Quand la construction de son projet pro passe par le jeu Quand la construction de son projet pro passe par le jeu
L’EM Strasbourg Business School a toujours placé le développement de l’étudiant au cœur de sa pédagogie. Et, ces dernières années, ce phénomène s’est considérablement... Quand la construction de son projet pro passe par le jeu

L’EM Strasbourg Business School a toujours placé le développement de l’étudiant au cœur de sa pédagogie. Et, ces dernières années, ce phénomène s’est considérablement accéléré avec la création de dispositifs immersifs mêlant jeu, sport et construction du projet professionnel. Pauline Govart pilote le Cap Career, le centre dédié au développement des élèves de l’école strasbourgeoise. Elle nous en dit plus sur la manière dont l’école accompagne ses étudiants tout au long de l’année.

 

L’EM Strasbourg mise énormément sur la diversité. Pourquoi est-ce si important pour vous ?

EM Strasbourg

Pauline Govart © EM Strasbourg

C’est l’un des grands atouts de l’école. Notre ambition est d’ouvrir l’enseignement supérieur au plus grand nombre. Nous accueillons chaque année 30% d’étudiants boursiers, un public qui n’a pas baigné dans un environnement où tout était facile. Il est très agréable de travailler avec ces élèves qui sont très motivés et acteurs de leur parcours. Ils savent pourquoi ils sont là et vont s’impliquer dans leur formation. Notre travail est de donner à tous nos étudiants les codes pour réussir en entreprise et les élèves boursiers sont ceux qui n’hésitent pas à profiter au maximum de notre accompagnement.

 

Justement, vous accompagnez les étudiants toute l’année avec le Cap Career. Quel est son rôle ?

C’est un service carrière à part dans le paysage des business schools. Notre force ? Nous sommes pleinement intégrés dans le cursus des étudiants en Bachelor et PGE, de manière obligatoire et sur chaque année du programme. Nous les suivons tout au long de leur formation et nous construisons une vraie relation avec eux. Nous les connaissons individuellement, un peu comme un médecin de famille.

C’est aussi une matière à part entière. Nous délivrons des notes pour voir s’ils valident les objectifs pédagogiques qui sont définis en amont. Notre objectif n’est pas juste de les mettre en relation avec des professionnels, mais d’évaluer leurs soft-skills, leur capacité à évoluer dans un nouvel environnement et à s’adapter. Je ne suis pas intéressée par la simple idée de faire d’eux de bons candidats aux entretiens. Le vrai service à leur rendre, c’est de leur permettre de comprendre qui ils sont ou comment ils fonctionnent.

 

Comment cela se traduit-il concrètement pour les étudiants de l’EM Strasbourg ?

Nous passons par la mise en place de jeux immersifs pour qu’ils puissent déceler leurs points forts et leurs points faibles. Nous ne cherchons pas à modifier leur personnalité, mais à provoquer une prise de conscience qui va générer chez eux un besoin d’être accompagné. Ils vont mieux comprendre ce qu’ils peuvent faire et solliciteront ainsi l’aide des coachs de l’école.

La première partie du processus se fait via du semi-individuel. Durant des sessions de jeu, nous divisons les promotions en 16 groupes de 30 étudiants et un coach va étudier chaque membre de l’équipe pour observer les dynamiques qui se dessinent entre eux. Ensuite il y a un coaching-débriefing.
Ils profitent ensuite de notre suivi personnalisé et réalisent des rendez-vous en one-to-one. C’est là que nous les aidons à développer leur potentiel.

 

Parmi les dispositifs proposés à l’EM Strasbourg, on retrouve les Winter Games et les EM Kitchen’s. Pouvez-vous nous en dire plus sur les atouts de ces jeux ?

Nous donnons les bases à nos étudiants pour affronter le monde professionnel : rédaction de CV et de lettre de motivation, négociation salariale, etc. Mais nous insistons également sur les soft-skills. Les étudiants apprennent mieux en faisant que dans une salle de classe. Nous avons donc opté pour le learning by doing, via des dispositifs immersifs. Ils vont construire leur comportement professionnel à travers des jeux où ils font du sport ou de la cuisine. Il est facile de dresser des parallèles entre les deux situations. Quand une équipe de dix doit préparer deux plats, il se pose des questions de gestion du temps, d’organisation, de planification, comme dans la gestion de projets. C’est aussi du collectif, une dimension que l’on retrouve dans les entreprises.

 

Ces dispositifs sont malheureusement annulés cette année. Qu’allez-vous proposer ?

Nous nous sommes dit que nous allions profiter de cette opportunité pour nous interroger sur l’expérience que nous offrons aux étudiants et sur la manière dont nous voulons les préparer à évoluer dans un environnement professionnel plus digitalisé et à tous les enjeux que cela suppose : qualité de prestation, relations, maîtrise des outils, etc.

Nous allons donc proposer des dispositifs qui vont permettre aux étudiants d’être plus autonomes et acteurs de leur projet professionnel. Au début de l’année, nous définissons des réalisations que nous vérifions chaque semestre via une présentation orale pour comprendre comment ils ont œuvré pour construire leur projet professionnel.

Concrètement, en première année, ils doivent rencontrer trois professionnels et établir leur fiche-métier, puis faire un CV. Ils devront alors se projeter eux-mêmes dans ces métiers qu’ils souhaiteraient exercer plus tard avant de nous expliquer pourquoi ils ont choisi telle spécialisation pour leur deuxième année.
Nous allons également réfléchir à la mise en place de formats ludiques pour rythmer l’année, comme des escape games digitaux.

 

EM Strasbourg propose également un autre dispositif d’accompagnement des étudiants : Career+. Qu’est-ce que c’est ?

Nous nous sommes rendu compte que nous étions très sollicités à partir de la diplomation. Les étudiants se retrouvent dans le vif du sujet, avec de vrais besoins et nous ne pouvions pas leur dire : vous ne pouvez plus bénéficier de nos services ! Nous ne voulons pas les lâcher dans la nature.

C’est pourquoi nous avons mis en place Career+ qui accompagne les diplômés dans les cinq premières années de leur vie professionnelle où ils sont confrontés à leurs limites, développent leurs compétences et vivent leurs premières évolutions. Ils ont à leur disposition des plateformes pour bénéficier d’outils professionnels et peuvent accéder à des ateliers thématiques pour refaire leur CV ou préparer leur pitch, ainsi qu’à des heures de coaching gratuites.

La plus-value d’une école réside aussi dans le service rendu aux étudiants. Favoriser son insertion, c’est faire de lui un bon ambassadeur qui voudra s’engager plus tard.

 

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Maximilien Arengi