États-nations et frontières dans un monde globalisé États-nations et frontières dans un monde globalisé
« Le nationalisme est une maladie infantile. C’est la rougeole de l’humanité ». Albert Einstein trouverait sûrement le monde un peu malade en 2019, où le... États-nations et frontières dans un monde globalisé

« Le nationalisme est une maladie infantile. C’est la rougeole de l’humanité ». Albert Einstein trouverait sûrement le monde un peu malade en 2019, où le nationalisme est redevenu plus qu’une tendance. De façon plus large, le concept d’État-nation et les frontières sont au cœur de très nombreux débats actuels.

En effet, plusieurs phénomènes (tous reliés de loin ou de près à la mondialisation) contribuent à atténuer le poids de l’État-nation. Les contestations face à cette atténuation se font alors de plus en plus fortes et nombreuses. Mais finalement, quelles sont les perspectives d’une planète complètement unifiée ?

Si l’UE est toujours considérée comme l’union régionale pionnière et la plus aboutie, d’autres ont suivi un peu partout sur le globe. L’ALENA (désormais AEUMC), la SAARC, le MERCOSUR… Le but premier est souvent économique : tendre progressivement vers une libre-circulation afin de faciliter les échanges. Mais il peut vite devenir politique, à travers des coopérations en matière de défense (l’ASEAN avec l’ADMM) ou d’immigration (agence Frontex pour l’UE). Ainsi, la souveraineté même de l’État-nation est partiellement remise en cause au profit d’une souveraineté à plus grande échelle, mais partagée.

Les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) remettent également en cause la souveraineté sur un territoire. Les États-nations auront terriblement de mal à contrôler ces flux qui participent par exemple au démantèlement d’une culture nationale unifiée. C’est également l’émergence d’une culture monde qui menace cette identité nationale. L’anglais comme langue officielle dans 75 pays et McDonald’s implanté dans 120 pays : l’American way of life séduit depuis de nombreuses années et est très fortement ancré dans la culture urbaine.

Face à cela, la contestation se fait de plus en plus forte. Certaines frontières, limites à la fois physiques et imaginaires de l’État-nation, sont renforcées, du projet de mur de Donald Trump contre l’immigration d’Amérique centrale à la frontière indo-pakistanaise. Cette contestation s’observe également dans les urnes. Brexit, Erdogan, Salvini, Bolsonaro, Trump : les électeurs sont séduits par des programmes qui mettent en avant l’intérêt national. Et s’il serait maladroit de ranger tous ces noms dans une même catégorie politique, ils ont en revanche bien ce point en commun.

Quant aux NTIC, certains États font de la résistance grâce à un contrôle voire à une censure d’internet. La Chine, l’Iran ou encore le Pakistan ont par exemple bloqué tout accès à Facebook.

Mais l’idée d’une planète entièrement unifiée est-elle réalisable ? Si l’on voit mal comment le concept d’État-nation pourrait totalement disparaître, l’inverse semble également peu probable. En effet, il sera très difficile pour ces derniers de lutter contre l’interdépendance croissante des économies et la multiplication des acteurs financiers et économiques. L’interconnexion grandissante des espaces (avec le projet OBOR, par exemple) démontre aussi qu’un isolationnisme total est quasi impossible.

Pourtant, des limites à cette unification doivent être trouvées. Pour protéger la culture et l’identité pour certains, mais surtout concernant l’environnement, pour tous. L’intensification des échanges entraîne une pollution massive. Le concept de « jour du dépassement* » (le 1er août en 2018) l’illustre bien.

Enfin, concernant les frontières, les enjeux liés sont trop importants pour qu’elles s’effacent entièrement. Les ressources maritimes entraînent par exemple un nouveau type de conflit frontalier en mer de Chine. Japonais, Chinois, Vietnamiens, Taïwanais, Malaisiens ou encore Philippins revendiquent différentes îles et archipels.

 

La carte

 

Conclusion

Un sujet sur l’État-nation et les frontières serait à la fois très large et restreint. Il serait en tout cas assez transversal et permettrait de se différencier à travers des exemples variés. La mondialisation est bien sûr un chapitre clé pour ce type de sujet. Mais de bonnes connaissances régionales permettront de faire des liens intéressants et de s’appuyer sur des exemples.

 

* Jour de l’année où l’humanité a dépensé l’ensemble des ressources que la Terre peut régénérer en un an.

 

Sources :

https://www.consoglobe.com/pays-du-monde-sans-mcdonald-s-cg

https://usbeketrica.com/article/technologie-nation-identites-globalisation

https://admm.asean.org/index.php/about-admm/about-admm-plus.html

Samuel Durand

20 ans, étudiant en première année à GEM après deux années de classe préparatoire ECS au lycée Camille Vernet de Valence.