Be-U : le secret de l’employabilité des étudiants de KEDGE Be-U : le secret de l’employabilité des étudiants de KEDGE
En 2004, KEDGE Business School a lancé Be-U, une initiative transverse et professionnalisante qui irrigue les programmes de l’école et notamment le PGE. Zoom... Be-U : le secret de l’employabilité des étudiants de KEDGE

En 2004, KEDGE Business School a lancé Be-U, une initiative transverse et professionnalisante qui irrigue les programmes de l’école et notamment le PGE. Zoom sur un projet qui booste l’employabilité des jeunes Kedgeurs avec Marion Depont, responsable de l’employabilité, des relations recruteurs et de Be-U.

 

Comment décrire Be-U ?

C’est un dispositif transversal de l’école impliquant le Career Center, qui va accompagner les étudiants sur le développement de leur projet professionnel, le département Learning by Doing, qui pilote les associations et la pédagogie proact, et les programmes, comme le PGE. L’objectif est d’accompagner les étudiants dans la construction de leur parcours académique et professionnel en développant et en valorisant les soft-skills. Autotal, cinquante coachs et tuteurs sont déployés pour ce dispositif.

 

Pourquoi insister sur les soft-skills ?

Dans un monde en complète mutation, avec des métiers qui se transforment, nous sommes confrontés à une rapide obsolescence des hard skills. Les compétences, comme la capacité à apprendre, à être agile, à travailler en équipe, à s’adapter, sont très recherchées par les recruteurs. Ils accordent autant d’importance aux soft skills qu’aux hard skills, au moment de la sélection de futurs collaborateurs et même dans la progression de leur carrière.

 

Comment Be-U se traduit concrètement pour les étudiants ?

La première brique est le Career Center qui intervient dès la première année en proposant des ateliers obligatoires aux étudiants, leur permettant de travailler sur la connaissance de soi. En effet, pour élaborer son projet professionnel, il est important d’en savoir plus sur ses ambitions, ses valeurs, ses appétences, ses compétences et ses motivations. Tout au long de leur cursus, ils peuvent également bénéficier de coaching individualisé avec des simulations d’entretien ou des exercices sur la confiance en soi. Nous les faisons aussi travailler sur leur capacité à valoriser leur parcours et leur personnalité auprès des recruteurs. Cela passe également par la mise en place d’une plateforme dans le cadre de Be-U.

 

Une plateforme ?

Il s’agit d’un LinkedIn augmenté sur lequel les étudiants de l’école peuvent mettre en avant leurs réalisations de façon concrète. Notre plateforme se base sur la méthode CAR (contexte, action, réalisation), appréciée des recruteurs. Il y a également une labellisation des étudiants à travers leurs proacts qui permet de mettre en avant les soft skills qu’ils ont développées. Pour construire cette plateforme, mais aussi le référentiel des compétences à avoir, nous avons travaillé avec des professeurs, des recruteurs, des coaches… En trois ans, nous avons créé une plateforme personnalisée pour l’étudiant qui lui permet d’identifier les compétences à améliorer et les actions à réaliser pour progresser. Ce dispositif de KEDGE plaît aux entreprises et plusieurs d’entre elles se sont associées à ce projet comme P&G (Procter and Gamble) ou L’Oréal.

 

Quelles autres briques composent Be-U ?

Il s’agit du département Learning by Doing qui, à travers les proacts, permet de positionner les étudiants comme de véritables entrepreneurs. Les proacts sont des projets proposés par les élèves qui seront réalisés en équipe, durant six mois, sur divers sujets. Il y a le proact Terre (humanitaire, RSE, développement durable, égalité des chances), le proact Événement (festival, concours de négociation, salon de la finance, etc.), le proact pour une entreprise ou le proact nomade, un projet mené à l’étranger qui permet de valider l’expérience internationale. Une bonne partie de nos étudiants réalisent leurs initiatives dans le cadre d’associations puisque nous avons une vie associative très riche. Nous leur permettons d’ailleurs de poursuivre en césure de M1 avec le parcours management associatif qui leur donne la possibilité d’être accompagnés via des ateliers de gestion des conflits ou de design thinking, d’être un véritable entrepreneur de leur asso. Le proact doit être source d’apprentissage et de développement de compétences.

 

Be-U, c’est aussi un dispositif diplômant ?

Les étudiants doivent réaliser deux proacts durant leur scolarité et assister aux ateliers du Career Center qui délivrent des crédits ECTS. À la fin de leur M2, l’ultime étape est la soutenance Be-U. Il s’agit d’un pitch où l’étudiant présente son parcours, ses compétences, ses traits de personnalité devant un jury composé d’un coach de l’école et d’un représentant du monde de l’entreprise. C’est une sorte de diagnostic de son employabilité. Nous réalisons ensuite un feedback et, si nous sentons qu’il n’est pas prêt, nous le coachons durant l’été !

 

Quel est l’ impact de Be-U sur les étudiants et les entreprises ?

Du côté des élèves, nous mesurons un très bon taux de satisfaction. Selon nos enquêtes annuelles, 91% des étudiants sont satisfaits du parcours management associatif, 98% sont contents du coaching et 85% de nos élèves apprécient les autres actions mises en place par le Career Center. À la fin de leurs études, 89% des étudiants estiment que le dispositif leur a permis de mieux travailler en équipe et d’avoir développé des compétences managériales et de leadership.

Du côté des entreprises, nous observons que trois qualités ressortent chez nos étudiants et diplômés : l’ouverture, la capacité à collaborer et l’agilité. Nos enquêtes insertion montrent que 75% des alumni de l’école priorisent le contenu de la mission dans le choix d’un premier emploi contre environ 60% pour le reste des écoles de la CGE. Ce résultat est rendu possible par notre approche qui les pousse à trouver un métier en adéquation avec leurs valeurs.

 

Le témoignage de Martin Le Quinquis, étudiant en M1, option International Business & Geostrategy

Peux-tu revenir sur ton premier proact ?

Avant d’arriver à l’école, j’avais fait des maraudes sociales à Lyon et ça m’avait beaucoup plu. C’est une expérience humaine très riche. Les échanges avec les sans-abris ont un réel impact et je n’avais qu’une envie : mettre en place ce dispositif à KEDGE. J’ai donc créé l’association de maraude sociale de l’école avec quatre amis, Les Kollect’gers. Nous voulions répondre à quatre objectifs :

  • Apporter une aide alimentaire aux sans-abris
  • Apporter un soutien moral
  • Réduire le gaspillage alimentaire. Nous récoltions les invendus du jour pour les redistribuer aux sans-abris
  • Sensibiliser les Kedgers sur ce sujet

Le projet a très bien marché. En un an, nous avons réussi à intégrer notre association dans le système associatif de KEDGE. Notre initiative a même été élue meilleure initiative de l’année dans la catégorie Terre !

 

Tu as également mené un deuxième proact ?

En parallèle des Kollect’gers, je me suis engagé dans l’association solidaire de l’école, Solid’Earth qui propose 11 projets de solidarité locaux ou internationaux. Pour mon second proact, j’ai choisi Entrepren’Asia, un projet qui devait permettre de fournir un système d’approvisionnement en eau potable au Vietnam. Malheureusement, avec la COVID, cela n’a pas pu se faire.

 

Selon toi, quels sont les avantages de Be-U ?

Ce dispositif te permet d’écrire ta propre histoire et de mettre en œuvre tes rêves. Be-U te construit personnellement, tu prépares ton futur en vivant une expérience forte qui te donne la possibilité de travailler ton employabilité. J’ai vu la création de mon association comme de l’entrepreneuriat. C’était très formateur. C’est un dispositif très exigeant, mais qui nous permet de nous construire en tant qu’étudiant et en tant qu’être humain.

 

Comment Be-U t’a-t-il aidé pour tes recherches de stage ?

Les entreprises veulent du concret lors des entretiens. Elles cherchent à savoir comment nous travaillons, surtout en équipe. Grâce à Be-U, j’ai pu donner des exemples très concrets de mes réalisations et de mes résultats. J’ai pu démontrer de façon tangible mon goût pour la performance, mais aussi mes capacités à être organisé, créatif ou à savoir faire preuve de leadership. Be-U aide les étudiants à illustrer et prouver les compétences acquises durant leurs études. Cela nous permet d’être plus armés face aux recruteurs et de faire la différence par rapport aux autres candidats.

Maximilien Arengi