médicaments

Quand les chaînes d’approvisionnement se sont effondrées au printemps 2020, les gouvernements occidentaux ont découvert que leurs systèmes de santé reposaient sur des principes actifs fabriqués à des milliers de kilomètres, principalement en Inde et en Chine. Ensuite, en France, la polémique autour du Doliprane a cristallisé ce malaise : le médicament n’était plus seulement un produit de santé, il devenait un enjeu stratégique. Ce constat a ouvert une vraie boîte de Pandore. Derrière la question de l’approvisionnement en paracétamol se cachent des problématiques bien plus larges : souveraineté industrielle, sécurité nationale, dépendance géopolitique. Ainsi, cela illustre que, dans notre monde contemporain, le médicament est devenu, au même titre que les semi-conducteurs ou les minerais rares, un véritable instrument de puissance.

Le constat : l’Asie, la pharmacie du monde et le piège de la dépendance

Pour comprendre la dépendance pharmaceutique occidentale, il faut remonter à une décision importante : déléguer la production des médicaments à des pays asiatiques aux coûts bien inférieurs, tout en conservant la R&D et l’innovation. Aujourd’hui, il en résulte que l’Inde est devenue la pharmacie du monde, la Chine en contrôle les matières premières et l’Occident s’est retrouvé structurellement dépendant d’une chaîne qu’il ne maîtrise plus.

Ainsi, nous allons dans cette première partie faire une typologie des acteurs pharmaceutiques dans le monde.

L’Occident garde le cerveau, l’Asie fait le reste

La logique est simple et suit celle de la mondialisation classique : entre les années 1980 et 2000, l’Occident a progressivement délégué la production des médicaments dits « banals » (génériques, paracétamol, antibiotiques de base) à des pays asiatiques aux coûts de main-d’œuvre bien inférieurs. En contrepartie, il a conservé ce qui rapporte vraiment : la recherche et le développement, les brevets et les médicaments innovants à haute valeur ajoutée.

Le résultat, c’est une division internationale du travail pharmaceutique très lisible. Le classement des dix plus grands groupes pharmaceutiques mondiaux en est la démonstration parfaite :

Rang Entreprise Pays Domaines de force
1 Johnson & Johnson États-Unis Oncologie, immunologie, dispositifs médicaux
2 Roche Suisse Diagnostics, oncologie de précision
3 Sinopharm Chine Distribution, vaccins, médecine d’État
4 Merck & Co. États-Unis Immunothérapie (Keytruda), vaccins
5 Pfizer États-Unis Oncologie, ARNm, maladies rares
6 AbbVie États-Unis Immunologie, esthétique médicale
7 Eli Lilly États-Unis Obésité (Zepbound), diabète, Alzheimer
8 AstraZeneca Royaume-Uni/Suède Maladies cardiovasculaires et rénales
9 Novartis Suisse Thérapies géniques, cardiologie
10 Novo Nordisk Danemark Obésité (Wegovy), diabète (Ozempic)

Le déséquilibre saute aux yeux : cinq américains, trois européens et un seul acteur non occidental dans ce top 10. Même si l’Occident continue de dominer, on observe un basculement du centre de gravité économique mondial dans ce secteur.

L’ascension de Sinopharm à la troisième place mondiale en est l’illustration parfaite : la Chine ne veut plus se contenter de produire des principes actifs bon marché, elle veut ses propres champions capables de rivaliser sur l’innovation. C’est une ambition qui commence sérieusement à bousculer un équilibre que l’Occident pensait stable.

L’Inde, « pharmacie du monde » : une puissance construite sur mesure

L’Inde n’est pas devenue la pharmacie du monde par hasard. Tout part d’une décision politique forte : la loi de 1970 (le Patents Act), sous Indira Gandhi, qui a autorisé les brevets sur les procédés de fabrication, mais pas sur les molécules elles-mêmes. Concrètement, cela signifie qu’une entreprise indienne peut produire du paracétamol sans payer de royalties au laboratoire qui l’a découvert, à condition de passer par un procédé différent. Cette loi leur a permis de vraiment développer ce secteur.

Ainsi, aujourd’hui, le marché pharmaceutique indien pèse 61 milliards de dollars et l’Inde représente 20 % des ventes mondiales de génériques. Des groupes comme Sun Pharma ou Cipla sont devenus des acteurs incontournables. L’industrie s’appuie sur un tissu dense d’entreprises organisées en districts industriels spécialisés, notamment autour d’Hyderabad.

Le talon d’Achille indien : une dépendance en cascade

Mais il y a un revers. L’Inde, bien qu’elle soit puissante dans la production de médicaments finis, dépend elle-même de la Chine pour ses matières premières. Entre 70 et 80 % de ses principes pharmaceutiques actifs (API), ces molécules de base sans lesquelles aucun médicament ne peut être fabriqué, viennent de Chine. C’est ce que Sylvia Malinbaum de l’IFRI appelle très justement une « dépendance en cascade » : l’Occident dépend de l’Inde, qui dépend elle-même de la Chine.

Je te conseille vivement de lire cet article qui illustre cette dépendance dans différents domaines.

Pourquoi cette situation ? Parce que la Chine produit ces API à des coûts défiant toute concurrence, grâce à des subventions publiques massives. L’Inde accuse régulièrement Pékin de pratiquer le dumping dans ce secteur : les prix sont si bas qu’ils ont progressivement tué la filière locale indienne de production d’API, rendant toute alternative non compétitive. La démonstration de cette vulnérabilité a eu lieu pendant la Covid : quand les usines chinoises ont fermé, l’Inde a été forcée de restreindre ses propres exportations pharmaceutiques. Et derrière l’Inde, c’est 40 % des médicaments génériques américains qui se trouvaient en tension.

La Chine, puissance coercitive : le « power to harm »

La Chine contrôle les API, ce qui lui donne un levier sur l’ensemble de la chaîne pharmaceutique mondiale. Une grande partie des médicaments du quotidien en Europe et aux États-Unis dépendent de composants chimiques produits en Chine. Ce tableau de la division mondiale de la production pharmaceutique le montre très clairement (rang en fonction de leur importance stratégique au niveau de la chaîne de valeur et leur poids sur le marché).

Rang Pays Spécialisation majeure Rôle stratégique
1 États-Unis Médicaments innovants (R&D) Leader mondial de la valeur ajoutée
2 Chine Principes actifs (API) L’usine de base du monde (70-80 % des API)
3 Inde Médicaments génériques La « pharmacie du monde » (40 % des génériques US)
4 Allemagne Haute technologie, Biopharma Exportateur majeur au sein de l’UE
5 Suisse Biotechnologies, oncologie Hub de recherche et production premium

La lecture de ce classement est éloquente : la Chine occupe le rang 2 mondial, non pas sur l’innovation, mais sur le maillon le plus stratégique de toute la chaîne : les matières premières. C’est ce qu’on appelle le power to harm : la capacité à infliger un dommage unilatéral sans même tirer un coup de feu. En cas de tension diplomatique, ou dans le cadre d’une guerre commerciale, Pékin aurait théoriquement la possibilité de cesser ses livraisons de principes actifs et de provoquer une crise sanitaire en Europe ou aux États-Unis.

Le « power to harm », un concept utile pour tes copies

Il me semble intéressant ici d’insister sur ce concept de « power to harm » qui peut t’être très utile dans de nombreux sujets. Ce concept (le pouvoir de nuire) a été théorisé par l’économiste et prix Nobel Thomas Schelling dans son ouvrage Arms and Influence (1966) pour définir une forme de diplomatie de la coercition.

Contrairement à la force militaire qui cherche à détruire l’adversaire, ce concept désigne la capacité d’un acteur à influencer le comportement d’autrui par la simple menace de dommages sur ses intérêts vitaux.

La Chine a d’autres ambitions : devenir le laboratoire du monde

Si les pays qu’on appelait la Triade se doivent de réagir, c’est par peur que la dépendance ne s’aggrave. En effet, la Chine ne veut pas rester l’usine du monde indéfiniment : elle veut aussi en devenir le laboratoire.

Ainsi, on observe une montée en gamme fulgurante où les géants d’État comme Sinopharm ne se contentent plus de produire de la chimie de base à faible marge. L’objectif est désormais de capter la valeur ajoutée et l’innovation. Pour y parvenir, la Chine utilise son immense réserve de capitaux pour acquérir des savoir-faire stratégiques à l’étranger, comme l’illustre le rachat de l’indien Gland Pharma par Fosun Pharma pour plus d’un milliard de dollars.

Cette transition du « Made in China » vers le « Created in China » déplace le curseur du risque. Si, hier, la Chine pouvait nous priver de paracétamol, demain, elle pourrait détenir les brevets exclusifs des biotechnologies ou des traitements contre le cancer les plus avancés. Le « power to harm » théorisé par Schelling prend alors une autre dimension : la dépendance ne sera plus seulement logistique, elle deviendra technologique et intellectuelle. Ainsi, pour la Triade, les enjeux de souveraineté ne se jouent plus seulement sur le rapatriement des usines, mais sur la capacité à rester compétitif.

Le Japon et la Corée du Sud : l’autre visage de l’Asie pharmaceutique

Il serait réducteur de résumer la puissance pharmaceutique asiatique à l’axe Chine-Inde. Le Japon et la Corée du Sud occupent un segment bien différent : celui de la haute technologie et de l’innovation. Le Japon, avec des groupes comme Takeda, investit massivement dans la recherche de nouvelles molécules et constitue un partenaire stratégique important pour l’Inde sur les infrastructures de pointe.

La Corée du Sud, elle, s’est imposée comme un leader mondial de la bioproduction (la fabrication de médicaments biologiques complexes) grâce à une main-d’œuvre très qualifiée. Singapour, de son côté, investit dans la R&D et cherche à se positionner comme hub régional d’innovation.

Ce panorama révèle une Asie pharmaceutique elle-même très segmentée : d’un côté des puissances de volume (Chine, Inde), de l’autre des pays qui misent sur la qualité et l’innovation (Japon, Corée). 

Les pays du Sud et les PMA : en bout de chaîne, les grands oubliés

Si la dépendance occidentale vis-à-vis de l’Asie inquiète les capitales européennes, il existe une dépendance bien plus silencieuse et bien plus grave : celle des pays du Sud et des PMA vis-à-vis des autres puissances.

Les chiffres illustrent bien cela : en 2023, l’Inde assurait 19 % des importations pharmaceutiques totales du continent africain avec des parts qui frisent le monopole dans certains pays : 81 % au Nigeria et 74 % au Népal. Pour des maladies comme le VIH, le paludisme ou la tuberculose, les génériques indiens sont souvent la seule option accessible. Et ce n’est pas un hasard : les grandes firmes du Nord n’investissent tout simplement pas dans des traitements pour des pathologies qui touchent des populations sans pouvoir d’achat. 

La situation des PMA est donc encore plus préoccupante. Selon Management Sciences for Health, seules trois installations sur l’ensemble du continent africain sont capables de produire des principes actifs à partir de zéro, et cela pour 1,4 milliard d’habitants. La démonstration a été faite pendant la Covid : quand les usines chinoises ont fermé et que l’Inde a restreint ses exportations, les pays africains et les PMA se sont retrouvés sans alternative. Leur accès aux médicaments essentiels dépend d’une chaîne à trois niveaux : Chine, Inde, puis eux, où ils n’ont aucun levier et aucune voix. La périphérie du système pharmaceutique mondial, c’est eux.

Nous avons donc vu que les réseaux de chaîne de production sont très complexes et que les nombreux acteurs sont à la fois en compétition et interdépendants. Maintenant il est donc essentiel de voir comment les pays réagissent face à cette dépendance.

Quelles réponses face à cette dépendance ?

Le printemps 2020 a marqué un vrai tournant. Quand les chaînes d’approvisionnement se sont effondrées du jour au lendemain, tout le monde a compris une chose : la santé n’est pas un produit comme un autre, qu’on peut laisser aux seules règles du marché.

Depuis cette crise, une question revient sans cesse chez les décideurs : qui peut aujourd’hui agir pour réduire cette dépendance ? C’est un acteur qui a vu son rôle se réduire avec la mondialisation : mais qui aujourd’hui apparaît comme essentiel suite aux crises (sanitaire, économique et géopolitique) : l’État. Celui-ci reprend son rôle de protecteur, avec une idée qui devient de plus en plus importante : la souveraineté sanitaire, désormais vue comme un vrai enjeu de sécurité nationale.

Le retour de l’État stratège : quand le politique reprend les manettes

Pendant des années, on nous a vendu l’idée que l’État n’avait plus son mot à dire face à la toute-puissance des marchés. C’est la fameuse thèse de Susan Strange dans The Retreat of the State (1996) : l’idée que le pouvoir politique s’effaçait devant les firmes multinationales. Dans le secteur de la pharmacie, c’était encore plus visible : les États laissaient les labos délocaliser en Inde ou en Chine pour réduire leurs coûts sans que cela n’inquiète vraiment personne.

Mais, face aux dernières crises, on assiste aujourd’hui à une bascule majeure : le retour de l’État stratège. Nuance, on ne parle pas d’un retour au protectionnisme à l’ancienne, mais d’un État qui comprend que la santé est un secteur régalien, au même titre que l’armement.

Un des exemples illustrant le mieux cette mutation, c’est le rôle actuel des fonds souverains. Ces derniers sont devenus de véritables instruments de puissance. Selon les derniers chiffres, les investissements des fonds souverains mondiaux dans la santé ont explosé, dépassant les 15 milliards de dollars sur une seule année. C’est une manière pour les gouvernements de protéger leurs pépites technologiques et d’éviter que des brevets stratégiques ne leur échappent.

Pour approfondir l’essor du rôle des États à travers les fonds souverains, je te conseille de jeter un œil à cet article, qui reprend bien leur nouveau rôle dans la mondialisation.

La révolution de la résilience : du « just-in-time » au « just-in-case »

Pendant longtemps, les entreprises ont fonctionné selon le « just-in-time » : ne stocker que le strict nécessaire pour rester le plus efficace possible. Concrètement, elles dépendaient entièrement de chaînes de production réparties sur des milliers de kilomètres. Au printemps 2020, ce système a montré ses limites : la simple fermeture d’une usine en Chine pouvait bloquer l’accès à certains soins pendant quatre à six semaines. L’économie avait privilégié les coûts au détriment de la sécurité, d’où le passage progressif au « just-in-case », où stocker un peu plus devient une façon de se protéger.

C’est ce qui pousse aujourd’hui un pays comme l’Inde à revoir sa stratégie. L’Inde importe 70 à 80 % de ses principes actifs depuis la Chine, ce qui la rend très vulnérable. Face à cela, elle a lancé son plan Atmanirbhar Bharat, doté d’environ 260 milliards de dollars, pour devenir plus autosuffisante. Concrètement, l’État a mis en place un système appelé PLI (Production Linked Incentive) : plus une entreprise produit localement et plus elle vend, plus elle touche de primes de l’État. L’objectif est donc de réduire la dépendance à la Chine et de faire du « Made in India » un vrai pilier de souveraineté industrielle.

Juste en dessous, voici deux autres exemples concrets, faciles à réutiliser dans une copie, qui montrent bien comment les États tentent de limiter cette dépendance.

Exemple 1 : le retour de l’interventionnisme régalien (cas Bpifrance/Opella)

Pour comprendre ce que signifie concrètement le retour de l’État stratège, il suffit de regarder l’actualité de l’affaire Opella en 2025. Pour beaucoup d’entre nous, le Doliprane est un produit banal, presque invisible. Mais lorsque Sanofi a annoncé vouloir céder sa filiale au fonds américain CD&R, le pays a soudainement pris conscience de sa propre fragilité. Ce n’était plus une simple transaction financière ; c’était le risque de perdre le contrôle sur un médicament symbolique et utile pour les Français.

C’est ici que l’État a dû sortir de son rôle de simple spectateur pour endosser celui de protecteur en intervenant via Bpifrance. Ainsi, l’État est rentré au capital et possède maintenant un droit de regard et une place au board, ce qui est un signal politique fort. L’idée est de dire que la santé est redevenue un secteur régalien, au même titre que la défense ou l’énergie.

En imposant des garanties strictes, comme le maintien des sites de production en France et la présence de l’État au conseil d’administration, on cherche à éviter que nos géants nationaux ne dépendent d’intérêts purement financiers et extérieurs. Cet exemple est capital pour tes copies : il illustre parfaitement ce passage d’une gestion libérale du médicament à une gestion par la souveraineté. 

Exemple 2 : la « relocalisation sélective » et le rôle pivot du Maroc

Il est clair que rapatrier l’intégralité de la production en Europe est économiquement insupportable et que cela s’apparente plus à une utopie. Ce qui est plus adapté et c’est ce qui est en train de se passer, c’est plutôt une stratégie de « relocalisation sélective ».

Comme l’explique très bien Gita Gopinath (FMI) dans son article « La seconde guerre froide ? Préserver la coopération économique sur fond de fragmentation géoéconomique », le monde ne se referme pas, il se fragmente. Nous entrons dans l’ère de la fragmentation géoéconomique où la proximité géographique et les affinités politiques redessinent les routes commerciales. C’est le triomphe du nearshoring (produire à proximité) et du friendshoring (produire chez des alliés), deux concepts absolument clés pour tes copies.

Dans ces reconsidérations stratégiques, le Maroc est un exemple intéressant, car il tire profit des fractures actuelles. Pour l’Europe, il est devenu un vrai pilier de souveraineté logistique : situé à seulement 14 kilomètres des côtes espagnoles, il permet de réduire les délais d’approvisionnement à moins de 48 heures, contre quatre à six semaines pour un cargo venant d’Asie. Ainsi, produire au Maroc, c’est aussi réduire les risques géopolitiques, en s’affranchissant des tensions en mer Rouge ou d’un éventuel blocage du canal de Suez.

Cette attractivité n’est pas nouvelle : le Maroc a déjà construit un écosystème solide dans l’aéronautique (Airbus) et l’automobile (Renault, Stellantis), et applique la même logique à la pharmacie. Des groupes comme Sanofi, GSK ou AstraZeneca y ont installé des hubs majeurs, aux côtés d’acteurs locaux comme Sothema, capable de produire des biosimilaires complexes.

Mais la majorité des pays restent démunis face à cette dépendance, ne possédant pas les leviers pour réagir

Au final, on se rend compte que le médicament est devenu un véritable outil de puissance. Si l’Europe et les États-Unis ont les moyens de financer le retour de l’État stratège, c’est beaucoup plus compliqué pour les pays en développement. Pour eux, la dépendance n’est pas un concept théorique, c’est une réalité subie : ils n’ont souvent pas d’autre choix que d’attendre que les stocks soient disponibles ailleurs.

Heureusement, des initiatives voient le jour pour essayer de casser cette logique. Par exemple, l’OMS pousse pour des transferts de technologie et l’Union européenne investit plus d’un milliard d’euros pour aider des pays comme le Sénégal ou le Rwanda à créer leurs propres usines. On voit aussi des pays comme le Maroc qui, avec leur usine géante Marbio, ambitionnent de devenir des pôles de production pour toute l’Afrique.

Ainsi, le défi des prochaines années est là : éviter que cette quête de sécurité au Nord ne crée une fracture encore plus profonde avec le Sud.