Prendre ses cours en prépa (1) – La prise de notes manuscrite Prendre ses cours en prépa (1) – La prise de notes manuscrite
Rare est celui qui n’a pas hésité entre prendre ses cours à la main ou sur son (tout nouvel) ordi, fraîchement acheté avant de... Prendre ses cours en prépa (1) – La prise de notes manuscrite

Rare est celui qui n’a pas hésité entre prendre ses cours à la main ou sur son (tout nouvel) ordi, fraîchement acheté avant de se lancer dans ce tunnel sans fin ou presque qu’est la prépa.

Cet article n’a pas vocation à défendre bec et ongles la méthode manuscrite ou à dézinguer l’autre méthode, mais à exposer ses avantages et inconvénients pour vous aider à faire votre choix. Rappelons qu’en prépa, le préparationnaire qui l’emporte est celui qui sait ce dont il a besoin et qui fait ce qui lui semble le mieux pour lui, et pas pour les autres (parole d’HEC !). Exit donc les avis des camarades, ou des professeurs désireux de vous ensevelir sous les flots pléthoriques de connaissances indigestes, dont l’ordinateur serait votre unique amarrage. « Rapidité oblige »…

Cet article reste un simple retour d’expérience, donc il n’a pas la science infuse, même si tout ce qui suit a été écrit de la façon la plus générale possible ;). Un article sur l’intérêt d’écrire à l’ordinateur a également été rédigé par la team rédac’ !

 

Dites non à l’exhaustivité

Oui, tout ce que disent vos professeurs n’est pas forcément nécessaire pour le concours. Oui, il leur arrive de se perdre en digressions, parenthèses, développements et autres petits plus extravagants et sans importance pour le concours. Emportés par la passion de leur matière, il se peut qu’ils arrivent à noyer les élèves plus qu’à les aider à affronter la tempête des concours qui s’annonce. La méthode manuscrite permet de contourner en partie ce problème : soyez à l’écoute des éléments que vous apporte votre professeur à l’oral, et à chaque nouvelle notion, idée, ou fait, demandez-vous : « Comment pourrais-je replacer cela dans une copie ? ».

Si vous doutez, ou alors que vous vous perdez en « Si jamais je trouvais une ligne dans ma copie pour recaser cela… », alors abandonnez et n’écrivez rien. Concernant les exemples, analysez rapidement s’ils vous plaisent, s’ils sont originaux, et s’ils peuvent être resservis pour illustrer, non pas une, mais plusieurs notions. (exemple: En 2008, le groupe américain Disney se lance dans la joaillerie avec l’entreprise indienne Popley face à une demande indienne en forte croissance : BIM ! moyennisation du Tiers-Monde, BIM ! l’Inde attractive, BIM ! internationalisation, BIM ! diversification des grandes firmes, BIM ! personne ne connaissait le Popley Group). De même pour les références : sélectionnez des auteurs qui évoquent plusieurs notions plutôt qu’une ribambelle d’auteurs inconnus. Gain de temps, gain de temps, …

En réalité, rien ne vous empêche d’être un professionnel de la sélection et d’utiliser votre ordi, mais n’oubliez pas que les masses de cours que vous vous obligez à noter vous demanderont beaucoup de temps pour les apprendre. Tout comme le fait de supprimer chez soi les éléments que vous jugez après coup inutiles… Voilà pourquoi la méthode manuscrite est intéressante : vous êtes plus lent à écrire qu’à taper et la non-possibilité de réarranger votre cours sur une feuille papier vous oblige à être directement clair avec vous-même et avec votre cours. Vous n’en perdrez pas le fil et vous restez alerte pour analyser tout ce qui arrive à votre oreille (et par conséquent le retenir plus facilement !).

 

Gardez la forme

 Écrire vite, écrire bien. Vous avez tout à gagner à continuer à préserver un « rythme d’écriture » pour la garder lisible et agréable, ce qui aura de grandes chances de satisfaire le correcteur ! Croyez-le ou non, beaucoup d’élèves se retrouvent pénalisés car ils écrivent lentement ou s’acharnent à rendre des copies impeccables. Prendre vos cours à la main vous aidera à trouver un juste milieu redoutable entre la propreté de la copie et la clarté du propos. Enfin, l’absence de divertissements de l’ordinateur (Facebook,…) vous forcera à rester plus concentré lors de votre cours. Le cours vous paraitra peut-être plus long mais vous gagnerez en capacité de concentration à terme, sur vos deux ou trois ans.

 

Prenez de l’avance

  Des masses de cours inutiles en moins, ce sont des exercices de maths ou des traductions en plus. À vous donc de réduire au maximum votre charge de travail du soir dans les matières où cela est possible (CG, HGG, Éco,…) pour mettre l’accent sur des matières dont la note sera –normalement- proportionnelle à l’investissement fourni (maths, langues, …). Évitez tous les raisonnements du type « je vais restructurer mon cours tapé à l’ordi une fois rentré chez moi » ou « l’important c’est d’avoir tout ce qu’a dit le prof ». Épargnez-vous des tâches ingrates et aller à l’essentiel lors de la prise de notes.

Sachez enfin que vous prenez une avance considérable en vous organisant POUR LE CONCOURS et non pas POUR LES DS. Pour les révisions de concours blanc ou du grand concours, il vous faudra hélas replonger dans des cours qui vous paraitront remonter à Mathusalem pour les réapprendre et saisir de nouveau les concepts. Quel ne sera pas votre désespoir lorsque, 3 jours avant votre dissertation reine, au moment d’ouvrir votre document « internationalisation des échanges dans les années 1970 », vous constaterez que vous vous attaquez à un fichier Word de 76 pages.

En conséquence, pensez stratégique et organisez-vous dès que vous obtenez vos nouveaux cours. Demandez-vous comment, dans quelques mois, aimeriez-vous retravailler ses vieux cours et quel serait le meilleur moyen pour se re-familiariser avec tout ça. Certains pensent que la relecture suffit au moment des révisions et ne le font que pour se soulager. Ce ne sera pas votre cas car vous aurez compris comment viser la simplicité et le ludique selon vos propres préférences.

Au choix : fichage très synthétique du cours, chronologie ou frise, établissement d’une petite liste de chiffres et de références, … J’ai découvert ma stratégie préférée en début de seconde année seulement après avoir perduré dans un fichage classique linéaire du cours (titres – parties- sous parties – contenu -…). Trouvée dans l’excellent ouvrage « Je vais vous apprendre à intégrer à HEC » d’Emmanuel Vayleux, elle correspondait à ma mémoire photographique et me permettait de résumer un cours (prise de note manuscrite déjà très synthétique) en une page, là où quelques uns se retrouvaient avec des documents de 20 pages. Le fichage au cordeau permet de retenir plus facilement le cours et les données grâce aux codes couleurs, et vise à une répartition du cours de la sorte : vous prenez votre feuille en format paysage et depuis le centre, faites partir un nombre de branches égale au nombre de parties de votre cours. Puis vous répétez l’action au bout de chaque branche avec les sous-parties de partie, etc … Utilisez un  code couleur pour distinguer titres, idées maîtresses et exemples. Et le tour est joué, parfait pour les mémoires photographiques !

 

De quoi réussir à revoir un trimestre entier de cours en une heure seulement. Avoir une prise de note manuscrite vous prémâchera le travail pour ce fichage au cordeau.

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            Vous l’aurez compris : sélectionner cette méthode manuscrite n’est pas LE choix à faire mais une préférence personnelle. Les avantages peuvent aussi être des inconvénients : trop lent d’écriture pour suivre le rythme du professeur, brouillon plutôt que cours, paperasse, … À vous de voir 😉

 

Nicolas Berrou

Étudiant à HEC Paris Ancien préparationnaire au Lycée Saint-Vincent de la Providence à Rennes.