Réussir l’épreuve de thème et de version en anglais aux concours Réussir l’épreuve de thème et de version en anglais aux concours
Comment réussir une traduction d’anglais en thème ou en version  ? Comment se préparer à ces épreuves ? Ce sont des questions que tout... Réussir l’épreuve de thème et de version en anglais aux concours

Comment réussir une traduction d’anglais en thème ou en version  ? Comment se préparer à ces épreuves ? Ce sont des questions que tout étudiant se pose dès ses premiers pas dans cet exercice si particulier. D’autant que nombreux sont celles et ceux qui pensent que cette épreuve se fait d’abord et avant tout au « feeling ». Vous vous en doutez, ce n’est pas la bonne approche…

Pour vous aider à appréhender cet exercice tant redouté,  nous avons sollicité Alexandre Palhière et Pierre-Antoine Pellerin, professeurs d’anglais en classe préparatoire et auteurs de l’ouvrage Traduire l’anglais (sans Google trad) – Version et thème journalistique et littéraire, un ouvrage qui se veut à la fois exhaustif, synthétique et pragmatique. Le gros plus, c’est que ce livre est enrichi d’un univers en ligne qui offre des conseils, astuces et des ressources en ligne (vidéos, tutos, démos) accessibles directement avec son smartphone. Bref, un accompagnement pas à pas pour devenir un As en traduction et cartonner aux concours !

Voici donc sans plus attendre leurs précieux conseils

 

Travailler régulièrement le thème et la version

Pour arriver confiant le jour du concours, il est nécessaire d’avoir effectué un travail régulier tout au long de l’année : apprentissage du lexique et des structures idiomatiques par la lecture (presse, romans, essais…), mais aussi en regardant des films ou en écoutant des podcasts ; travail de la grammaire dans les deux langues (nous y reviendrons) ; ou encore, auto-entraînement à la traduction avec différents outils.

 

Aborder un texte de thème ou de version

Cependant, notre propos va surtout porter sur la façon d’approcher un texte le jour J. 1e écueil : se lancer tête baissée dans la traduction sans même prendre le temps de lire le texte. A moins d’être un génie de la traduction, c’est la garantie d’une mauvaise note !

Deuxième écueil : chercher à traduire des éléments du texte tout au long de la 1e lecture (ou commencer à paniquer devant tous ceux que l’on pense ne pas savoir traduire !). Comment procéder alors ?

Attention tout d’abord à la gestion du temps. Pour être en mesure de bien gérer son temps, il est évidemment essentiel de s’être entraîné en amont. La répartition suivante permet d’être efficace : 20-25% du temps doit être consacré à une lecture active du texte, 50-60% à la traduction du texte au brouillon et 20-25% au recopiage et à la relecture. Voici le détail de ces trois étapes.

Réussir le thème et la version en 3 étapes

ETAPE 1

⇒ Intéressez-vous au paratexte (la date, le titre, l’auteur, la source…) avant même de lire le texte. S’il s’agit d’un extrait journalistique, cela vous renseignera sur la période de publication (et donc vous aidera à anticiper le contexte), le nom du journal (son positionnement politique peut par exemple être utile mais cela peut aussi permettre d’anticiper un style d’écriture, on ne traduira pas le Sun comme le Guardian). Si c’est un extrait littéraire qui vous est proposé, le paratexte apportera des informations sur le style, le genre, la période…

⇒ Faites une 1e lecture « déchiffrage ». Cette étape doit avant tout vous permettre de répondre aux fameuses questions en WH- (who, when, when, where, what, how). Relevez les différentes informations touchant aux personnages, à l’époque, au(x) lieu(x), aux événements décrits et à la manière dont ils sont décrits.

On a l’habitude de dire que toute bonne traduction commence par une bonne explication de texte, c’est précisément ce qu’il faut faire ici. Il est évident que pour les francophones, cette étape sera plus rapide en thème qu’en version mais il est plus que recommandé de ne pas en faire l’économie.

⇒ Procédez à une seconde lecture plus détaillée. Pour cette étape, vous devez annoter le texte de version ou de thème afin de préparer le travail de traduction et d’éviter certains pièges. Crayon en main donc, intéressez-vous par exemple à la syntaxe des phrases : présence d’incises, problèmes de renvoi des pronoms relatifs ou personnels, structures spécifiques à l’une des deux langues. Arrêtez-vous sur les temps des verbes (ou sur les adverbes) pour construire une éventuelle chronologie.

 

ETAPE 2

⇒ Commencez à rédiger votre brouillon. Là encore, évitez les mauvais réflexes ! Trop de candidats veulent avoir une phrase parfaite avant de passer à la suivante, c’est loin d’être toujours possible. Si vous hésitez par exemple entre deux mots, laissez-les dans un premier temps. Il est en effet tout à fait possible que la suite du texte vous apporte un éclairage sur ce choix ou qu’entre temps une meilleure idée vous vienne. Pour construire un bon brouillon, prenez de la place ! Isolez les phrases, sautez des lignes, pour pouvoir vous permettre d’avoir différentes options.

Par la suite, la question que tout traducteur qui se frotte au thème ou à la version se pose est la suivante : à quel point dois-je être fidèle au texte original ? La réponse est assez simple mais arriver à ce résultat est loin de toujours l’être : autant que possible ! Il faut en effet traduire tout le texte et rien que le texte et ne prendre des libertés que lorsque l’une des deux langues ne peut absolument pas rendre compte de ce que dit l’autre avec ses propres outils.

Il est évident que la traduction littérale (dite « mot à mot ») ne sera appropriée que dans un nombre très limité de cas et c’est alors que l’entraînement qui aura été le vôtre vous sera très utile car vous aurez le réflexe de recourir à différents procédés de traduction essentiels : modulation, transposition, étoffement… Voici quelques exemples permettant de définir brièvement et d’illustrer ces procédés :
– la modulation est un changement de point de vue dans la perception de la réalité décrite. Un exemple bien connu qui pose souvent problème est la traduction du passif : « He is often seen around here » à « On le voit souvent par ici ».

– la transposition est un changement de nature grammaticale. On a l’habitude de dire par exemple que le français est une langue de noms et l’anglais une langue de verbes ; ce n’est évidemment pas une règle absolue mais cela peut parfois être très utile d’avoir cette idée en tête. Exemple : « before he came back » à « avant son retour ».

– l’étoffement consiste en l’ajout d’un ou plusieurs mots afin d’éviter de calquer maladroitement le texte d’origine. Si je dois par exemple traduire, « according to report by the United Nations », le calque « selon un rapport par les Nations Unies » est très maladroit. Une solution très simple pour résoudre ce problème est l’ajout d’un verbe (« publié par »).

Que dois-je faire quand je ne connais pas le sens d’un mot ? Autre question évidemment récurrente et essentielle. La première réponse est évidente : ne laissez pas un blanc ! En concours, une omission vous coutera cher : on vous enlèvera un nombre de points correspondant à la faute maximale pouvant être faite à cet endroit. Vous ne prenez donc aucun risque en essayant de traduire.

Aidez-vous en premier lieu du contexte (ce que vous avez relevé dans la 1e étape) et du co-texte (ce qui est dit avant et après le mot qui pose qui problème). Prenons la phrase suivante : « He was watching the larks high in the sky ». Le terme « larks » peut potentiellement poser problème mais le co-texte doit vous aider. Le verbe « watch » qui renvoie à une forme d’observation et la fin de la phase décrivant un lieu bien spécifique font que la probabilité est grande qu’il s’agisse d’un oiseau (une « alouette » en l’occurrence). En choisissant le nom d’une espèce d’oiseau, vous limitez grandement les risques de faire une erreur grossière.

Vous pouvez aussi vous servir de l’étymologie du mot ou bien le décomposer en différents éléments s’il s’agit d’un mot composé. Exemple : « a bystander witnessed the accident ». Vous pouvez ici à la fois vous aider du co-texte (le verbe « to witness », « être témoin de », renvoie à une dimension visuelle) et de la construction du mot lui-même : « a bystander is someone who stands by », c’est-à-dire littéralement « quelqu’un qui se tient à côté ». On aboutira donc ici à des termes tels que « spectateur », « témoin » ou « passant » pour traduire « bystander ».

 

ETAPE 3

Cette dernière étape est donc celle du passage au propre et de la relecture. Il faut bien évidemment à ce moment procéder à des choix et ne pas laisser différentes options sur la copie. Détail qui n’en est pas un : attention à votre écriture ! Non seulement parce qu’une présentation aérée et une écriture aisément déchiffrable sont appréciables mais aussi et surtout parce qu’il serait regrettable qu’un correcteur pense que vous avez par exemple oublié un « s » simplement parce que la lettre est mal formée. Attention également si vous avez la fâcheuse habitude de former vos « o » comme des « a », une confusion « come » / « came » peut coûter cher.

La relecture en thème et en version est une étape trop souvent négligée. Il est malheureusement trop courant de voir des candidats y consacrer deux petites minutes, faute sans doute de savoir comment se relire.
Il faut donc découper ses relectures et les cibler :

⇒ première relecture : vérifiez que vous n’avez rien omis. Soyez très minutieux lors de cette étape car ce sont souvent des termes anodins (et dont vous connaissiez parfaitement le sens) qui sont oubliés. Dans des expressions comme « a very big house » par exemple, il n’est pas rare que « very » ne soit pas traduit.

⇒ deuxième relecture : concentrez-vous sur la grammaire. Attardez-vous sur les temps, les accords, les choix de pronoms relatifs… Cette étape est essentielle : trop de candidats francophones perdent un pourcentage conséquent de leurs points (souvent plus de la moitié) sur des fautes de français. Il est donc utile de travailler la grammaire anglaise et française comme il a été dit plus haut. « The things he has eaten » sera par exemple traduit dans de nombreuses copies par « Les choses qu’il a mangé/manger/mangez » et non « mangées ».

⇒ troisième relecture : peaufinage de vos choix. Revenez sur les formules qui vous semblaient hasardeuses, les hésitations qui pouvaient être les vôtres pour éventuellement procéder à d’ultimes modifications.

On espère que cet article t’auras permis de mieux comprendre les enjeux du thème et de la version ! N’hésite pas à t’entrainer maintenant.

Si tu souhaites consulter un extrait de l’ouvrage mentionné au début de l’article, clique sur la couverture !

 

Dimitri Des Cognets

Rédacteur en chef de Major-Prépa