Major Prépa > Méthodologie > Le commentaire de texte en spé lettres modernes
Pour commencer, tu dois avoir en tête que la réussite en spé Lettres modernes (aussi bien à l’écrit qu’à l’oral !) est très largement conditionnée par la maîtrise de la méthode. Cette dernière s’acquiert par des exercices réguliers : analyse de texte chaque semaine, rédaction d’intros ou de paragraphes à partir d’un plan, etc. Cependant, l’entraînement ne se suffit pas à lui-même, car il faut s’approprier en amont les connaissances nécessaires à une lecture fine et pertinente. À l’écrit, l’analyse de texte s’articule autour de trois piliers essentiels : la stylistique, l’histoire littéraire et le genre littéraire. Cet article te donne donc les clés afin de maîtriser à la perfection cet exercice !
Les formes d’écriture : outils d’analyse stylistique
La stylistique est généralement ce qui est le plus approfondi par les préparationnaires, à raison ! Toutefois, garde à l’esprit qu’exhaustivité ne rime pas nécessairement avec efficacité… C’est pourquoi il faut faire le tri entre les notions les plus « niches » et les notions vraiment indispensables.
Pour t’aider, voici une liste des notions de base, que tu dois maîtriser sur le bout des doigts :
- Les figures de style les plus fréquentes
- Les registres littéraires et les registres de langue
- Les valeurs des temps et des modes
- La syntaxe, pour comprendre la fonction de chaque phrase et donc l’articulation du texte
- La grammaire, pour pouvoir identifier parfaitement la nature de n’importe quel mot
- Les sonorités des voyelles et des consonnes (par exemple : « d », « l », et « t » sont des occlusives dentales, tandis que « b », « f », « m », « p » » et « v » sont des occlusives labiales)
- Les fonctions de la ponctuation
Il y a ensuite des notions de stylistique propres à chaque genre littéraire et dans ce contexte absolument indispensables :
- Pour le théâtre et le roman : la rhétorique (c’est-à-dire les modalités et l’organisation d’un discours), les notions relatives à l’organisation du texte (en théâtre, par exemple, on parle de stichomythie, de didascalie…)
- Pour la poésie : la versification (avec les différents types de césure, de rimes, de rythmes…)
Les notions « bonus »
Une fois que tu es au point sur tous ces éléments, tu peux apprendre des notions « bonus », c’est-à-dire des notions qui entrent dans ces catégories, mais qui sont tellement pointilleuses que tu as peu de chances de les retrouver dans le texte du concours ou d’être assez à l’aise pour correctement les utiliser.
En effet, le jury insiste chaque année sur l’importance de la clarté dans la désignation des procédés, ainsi, mieux vaut savoir d’abord parfaitement identifier une aposiopèse, un polyptote ou un zeugma, plutôt qu’une tmèse ou une parembole.
Ce travail de précision vient au fur et à mesure de l’année mais, comme premier bagage, une parfaite maîtrise des notions de base suffit, si elle est complétée par une connaissance de l’histoire littéraire et des différentes formes littéraires.
L’histoire littéraire
L’histoire littéraire est un autre outil indispensable à l’analyse d’un texte. En effet, pour dégager au mieux le sens du texte et éviter les contresens, il est essentiel de replacer l’œuvre dans son contexte d’écriture, et dans la mesure du possible, à la décennie près !
Procéder ainsi permet de mobiliser les figures importantes de l’époque auxquelles l’auteur peut faire référence (qu’elles soient fictives ou réelles), de comprendre avec davantage de finesse sa démarche (louange ou dénonciation, par exemple) et de donner sa valeur pleine au texte, c’est-à-dire ce qu’il apporte aux lecteurs, contemporains et actuels : ce peut être une innovation stylistique ou une prise de position marquante, par exemple.
Maîtriser vraiment l’histoire littéraire revient à maîtriser d’un côté l’évolution macro, c’est-à-dire les grandes dynamiques d’un siècle à l’autre et, de l’autre, les évolutions micro, c’est-à-dire les évolutions d’un siècle, décennie par décennie (dans la mesure du possible).
Par exemple :
- Grandes dynamiques : le XVIIe siècle est l’âge d’or du théâtre classique et le XIXe siècle celui de l’âge d’or du roman (en France, car le texte du concours sera français).
- Évolution micro de la poésie au XVIIIe siècle :
- La persistance des poèmes satiriques et épiques
- L’essor d’une poésie descriptive et didactique
- Le renouvellement du lyrisme poétique
L’histoire littéraire sert également à connaître et à reconnaître les topoï dont les auteurs parsèment leurs textes.
Par exemple : la figure de l’abeille est l’allégorie de l’innutrition de l’écrivain humaniste au XVIe siècle, ou encore la figure du chiffonnier au XIXe siècle incarne le spleen. Il est convoqué par Baudelaire dans Le Spleen de Paris avec « Le vin des chiffonniers », mais est repris également par d’autres auteurs avec des connotations plus ou moins similaires.
Les genres et sous-genres littéraires
L’histoire littéraire permet de dresser les évolutions de chaque genre littéraire, qui traduisent les différentes manières des auteurs pour les appréhender. Tout texte s’inscrit ainsi dans un héritage qu’il est important de repérer et d’exploiter. Pour cette raison, il est essentiel de maîtriser les différentes formes littéraires au sein de chaque grand genre littéraire.
Les écritures de soi sont un exemple assez frappant de la diversité des formes littéraires et de la subtilité de leurs évolutions. On distingue ainsi l’autobiographie, le roman-mémoire, les mémoires, le roman psychologique, le journal intime, le psycho-récit, l’autofiction…
De même, en théâtre, on distingue la comédie moliéresque de la comédie néoclassique, la tragédie classique du drame bourgeois, le mélodrame du drame romantique, ou encore le théâtre symboliste du théâtre engagé. Chaque genre et sous-genre littéraire possède des caractéristiques propres qu’il s’agit de connaître dans les grandes lignes pour fournir un repérage précis et exploiter toutes les possibilités d’interprétation qu’elles fournissent.
Trouver les bons supports
Maintenant que tu sais ce que tu as à faire, il ne te reste plus qu’à trouver les bons supports pour te fournir toute la matière dont tu as besoin ! Commence par travailler avec les bibliographies de tes profs, puis complète tes fiches par les analyses de texte que vous ferez au cours de l’année.
À ce propos, n’hésite pas à faire une synthèse des éléments importants à retenir de chaque texte, cela peut notamment te servir à faire des amorces et des ouvertures convaincantes.



