HGG : comment faire un bon développement – avec Les Yeux du Monde HGG : comment faire un bon développement – avec Les Yeux du Monde
Avant-propos La dissertation est un exercice complexe puisqu’il suppose une très bonne maîtrise du cours et un savoir-faire qui s’acquiert avec l’expérience, en faisant... HGG : comment faire un bon développement – avec Les Yeux du Monde

Avant-propos

La dissertation est un exercice complexe puisqu’il suppose une très bonne maîtrise du cours et un savoir-faire qui s’acquiert avec l’expérience, en faisant des dissertations ainsi qu’en lisant des corrigés et des rapports de jury par exemple. Cet entrainement indispensable permet de mettre en place des automatismes qui ne peuvent être remplacés par la méthode que je vais te donner. Il faut donc lire ce qui va suivre avec du recul. Les conseils que je vais donner te seront vraiment utiles si tu les couples avec l’entrainement. Il n’y a malheureusement pas de méthodologie miracle qui te permettrait de t’en passer.

 

Trouver un plan

En trois parties, le plan d’une dissertation de géopolitique doit être, selon moi, simple et classique. Cette observation est tirée directement de mon expérience et des diverses corrections que j’ai pu lire. Le concours est un moule auquel il faut se conformer. Il faut briller non pas par la forme mais par le contenu. Afin de t’en convaincre, je t’invite à lire les corrections et rapports de concours en portant une attention particulière aux titres des parties. Tu remarqueras que beaucoup de plans reviennent subtilement de manière récurrente. Ceux-ci sont les suivants :

  • Le plan bilan : recommandé pour un sujet qui demande de faire le point sur une situation. Tu as différentes possibilités : I) Objectifs de départ II) Réalisations III) Bilan et perspectives ; I) Résultats positifs II) Résultats négatifs III) Explications, bilan et perspectives.
  • Le plan description : recommandé lorsqu’il s’agit de décrire un phénomène comme le développement durable ou l’urbanisation. Encore une fois, tu as différentes possibilités : I) Causes II) Aspects III) Conséquences ; I) Atouts II) Limites III) Perspectives
  • Un plan sympa pour les sujets de géopolitique : I) Enjeux II) Acteurs III) Manifestations spatiales
  • Le plan évolution : I) Situation d’origine II) Evolutions III) Bilan final
  • Le plan comparatif : I) Points communs II) Différences III) Bilan surtout en ce qui concerne les relations entre les deux éléments
  • D’autres plans incontournables : le plan chronologique (si le sujet permet de faire de véritables césures chronologiques -> césures qu’il faut soigneusement justifier) ; le plan dialectique (Thèse/Antithèse/Synthèse)

Cette liste de plans n’est pas exhaustive. En réalité, quand je préconise de faire un plan classique, je sous-entends que le plan que tu vas trouver doit sembler aussi simple que ceux que je viens de t’exposer ci-dessus. Ton plan doit donc pouvoir se résumer en quelques mots. N’oublions pas également de rappeler qu’un plan découle d’une problématique puisqu’il fait office de démonstration pour y répondre. Le choix d’un plan n’est donc rien d’autre que le choix des différentes étapes à faire pour répondre, de la meilleure des manières, à la problématique que tu auras posée en introduction.

Une autre astuce qui peut t’aider à trouver ton plan : j’ai remarqué, lorsque je faisais une dissertation, que mon plan suivait bien souvent la démarche que j’avais entreprise en introduction pour faire émerger une problématique. Une problématique est, en effet, souvent la mise en lumière d’un paradoxe. Or, pour mettre à jour ce paradoxe, il faut passer par différentes étapes, souvent deux, qui peuvent constituer les deux premières parties de ton plan. La troisième partie, selon moi la plus difficile à trouver, peut être un parti pris pour surmonter ce paradoxe. Je vais rendre tout cela plus concret en te partageant l’introduction de ma copie de concours ESCP 2017 où j’ai reçu la note de 18/20 sur le sujet : « L’Union européenne face aux effets déstabilisateurs de la mondialisation ».

 

Voici l’introduction de ma copie :

« L’Union européenne est une forme d’intégration régionale très aboutie née avec le traité de Maastricht en 1992. C’est également dans la décennie 1990 que débute notre mondialisation contemporaine qui, selon le géographe Grataloup, se définit ainsi : « processus de généralisation des échanges entre les différentes parties de la planète aboutissant à une société s’étendant à l’échelle du monde ». La mondialisation se caractérise donc par une ouverture accrue des économies pouvant provoquer des effets déstabilisateurs à tous les niveaux pour l’Union européenne : des effets déstabilisateurs mondiaux, régionaux et à l’intérieur même des frontières de l’Union européenne. Ces effets peuvent même provoquer des crises remettant directement en cause l’Union européenne. Pourtant, ils peuvent également s’avérer salvateur en renforçant l’approfondissement européen. On peut donc se demander : l’Union européenne a-t-elle réussi à utiliser les effets déstabilisateurs de la mondialisation pour se renforcer ou, au contraire, les a-t-elle subis ?

Tout d’abord, nous étudierons les effets déstabilisateurs de la mondialisation auxquels l’Union européenne est confrontée. Puis, nous montrerons que l’Union européenne a su y apporter des réponses. Enfin, nous montrerons que ces effets déstabilisateurs ont même pu être bénéfique à l’Union européenne. »

On se rend bien compte ici que le plan que je formule à la fin ne fait que retracer la pensée de l’introduction qui a permis de faire émerger un paradoxe (paradoxe qui se manifeste avec le «Pourtant ») et donc la problématique. Seule la troisième partie demande un peu plus d’habileté et est une véritable thèse que je défends.

On remarque également que je suis un plan qui est en apparence très classique et qui peut se résumer à : I) constat II) solutions III) perspectives. Néanmoins, j’attire ton attention sur le fait que j’adapte ce plan classique au sujet. De même, dans les corrections que tu vas lire, tu ne trouveras jamais un plan classique exposé de manière brutale, le tout est toujours fait de manière subtile. Le plan classique est déguisé pour laisser place à un plan unique au sujet posé.

 

Comme s’organise une partie ?

Une partie commence par un premier paragraphe qui va annoncer le titre de la partie, l’idée générale, et esquisser les titres des trois sous-parties qui vont s’y trouver. Une sous-partie est un paragraphe qui va venir soutenir l’idée générale de la première partie. Les trois sous-parties doivent suivre une progression, ce qui permet de les articuler entre elles et de ne pas faire une dissertation à « tiroirs » où chaque paragraphe est interchangeable. Une partie doit donc contenir une logique interne.

Voici l’exemple du paragraphe introductif de ma première partie de la même copie de concours :

« La mondialisation contemporaine, débutée dans les années 1990, s’est caractérisée par une interdépendance accrue entre les différentes parties de l’humanité et une ouverture des économies pouvant provoquer des effets déstabilisateurs à tous les niveaux pour l’Union européenne. »

Mes trois sous-parties pour cette partie étaient :

  • Les effets d’origine mondiale (les crises économiques qui se répandent plus facilement avec la crise des subrpimes qui s’est propagée à l’Europe par exemple)
  • Les effets d’origine régionale (les migrants aux portes de l’Europe par exemple)
  • Les effets d’origine intra-européenne (les délocalisations, le chômage etc.)

 

Une sous-partie commence par l’annonce de l’idée du paragraphe puis elle la développe à travers un exemple, voire plusieurs si cela reste dans la même idée et apporte quelque chose en plus. Là encore il faut prendre du recul sur la méthode et toi seul pourras savoir si mettre un deuxième ou un troisième exemple est pertinent ou pas. Je te partage ici l’exemple de ma première sous-partie pour que mes explications soient plus concrètes :

« Tout d’abord, les effets déstabilisateurs de la mondialisation sont d’origine mondiale. L’Union européenne est, en effet, confrontée à la nouvelle concurrence des pays émergents, et en particulier des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud). Ces économies pèsent pour 25% du PIB mondial soit autant que l’Union européenne. Cette dernière est ainsi concurrencée par l’Inde, par exemple, dans le domaine des services ou par le Brésil dans les productions agricoles. Cette concurrence vient s’ajouter aux adversaires économiques traditionnels de l’Union européenne à savoir les Etats-Unis et le Japon. D’autre part, l’économie de l’Union européenne peut se retrouver très affectée par des crises rendues mondiales par la mondialisation. Ainsi, la crise de la dette qui a affecté l’Europe en 2008, surtout les PIGS (Portugal, Irlande, Grèce, Espagne) trouve son origine dans la crise américaine de 2007 des subprimes. »

Pour pouvoir mettre plusieurs exemples dans un paragraphe et que cela soit fait de manière pertinente, il faut essayer de donner des titres assez larges à ses sous-parties, comme j’ai pu le faire dans cet exemple. Le deuxième exemple, à savoir la crise de la dette (le premier étant les BRICS), ne vient pas s’agréger à l’autre de manière insipide mais apporte véritablement une nouvelle saveur au paragraphe tout en restant dans le thème.

 

La transition

La transition est ce petit paragraphe qui vient articuler deux parties entre elles. Elle a pour but de montrer en quoi la partie précédente vient de répondre à la problématique et introduit ensuite la suivante. Voici l’exemple de la transition que j’ai utilisée pour articuler les deux premières parties de mon devoir :

« Il apparaît donc que les différents effets déstabilisateurs de la mondialisation peuvent s’avérer un danger pour la puissance de l’Union européenne et son existence même. Quelles solutions l’Union européenne a-t-elle mis en place pour y répondre ? »

Avant de rédiger une transition, il faut ainsi penser à relire attentivement sa problématique. Un correcteur, rien qu’à la lecture d’une transition, doit pouvoir comprendre ce que tu as écrit avant et pourquoi tu l’as fait. La transition n’est pas accessoire, elle met en lumière la logique de votre dissertation qui n’est rien d’autre, pour rappel, qu’une démonstration à un problème.

 

À retenir

  • Les plans simples dans les apparences sont souvent les plus efficaces
  • Un plan est une démonstration qui répond à une problématique
  • Il existe des plans qui reviennent souvent mais qu’il ne faut pas appliquer bêtement
  • Pour bien réussir une dissertation il faut coupler la méthodologie avec l’entrainement
  • L’entrainement le plus efficace est de lire des corrections, des rapports de jury et de faire soi-même des dissertations
  • La méthodologie donne des repères pour savoir si l’on est sur le bon chemin mais n’est pas une recette miracle
  • Oui pour plusieurs exemples dans une sous-partie mais seulement si le deuxième ou troisième exemple apporte quelque chose en plus aux précédents
  • Il faut essayer de faire des titres de sous-partie larges pour bien pouvoir développer ses paragraphes
  • La transition permet au correcteur de savoir où tu en es dans l’avancée de ta démonstration. Elle répond donc en partie à ta problématique tout en introduisant la partie suivante

 

Écrit par Titouan Chopin (MP) et Jessy Périé (YDM)

 

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Titouan Chopin

Etudiant en première année à TBS et ancien préparationnaire au lycée Chateaubriand de Rennes. Spécialisé dans les matières littéraires et les conseils méthodologiques.