Pile de documents et magazines sur fond violet, illustration de la méthode de contraction de texte

La contraction de texte est une épreuve souvent redoutée, alors qu’il ne s’agit de rien de plus qu’une épreuve de méthodologie, et un peu de culture générale quand même. Atteindre la note maximale ne requiert qu’un certain entraînement et beaucoup de méthode. Il est tout à fait possible d’avoir 18 en contraction de texte, à condition de ne pas négliger les règles formelles et de s’entraîner régulièrement.

Important : à compter du concours 2023, la contraction de texte a disparu des épreuves du concours BCE en prépa commerciale. Elle est remplacée par la synthèse de textes, qui compte désormais pour toutes les écoles. Cet article reste utile pour comprendre les fondamentaux de la contraction et se préparer aux épreuves de résumé proposées par d’autres concours.

Il n’y a pas de miracle : il faut s’entraîner, en faire encore et encore. Il existe de nombreuses méthodes pour la contraction, et il n’est pas le moment de changer sa méthode juste avant l’épreuve. Fais ce que tu as toujours fait.


La méthode ultime pour réussir la synthèse

 

L’épreuve de contraction de texte : ce qu’il faut savoir

Format et durée de la contraction de texte

La contraction de texte consiste à synthétiser un texte d’environ 4 000 mots en 400 mots, avec une tolérance de 5 %. Tu peux donc écrire entre 380 et 420 mots pour être dans les clous. L’épreuve dure 3 heures et est souvent prise à la légère par les candidats qui y voient une loterie. Ce n’est pas le cas : une bonne méthodologie permet aisément de grappiller des points négligés par les pairs, et il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un concours, pas d’un examen. Lire les rapports de jury est bien plus qu’utile : ils révèlent précisément ce que les correcteurs sanctionnent et valorisent.

Les deux objectifs de l’épreuve de contraction de texte

La contraction de texte a deux buts distincts qu’il faut garder en tête tout au long de l’épreuve.

Premier objectif : s’assurer que l’étudiant comprend un texte plus ou moins complexe, c’est-à-dire qu’il est capable de saisir l’idée de l’auteur et de l’expliquer à son tour. Quoi de mieux pour vérifier qu’on a compris quelque chose que de le résumer dans ses propres mots ?

Deuxième objectif : s’assurer que l’étudiant sait parler un français correct et utiliser un style de qualité. Les écoles de commerce forment de futurs managers : un français écrit bourré de fautes et un style approximatif sont rédhibitoires.

Les règles formelles et leurs pénalités

Les règles à respecter sont nombreuses et toute infraction est sévèrement pénalisée. Voici les points critiques.

L’orthographe peut faire perdre jusqu’à 4 points : aucune pénalité jusqu’à 3 fautes, 1 point entre 4 et 6 fautes, 2 points entre 7 et 9 fautes, 3 points entre 10 et 12 fautes, 4 points au-delà.

Le décompte des mots est primordial. Une barre doit être indiquée tous les 50 mots, sous peine d’une pénalité d’un point. Le rendu doit faire entre 380 et 420 mots : une pénalité d’un point par tranche de 10 mots d’écart est appliquée (1 point entre 421 et 430 mots, 2 points entre 431 et 440 mots, etc.). L’oubli du décompte est sanctionné d’un point. Toute tentative grossière de tricherie coûte deux points. Une copie moyenne tombe vite à zéro.

Méthode 1 : l’approche de Léa

La lecture et le découpage de la contraction de texte

Commencer par lire le texte une première fois en entier. Le but est de comprendre l’idée générale de l’auteur et son raisonnement : où a-t-il voulu en venir ? Comment l’a-t-il fait ? Cette première lecture ne doit donner lieu à aucune prise de notes : elle sert uniquement à s’imprégner du texte. Il existe aussi une autre approche qui consiste à contracter le texte au fil de la lecture, sans l’avoir lu auparavant. Les deux fonctionnent, l’essentiel est de ne pas en changer la veille du concours.

Ensuite, couper le texte en trois parties, qui correspondent en général aux trois idées principales de l’auteur. Ce nombre est à adapter selon le découpage implicite du texte.

Le brouillon paragraphe par paragraphe

Reprendre chaque paragraphe un par un et en faire un court résumé sur une feuille de brouillon : court mais complet. L’objectif est qu’au moment de la rédaction, il ne soit plus nécessaire de relire le texte en entier, seulement ce résumé. C’est ce gain de temps qui permet d’éviter la dispersion et de rester concentré sur la reformulation plutôt que sur la compréhension, qui doit déjà être acquise.

La rédaction et le contrôle des proportions dans la contraction de texte

Au moment de la rédaction, il s’agit de réécrire de façon succincte chaque résumé déjà réalisé, en gardant quand même un œil sur le texte pour éviter de dériver. Lors du premier jet, ne pas accorder toute l’importance au nombre de mots, mais ne pas perdre de vue l’objectif : restituer l’idée de l’auteur sans paraphrase ni interprétation personnelle.

Pour respecter les proportions : si sur un texte de deux pages un paragraphe fait une demi-page, la partie qui lui est consacrée dans la copie doit garder les mêmes proportions, soit ici un quart du nombre de mots total.

Méthode 2 : l’approche d’Arnaud (ancien étudiant en prépa ECS)

Avant de lire : identifier l’auteur de la contraction de texte

Le premier conseil d’Arnaud est de commencer par regarder le nom de l’auteur. Si c’est un auteur dont on est un minimum familier, ou dont on connaît au moins un peu les idées, cela peut éviter un contresens grossier dès la première lecture.

La première lecture et le découpage en cinq parties

Lire le texte une première fois, lentement, en s’appliquant à bien comprendre la pensée de l’auteur et à s’imprégner de son style, sans rien écrire. Faire ensuite deux ou trois relectures plus rapides pour découper le texte en cinq parties :

  • une courte introduction (40 à 60 mots au final)
  • trois parties argumentatives (100 à 150 mots chacune selon le texte)
  • une conclusion (20 à 40 mots)

 

Ce travail de compréhension et de repérage doit prendre entre 30 et 45 minutes maximum. La contraction elle-même est un exercice laborieux et la suite de l’épreuve est souvent une véritable course contre la montre.

Le premier jet sans contrainte de mots

Résumer une première fois chacune des cinq parties séparément, sans tenir compte des autres parties et sans se préoccuper du nombre de mots. Il s’agit de résumer chaque partie de façon aussi large que possible, en incluant autant d’éléments du texte que possible. Ce premier jet se fait avec un œil constant sur le texte.

Après ce premier jet, faire le décompte du nombre de mots pour chaque partie puis pour le total. Il n’est pas rare d’avoir plus de 200 mots de trop à cette étape. Commencer alors à défricher la production en évacuant les éléments non essentiels et en épurant le style pour gagner des mots sur chaque tournure de phrase.

Respecter l’équilibre : une introduction plus longue qu’une partie argumentative, des parties de longueurs trop différentes ou une conclusion disproportionnée sont des signaux négatifs pour le correcteur.

La mise au propre finale de la contraction de texte

Quand le brouillon est sous la barre des 420 mots, commencer la rédaction au propre. Exploiter à fond ces 420 mots pour restituer tous les aspects importants du texte. Garder une bonne vingtaine de minutes à une demi-heure pour la mise au propre. Sauter des lignes entre les parties : visuellement, cela rend bien et facilite la lecture du correcteur.

Mentionner le décompte des mots tous les 50 mots et indiquer le décompte final en fin de copie, comme précisé par l’énoncé. Ne pas le faire peut coûter un point. Si par malheur le brouillon a été mal compté, être sincère sur la copie : les mots sont systématiquement recomptés et toute tentative de dissimulation est sanctionnée.

Les conseils de style communs aux deux méthodes de la contraction de texte

Soigner le style, pas seulement les idées

Le rapport de jury le dit clairement : “La qualité de la langue est l’objet de toute l’attention des correcteurs, et les fautes d’expression sont strictement pénalisées.” Un style élaboré permet aussi de respecter le nombre de mots : certaines expressions stylistiques permettent de dire en trois mots ce qu’on aurait dit en dix.

Proscrire la citation et la paraphrase

Il faut absolument proscrire la citation ET la paraphrase. Le but est de s’approprier l’idée de l’auteur, pas de la recopier. Il existe cependant des mots essentiels qu’il ne faut pas modifier : des noms communs tels que “discours”, “charme” ou “véhicule” qui sont constitutifs du propos de l’auteur peuvent être conservés.

Respecter l’ordre d’argumentation de l’auteur

Si l’auteur ne fait pas d’introduction, il est inutile d’en rédiger une. Pour montrer qu’on a bien compris sa théorie, il faut être capable de suivre et d’expliquer son raisonnement, et cela passe par respecter l’ordre des idées tel qu’il est développé dans le texte.

Pour aller plus loin

Comme le rappelle Arnaud, aucune de ces deux méthodes n’a prétention à être LA méthode universelle. Sur certains textes, un découpage en trois ou quatre paragraphes peut être plus judicieux qu’un découpage en cinq. La meilleure solution reste de trouver son propre rythme de travail en s’entraînant régulièrement sur des textes variés. Plus la technique est rodée, moins on se pose de questions le jour J, et plus on peut se concentrer sur l’essentiel : la qualité de la reformulation et la fidélité au raisonnement de l’auteur. Retrouve des copies commentées notées 20/20 en contraction sur le site pour voir concrètement ce que les correcteurs attendent.


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