Comment travailler son style dans une dissertation de géopolitique ? Comment travailler son style dans une dissertation de géopolitique ?
« Du coup, dans cet article nous allons notamment traiter en effet du style – qui est particulièrement important – dans une dissertation notamment, c’est... Comment travailler son style dans une dissertation de géopolitique ?

« Du coup, dans cet article nous allons notamment traiter en effet du style – qui est particulièrement important – dans une dissertation notamment, c’est pourquoi quelques conseils sont ainsi à suivre notamment pour éviter par exemple une accumulation de connecteurs qui pourrait être néfaste ».

Tu trouves cette phrase plus qu’insupportable ? C’est normal. Parfois avec la précipitation et le stress du concours, une copie peut vite devenir illisible, cela nous est déjà arrivé à tous. Et on aura beau dire, la forme et le style compteront toujours pour une part importante dans la note finale attribuée à une copie.

 

Pourquoi le style est important dans une dissertation de géopolitique ?

Et dans une dissertation tout court par ailleurs, mais la CG n’est pas à l’honneur aujourd’hui. De manière factuelle, le style de ta copie sera toujours pris en compte dans ta note par le correcteur – de manière consciente ou inconsciente. À niveaux et contenus équivalents, une copie bien présentée à la jolie calligraphie aura généralement plus de points qu’une copie raturée et peu lisible.

Pourquoi cette discrimination ? Les correcteurs sont des humains, le beau est toujours plus plaisant, n’en déplaise à Baudelaire. Pour mettre toutes les chances de ton côté, travaille ta calligraphie un minimum. N’oublie pas de sauter des lignes, beaucoup de lignes ! Par exemple, 6 pour bien séparer introduction et conclusion du développement, et 3 entre chaque grande partie. Tu as du papier, alors utilise-le !

De manière générale, ne te soucies pas trop de la longueur de ta copie tant qu’elle reste qualitative ! Préfère une copie bien aérée, à la pagination claire, à une copie toute rabougrie avec beaucoup trop d’affinités entre les paragraphes. Ce n’est pas la taille qui compte, mais comment tu te sers de ta pensée ? Okey ?

Bien sûr fais très attention à l’orthographe et à la syntaxe de tes phrases !

 

Pour travailler ton style, soigne la forme !

Des conventions importantes

On t’a sûrement déjà répété mille fois de souligner les titres des œuvres dans tes paragraphes de dissertation. Certes, mais pourquoi donc ? D’accord, c’est parce que ton ou ta prof de français au collège te l’a fait copier 50 fois. Mais il y a un autre intérêt moins évident que le respect de la norme : souligner un titre permet de mettre en valeur les références que tu utilises tout au long de ta copie ! Le correcteur peut en quelques secondes y jeter un œil et apprécier ta culture historique, géographique et/ou géopolitique.

Si tu es vraiment fou, tu peux même souligner les titres en rouge… Mais évite si tu n’as qu’une ou deux références dans ta copie…

Autrement, évite d’utiliser le « nous ». Certains correcteurs l’acceptent mais d’autres en ont horreur. Ton correcteur n’a pas nécessairement envie d’être associé « par défaut » à ce que tu racontes, aussi pertinent que cela puisse être !

 

Une ouverture ? Pour quoi faire ?

On répète souvent qu’il faut une ouverture à la fin de la dissertation. Ce qui est vrai. Mais cela ne doit pas jouer en défaveur de la qualité de ta copie ! Si tu n’es vraiment pas inspiré, n’ouvre pas ton travail de manière plate. L’ouverture est la dernière phrase que le correcteur va lire, il serait dommage de gâcher tout ton travail !

Faire une ouverture de conclusion avec de la prospective illustrée par un auteur et l’une de ses œuvres a assez bien fonctionné pour ma part !

 

Pour travailler ton style, soigne aussi le fond !

La question épineuse des connecteurs logiques

Tu l’as sûrement remarqué au début de cet article : trop de connecteurs logiques, c’est insupportable. Pourtant on a déjà tous vu au moins une fois dans une marge de copie « Logique ??? » en rouge.

Alors que faire avec ces fu… fameux connecteurs ? Le tout est d’éviter le plus possible d’en utiliser lorsqu’il n’existe pas véritablement de lien logique dans les deux paragraphes liés ! Cela peut paraître évident, mais par automatisme nous avons tendance à mettre des « en effet », des « ainsi » ou encore des « cependant » un peu partout. Ce qui peut vite devenir très lourd dans une copie.

Limiter ce genre de connecteurs parfois superflus ne signifie pas les éradiquer ! Et le commentaire de ton prof dans la marge « Connecteurs logiques ? » ne veut pas dire qu’il souhaite des « en effet » à chaque ligne.

Il faut une articulation logique de ta pensée, que tes paragraphes suivent dans la mesure du possible un schéma de pensée clair et structuré. Un paragraphe doit lorsqu’il est bien construit généralement amener logiquement au paragraphe suivant ! Tu auras alors une connexion logique entre tes paragraphes sans nécessairement avoir multiplié les « ainsi » !

Dans cette logique, essaie d’aller à l’essentiel dans ta rédaction. Evite de tourner autour du pot et sois précis dans les informations que tu délivres au correcteur. Essaie pour cela de développer des concepts.

Par exemple, imaginons un paragraphe de définition du concept de puissance. Va à l’essentiel, en t’appuyant si possible sur des auteurs : « La puissance est définie par (Serge Sur, Raymond Aron…). La puissance est relative et évolutive (critères classiques de la puissance, nouveaux critères de la puissance). Au vu des différents critères de puissance, ce concept allie… (Joseph Nye) ». Au contraire évite des formulations trop creuses !

 

L’importance des nuances

Il est très important de nuancer ses propos dans une dissertation, surtout dans une matière comme la géopolitique où les relations et rapports de force entre les acteurs sont très complexes.

Concrètement, évite les mots trop directs et affirmatifs : préfère un « peuvent être » à un « sont », un « certains » à un article défini comme « les » etc. Voici un exemple très simple pour juger de l’apport et de l’importance de ces nuances : « Les pays d’Europe de l’Est sont atlantistes », « Certains pays d’Europe de l’Est peuvent être davantage favorable à l’atlantisme qu’à l’Ouest ». Bien sûr il faut étayer cette dernière phrase avec des exemples et une analyse précise pour ne pas produire une copie creuse !

 

La recherche de l’originalité

Le jour J ta copie doit sortir du lot. Comment ? Tu peux jouer sur l’originalité de tes exemples ou de tes études de cas. Evite les exemples trop classiques et connus par la totalité des candidats : les moins inspirés les sortiront forcément dans leur dissertation ! Je te conseille de trouver des exemples originaux pour chaque thème, et d’éviter la « Chinafrique » ou une étude de cas sur le gaz de schiste aux Etats-Unis par exemple !

 

Les fausses bonnes idées

Voici quelques fausses bonnes idées en vrac : inventer des références par peur du manque, sauter une sous-partie par manque d’inspiration (certains correcteurs l’acceptent, mais beaucoup préfèrent un plan 3×3), utiliser un exemple trop classique en lieu et place d’un exemple plus original pour assurer le coup, grossir son orthographe pour remplir plus de lignes…

 

J’espère que cet article t’a aidé ! Si tu souhaites consulter des exemples de très bonnes copies, direction notre grange à copies ! Pour d’autres conseils de méthodologie, c’est par ici !

Hugo Foyer

Etudiant à l'ESCP après deux années de CPGE ECS