Les inégalités sociales aux États-Unis et au Royaume-Uni en 10 faits Les inégalités sociales aux États-Unis et au Royaume-Uni en 10 faits
La question des inégalités sociales, c’est-à-dire le fait qu’un groupe social soit avantagé ou désavantagé par rapport à un autre groupe pour accéder à... Les inégalités sociales aux États-Unis et au Royaume-Uni en 10 faits

La question des inégalités sociales, c’est-à-dire le fait qu’un groupe social soit avantagé ou désavantagé par rapport à un autre groupe pour accéder à des ressources (revenus, santé, éducation, etc.) est un élément constitutif des paysages étasunien et britannique. Voici dix faits pour mieux comprendre l’ampleur du phénomène avec, à la fin de cet article, la traduction en anglais des termes utiles.

 

 

Royaume-Uni

 

#1 – Un Britannique sur cinq vit sous le seuil de pauvreté

Le Royaume-Uni est la sixième puissance du monde, son taux de chômage, s’élevant à seulement 3,8 % en 2019, est au plus bas depuis 1975 et les ménages ont connu une forte progression de pouvoir d’achat. Pourtant, une grande partie de la population vit dans la précarité. Un rapport récent de l’ONU tire la sonnette d’alarme en pointant du doigt les 14 millions d’habitants (soit un cinquième de la population) qui vivent dans la pauvreté. Quatre millions d’entre eux vivent d’ailleurs en dessous de 50 % du seuil de pauvreté et 1,5 million sont démunis et ne peuvent pas subvenir aux besoins de base.

 

#2 – Plus de 1,5 million de Britanniques travaillent avec un contrat « zéro heure »

Alors que les banquiers d’affaires de La City jouissent de positions professionnelles aux contrats confortables, certains Britanniques s’enfoncent dans une précarité croissante. Ils sont plus de 1,5 million à travailler avec des contrats « zéro heure ». Ces contrats fonctionnent sur le principe de flexibilité : les employeurs ne font travailler que lorsqu’ils ont besoin, il est donc possible d’avoir des semaines à zéro heure. Les secteurs de la restauration et de l’industrie y ont largement recours, mais le secteur public s’y met également (santé et éducation). La moitié de ces travailleurs n’arrive pas à trouver un travail à temps plein et gagne en moyenne 118 £ par semaine contre 479 £ pour les employés à contrat fixe.

 

#3 – Le taux de pauvreté infantile au Royaume-Uni a atteint les 33 % en 2018

Un rapport de l’UNICEF a souligné la position en fin de classement du Royaume-Uni en termes de pauvreté infantile, parmi les pays les plus développés. En effet, plus de quatre millions d’enfants, soit un taux supérieur à 30 % en 2018, sont pauvres, c’est-à-dire issus d’une famille dont les revenus sont en dessous du seuil de pauvreté. 20 % d’entre eux sont en situation d’insécurité alimentaire, autrement dit, ils n’ont pas suffisamment accès à de la nourriture saine.

 

#4 – Des espérances de vie qui varient fortement selon la ville

Les inégalités sociales et la pauvreté ont des conséquences directes sur la santé et l’espérance de vie. Un rapport de l’Observatoire londonien de la santé souligne en 2010 que l’espérance de vie en Angleterre est en moyenne de 78,2 ans. Toutefois, elle n’est que de 74 ans à Manchester (qui a subi le déclin industriel), alors qu’elle s’élève à 85 ans dans certains quartiers riches de Londres, par exemple Kensington.

 

#5 – Un Londonien sur quatre est confronté à la pauvreté

Alors que les salaires ont stagné à Londres sur les cinq dernières années, les loyers ont quant à eux augmenté de plus de 30 %, selon un rapport de la New Police Institute. Le loyer moyen avoisine les 1800 livres (soit plus de 2 000 euros), ce qui fait de Londres l’une des villes les plus chères au monde. Un Londonien sur quatre, soit 2,3 millions de personnes, est donc en grande difficulté économique dans la ville. Parmi toutes ces personnes, plus de la moitié travaille, il s’agit alors de « travailleurs pauvres ».

 

 

États-Unis

 

#6 – Ces 30 dernières années, la fortune des trois familles américaines les plus riches a augmenté de 6 000 % !

Selon un rapport portant sur les inégalités aux États-Unis, la fortune des trois plus grosses familles américaines a augmenté de 6 000 % en trente ans, alors même que le revenu médian américain a diminué de 3 % sur cette même période. Il s’agit des familles Walton, Koch et Mars. La première détient plus de 50 % des parts du géant de la grande distribution, Walmart. Sa richesse est estimée à 130 milliards de dollars. La famille Koch a fait fortune dans l’industrie pétrolière et chimique et sa fortune s’élève à 82 milliards de dollars. Enfin, avec un patrimoine de 78 milliards de dollars, on retrouve la famille Mars, qui a réussi grâce à l’industrie alimentaire.

 

#7 – « J’ai un travail, mais je vis dans ma voiture. »

La crise de 2008 et la précarité qui a suivi ont donné lieu à un nouveau phénomène aux États-Unis : celui des « SDF-travailleurs ». On dénombre 554 000 SDF aux États-Unis, parmi lesquels, pourtant, un nombre élevé travaille. Dans certaines villes, comme Seattle, ils sont plus de 20 % à vivre dans leur véhicule et à se rendre au travail tous les jours. Cette nouvelle situation de pauvreté s’explique par le fait que les prix de l’immobilier ont augmenté deux fois plus vite que le salaire moyen, mettant à la rue un certain nombre de travailleurs.

 

#8 – Outre-Atlantique, 255 000 octogénaires continuent de travailler

Ils ont largement dépassé l’âge de la retraite et pourtant ils travaillent encore ! De nombreuses personnes âgées aux États-Unis n’ont pas vraiment le choix si elles veulent subvenir à leurs besoins : elles doivent encore travailler. Ce phénomène a émergé après la crise de 2008. Vendeurs, fermier, chauffeurs, etc. Ils occupent tout type de petits boulots par nécessité, pour pallier un système de retraite insuffisant face à des coûts de santé toujours croissants. Ils sont aujourd’hui 255 000 octogénaires à travailler, la proportion a doublé depuis 2006, sans compter la tranche d’âge des 65-80 ans qui a, elle aussi, considérablement augmenté son activité professionnelle.

 

#9 – La fortune des trois Américains les plus riches équivaut à celle de 162 millions de leurs concitoyens

Les trois Américains les plus riches sont multimilliardaires. Il s’agit de Jeff Bezos, le fondateur d’Amazon, Bill Gates qui a créé Microsoft et Warren Buffet, un financier. La somme cumulée de leurs fortunes équivaut à celle de la moitié de la population la plus pauvre des États-Unis, soit environ 162 millions de personnes !

 

#10 – L’espérance de vie en baisse aux États-Unis

En 2014, l’espérance de vie moyenne était de 78,9 ans, elle s’élèvait à 78,6 ans en 2018. Même si la baisse semble minime, c’est la première tendance à la baisse depuis 1918 et la grande épidémie de grippe ! L’espérance de vie devrait en effet augmenter, et non diminuer. Une telle évolution est attribuée aux overdoses de drogues, qui ont connu une croissance de 10 %, notamment en 2016, selon les bureaux statistiques américains. De manière plus générale, cela traduit une situation de grande détresse sociale et sanitaire.

 

 

Lexique utile

 

inégalités sociales = social inequalities

la fracture sociale = the social divide

le taux de chômage = the unemployment rate

le seuil de pauvreté = the poverty line/the poverty threshold

le pouvoir d’achat = the purchasing power

précarité = precariousness

tirer la sonnette d’alarme = to send out/to raise the alarm bell

subvenir à ses besoins = to be self-suppoting/to provide one’s needs

pauvreté infantile = child poverty

espérance de vie = life expectancy

un loyer = a rent

une fortune = a fortune

un milliardaire = a billionaire

un SDF = a homeless person

Florine Brière