José Antonio Kast est le nouveau président du Chili depuis le 11 mars 2026. Ses idées politiques font entrer le Chili dans une nouvelle ère, rompant avec l’ancien président G. Boric. Nous te présentons un article afin de mieux connaître sa trajectoire politique, ses idées et ce qu’il souhaite mettre en place pour le Chili.
Portrait de José Antonio Kast
José Antonio Kast est l’actuel président du Chili. Il a gagné les élections face à Jeanette Jatta du PC et à la suite du président sortant Gabriel Boric, le 14 décembre 2025. Il a investi son poste le 11 mars dernier. Kast est élu dans un contexte de vague conservatrice en Amérique Latine. Âgé de 59 ans, il est catholique et a 9 enfants. Issu d’une famille allemande, sa famille a migré au Chili après la seconde guerre mondiale. Son père aurait été membre du NSDAP et aurait combattu pendant la seconde guerre mondiale. Kast précise que son père a été forcé et qu’il ne croyait pas à l’idéologie nazie.
Avocat de formation, il a donc étudié le droit à l’université pontificale catholique du Chili. Il fonde en 1991 un cabinet dont il se retire en 2002. Kast fait aussi partie des multimillionnaires chiliens et est homme d’affaire. On peut le caractériser comme populiste de droite et libéral-conservateur. Enfin, il se réclame lui-même comme étant de l’héritage de la dictature militaire d’Augusto Pinochet (1973-1990). Kast a été élu en décembre dernier, mais il a pris ses fonctions ce 11 mars 2026. Il est décrit par sa biographe comme « sobre, pragmatique et calme par rapport à d’autres leaders d’extrême droite ». De plus, il est considéré comme réservé et prudent. Il manquerait de « charisme » selon le politologue Robert Funk. Effectivement, il n’insulte pas et ne provoque pas, mais il est quand même décrit comme autoritaire, persévérant, et ayant une éthique professionnelle.

Sa carrière politique
Avant son élection fin 2025, cela faisait 30 ans que José Antonio Kast était dans la politique chilienne. En effet, il a commencé par être membre du mouvement grémialista. Ce mouvement politique est un mouvement conservateur étudiant fondé au sein de l’Université pontificale catholique du Chili. C’est un mouvement qui se revendique au départ comme « apolitique » mais qui, progressivement, prend de plus en plus de poids à échelle nationale jusqu’à se revendiquer comme étant l’expression des secteurs catholiques les plus conservateurs.
Puis, en 1988, lors du referendum chilien, Kast soutient Pinochet. Ce referendum portait sur la prolongation au pouvoir de Augusto Pinochet jusqu’en 1997. Kast est ensuite membre et dirigeant de l’Union Démocrate Indépendante (UDI), parti fondé par le mouvement grémialista. Il sera ensuite élu député avec l’étiquette de ce parti pour la province de Santiago en 2002. En 2019, il fonde le parti Républicain, parti le plus à droite de l’échiquier politique chilien. Enfin, il se présente aux élections présidentielles plusieurs fois avant de les remporter : déjà, en 2017 et 2021, il était candidat. En 2025, il se présente aux élections présidentielles avec le parti Républicain.
Ses idées politiques
Son passé familial et politique fait ressortir les grandes lignes de ses idées politiques. Ainsi, José Antonio Kast peut être qualifié d’ultraconservateur. D’extrême droite, il admire la dictature d’Augusto Pinochet. En plus de soutenir Pinochet lors du referendum de 1988, il milite pour son maintien au pouvoir en 2001. Selon lui, les migrants prennent les maisons, les lits d’hôpitaux et les fonds publics aux chiliens. Pendant la campagne pour les élections de 2021, Kast déclare au nom du parti Républicain : “07“. Enfin, sur le plan économique, ses idées peuvent être qualifiées d’ultralibérales. Le film No de Pablo Larraín est en lien avec le referendum de 1988 que José Antonio Kast soutien, il peut te permettre de faire une accroche de colle.

Point sur le parti Républicain chilien
Kast fonde le Parti républicain, le plus radical du pays en 2019. Cette création de parti se fait dans un contexte de dégout du système de la part de la population chilienne dû au fait qu’il y ait une absence de rénovation et de nouveauté interne. Le parti Républicain chilien a des idées qui ressemblent à celles du parti de droite : la UDI mais en ayant des idées plus poussées à l’extrême droite. La création de ce parti en 2019 crée une fracture toujours plus grande entre la droite et la gauche dans le pays. C’est aussi le parti pour lequel le moins de femmes votent dans le pays.
Trois facteurs font de lui un parti radical : son nationalisme culturel, la recherche de l’électeur catholique et son discours sur la sécurité publique. Le nationalisme culturel correspond, selon le parti, à une notion de patrie qui a à voir avec la communauté au caractère symbolique. En ce qui concerne le sujet de la migration, le parti prône une migration restreinte, et la création d’une unité politique spécialisée et d’une barrière physique à la frontière nord du pays.
De plus, il prêche pour l’incorporation de l’église catholique à l’État : les églises deviendraient des entités étatiques qui pourraient aider les familles, enfants en situation irrégulière et pour aider à la réinsertion des « délinquants et toxicomanes ». Enfin, le dernier pilier central du parti Républicain chilien est la défense de l’ordre naturel et la sécurité publique. Il prévoit notamment la construction de prisons de haute sécurité et un durcissement des peines pour les membres de bandes criminelles.

Pour développer le thème de l’extrême droite au Chili, tu peux lire cet article.
Point sur les souhaits de la population chilienne vis à vis des élections
La population chilienne se caractérise actuellement par de grandes craintes liées à la criminalité, à l’immigration, aux vols et trafics de drogues. Pour 63 % des Chiliens, la violence et le crime sont devenus le principal sujet de préoccupation. Aujourd’hui, les principaux problèmes qu’affronte le Chili sont : la criminalité, le sentiment d’anarchie ainsi que la violence urbaine. C’était donc le thème central de la campagne présidentielle. Cependant, le taux de criminalité n’est pas si élevé si on le compare à d’autres pays d’Amérique Latine. Il est de 6 homicides pour 100 000 habitants, ce qui est très largement inférieur à celui du Mexique par exemple, de 25 pour 100 000 habitants.
Bien que le Chili soit l’un des pays les plus riches d’Amérique Latine, il n’en reste pas moins que de profondes inégalités persistent, ce qui peut expliquer la crainte généralisée liée à la criminalité. En effet, en 5 ans, le nombre de vénézuéliens a doublé. Avant, le Chili ne recevait pas beaucoup de migrants. En 5 ans, une vague d’immigration vénézuélienne est arrivée dans le pays, due à la politique économique de Maduro qui appauvrit la population du Venezuela. Ainsi, aujourd’hui, la communauté vénézuélienne représente 42% des étrangers vivant dans le pays. Un quartier de Santiago a d’ailleurs été renommé « le petit Caracas ».
Ses ambitions pour le Chili
Lors de sa campagne, José Antonio Kast a minimisé son programme conservateur pour se concentrer sur l’immigration et la sécurité intérieur. Son slogan se rapproche toutefois de celui de Donald Trump : « oser faire du chili un grand pays » (“make america great again” pour D. trump). Il annonce pendant sa campagne que la première mesure s’il est élu sera de supprimer la loi qui autorise le recours à l’IVG en cas de viol ou de danger pour la mère. De plus, il est contre la contraception d’urgence, le divorce mais aussi le mariage homosexuel et l’euthanasie. Il a d’ailleurs déjà interdit à sa femme d’utiliser la pilule contraceptive. Son programme pour la population chilienne est assez tourné vers la religion : il déclare : « les chiliens ont besoin de Dieu ». Il veut mettre en place des cours de religion à l’école.
Concernant l’ordre et la sécurité publique, afin de rassurer ses citoyens, il propose le droit au port d’armes aux civils. Il portait d’ailleurs lui-même un revolver pendant la campagne. Finalement, promet donc une « main de fer » en matière de sécurité et d’ordre public. A propos des migrants, Kast a promis pendant sa campagne d’expulser des milliers d’immigrants sans papiers, surtout vénézuéliens. Cette promesse de campagne lui a permis de mettre dans son camp les électeurs préoccupés par l’insécurité. Il a aussi proposé de creuser un fossé à la frontière bolivienne pour stopper les migrants et la drogue, qu’il met dans le même sac. Il a dit aux migrants sans papiers : « Faites vos valises et partez ». Pour finir, Kast ne cache pas son émerveillement pour Pinochet. Il a donc ajouté à ses promesses de campagne l’amnistie pour les militaires condamnés pour torture ou assassinat commis sous la dictature.
Cependant, le parti républicain n’a pas la majorité absolue au parlement, ce qui implique que le gouvernement républicain devra faire des concessions avec les autres partis pour passer des lois.
Maintenant qu’il a investi le poste de président, tu peux lire cet article d’El País.
Retour sur la dictature de Pinochet, 5 choses essentielles à savoir
- Elle dure 16 ans, du 11 septembre 1973 au 11 mars 1990
- Elle se finit par referendum, sur avis de la population, voté en 1988 (54,7% pour le “no” au renouvèlement de Pinochet au pouvoir)
- Elle commence à la suite du coup d’État du 11 septembre 1973, qui renversa la président socialiste Salvador Allende
- Il y eu plus de 3 200 personnes tuées ou disparues et 38 000 torturées pendant la dictature
- Elle se caractérise par une politique économique néolibérale, menée par les “Chicago Boys“, un groupe d’économistes influencés par Milton Friedman entre autre

Vocabulaire
- une vague conservatrice : una oleada conservadora
- multimillionnaire : multimillonario
- populiste de droite : populista de derechas / derechista
- libéral-conservateur : liberal-conservador
- avocat : abogado (le fruit : aguacate)
- l’héritage de la dictature militaire d’Augusto : el legado de la dictadura militar de
- fondé au sein de… : fondado en el seno de…
- apolitique : apolítico
- soutenir (politiquement) : apoyar / dar apoyo a
- persévérant : perseverante
- l’échiquier politique chilien : el panorama político
- admirer : admirar / envidiar
- sur le plan économique : en el ámbito económico / desde el punto de vista económico
- absence de… : falta de…
- une fracture (fig.) : división / disensión
- migration restreinte : migración restringida
- barrière physique : barrera física
- prêcher pour : predicar por
- un pilier : pilar
- notamment : particularmente / específicamente
- un durcissement des peines : un endurecimiento de las penas
- grandes craintes liées à : grandes temores vinculados con
- taux de criminalité : la tasa de criminalidad
- appauvrir : empobrecer
- minimiser : minimizar
- un programme politique : un programa político
- slogan : eslogan
- « les chiliens ont besoin de Dieu » : “a los chilenos les necesitan Dios”
- le port d’armes : el porte de armas
- une « main de fer » : mano dura
- « Faites vos valises et partez » : “haced las maletas y marchaos”
- faire des concessions : hacer concesiones
- referendum : referendo
- coup d’État : golpe de estado



