réfugiés vénézuéliens

Les réfugiés vénézuéliens fuient leur pays suite à la crise politique et économique. En novembre 2025, on comptait un peu moins de 7 millions d’exilés. Cela représente environ 30% de la population. Cependant, ce nombre est sous-estimé car on ne comptabilise pas les réfugiés en situation irrégulière. La crise migratoire vénézuélienne est la deuxième plus importante après la crise syrienne. C’est aussi le déplacement de population le plus massif de l’histoire récente de l’Amérique Latine. Nous t’expliquons donc dans cet article les raisons des déplacements, l’aide et les conditions de vie de la diaspora vénézuélienne. Nous évoquerons aussi un possible retour des Vénézuéliens dans leur pays d’origine.

Raisons de la vague migratoire et caractéristiques des réfugiés

Pourquoi les vénézuéliens fuient-ils leur pays ?

La crise existe depuis les années 2000 avec l’ascension au pouvoir de Hugo Chávez puis l’arrivée de Nicolas Maduro. Les vénézuéliens fuient leur pays à cause d’une économie à la dérive, d’une crise politique permanente, d’une violence généralisée et d‘insécurité et de pénuries de nourriture et de médicaments dans le pays. En 2013, la mort d’Hugo Chávez conduit à l’arrivée au pouvoir de N. Maduro, et avec lui une détérioration des conditions de vie et de la répression.

Sous le gouvernement de Maduro, le pays perd 28% de son poids économique de 2013, 87% de la population vit sous le seuil de pauvreté et une hyperinflation s’installe, atteignant 130,06% en 2018.

Si tu veux approfondir tes connaissances sur la crise vénézuélienne, tu peux lire cet article, ou celui-là.

Quelles sont les caractéristiques de réfugiés ?

Différentes classes sociales partent du pays. La plupart des personnes qui arrivent dans les pays voisins sont des familles avec des enfants, des femmes enceintes, des personnes âgées et des personnes en situation de handicap. Seuls les classes les plus aisées s’envolent pour les Etats-Unis ou l’Espagne.

Au début des années 2000, ce sont d’abord les classes fortunées et des professionnels hautement qualifiés qui quittent leur pays et qui vont davantage vers les Etats-Unis. Puis jusqu’en 2010, ce sont les élites qui se déplacent.

Ensuite, de 2014 à 2015, ce sont les élites moyennes et aisées. Ces réfugiés ont une reconnaissance de leur diplôme dans leur pays d’accueil. En 2015, l’aggravation de la crise économique entraine une augmentation des départs de vénézuéliens de classes intermédiaires et basses, peu diplômés, peu qualifiés et sans épargne. Les classes populaires s’intègrent par le bas. Les déplacés commencent par laver les vitres de voitures sur les routes, vendre des fruits et légumes dans la rue ou font des livraisons.

À partir de 2017, on voit une paupérisation des réfugiés. Ce sont majoritairement des classes populaires qui fuient le Venezuela.

Conditions de trajet et pays d’accueil

Conditions de déplacement des réfugiés vénézuéliens

De nombreux réfugiés doivent traverser la jungle du Darién pour rejoindre leur pays d’accueil. De plus, les réfugiés trouvent sur leur passage des cadavres, de mauvaises conditions mais aussi des passeurs qui profitent de la situation pour s’enrichir.

Le voyage pour arriver jusqu’au pays ciblé n’est pas toujours facile. Voici le témoignage d’une vénézuélienne en Équateur (Ana, article complet) :

« Nous avons marché 11 jours et nous avons dû dormir en plein air. Nous sommes partis parce qu’ils menaçaient de nous tuer. Mon frère a été tué… J’ai failli être tuée moi aussi. »

Pays d’accueil

Les Vénézuéliens sont accueillis principalement en Amérique latine. La Colombie (3 millions de réfugiés), le Pérou, le Brésil, l’Équateur et le Chili sont les cinq pays qui accueillent le plus. Le Chili a reçu 669 000 migrants légalement et on estime à 250 000 le nombre de vénézuéliens arrivés illégalement. Les Caraïbes accueillent aussi des Vénézuéliens demandant l’asile.

Les États-Unis et l’Espagne reçoivent aussi des Vénézuéliens. Ce sont les classes les plus fortunées qui s’y rendent, et ils sont moins nombreux.

Diaspora vénézuélienne

Leur reconnaissance ou non de leur statut de réfugié est une question politique pour les présidents d’Amérique latine. Par exemple, le Brésil et le Mexique les reconnaissent comme réfugiés.

On remarque qu’en Espagne et en Europe, les réfugiés prêtent davantage attention à la question politique. Ils ont plus de temps pour “penser” politique et revendiquer leurs idées concernant la politique vénézuélienne bien qu’ils ne soient pas dans leur pays. En Espagne et dans les autres pays européens, on retrouve davantage les droites vénézuéliennes.

De plus, on constate énormément de demandes en Espagne : 93% des demandes d’asile de ressortissants vénézuéliens en Europe se font en Espagne. En Europe, c’est la Convention de Genève qui œuvre dans le droit humanitaire. De plus, tous les déplacés vénézuéliens ne sont pas reconnus comme réfugiés dans les pays d’accueil.

Organisation des pays d’accueil

Les pays d’Amérique latine qui accueillent la diaspora vénézuélienne demandent de l’aide à leurs voisins car ils sont saturés. Ils ont besoin d’un financement accru. Par exemple, le Pérou instaure des visas pour limiter l’afflux de réfugiés. La Colombie renforce sa sécurité à la frontière avec le Venezuela : est-ce qu’elle redoute une nouvelle vague de réfugiés et donc cherche à régulariser les venues ? La politique d’accueil des vénézuéliens comprend la création du permis temporaire de protection. Cela montre que le pays cherche à limiter la diaspora vénézuélienne à rester à court terme et non à long terme. De plus, lorsque la gauche est arrivée en Colombie, les entrées des réfugiés ont été mises en attente. Il n’y avait plus de système de régularisation car le gouvernement colombien de Duque voulait se rapprocher du Venezuela. Enfin, au Mexique, les conditions d’entrée ont été durcies.

Le processus de Quito est un élément essentiel dans la coordination des pays d’Amérique latine pour accueillir les réfugiés vénézuéliens. Fondé en septembre 2018, il regroupe 15 pays d’Amérique latine. Son objectif est d’échanger des informations et d’articuler la coordination régionale de la crise migratoire vénézuélienne. Elle comprend aussi une coopération financière internationale et une articulation avec les organismes internationaux.

Aides et conditions de vie

Conditions de vie des réfugiés vénézuéliens

En avril 2026, il y aurait 4 millions de vénézuéliens ayant fui leur pays et étant dans le besoin. La plupart n’ont pas de moyens de subsistance stables, ce qui les empêche de s’intégrer complètement dans leur pays d’accueil et de contribuer aux communautés d’accueil. Une grande majorité vit dans la précarité : la moitié ne peut pas s’offrir trois repas par jour et n’a pas accès à un logement sûr et digne. Ainsi, pour se procurer de la nourriture ou éviter de se retrouver sans abri, de nombreuses personnes se prostituent, mendient ou s’endettent. Les classes moyennes aident les réfugiés de classes populaires pour leur installation et leur apportent une aide d’urgence.

En Colombie, une majorité de la diaspora travaille dans le marché informel ou est au chômage. Elle fait face à du dumping social, notamment pendant et après la crise du Covid-19. Cependant, ces conditions de travail sont avantageuses pour les réfugiés: ils restent dans leur pays d’accueil et ne retournent pas forcément au Venezuela car l’accès à un emploi et à des revenus leur permet une certaine stabilité.

Cependant, à cause de la pandémie du Covid-19, malgré la difficulté à regagner leur pays après s’en être éloignés, certains retournent au Venezuela par contrainte.

Discriminations des réfugiés vénézuéliens

Par ailleurs, les migrants vénézuéliens font face à des discriminations et à des cas de xénophobie. Au Chili, par exemple, des manifestations contre les réfugiés, soutenues par le président Kast, ont eu lieu. Des cas de violences ont aussi été remarqués. Ils peuvent aussi être victimes de mauvais traitements tels que la traite d’êtres humains, le recrutement forcé et la violence fondée sur le genre. Ils risquent l’expulsion, l’exploitation et des problèmes de protection. En effet, plus de 60% des réfugiés et des migrants vénézuéliens ont des papiers, mais cela n’est pas suffisant pour qu’ils aient accès aux droits fondamentaux.

Enfin, un rapport de 2023 de l’OIM et du HCR (Organisation Internationale pour les Migrants) indique qu’environ 19% des enfants réfugiés et des migrants ne vont pas à l’école car ils aident leur famille en occupant des emplois informels et sous-payés. À cela s’ajoutent des problèmes dans les services éducatifs qui nuisent à l’accès à l’éducation.

Un retour des réfugiés vénézuéliens après l’arrestation de N. Maduro ?

Conséquences de l’arrestation de N. Maduro sur la diaspora vénézuélienne

1/3 des réfugiés envisagerait le retour suite à l’arrestation de N. Maduro. Leur principale motivation est le regroupement familial, selon le HCR (Haut Commissariat des Réfugiés). Cependant, il faut pour cela que la situation socio-économique et politique s’améliore. 2/3 n’ont pas l’intention de rentrer étant donné les conditions. Certains ont essayé, or ils ont été arrêtés à leur arrivée au Venezuela, quand ils sont partis du Chili, suite à l’arrestation du président vénézuélien. Les principaux obstacles à un retour dans leur pays pour ces migrants sont le chômage, la précarité des revenus, les violences et insécurités générales. On retrouve aussi la sécurité alimentaire, le manque d’accès aux soins médicaux et la victimisation personnelle. En effet, l’accès à l’emploi et à une source de revenus dans leur pays d’accueil est le principal facteur influençant la volonté de rentrer ou non, généralement favorable à un non-retour dans leur pays d’origine.

Cependant, le chavisme est toujours au Venezuela, même si N. Maduro a été remplacé par Dolci Rodriguez depuis l’arrestation menée par D. Trump. Peu de migrants sont retournés dans leur pays, malgré le programme mis en place par Maduro : le “Programme de retour à la patrie“, incitant les vénézuéliens à rentrer.

Pour en savoir plus sur les enjeux de la victoire de N. Maduro : Victoire de Nicolás Maduro : quels enjeux pour le Venezuela et la région ?

Conclusion

Pour conclure, en étant l’une des plus grandes au monde, la diaspora vénézuélienne fait face à de multiples difficultés. Les pays voisins du Venezuela accueillent les réfugiés, même si les inégalités persistent entre les classes les plus aisées et les plus précaires. Enfin, malgré l’arrestation de Maduro, aucun retour massif n’a été remarqué. Cela laisse penser que cet évènement, qui dure depuis le début du siècle, risque de se prolonger encore quelques années, avant qu’un changement massif ait lieu dans le pays du chavisme.