La BCE pour les littéraires : mode d’emploi La BCE pour les littéraires : mode d’emploi
Si tu es en prépa littéraire A/L, que ce soit en moderne ou en classique, tu as sûrement déjà entendu parler des concours de... La BCE pour les littéraires : mode d’emploi

Si tu es en prépa littéraire A/L, que ce soit en moderne ou en classique, tu as sûrement déjà entendu parler des concours de la BCE. Seulement, cette banque et ses modalités ne sont pas toujours très bien connues des préparationnaires. Cet article a donc pour objectif de t’éclairer sur la BCE, qui constitue le principal débouché des CPGE littéraires après la fac !

 

La BCE, une voie à exploiter en A/L

La BCE (banque commune d’épreuves) est une banque de concours réunissant 20 Grandes Écoles de commerce. Selon l’Association des professeurs de premières et de lettres supérieures (APPLS), 10 % des élèves des écoles de commerce réunies dans la BCE sont issus d’une classe de khâgne. Dans la mesure où seulement 3 % des khâgneux sont admis dans une ENS, les écoles de commerce sont une voie non négligeable à envisager dans le cadre de ta poursuite d’études. Il s’agit d’une banque d’épreuves supplémentaires à laquelle peuvent se présenter tous les élèves de deuxième année de filière A/L. Ces écoles proposent la plupart du temps un parcours PGE (programme Grande École) que seuls les élèves issus de classe préparatoire peuvent intégrer.

Grâce à la BCE, les élèves de deuxième année de prépa A/L n’ont qu’un seul concours à travailler : celui des ENS (Écoles normales supérieures). En effet, le programme des épreuves de la BCE s’aligne sur le programme défini chaque année par ces dernières. Seuls le format des épreuves et les attendus diffèrent quelque peu dans la BCE. C’est donc une réelle opportunité pour un élève de khâgne (carrée) ou de cube de pouvoir passer ce concours. En n’en révisant qu’un seul, tu disposeras d’une possibilité d’accès à une multitude d’écoles aux profils variés.

 

Un concours encore peu présenté

Pourtant, on dénombre moins de 15 % environ d’élèves de classe prépa littéraire qui présentent le concours. Ce faible taux peut s’expliquer par le fait que les khâgneux privilégient le concours de l’ENS, École qui demeure le principal objectif pour la majorité des candidats à ce concours. Ainsi, malgré la part infime d’admission en ENS chaque année, beaucoup préfèrent toutefois se consacrer uniquement à ce concours.

De la même manière, on peut déplorer le manque d’informations fournies. Manque de temps pour se renseigner en détail sur le concours de la BCE, flou concernant le choix des écoles, absence de témoignages d’anciens élèves… Les khâgneux ne savent bien souvent pas trop à quoi s’attendre face à ce concours dont on ne leur parle pas, volontairement ou non. Les professeurs que tu as en prépa littéraire ne sont pas issus de cette formation et peuvent préférer que leurs élèves se consacrent pleinement à la préparation du concours de l’ENS. Nous t’invitons donc à lire la suite de cet article pour obtenir les informations sur la BCE et gagner du temps au moment des inscriptions !

 

Pourquoi choisir une école de commerce ?

Les écoles de la BCE recherchent et valorisent fortement les profils des élèves venant d’A/L. Là où les élèves de CPGE économiques et commerciales seront très performants en mathématiques ou en économie notamment, ceux de la filière A/L pourront mettre en avant leurs compétences en lettres, philosophie, histoire et géographie.

Certains parcours prennent d’ailleurs davantage en compte ces profils littéraires. Parmi eux, on peut penser notamment à ceux qui destinent leurs élèves vers les métiers du management de la culture. En effet, de nombreuses offres de formation  sont disponibles. HEC, l’ESSEC, l’ESCP, l’INSEEC et bien d’autres sont autant de voies permettant de se diriger vers ce domaine et dans lesquelles tu pourras apporter tes propres compétences. Pour plus d’informations et d’arguments en faveur de ce cursus, nous t’invitons à lire l’interview du directeur du concours de la BCE à propos des candidats en A/L ici !

De même, les secteurs de l’industrie créative, de la diplomatie ou du management sont également accessibles par une formation en école de la BCE. L’intérêt de la vie associative est en ce sens prépondérant. En tant que préparationnaire littéraire, tu fais peut-être (ou as fait) de la musique, du théâtre, du sport ou encore toute autre activité artistique qui constitue pour toi une passion ou un hobby. Dès lors, l’environnement associatif des Grandes Écoles réunies dans la BCE est un cadre privilégié pour les khâgneux. Ils peuvent en effet exercer et exploiter leur fibre artistique et en faire un atout considérable dans leur parcours.

 

Le choix des écoles

À ce stade de l’année scolaire, tu peux déjà commencer à te renseigner sur les écoles qui peuvent t’intéresser. Dans certains établissements, des interventions d’anciens élèves de prépa qui ont choisi d’intégrer une de ces écoles peuvent être organisées. Cela peut te permettre de découvrir concrètement à travers l’expérience d’étudiants le contenu de la formation proposée, l’ambiance, les débouchés… Ce genre de présentation est d’autant plus utile que dans la majorité des prépas littéraires, la voie BCE est encore très peu évoquée.

Mais, il te faudra souvent chercher par toi-même les informations sur les écoles que tu convoites. Pour cela, l’essentiel figure sur le site de la BCE, et notamment dans la brochure spécialement dédiée aux filières littéraires, que tu trouveras ici. À noter qu’en cette période de pandémie, des forums virtuels peuvent avoir lieu. En mettant en place ce dispositif, certaines écoles te proposent de dialoguer avec des élèves et ainsi en savoir plus sur le parcours qui t’intéresse !

Dès lors, le détail des formations proposées par l’ensemble des écoles est le meilleur moyen de découvrir plus en profondeur leurs caractéristiques. Certains enseignements seront peut-être plus susceptibles de retenir ton attention. En fonction de tes goûts, de ce que tu souhaites étudier et de tes projets d’avenir, tu trouveras forcément une offre de formation conforme à tes attentes. Les offres de master, les stages, les associations et séjours à l’étranger sont des critères à prendre en compte dans tes choix.

 

L’inscription

En premier lieu, les écoles présentes dans la BCE recrutent des élèves de toutes filières confondues. Tu auras donc tes chances tout comme les élèves des filières économiques auront les leurs, puisque tu ne concourras pas aux mêmes épreuves. Sauf pour les épreuves de langue et de contraction de texte qui sont communes à toutes les filières, tu ne seras en concurrence qu’avec des élèves qui ont étudié le même programme que toi pendant un an.

Ensuite, la procédure d’inscription au concours de la BCE est très facile. Elle s’effectue entre décembre et janvier en même temps que l’inscription à la BEL (banque d’épreuves littéraires) à laquelle l’ensemble des élèves de khâgnes classique et moderne doivent s’inscrire. Lors de l’inscription, tu devras spécifier tes choix d’écoles.

À noter que si tu es en khâgne moderne, tu devras choisir entre une épreuve de géographie ou d’histoire. De même, tu pourras opter pour une épreuve de latin ou de grec en tant que LV2 (notamment pour ceux qui sont en khâgne classique). Bien réfléchir à ce choix est important, car il peut te permettre de gagner des points en fonction de tes points forts.

 

Frais d’inscription

Les élèves de khâgne littéraire (en carré) devront s’acquitter des mêmes droits d’inscription que les élèves des prépas économiques et scientifiques. À noter que les élèves boursiers sont exonérés de ces droits : le passage des épreuves est donc gratuit. Pour plus de détails sur les montants de chaque école, tu peux te rendre sur la page dédiée sur le site de la BCE juste ici.

De même, les candidats en littéraire devront participer à la procédure de classement SIGEM à l’issue des concours pour classer leurs vœux en fonction des résultats d’admissibilité. Ceux-ci auront été déterminés en fonction des notes obtenues et de l’affectation des différents coefficients des écoles par matière. Il te faudra verser la somme de huit cents euros pour consulter les résultats. Cette somme te sera rendue si tu choisis de ne pas intégrer d’école à l’issue de cette procédure. Elle sera en revanche prélevée en tant qu’acompte sur les frais d’inscription de l’école dans laquelle tu auras choisi de continuer ta scolarité.

En ce qui concerne les frais d’inscription en école, c’est-à-dire lorsque tu auras choisi d’en intégrer une à l’issue des résultats d’admission, tu paieras la même somme que tes camarades venant des filières économiques ou commerciales.

 

Modalités de passage des épreuves

Sitôt après avoir passé les épreuves écrites des ENS du 12 au 21 avril 2021 (voir le calendrier détaillé des épreuves ici), il te faudra enchaîner avec une nouvelle salve d’épreuves : celles de la BCE. Classiquement, la première phase consiste en des épreuves écrites d’admissibilité. Tu passeras une seule épreuve par matière, quel que soit le nombre d’écoles auprès desquelles tu as candidaté, et ce, dans un seul et même centre d’examen. Plusieurs centres d’examen sont organisés partout en France.

Chaque école définit le coefficient qu’elle affecte à la note que tu obtiendras. C’est la raison pour laquelle, à l’issue de la phase écrite, tu pourras être admissible dans certaines écoles et pas dans d’autres. Si tu es admissible, tu devras passer les épreuves orales d’admission. Pour cela, un article détaillé abordant la préparation spécifique aux écoles de commerce en A/L paraîtra très prochainement ! Néanmoins, tu peux d’ores et déjà t’entraîner au format d’épreuves par toi-même ou en demandant à tes professeurs de t’aménager l’épreuve d’une matière correspondant au format de la BCE.

Garde à l’esprit que si tu travailles pour le concours de l’ENS, tu n’auras pas besoin d’apprendre davantage pour celui de la BCE. Les connaissances à avoir sont les mêmes, seul le format diffère. En cela, la méthode qui est exigée n’est pas foncièrement différente de celle du premier concours. Par ailleurs, si tu es admissible dans plusieurs écoles, tu devras sillonner le pays pour passer les oraux. Ces derniers se déroulent en effet dans les locaux respectifs des écoles. Si tu as choisi les écoles qui t’intéressent véritablement, tu pourras optimiser ton temps et tes chances d’intégrer l’école qui te plaît vraiment.

 

Derniers conseils

Si tu n’es que peu motivé à l’idée de passer la BCE, prends davantage de temps pour te renseigner sur ce concours. Cette deuxième série d’épreuves n’est pas à prendre à la légère quand on sort d’une année éprouvante de khâgne. Certes, l’investissement est souvent fructueux, mais il demande de consacrer davantage de temps avant les concours et surtout après les écrits. Alors que les admissibles à l’ENS qui n’ont pas passé la BCE auront du temps pour travailler les oraux, tu n’en disposeras pas d’autant si tu te retrouves admissible toi aussi. Tu devras en effet te remettre à travailler les oraux dès la fin des écrits de la BCE, qui ont généralement lieu quelques jours après la fin des épreuves de l’ENS.

En outre, si tu es encore indécis, n’hésite pas à bien réfléchir sur tes envies et tes projets d’avenir car c’est le bon moment ! Interroge-toi sur tes capacités à gérer les deux concours et à t’organiser en ce sens. Appréhender la charge de travail, ta capacité à enchaîner deux fois dix jours de concours en avril et savoir si ce choix n’entraînera pas le fait de faire des impasses plus tard dans l’année est important. Dans tous les cas, essaie de faire un choix que tu ne regretteras pas, et le meilleur moyen d’y parvenir est de savoir où tu vas et comment !

Pour conclure, la BCE est une banque d’écoles qui permet d’ouvrir davantage l’horizon des khâgneux à la fin de leur cursus de classe préparatoire. Son passage demande une organisation encore plus stricte et rigoureuse qu’en ne passant que les épreuves de l’ENS, d’où la nécessité de bien réfléchir à ce choix. Il te reste encore du temps pour te renseigner avant l’ouverture des inscriptions, alors on espère que cet article t’aura permis d’y voir un peu plus clair !

Ariane Thévenet

Élève à l'École Normale Supérieure de Lyon après deux années de classe préparatoire A/L au lycée Fénelon à Paris et ancienne interne au lycée d'État Jean Zay.