espagne mobilise cinq milliards d’euros

Le gouvernement de Pedro Sánchez a d’abord réduit la TVA sur les carburants, la faisant passer de 21 % à 10 %, soit environ 30 centimes de moins par litre. Au 14 septembre, l’essence s’affichait en moyenne à 1,87 euro le litre et le diesel à 1,83 euro.

Face à l’insuffisance de cette seule mesure, Madrid a ensuite entrepris de réduire puis de supprimer progressivement la taxe sur les hydrocarbures : 15 centimes par litre en juillet, 10 en août, 5 en septembre, avant une suppression complète en octobre. Au total, les mesures annoncées par le gouvernement pour lutter contre l’inflation devraient coûter plus de cinq milliards d’euros en comptant les initiatives prises depuis mars 2026.

Le Portugal mise sur une baisse de taxe et des aides sociales

Bénéficiant d’une situation budgétaire confortable sans aucun déficit public prévu, le Portugal a baissé sa taxe sur les produits pétroliers de 7,55 centimes par litre de diesel. Le gouvernement a également annoncé une aide de 100 à 200 euros destinée aux retraités en fonction de leurs revenus, ainsi qu’une baisse de l’impôt sur le revenu.

L’ensemble représente un coût estimé à 800 millions d’euros, auquel s’ajoutent 38 millions d’euros d’aides pour le secteur des transports.

Les pays baltes ajustent leurs droits d’accises

L‘Estonie a renoncé aux hausses de droits d’accises initialement prévues sur les carburants, le gaz naturel et l’électricité. La Lituanie, de son côté, prolonge jusqu’à la fin de l’année la réduction des droits d’accises sur le diesel.

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Plafonner les prix et encadrer les marges

La Belgique, un plafond hérité du premier choc pétrolier

Depuis le premier choc pétrolier (1973-1974), la Belgique dispose d’un mécanisme de plafonnement du prix des produits pétroliers, qui couvre aussi bien les carburants (essence et diesel) que les combustibles liquides. Le prix maximum de vente en station-service est fixé tous les trois ans par un accord conclu entre l’État et la Fédération Energia, qui représente les principales compagnies pétrolières du pays, avec reconduction tacite en l’absence de nouvelle négociation.

L’objectif est double : garantir l’approvisionnement du pays et lutter contre la volatilité des prix à la pompe. Le plafond reste toutefois révisable à la hausse. Si l’un des indicateurs de calcul augmente comme le coût du raffinage ou la marge brute maximale des distributeurs, des avenants peuvent être ajoutés à l’accord initial.

Depuis le 23 septembre, le prix plafond du diesel est fixé à 2,501 euros le litre, un niveau historiquement haut, alors qu’en France le litre s’établissait en moyenne à 2,348 euros au 22 septembre.

La Slovaquie et la Grèce encadrent les marges du secteur

La Slovaquie plafonne les marges sur les prix à la pompe. La Grèce est allée plus loin en plafonnant les marges des raffineurs comme celles des stations-service.

La Pologne veut taxer les superprofits des pétroliers

Immédiatement après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, Varsovie avait baissé la TVA sur les carburants de 23 % à 8 %, réduit les accises et plafonné le prix du litre. Des mesures arrivées à échéance à la fin de l’été.

Le gouvernement envisage désormais de taxer à 60 % les superprofits du secteur pétrolier : les 922 millions d’euros ainsi collectés seraient réaffectés à des baisses ciblées à la pompe. Cette initiative se heurte toutefois au veto présidentiel.

Au-delà du carburant : une réponse à l’inflation

L’Autriche, une approche plus globale

Là où la plupart de ses voisins concentrent leurs efforts sur les prix des carburants, l’Autriche mène une politique plus globale contre la hausse des prix, ciblant aussi l’inflation alimentaire.

Depuis le 2 avril 2026, Vienne réduit sa taxation sur les produits pétroliers en fonction du surplus de TVA généré par la hausse des prix des carburants. La mesure, dont le montant varie avec les prix, est reconduite chaque mois. Le pays a également plafonné les marges des entreprises du secteur.

Dans le cadre de sa lutte contre l’inflation, l’Autriche a par ailleurs réduit pour 2026 sa taxe sur l’électricité, permettant aux ménages d’économiser jusqu’à 50 euros, et baissé la TVA sur les produits alimentaires de base (pain, sel, pâtes, farine de blé, lait, œufs, yaourts). Les produits transformés et la viande ne sont pas concernés par cette baisse de la TVA.

Sécuriser l’approvisionnement

La Bulgarie anticipe les pénuries

La Bulgarie exerce une surveillance constante de ses stocks de carburants afin d’anticiper les risques de pénurie et de prendre les mesures nécessaires en amont. En outre, si les prix franchissent un certain seuil, le gouvernement accorde une aide financière aux particuliers à faibles revenus détenteurs d’une voiture thermique.

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