Des parcours inspirants après une B/L Des parcours inspirants après une B/L
Salut à toi, gentil (le) B/L ! Quoi de mieux aujourd’hui que de découvrir des personnalités inspirantes pour booster ta motivation en ce début d’année... Des parcours inspirants après une B/L

Salut à toi, gentil (le) B/L !

Quoi de mieux aujourd’hui que de découvrir des personnalités inspirantes pour booster ta motivation en ce début d’année un peu — carrément — morose ?

Comme je te l’ai déjà expliqué dans un précédent post, les débouchés de la filière B/L sont extrêmement variés. Aussi j’ai eu envie dans cet article de te parler de quelques parcours académiques et professionnels remarquables de certains anciens.

 

Des personnalités du monde de la politique

Bien sûr, le premier exemple d’ancien B/L qui vient à l’esprit est celui d’Emmanuel Macron. Passé par une B/L, notre président intègre Sciences Po Paris en 1998 après une année de cube, puis réussit le concours de l’ENA. Il suit parallèlement un cursus de philosophie à l’université de Paris-Nanterre. À la sortie de l’ENA, il devient inspecteur des finances en 2004, puis banquier d’affaires chez Rotschild & Cie en 2008. Il entre en mai 2012 à l’Élysée comme secrétaire général adjoint. En août 2014, il est nommé ministre de l’Économie, de l’Industrie et du numérique sous la présidence de François Hollande. Il démissionnera deux ans plus tard pour se consacrer à son parti nouvellement créé « En marche » et à la campagne présidentielle de 2017.

 

Cursus présentant quelques similarités que celui d’Édouard Philippe, qui intègre Sciences Po Paris en 1992 après une B/L, avant de réussir le concours de l’ENA. L’ancien premier ministre exerce également en tant qu’avocat pendant plusieurs années, et il occupe le poste de « directeur des affaires publiques » chez Areva, de 2007 à 2010. Il est élu maire du Havre en 2010 puis député en 2012. Nommé Premier ministre par Emmanuel Macron en 2017, il le restera jusqu’en juin 2020, avant de reprendre sa place à la mairie du Havre. Edouard Philippe a écrit plusieurs ouvrages, dont des romans de « politique fiction » avec son acolyte Gilles Boyer (à titre personnel, j’ai adoré « Dans l’ombre » [éditions JC Lattès], que je te recommande chaudement !).

 

Christophe Barbier a quant à lui intégré l’ENS Ulm en 1987 après une prépa B/L. Il est également titulaire d’une maîtrise en Histoire, et d’un mastère spécialisé « média » de l’ESCP. Passé par Le Point et Europe 1, il entre à l’Express en 1996 comme chef du service politique. Il deviendra finalement en 2006 directeur de la rédaction. Désormais éditorialiste politique pour BFM TV, il a publié de nombreux ouvrages, par exemple « Les derniers jours de la gauche » (Flammarion), « Deux présidents pour rien » (Presses de la cité), « Macron sous les masques » (éditions de l’Observatoire), ou, plus récemment « Les tyrannies de l’épidémie » (Fayard). Christophe Barbier est également un homme de théâtre : il a joué dans plusieurs pièces, notamment « Le tour du théâtre en 80 minutes », adaptée de son ouvrage « Dictionnaire amoureux du théâtre » (Plon).

 

Des économistes de renom

Esther Duflo a également intégré l’ENS Ulm en 1992 après une B/L. Elle obtient une maîtrise d’Histoire et d’économie, suit le magistère d’économie de Paris 1 en 1992, avant d’obtenir un DEA à l’EHESS et une thèse au Massachussets Institute of Technology (MIT). Elle est agrégée de sciences sociales. Titulaire d’une chaire au département d’économie du MIT, rédactrice dans différentes revues, auteure ou coauteure de plusieurs ouvrages, dont récemment « Économie utile pour des temps difficiles » (éditions du Seuil), Esther Duflo a reçu de nombreuses distinctions, comme le prix du meilleur jeune économiste (décerné par le Monde et le cercle des économistes) en 2005, et bien sûr le prix Nobel d’économie en 2019 aux côtés de son mari Abhijit Banerjee et de Michael Kremer pour leurs travaux sur la lutte contre la pauvreté. En 2011, le magazine américain Time la fait figurer sur la liste des 100 personnes les plus influentes au monde.

 

Ancien B/L, Antoine Bozio a aussi intégré l’ENS Ulm en 1999. Titulaire d’un magistère d’économie de l’université Paris 1, d’un DEA « analyse et politique économiques » de l’École d’économie de Paris, étudiant à Harvard en 2002-2003, il obtient en 2006 un doctorat de l’EHESS sous la direction de Thomas Piketty, sur le sujet « Réformes des retraites : estimations sur données françaises ». Lauréat du prix du meilleur jeune économiste (décerné par le Monde et le cercle des économistes) en 2017, il est actuellement directeur de l’institut des politiques publiques (IPP) et maître de conférences à l’EHESS.

 

Julia Cagé intègre l’ENS Ulm en 2005 après une B/L. Elle obtient une licence d’économétrie à l’université Panthéon-Sorbonne en 2006 et un master « analyse et politique économiques » à l’École d’économie de Paris en 2008. En 2014, elle soutient une thèse à l’université de Harvard. Actuellement professeure d’économie à Sciences Po Paris, co-directrice du groupe de recherche « Évaluation de la démocratie » du LIEPP (Laboratoire interdisciplinaire d’évaluation des politiques publiques), Julia Cagé est l’auteure de nombreuses publications. Elle a également publié « Le prix de la démocratie » (Fayard, prix éthique d’Anticor, prix Pétrarque de l’essai France Culture — Le Monde), et « Sauver les médias. Capitalisme, financement participatif et démocratie » (éditions du Seuil, prix spécial du jury aux Assises du journalisme).

 

Dans le domaine de la sociologie…

Emilie Biland-Curignier est professeure des universités en sociologie à Sciences Po Paris et professeure associée au département de science politique de l’Université Laval (Québec, Canada). Ses domaines de compétence sont la sociologie de l’action publique, la sociologie du droit et de la justice, la sociologie des rapports sociaux et des inégalités. Elle a intégré l’ENS Ulm en 1999 après une prépa B/L. Après une année d’étude à New York, elle obtient une maîtrise de sociologie à l’université Paris-Descartes, un DEA de sciences sociales à l’EHESS, ainsi qu’un doctorat en sociologie sur le thème « Concours territoriaux et institutionnalisation de l’emploi public local (années 1970 – 2000) », en 2008. Elle est également agrégée de sciences économiques et sociales. Depuis 2019, elle se consacre à un projet de recherche financé par l’Institut Universitaire de France, intitulé : « Des parents dans leurs droits ? Minorités sexuelles et séparations conjugales d’un continent à l’autre ».

 

 

… Et de la philosophie

Céline Spector est admise au concours de l’ENS Ulm en 1991 après une prépa B/L. Elle se dirige vers des études de philosophie, avec l’obtention d’une maîtrise à l’université Paris 1, un DEA à l’université Paris-Nanterre, puis d’un doctorat en 2000, intitulé « Économie et politique dans l’œuvre de Montesquieu ». Elle est également agrégée de philosophie. Professeure associée à Stanford en 1995, invitée à l’université de Chicago en 2010, à Kyoto en 2011, et après avoir enseigné à l’université Bordeaux Montaigne, Céline Spector est depuis 2016 professeure de philosophie à l’université Paris-Sorbonne. Elle a reçu plusieurs distinctions, comme le prix de l’Académie Montesquieu en 2011 pour l’un de ses ouvrages : « Montesquieu. Liberté, droit et Histoire » (éditions Michalon). Elle est membre honoraire de l’Institut Universitaire de France.

 

 

Voilà, bien évidemment ma petite liste est loin d’être exhaustive, puisque tous les anciens B/L ont, par définition ;-), des carrières intéressantes, et je remercie chaleureusement mes collègues qui m’ont aidée dans mes recherches et qui m’ont permis de découvrir certains de ces très beaux parcours.

Amélie Hurteaux

Professeure de mathématiques en B/L au lycée Stanislas de Cannes