Géopolitique du Proche et Moyen-Orient Géopolitique du Proche et Moyen-Orient
Mise en contexte Retrait annoncé des troupes américaines de Syrie, affaire Khashoggi, retour des sanctions américaines contre l’Iran : les exemples de faits d’actualité au... Géopolitique du Proche et Moyen-Orient

Mise en contexte

Retrait annoncé des troupes américaines de Syrie, affaire Khashoggi, retour des sanctions américaines contre l’Iran : les exemples de faits d’actualité au Proche et Moyen-Orient ne manquent pas.
Si l’on s’intéresse alors de façon assez large à la géopolitique de la région, trois éléments ressortent rapidement. Tout d’abord, le fait que cet espace soit à la fois riche en ressources (hydrocarbures), central et connecté au monde. Ensuite, que cette richesse des sols ne l’empêche pas d’être très inégalitaire, mais aussi instable avec de nombreux conflits. Et enfin que c’est un espace où les tensions et les ingérences sont nombreuses.

Une autre composante est essentielle dans la région : la diversité ethnique et religieuse. Malheureusement, on ne peut pas tout mettre sur une carte, il faut donc faire des choix !

 

La région est en effet très riche en hydrocarbures, elle contient une grande partie des réserves mondiales. Les pays du Golfe en possèdent notamment une bonne partie. Ce qui leur permet de s’appuyer sur des fonds souverains très puissants (celui d’Abu Dhabi est estimé à près de 800 milliards de dollars). De plus, la région est centrale, elle relie à la fois l’Europe et l’Asie, mais aussi l’Afrique et le Caucase. Et ses infrastructures sont à la hauteur : détroits, ports, aéroports. La région compte quelques villes touristiques de longue date grâce à leur rapport à la religion (La Mecque, Jérusalem), mais aussi de nouvelles villes qui attirent de plus en plus d’étrangers à l’image de Dubaï, quatrième ville la plus visitée en 2017 (14,87 millions de touristes).

Mais cette richesse ne concerne pas toute la région. En effet, certains pays comme l’Irak ou l’Égypte peinent à se développer réellement. D’autres comme le Yémen ou la Syrie, en guerre, sont de fait dans une situation alarmante. D’ailleurs, même au sein de ceux qui s’en sortent mieux, une hiérarchie se dégage. Israël, le Qatar et les Émirats arabes unis forment un peloton largement en tête.
À cela s’ajoutent des conflits. Ils sont récurrents dans la région depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale (guerre des Six Jours, guerre du Kippour, guerre Iran-Irak…). Ils ne sont bien sûr pas étrangers à la gravité de la situation en Syrie ou au Yémen. La menace terroriste, notamment via Daesh, vient s’ajouter à un climat instable. En effet, certaines questions sensibles ne trouvent visiblement pas de réponse. C’est notamment le cas du conflit israélo-palestinien ou de la volonté d’indépendance de certains peuples kurdes. Tout ceci entraîne de fortes migrations, aussi bien vers l’Europe qu’à l’intérieur de la région, accentuant parfois cette instabilité.

Le jeu des relations internationales est au cœur de la géopolitique de la région, et la tension est forte entre les acteurs. La forte rivalité opposant l’Arabie saoudite sunnite à l’Iran chiite est un des grands axes de tension. Cette rivalité a par exemple des influences supposées ou avérées sur les conflits syrien et yéménite. L’Arabie saoudite est également dans une position délicate à la suite de l’assassinat d’un de ses opposants (Jamal Khashoggi) au sein de son consulat en Turquie. Enfin, on ne saurait évoquer les relations internationales de la région sans parler de l’ingérence étrangère. Celle-ci a eu une forte influence au Proche et Moyen-Orient du début du XXe siècle à nos jours. Analyser les différentes influences est alors essentiel, et celle des États-Unis et de la Russie sont sans doute les meilleurs exemples. La position de Trump est délicate à cerner, il souhaite se retirer du conflit syrien mais a (symboliquement) pris part à celui entre Israël et la Palestine. Il reste en revanche intransigeant envers l’Iran quant aux sanctions portant sur le nucléaire. De l’autre côté, la stratégie de Poutine semble avoir fonctionné en Syrie avec l’alliance Syrie-Russie-Iran. Et il se pourrait bien que ce soit lui qui en récolte les fruits : la Russie sera-t-elle le prochain pilier de la région ?

 

La carte

 

Conclusion

Plusieurs précisions sont à apporter concernant ce sujet. Tout d’abord, la notion de Proche et Moyen-Orient est toujours délicate à traiter au niveau de ses limites. Se pose notamment la question de la Turquie ou de l’Afghanistan (ou de Chypre, du moins sa partie nord). J’ai choisi ici de mettre en avant la Turquie car elle est fortement impliquée dans les migrations ou encore dans le conflit syrien. Au-delà de ça, si elle ne fait pas partie du Proche et Moyen-Orient pour certains, elle est indéniablement une grosse transition entre cette région et l’Europe qu’il est essentiel d’aborder (mais peut-être plus comme un voisin ou une influence étrangère). De façon générale, il faudra faire attention à l’intitulé du sujet pour bien le cerner (Proche et Moyen-Orient, Mondes arabes…).

De plus, j’ai choisi un sujet très large (« Géopolitique du Proche et Moyen-Orient »). À vous de garder et d’approfondir certains éléments en fonction du sujet (plus porté sur les conflits ou bien sur le développement, par exemple). En rappelant encore une fois que la principale composante manquante de cette carte est celle des diversités ethnico-religieuses.

Pour conclure, George Corm résume une grande partie de la géopolitique du Proche et Moyen-Orient en évoquant les quatre malheurs de la région :

  • Le lieu de naissance des trois monothéismes ;
  • Un carrefour géographique convoité ;
  • Le plus grand réservoir d’énergie mondial ;
  • Le démantèlement de l’Empire ottoman.

Samuel Durand

20 ans, étudiant en première année à GEM après deux années de classe préparatoire ECS au lycée Camille Vernet de Valence.