Retour sur le congrès des professeurs de prépa ECT (ADEPPT) Retour sur le congrès des professeurs de prépa ECT (ADEPPT)
Ce vendredi 18 janvier s’est tenu le congrès de l’ADEPPT (Association de Promotion des Classes Préparatoires Option Technologique). Cette réunion annuelle a pour but... Retour sur le congrès des professeurs de prépa ECT (ADEPPT)

Ce vendredi 18 janvier s’est tenu le congrès de l’ADEPPT (Association de Promotion des Classes Préparatoires Option Technologique). Cette réunion annuelle a pour but de faire le point sur les grandes tendances de cette filière relativement jeune, encore méconnue en comparaison des deux grandes filières économiques et commerciales que sont les filières ECS et ECE.

 

Le congrès ADEPPT à l’ESC Clermont

Françoise Roudier, directrice générale de l’ESC Clermont, a ouvert le séminaire de l’ADEPPT en identifiant trois bonnes raisons d’accueillir l’Association de Promotion des classes Préparatoires option Technologique.

Premièrement, l’ESC Clermont est historiquement une école au recrutement majoritairement prépa : 80% des 12 000 diplômés de l’école sont passés par une classe préparatoire. Deuxièmement, les filières technologiques sont aujourd’hui majoritaires dans le recrutement de l’école. Enfin, 2019 constitue une année un peu particulière pour l’ESC Clermont, qui souffle sa centième bougie cette année. Il s’agit donc du premier événement labellisé Centenaire.

En écho à l’importance que l’école prétend donner à chaque individu, l’ESC Clermont dévoile une campagne de communication basée principalement sur les prénoms de ses alumni. Elle tient à s’attacher non seulement à ses diplômés mais aussi à son territoire, qu’elle revendique fièrement : “Cette école se nourrit d’échanges permanents avec son écosystème économique, politique et institutionnel.” De la sorte, les filières Passion Sport (avec l’ASM Clermont-Auvergne) et Passion Automobile (avec SIGMA Clermont) s’ancrent dans les problématiques économiques locales. Ce positionnement, la CEFDG le reconnaît et le qualifie de : “Grande Ecole à taille humaine, clair et convaincant”.

 

L’intervention de la BCE

Christian Chenel, directeur de la DAC en charge des concours de la BCE commence son intervention, par une petite boutade “La BCE est adepte de l’ADEPPT !”. Un moyen de rappeler l’importance grandissante des prépas technologiques dans le recrutement des Grandes Écoles de management, dans un contexte de croissance atone des effectifs de prépa. Il a d’abord rappelé que la BCE est encore composée de 24 écoles post-prépas en 2019, même si l’année prochaine deux d’entre elles, Rennes SB et l’EM Strasbourg, rejoindront Ecricome.

10 799 candidats ont présenté la BCE en 2018, soit exactement le même nombre qu’en 2017. Christian Chenel anticipe néanmoins une baisse des effectifs globaux à partir de l’année prochaine. La croissance des effectifs (très légère, en considérant uniquement les étudiants français alors que le Maroc a limité l’intégration des étudiants en prépa technologique) se vérifie en effet uniquement en filière ECT, tandis qu’ils sont en baisse pour les voies ECS, ECE et littéraires.

Cette tendance est d’ores et déjà visible lorsqu’on observe attentivement la répartition des 10 799 candidats qui passeront les concours BCE cette année : si la voie ECS a gagné 61 places (+1,6%) et les ECT 11 places (+0,7%), les filières littéraires et la filière économique accusent eux un recul relativement important.

Cette année, le jour de rattrapage en cas de reprogrammation d’épreuve est fixé au vendredi 17 mai. Une journée qui, ironise Christian Chenel, “ne devrait pas avoir à servir cette année”. Pour rappel, un couac de distribution de sujet avait obligé les candidats ECS à repasser l’épreuve de maths EDHEC en 2018.

Enfin, pour les ECT, seules les calculatrices de type collège et non programmables seront désormais autorisées.

 

Les changements pour 2019

En 2019, la BCE va d’abord réduire le nombre de jours d’épreuves à 8, afin de rendre cette épreuve (au sens large du terme) moins éprouvante pour les candidats. Par ailleurs, la conception des sujets, historiquement l’apanage des écoles parisiennes (HEC, ESSEC, ESCP) sera “élargie lors des années à venir à d’autres écoles”. Enfin, la logique selon laquelle il était plus simple de passer ses épreuves en province où les niveau était réputé plus faible perd de son sens : les copies seront désormais brassées à l’unité, dans le cadre de la numérisation des corrections mise en place par la BCE cette année.

 

Une baisse structurelle des effectifs

336 élèves en prépa de moins ont intégré une CPGE économique et commerciale en 2018, ce qui représente une baisse de 3,1%. “Les secondes années ont décru de 3,8% par rapport à l’an passé.” précise par ailleurs Christian Chenel.

Pour ce qui est de la voie technologique, la baisse est beaucoup plus importante, du fait du Maroc, où les ECT ont été réorientés en ECS suite à une réforme du système. La voie technologique décroît elle -18%, avec -845 étudiants issus du Maroc. Pour la France, les effectifs des prépas ECT sont globalement stables.

 

Impact de Parcoursup et du bac 2021

Parcoursup a également compliqué les choses pour les classes préparatoires cette année, ce qui va avoir un impact dès 2020 sur les inscriptions aux concours. Cette baisse des effectifs devrait être, espère Christian Chenel, seulement conjoncturelle. Elle le sera seulement si les responsables gouvernementaux du nouveau système d’affectation des bacheliers trouvent certains ajustements cette année, forts de l’expérience de 2018.

L’autre problème majeur soulevé est celui de la réforme du bac qui surviendra en 2021 : il supposera nécessairement une réforme en aval des classes préparatoires, car la logique des filières ECS, ECE et ECT va perdre leur logique intrinsèque. A l’heure actuelle, aucune hypothèse n’est écartée : quoi qu’il en soit, cela pose un vrai défi aux classes préparatoires économiques et commerciales. “Au moins, nous avons beaucoup de travail devant nous” conclut avec un brin de malice Christian Chenel.

 

L’intervention d’Ecricome

Charlotte Fradet, responsable communication d’Ecricome, a ensuite pris la parole. Elle a d’abord rappelé les grands chiffres du concours : 1260 places sont alloués entre KEDGE BS et NEOMA BS, avec une croissance des effectifs en ECT. C’est ainsi que 17% des candidats sont issus de la filière technologique, et ils sont in fine 21% à intégrer l’une des deux écoles de la banque d’épreuves.

Les deux nouvelles écoles qui intégreront Ecricome la banque en 2020, Rennes SB et l’EM Strasbourg, vont permettre d’augmenter le nombre de places en école accessibles après Ecricome à 1925 places, sous réserve de modifications ultérieures. Par ailleurs, les épreuves de langues à l’oral seront désormais basées sur un document vidéo et non plus un document audio.

 

 

Dimitri Des Cognets

Rédacteur en chef de Major-Prépa