Comprendre et penser le monde à l’aide de concepts – Territoire Comprendre et penser le monde à l’aide de concepts – Territoire
TERRITOIRE   Définitions :  L’espace terrestre correspond à la surface du globe soit 510 millions de km². On désigne donc par espace en général simplement... Comprendre et penser le monde à l’aide de concepts – Territoire

TERRITOIRE

 

Définitions :

 L’espace terrestre correspond à la surface du globe soit 510 millions de km². On désigne donc par espace en général simplement une portion de cette étendue que l’on peut limiter par un critère (espace américain, maritime etc.)

 

Toutes les sociétés produisent de l’espace organisé, ce que les géographes nomment l’espace géographique : espace à trois dimensions, altitude, longitude et latitude, où l’homme trouve ses ressources et agit. Il le met en valeur pour répondre à des objectifs fondamentaux : appropriation, habitat, échanges et communication, exploitation.

 

Le terme de territoire désigne cet espace géographique organisé. Historiquement, la notion est d’abord politique et juridique, désignant une étendue soumise à un Etat, une juridiction, un empire. Désormais, un territoire désigne tout espace terrestre aménagé et mis en valeur par l’action d’une communauté, d’une société définie en fonction de ses besoins, de ses valeurs. Attention, il ne se définit pas par des frontières mais par le fait que le groupe humain considère cette étendue comme sa propriété collective. Le territoire étudie  le rapport d’une société à un espace, c’est un terme au cœur de l’analyse géopolitique.

 

La notion d’espace vécu a été introduite par le géographe Armand Frémont au début des années 1970 dans l’ouvrage “La région, espace vécu” et a permis le développement d’une nouvelle approche, en faisant des individus les propres acteurs de leur géographie.  L’espace vécu intègre à la fois les distances, les complexités du paysage, et la perception de celles-ci par les individus. La notion de territoire implique nécessairement une dimension “vécue” : espaces de la vie quotidienne, espace proche, espaces de loisirs…

 

L’aménagement du territoire est une action publique volontaire et globale  visant à améliorer la performance (Roger Brunet) du territoire concerné dans le but de satisfaire les besoins des hommes qui l’occupent. Pour cela l’action publique s’efforce d’orienter, d’influer sur la répartition des populations, sur leurs activités, sur leurs équipements dans un espace donné et en tenant compte de choix politiques globaux. Fondamentalement, il s’agit d’une action reposant sur un principe d’équité (pour corriger les obstacles que la nature et la distance opposent au développement des collectivités humaines) et sur un principe de solidarité (à l’échelle de l’Etat, de l’Union Européenne  -fonds structurels-). L’aménagement intervient dans de multiples domaines d’action : monde rural  (irrigation, remembrement…), conversion des activités en crise dans les régions industrielles, infrastructures de transport, nouvelles zones d’activités, nouveaux réseaux techniques etc.). Ainsi l’aménagement du territoire vise à la fois à améliorer l’efficacité économique et sociale des lieux pour les hommes qui s’y trouvent, mais aussi à mieux répartir les hommes et leurs forces productives sur l’espace géographique.

 

Enjeux :

 

1 – Au croisement de l’histoire et de la géographie, la notion de territoire est au cœur de l’analyse géopolitique.

Il est le patrimoine d’une communauté :  la conscience d’appartenir à un territoire existe dans toute société, y compris chez des peuples qui en sont privés et qui aspirent à retrouver une terre perdue.  A des échelles différentes, la revendication d’un territoire exprime une volonté d’appropriation d’un espace par un groupe social, cela passe par une forme d’organisation du pouvoir. Territoire et pouvoir forment un couple inséparable. C’est ainsi que le dictionnaire des mondialisations (C. Ghorra-Gobin dir. 2006 A. Colin) propose la définition suivante : espace approprié et occupé par un groupe humain qui s’y identifie et fonde sur lui une partie de son identité parallèlement à l’instauration d’un pouvoir légitime. La géopolitique, faut-il le rappeler, est l’analyse des rivalités de pouvoir pour des territoires. ( Yves Lacoste)

 

2 – La transformation de l’espace en territoire structuré et exploité par l’homme est souvent une action volontaire qui a une finalité politique.

La mise en valeur et le contrôle de l’espace correspondent à une volonté d’intégration sociale et nationale. Si l’on songe au Brésil, la création de la capitale Brasilia était un choix de développement, de même la mise en valeur de l’Amazonie apparaissait comme une solution aux problèmes sociaux du Nordeste. Cette action volontaire des sociétés sur leur espace passe par l’aménagement du territoire, mais également par la territorialisation. Le concept de territorialisation désigne l’ appropriation qui peut être juridique et économique (la propriété) ou symbolique (le sentiment d’appartenance). On parle ainsi de territorialisation des espaces maritimes pour décrire l’investissement des Etats et de leurs sociétés sur ces espaces longtemps délaissés par l’homme et que le traité de Montego Bay a fortement contribué à territorialiser.

 

3 – La carte est la représentation géographique par excellence de ces territoires, mais elle est toujours construction d’une image et impose un regard critique.

« Représentation fondée sur un langage, caractérisée par la construction d’une image analogique d’un espace. » (J. Lévy et M. Lussault, Dictionnaire de la géographie, Belin , 2003).    Représentation d’une portion de l’espace terrestre, elle implique le choix d’une échelle, d’une projection, la construction d’un langage avec des signes conventionnels . Elle est une construction, elle implique des choix, elle impose un regard donc critique. La juxtaposition de cartes à des échelles différentes est nécessaire pour mieux saisir la variété des enjeux et des acteurs d’un problème géopolitique.

 

Repères : les continents, territoires d’étude

 

La taille des continents et leur population. Superficie en millions de km² Population  en millions d’habitants en 2015
Afrique 30 1 170
Amérique 43 990
Asie ( sans la Russie) 32 4 400
Antarctique 14   Aucune pop. permanente
Europe ( Russie incluse) 23 (dont 17 Russie) 740
Océanie 9 40

 

Source : INED – 2015

 

Quelques références :

Bertrand BADIE, La fin des territoires. Essai sur le désordre international et sur l’utilité sociale du respect.. 1995 Fayard.

Un livre paru dans le contexte du monde post guerre froide, alors que paraissent les ouvrages de Fukuyama et de Huntington. Loin de trancher sur le devenir du monde, l’auteur s’interroge sur la recomposition des territoires et la redéfinition de la notion de frontières apparemment mises à mal par les logiques de la mondialisation. Le territoire perd de l’importance face au monde des réseaux ( production, migration…). L’Etat ne périclite pas pour autant, il s’adapte. Les lieux comptent davantage que les territoires,. Cependant , l’ordre territorial du monde repose encore sur le traité de Wesphalie, les frontières conservent toute leur pertinence et se multiplient même. .

 

Jacques Scheibling, Qu’est ce que la géographie ? Hachette . 1998.

Où l’auteur répond : « Qu’est –ce alors que la géographie ? Elle est l’étude de l’organisation et du fonctionnement du ou des territoires. »

Anne BATTISTONI-LEMIÈRE

Anne Battistoni-Lemière enseigne la géopolitique en classes préparatoires ECS 1 et 2 au lycée La Bruyère de Versailles

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Anne Battistoni-Lemière

Anne Battistoni-Lemière enseigne la géopolitique en classes préparatoires ECS 1 et 2 au lycée La Bruyère de Versailles.

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