Réviser les oraux des concours – Hors parisiennes Réviser les oraux des concours – Hors parisiennes
  Alors que la longue et intense période des écrits s’achève, sonnant du même coup le glas de deux à trois années de travail... Réviser les oraux des concours – Hors parisiennes

 

Alors que la longue et intense période des écrits s’achève, sonnant du même coup le glas de deux à trois années de travail studieux et acharné, vous vous octroyez sans doute actuellement un repos aussi salvateur que mérité afin de vous remettre de toutes ces péripéties.

Et vous avez bien raison, il est essentiel de revenir d’aplomb pour préparer les oraux ! Car oui, même une fois les épreuves écrites terminées, le mot d’ordre de la classe préparatoire reste de mise : le chill n’est qu’un état transitoire visant uniquement à reconstituer ses forces vives. Ne vous lamentez pas pour autant : la période de préparation des oraux est beaucoup moins éprouvante que celles des écrits, avec une charge de travail plus légère et surtout agréable à effectuer.

Cette assertion est d’autant plus vraie lorsque vous ne vous préparez pas aux Parisiennes. A ce sujet, soyez bien sûr que ce soit le cas ! Chaque année, une poignée d’étudiants trop pessimistes quant à leurs performances aux écrits se trouvent admissibles à l’ESCP Europe, l’ESSEC voire HEC sans avoir préparé correctement les épreuves spécifiques à ces écoles. Avouez que ce serait dommage de se retrouver dans pareille situation ; on n’a rarement la chance d’intégrer de telles écoles au cours de sa vie d’étudiant. Bon, maintenant que les choses sont claires, abordons ensemble le planning de révision d’un étudiant qui ne se prépare pas aux écoles parisiennes.

 

I – Travailler les langues

Toujours dans l’hypothèse que vous ne serez pas admissible au-dessus d’emlyon, vous passerez systématiquement une à trois épreuves dans chacune des écoles qui jalonneront votre tour de France : un oral de LV1 et de LV2, qui peut compter pour plusieurs écoles (banques Ecricome et IENA), et un entretien de personnalité qui permet d’aborder (soit tacitement soit dans un cadre précis) des questions portant sur l’actualité et la culture générale.

Le travail des langues diffère assez nettement du bachotage que vous avez pu effectuer avant les écrits, dans la mesure où l’évaluation de vos interlocuteurs se fera moins sur votre rigueur grammaticale que votre capacité à vous exprimer dans une langue claire et fluide, en usant autant que possible d’expressions et de tournures de phrases idiomatiques.

 

A) Faites autant de colles que possible

Ne vous éloignez pas trop de votre établissement pendant les semaines qui viennent ! Les professeurs de langue consciencieux restent généralement très disponibles pour leurs étudiants, et il serait dommage de ne pas en profiter. Réservez des créneaux de colle dès que vous en avez l’occasion : rien de tel que de se confronter le plus possible à l’exercice. Rassurez-vous par exemple en affinant votre introduction-type de sorte à ce qu’elle soit bien rodée pour le mois prochain. A la fin de votre colle, si votre professeur ne vous donne pas son support de correction, veillez bien à noter toutes ses remarques méthodologiques, les mots de vocabulaires qui vous ont fait défaut ainsi que certaines expressions qui vous ont interpellé.

 

B) Corrigez vos « problèmes personnels »

Le professeurs de langues sont nombreux à faire ce constat : il est fréquent de voir des étudiants faire, dans le feu de l’action, des erreurs sur des règles de grammaire ou de prononciation pourtant élémentaires. Ces fautes commises non pas par ignorance mais par inadvertance sont généralement très pénalisantes. La priorité est donc de s’exercer encore et encore jusqu’à les faire disparaitre tout à fait. Par exemple, en langue anglaise :

  • Prononcez-vous bien tous les « s » à la troisième personne du singulier ?
  • Prononcez-vous bien « woud » et « coud » et non pas « would » et « could » ?
  • Faites bien attention de ne pas ajouter « the » devant les noms de pays ou les fonctions (President, Prime Minister…) ? etc.

 

C) Dotez-vous d’un vocabulaire aussi exhaustif que possible dans tous les grands thèmes

Si par exemple, votre texte d’oral porte sur l’environnement, il vous faudra résumer le texte en évitant tant que possible la paraphrase, puis extrapoler en proposant un plan en trois parties sur la question. Il est ainsi essentiel de connaitre le plus de mots possibles issus de ce champ lexical.

De même, maîtriser les concepts les plus importants est tout aussi primordial. Après une brillante présentation sur le lien entre développement durable et économie, imaginez le malaise si votre colleur vous demande immédiatement après celle-ci « In your opinion, should states condemn greenwashing ? » et que vous ignorez totalement ce qu’est le greenwashing… Pour vous aider, Major-Prépa vous concoctera quelques petits quiz thématiques, au moins dans la langue de Shakespeare. En attendant, vous pouvez toujours refaire celui-ci : https://major-prepa.com/langues/20-mots-expressions-a-recaser-anglais/

 

D) Travaillez l’actualité spécifiquement

Sachez que vos examinateurs seront tout aussi sensibles à votre maîtrise de la langue que votre connaissance en civilisation, a fortiori de l’actualité. Vous avez enfin le temps de lire (presque) pour le plaisir, alors profitez-en : prenez l’habitude d’éplucher la presse étrangère plusieurs fois par semaine. C’est un réflexe à acquérir dès maintenant pour que cet « effort » s’avère payant pendant les oraux. Pour vous motiver, visualisez-vous en costume, vous lançant dans une analyse fine et précise de la politique étrangère d’Angela Merkel avant de conclure « je l’ai lu dans le Spiegel de la semaine dernière »… de quoi compenser toutes les lacunes linguistiques du monde.

Par ailleurs, n’oubliez pas de vous intéresser au maximum de pays où l’on pratique la langue que vous étudiez. Vous devez être en mesure de parler de la présidentielle autrichienne du 22 mai en colle d’allemand et de l’actualité politique de l’Amérique latine en colle d’espagnol…

 

E) Apprenez à parler la langue « pour de vrai »

Vos examinateurs en langue seront très probablement des professeurs qui enseignent au sein de l’école à laquelle vous aspirez. De ce fait, ces derniers ne sont pas toujours aussi à cheval sur l’aspect académique et rigoureux des colles que vos profs de prépa ! Là où le bât blesse, c’est que nombre d’étudiants sont intarissables lorsqu’il s’agit de parler de politique ou d’économie, mais peine à tenir une simple conversation ou à parler d’eux. C’est tout à fait normal, puisque vous avez étudié les langues pendant deux ans presque uniquement dans l’optique de préparer les écrits.

En LV2 notamment, apprenez des phrases simples vous permettant de vous présenter et de poser des questions sur l’examinateur (ils aiment bien souvent parler d’eux et cela vous soulagera parfois pendant l’entretien). Lorsque j’ai passé mon oral d’anglais dans la fournaise toulousaine (il faisait près de 40 degrés) l’examinatrice m’a suggéré alors que je m’installais de retirer ma veste. Je lui ai rétorqué en prenant tant que possible l’accent de George Clooney « That’s fine, for twenty minutes I prefer to be smart ». Elle a ri,  nous avons parlé vingt minutes de tout et de rien sans même évoquer le texte sur lequel je devais passer. C’est aussi ça, les oraux en école de commerce !

 

 

II- Préparer l’entretien de personnalité

 

L’entretien de personnalité est l’épreuve la plus déterminante de vos oraux. Non seulement son coefficient est extrêmement élevé, mais surtout, les jurés sont enclins à mettre des notes extrêmement discriminantes ! En d’autres termes, convaincre le jury que l’école a besoin de vous dans ses rangs correspond à une admission immédiate, peu importe votre niveau en langue. Nous publierons prochainement de nombreux articles vous permettant d’aborder cette épreuve si particulière. En préambule, vous pouvez lire celui-ci : https://major-prepa.com/methodologie/pourquoi-des-entretiens-de-motivation/. Retenez néanmoins ce mot d’ordre : apprenez à parler de vous, construisez-vous une « histoire » cohérente qui vous permettra de lier ensemble toutes les expériences que vous souhaitez valoriser.

Bon courage pour la suite, le bout du tunnel se profile 😉 !

A titre indicatif :

Écoles Coefficient anglais Coefficient LV2 Coefficient entretien
EM Lyon 3 3 9
EDHEC 6 4 15
Audencia 4 3 8
Grenoble EM 5 5 10
Toulouse BS 5 4 11
NEOMA BS 4 4 7
Skema 6 4 20
KEDGE BS 4 3 12

 

 

Dimitri Des Cognets

Rédacteur en chef de Major-Prépa