Mario Draghi est une figure politique italienne, mais aussi européenne majeure, à connaître absolument pour les concours. Après avoir été directeur général du Trésor italien de 1990 à 2001, cadre dirigeant chez Goldman Sachs, puis gouverneur de la Banque d’Italie entre 2006 et 2011, Mario Draghi devient président de la Banque centrale européenne. Son mandat est synonyme de réussite et lui permet alors d’être appelé à diriger le gouvernement italien en 2021.
Une figure clé du soft power italien
Un symbole de compétence et de fiabilité
Bien avant d’être à la tête du gouvernement italien, Mario Draghi s’était imposé comme l’une des figures les plus respectées de la vie publique italienne grâce à ses compétences. Il a acquis cette respectabilité notamment grâce au succès qu’il a rencontré à la tête de la Banque centrale européenne entre 2011 et 2019.
En effet, Mario Draghi a réussi à stabiliser la zone euro, alors en pleine crise de la dette, grâce à sa politique « whatever it takes ». L’Italie a ainsi directement profité du prestige de Mario Draghi à l’échelle européenne et internationale. Il Bel Paese n’était plus considéré comme un poids pour l’Europe à cause de sa dette élevée, mais comme un État capable de produire des hommes politiques compétents et fiables comme Mario Draghi.
Le rôle de Draghi dans le rayonnement européen et économique de l’Italie
Le rayonnement économique et européen de l’Italie s’est particulièrement illustré lors de la nomination de Mario Draghi comme président du Conseil en 2021. Son arrivée a immédiatement transformé la perception internationale du pays.
Les marchés financiers ont réagi positivement et l’Italie a retrouvé une place plus centrale dans les discussions européennes. Elle est alors apparue comme un partenaire crédible et fiable, capable de peser sur des dossiers majeurs, tels que la stratégie vaccinale ou le plan de relance de l’Union européenne.
Un soft power technocratique au service de l’État italien
En plus de participer au rayonnement de l’Italie, Mario Draghi a incarné et diffusé un véritable soft power technocratique. Alors que certains dirigeants européens misaient sur des discours populistes, Draghi prônait l’expertise et la modération.
Ce nouveau type de leadership a ainsi renforcé l’image d’une Italie capable de s’appuyer sur des élites compétentes et soucieuses de l’intérêt commun.
Le gouvernement Draghi (2021-2022)
Une coalition à la fois hétérogène et symbole d’union
Mario Draghi arrive à la tête du gouvernement italien en février 2021. L’Italie est alors dans une période de crises politiques, économiques et sanitaires. En effet, Giuseppe Conte, alors à la tête du Mouvement 5 étoiles et président du Conseil des ministres, démissionne.
Dans le même temps, les répercussions économiques de la pandémie se font sentir et l’Italie subit la pression européenne quant à la mise en œuvre du plan de relance. C’est dans ce contexte que le président Sergio Mattarella charge Mario Draghi de former un gouvernement. Son gouvernement regroupe des hommes politiques issus de presque tout le spectre politique, du Parti démocrate à la Ligue. Il est ainsi qualifié de « gouvernement d’union nationale ».
La gestion de la pandémie et de la relance
Arrivé au pouvoir, la priorité de Mario Draghi est la relance économique du pays, et ceci dans un contexte de pandémie. Il accélère la campagne de vaccination, qui en devient l’une des plus efficaces en Europe. Si tu veux connaître le bilan de l’Italie face à la pandémie de la Covid-19, n’hésite pas à consulter cet article.
Cela renforce la crédibilité du gouvernement et permet à l’Italie de relancer des secteurs essentiels, comme le tourisme. Parallèlement, Draghi met en œuvre le Piano Nazionale di Ripresa e Resilienza (PNRR) pour l’Italie. Ce plan d’aide est le plus important dans le cadre du projet européen Next Generation. Grâce à ces aides, Mario Draghi modernise l’administration publique et encourage la transition numérique et écologique. Ces mesures renforcent la position de l’Italie dans l’Union européenne.
La restauration de la crédibilité italienne en Europe
Contrairement aux gouvernements populistes précédents, le programme de Mario Draghi est fondé sur le respect des engagements de l’Union européenne ainsi que sur la transparence.
Cela contribue à restaurer la confiance des partenaires étrangers ainsi que celle des marchés financiers. L’Italie retrouve alors une place centrale dans les discussions européennes, notamment concernant la gestion commune des crises.
La chute de Mario Draghi
Malgré la restauration de la crédibilité de l’Italie en Europe et le prestige de Mario Draghi à l’international, ce dernier démissionne en juillet 2022. Cette démission, qui a lieu seulement dix-sept mois après sa nomination, illustre les fragilités persistantes de l’Italie.
Des tensions politiques qui perdurent
Un des facteurs de sa démission fut la composition de son gouvernement. Cette coalition, qui a regroupé presque tout le spectre politique italien, s’est rapidement révélée difficile à contrôler. Les différents partis politiques qui la composaient (Parti démocrate, Forza Italia, Mouvement 5 étoiles, Italia Viva, La Ligue) n’avaient en réalité pas une vision commune.
Les différents partis ont en effet vite perdu leur union à mesure que les élections approchaient et que la situation sanitaire s’améliorait. La Ligue, par exemple, a rapidement adopté un comportement plus conflictuel, de peur de perdre son électorat au profit de Fratelli d’Italia. Cette instabilité interne a progressivement affaibli la cohésion au sein du gouvernement.
Les résistances aux réformes
Un autre facteur fut les résistances, sociales ou institutionnelles, face aux réformes que voulait mettre en place Mario Draghi. Par exemple, les réformes du PNRR impliquaient de profonds changements, notamment la modernisation de l’administration publique.
Or, ces réformes se heurtaient à une bureaucratie lourde, à une lenteur administrative ainsi qu’à une opposition des syndicats. Les échéances exigées par l’Union européenne quant aux dépenses du PNRR n’étaient ainsi pas toujours respectées par l’Italie.
Une démission révélatrice des fragilités internes
Enfin, la chute du gouvernement Draghi révèle une difficulté chronique de l’Italie à maintenir une stabilité politique durable. En effet, l’Italie a connu plus de soixante gouvernements depuis 1946 et la démission si soudaine de Mario Draghi n’a pas échappé à cette tendance.
Par ailleurs, la dissolution du Parlement et la victoire du parti d’extrême droite Fratelli d’Italia quelques mois plus tard ont confirmé les divisions de l’opinion publique italienne.
Conclusion
Tu connais à présent l’essentiel de la vie de Mario Draghi. Bien qu’il ait fini par démissionner, il reste une figure clé et appréciée de la politique italienne.
Mario Draghi est encore actif en politique. En septembre 2024, il a réalisé un rapport contenant près de 380 recommandations pour redynamiser la compétitivité de l’Union européenne. Il continue à prendre position par rapport à la politique de l’Union européenne et n’hésite pas à s’engager publiquement, encore aujourd’hui.
Vocabulaire
- Le gouvernement : il governo
- Le président du Conseil : il Presidente del Consiglio
- L’union nationale : l’unione nazionale
- La Banque centrale européenne : La Banca Centrale Europea
- La dette publique : il debito pubblico
- Les réformes structurelles : le riforme strutturali
- Le plan national de relance et de résilience : il Piano Nazionale di Ripresa e Resilienza (PNRR)
- Les financements européens : i finanziamenti europei
- La croissance économique : la crescita economica
- La stabilité financière : la stabilità finanziaria
- Les marchés financiers : i mercati finanziari
- Le crédit : il credito
- La politique monétaire : la politica monetaria
- La politique budgétaire : la politica di bilancio
- La crédibilité internationale : la credibilità internazionale
- Technocratique : tecnocratico
- La stabilité politique : la stabilità politica



